27 janvier : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité — Paroisse de Gray

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Accéder au site diocésain

Paroisse de Gray Paroisse de Gray

27 janvier : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité

Publié le 25/12/2020
L'année 2022 a été marquée par le 80ème anniversaire de la conférence de Wannsee (janvier 1942), les rafles du Vel’d’Hiv (juillet 1942) et les premières interventions des Justes (août et septembre 1942).
A cette occasion, le Service national pour les relations avec le judaïsme (SNRJ) de la Conférence des évêques de France s’ est associée au Consistoire Central de France et à l’Amitié Judéo-chrétienne de France pour commémorer tout particulièrement ces évènements.

POURQUOI COMMÉMORER ?

Pour rappel, c’est en janvier 1942 que s’est déroulée la conférence de Wannsee, dans les faubourgs de Berlin.
En effet, le 20 janvier 1942, sous la présidence de Reinhard Heydrich, une quinzaine de dignitaires nazis et de hauts fonctionnaires de l’IIIème Reich se sont réunis pour planifier « la solution finale du problème juif en Europe », à savoir, leur extermination. C’est ainsi qu’ont eu lieu les rafles en juillet et les premières interventions des Justes en août et septembre.

UUNE JOURNEE EUROPÉENNE POUR SE SOUVENIR

Les ministres européens de l'éducation ont adopté, le 18 octobre 2002, la déclaration qui institue une journée de mémoire de la Shoah et de prévention des crimes contre l'humanité. La date a été laissée libre de choix à chaque pays. La France et l'Allemagne ont choisi le 27 janvier.
Il s'agit d'une date symbolique car elle correspond à l'anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau.

Le travail de mémoire et de commémoration doit passer par les enfants et les adolescents. Cette journée de souvenir est l'occasion d'engager une réflexion sur la Shoah et les génocides et de rappeler les valeurs humanistes qui fondent la démocratie.

_______________________________________________________________________________________________________________

Journée de la mémoire: la difficile transmission

Ce 27 janvier, le monde célèbre la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité. L’école demeure le lieu privilégié pour enseigner ce que fut la Shoah et son unicité. Mais ce n’est pas sans difficultés, alors que les derniers témoins disparaissent.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican (2021)

Le 27 janvier 1945, les soldats de l’Armée Rouge délivrait le camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau. Depuis, le monde célèbre à cette date une journée dédiée à la Shoah, le génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, à tous les génocides et à la prévention des crimes contre l’humanité.

76 ans après la fin de la guerre, alors que les derniers témoins de la Shoah disparaissent, le lien physique avec cette période et la transmission de sa mémoire se désincarne. Dans un contexte où l’antisémitisme n’a jamais faibli et varie ses origines et ses expressions, où le négationnisme ou le complotisme se trouvent renforcés grâce aux réseaux sociaux, enseigner la Shoah n’est pas facile.

  • Aider les enseignants

En France, «on se rend compte qu’il y a encore beaucoup d’éléments de compréhension à apporter», constate ainsi Marie-Anne Matard-Bonucci, professeure d’histoire contemporaine à Paris VIII, spécialiste de l’antisémitisme et des fascismes. Présidente d’Alarmer, l’association de lutte contre l’antisémitisme et les racismes par la mobilisation de l’enseignement et de la recherche, elle contribue à former et à aider des professeurs qui enseignent la Shoah.

Elle relève deux difficultés principales dans cet enseignement. Tout d’abord, «on ne comprend pas la Shoah si on ne comprend pas toute l’histoire de l’antisémitisme en amont ; or cette dimension n’est pas enseignée. Il faudrait pourtant par exemple parler de l’antijudaïsme à matrice chrétienne sur lequel l’Église a fait la lumière depuis le Concile Vatican II.» Ensuite, «il faut donner du temps aux enseignants pour faire de l’histoire or les programmes sont de plus en plus légers,» poursuit-elle.

  • Commencer par l'étude du racisme

Mais, « pour enseigner les valeurs d’humanisme et républicaines, il ne faut pas partir de la Shoah» estime la présidente d’Alarmer. Au contraire, «il faut partir des hostilités identitaires, des préjugés, du racisme de manière plus générale ».
Il ne faut pas non plus partir «du registre de l’émotion ou de la morale, qui sont à géométrie variable» ajoute-t-elle. « L’école est le lieu de l’intelligence, de la déconstruction des phénomènes ». L’approche doit donc être avant tout scientifique, intellectuelle, pour « expliquer comment on en est arrivé là ».

  • La difficulté d'incarner la mémoire

Jusqu’à présent, les élèves et les étudiants pouvaient rencontrer des survivants de la Shoah et écouter leur voix, leur récit. Avec le temps, ces rencontres sont de moins en moins nombreuses et appelées à disparaître. Si des heures et des heures d’archives sonores et visuelles sont disponibles, une autre approche est possible pour transmettre la mémoire.

« La posture active des élèves ou des étudiants » permet cela, explique Marie-Anne Matard-Bonucci. Plusieurs associations ou projets ont investi ce créneau comme Convoi 77, du nom du dernier convoi de déportés parti du camp de Drancy en France, vers celui d’Auschwitz. «Chaque étudiant conduit une recherche pour reconstituer la biographie des déportés qui sont partis avec ce convoi. Il est amené à faire l’histoire de la Shoah, d’une manière incarnée» précise la professeure d’histoire. 

 

L'Église catholique exhorte à lutter contre l'antisémitisme (Vidéo 2021)

 

Tribune de la Conférence des évêques de France sur les 80 ans de la libération d’Auschwitz et des camps de la mort, publiée le 27 janvier 2025 sur le site de l’hebdomadaire Actualité Juive et dans l’édition papier du 30 janvier.

27 janvier 1945 : les troupes soviétiques entrent dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Le monde entier découvre de quoi des humains ont été capables contre d’autres humains : tortures, mauvais traitements, exploitation jusqu’à l’absurde de la force de travail, pressions psychologiques, expériences médicales, tout cet ensemble formant un processus volontaire, rationalisé, de déshumanisation. Le monde entier découvre aussi le sort singulier du peuple juif et ce qu’a voulu dire « la solution finale ». C’était il y a 80 ans.

Cependant, de ce que fut le sort du peuple juif, on ne parla pas vraiment. On ne le nomma pas encore selon ce qu’il avait eu de spécifique. Les rescapés dans un premier temps n’ont pas parlé non plus. D’autres rescapés que les Juifs n’ont pas parlé tout de suite de peur de ne pas être écoutés, parce qu’ils ne voulaient pas gâcher la joie de la fin de la guerre et la reprise de la vie. Parce qu’ils ne voulaient pas revivre ce qu’ils avaient subi. Mais, pour les Juifs, ce qui s’est joué allait bien plus loin, bien plus profond encore. Dans un dialogue saisissant, Élie Wiesel et Jorge Semprun s’en expliquent : comment dire le Mal absolu ? « C’est impossible, mais on le fait quand même », répond Élie Wiesel. Il faudra du temps pour que les mots de génocide, d’holocauste et enfin de Shoah s’imposent. Il faudra attendre presque trente ans pour que la nature singulière de la volonté de destruction du peuple juif s’impose aux esprits. La conjonction d’un antijudaïsme séculaire, d’un antisémitisme d’allure scientifique et de la rationalité industrielle a abouti à la tentative d’éradiquer de l’humanité ce peuple-là dont l’identité est définie par la promesse de Dieu et la garde des commandements. Le cardinal Lustiger, dont la mère était morte à Auschwitz, voyait dans le nazisme une tentative folle de nier le Dieu de l’Alliance. D’autres explications sont possibles, qui ne se contredisent pas forcément. Mais, plus important que de comprendre, vient le fait de dire. Dire ce qui s’est passé. Dire ce qui a été. Dire ce qui pourrait être à nouveau. Dire ce dont des humains sont capables, et dont aucun ne peut se dire totalement indemne. Il y a eu d’autres tentatives de génocide dans l’histoire et les nazis ont cherché à anéantir d’autres peuples comme les Tziganes ou d’autres composantes de l’humanité comme les homosexuels. Cependant, le peuple d’Israël seul se conçoit comme le fruit de l’action de Dieu dans l’histoire.

Nous devons, l’humanité doit, une immense reconnaissance à ceux et celles qui ont fini par parler. Ils ne se sont pas libérés de leurs souvenirs. Certains les ont revécus, au contraire, en les partageant. Il leur a fallu sortir de la peur, de la honte, de la haine. Merci à elles et à eux. A mesure que le temps passe, ils s’en vont. En ce quatre-vingtième anniversaire il est plus que jamais nécessaire de réaliser ce que ces rescapés devenus témoins ont été pour l’humanité. Merci non moins à tant de rescapés qui n’ont pas forcément parlé mais qui ont agi, souvent discrètement, pour que notre société française se reconstruise, débarrassée de certains de ses démons. Mais merci aussi à tous les autres Juifs qui ne cessent de veiller à la mémoire de ce qui s’est passé dans ces camps. Tous, ils ont échappé à la Shoah. Ils en sont revenus. Ils rendent un immense service à notre humanité.

Amis, frères et sœurs Juifs, à cette humanité dont nous sommes tous, vous rendez un immense service. Vous l’obligez à voir, à oser regarder ce dont elle est capable. C’est que vous croyez possible qu’elle n’y succombe pas. Vous la privez de toute autojustification ou bonne conscience. Vous l’aidez à réaliser que la tentation de s’affranchir des commandements même inscrits au fond des cœurs est toujours présente et active. C’est que vous croyez que d’autres choix lui sont possibles.

Merci aussi à vous, amis, frères et sœurs juifs, pour votre capacité de gratitude. Peu d’actes humains sont plus beaux que la reconnaissance donnée aux « Justes parmi les nations ». La gratitude n’est pas toujours l’attitude la mieux partagée parmi les humains. Amis, frères et sœurs juifs, vous savez exprimer la vôtre pour quiconque a sauvé l’un de vous, fût-ce une fois seulement, fût-ce d’un geste fugitif. Lorsque vous honorez un « Juste », c’est à l’humanité entière que vous donnez d’espérer. Non pas de rêver être guérie de ses démons mais d’espérer pouvoir les apprivoiser, les retenir, les transmuer.

Les Églises chrétiennes ont entamé, après Auschwitz un immense chemin de réévaluation de leurs discours et de leurs pratiques. Elles le doivent notamment à Jules Isaac. Pour l’Église catholique, ce chemin a passé par le concile Vatican II et la déclaration Nostra Aetate dont nous célébrerons en octobre le 60ième anniversaire. Comme les autres Églises chrétiennes, l’Église catholique a pris conscience qu’un certain antijudaïsme, hérité peut-être du monde romain, fortement nourri ensuite de thématiques chrétiennes, a pu préparer les esprits à l’antisémitisme raciste des nazis et de quelques autres. Cette conjonction a affaibli en beaucoup la capacité de résistance à la propagande nazie et parfois entraîné vers une sympathie misérable pour les thèses les plus folles et les plus criminelles recyclées et amplifiées par Hitler. Mieux encore, avec Nostra Aetate et ses suites, l’Église, revenant au meilleur de sa Tradition, a compris que l’existence même du peuple juif comme peuple de l’Alliance était « intérieure » à son propre mystère. Dans cette lignée, nous pouvons affirmer aujourd’hui que l’Église a besoin de l’existence du peuple d’Israël, non pas seulement comme un peuple dont elle reprend les livres qu’elle appelle l’Ancien Testament, incapable de comprendre son destin, mais comme un peuple libre et vivant, cherchant Dieu et lui résistant aussi sans doute, répondant à la destinée de l’humanité à laquelle le Dieu vivant, celui « d’Abraham, Isaac et Jacob », ne cesse de travailler.

Évêques en France en cette année du 80ième anniversaire de la libération des camps de concentration, camps de destruction du peuple juif, nous remercions toutes celles et tous ceux qui, rescapés des camps, ont accepté de témoigner. Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont fait connaître celui ou celle qui leur avait sauvé la vie. Nous remercions les Juifs de France et leurs diverses organisations pour leur engagement au sein de notre société. Ils aident puissamment notre société française à être lucide sur elle-même. Leur vigilance à l’égard de l’antisémitisme toujours présent et agissant n’est pas, nous le savons, une manière d’auto-défense, elle est portée par le désir que notre société française incarne en vérité son idéal proclamé de « liberté, égalité, fraternité » contre tout racisme et toute discrimination. Notre démocratie a besoin d’eux. Avec notre pays, avec le Saint-Siège, nous reconnaissons l’existence de l’État d’Israël. Nous rêvons qu’il puisse être un modèle pour les démocraties, une tentative aboutie d’incarnation de l’État de droit, dans le respect absolu des commandements inscrits au fond du cœur tout autant que gravés sur les tables de la Loi de l’Alliance. Nous souffrons lorsqu’il ressemble trop à ce que d’autres États ont été ou peuvent être. Nous voulons en ce jour redire aux Juifs en France et ailleurs que leur présence au cœur de l’humanité est à nos yeux un don de l’Éternel pour le bien de tous.

+ Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, président de la Conférence des évêques de France (CEF)
+ Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la CEF
+ Mgr Dominique Blanchet, évêque de Créteil, vice-président de la CEF
+ Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras et Président de la Commission du pôle « Initiation et vie chrétienne »
+ Mgr Etienne Vetö, évêque auxiliaire de Reims, évêque référent pour les relations avec le judaïsme

__________________________________________

1942-2022 : 80 ans, une année de commémoration

Cérémonie à la “mémoire des victimes de la Solution finale”

Dans le cadre de l’année de commémoration : “Wannsee, les rafles, les Justes, une cérémonie à la mémoire des victimes de la Solution finale est organisée le 20 janvier 2022 au Mémorial de la Shoah à Paris.

Cette démarche est conjointement portée par la Conférence des évêques de France, le Consistoire Central -et donc le Grand Rabbinat de France- le Mémorial de la Shoah, les Bernardins et l’Amitié Judéo-chrétienne de France. La cérémonie aura lieu  à la crypte du Mémorial et accueillera notamment des classes de lycéens. L’occasion de les faire participer à cet événement et de leur faire découvrir le site et ses expositions permanentes. L’ouverture des portes se fera à 9h00 et la cérémonie se déroulera de 10h30 à 12h00.

S’exprimeront, Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France, le Grand Rabbin de France, Monsieur Haïm Korsia, le Président du Consistoire Central, Monsieur Élie Korchia, le Président de la Fédération protestante de France, Monsieur François Clavairoly et le Présidente de l’AJCF, Monsieur Jean-Dominique Durand.

Une survivante de la Shoah apportera ensuite son témoignage.

Communiqué de presse de la Conférence des Evêques de France 
2022

 

 

Partager ce contenu