11 juillet 2021 - 15ème dimanche du temps ordinaire - "Il commença à les envoyer en mission deux par deux" — Paroisse de Gray

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Accéder au site diocésain

Paroisse de Gray Paroisse de Gray

11 juillet 2021 - 15ème dimanche du temps ordinaire - "Il commença à les envoyer en mission deux par deux"

Publié le 25/07/2018
Jésus envoie ses disciples en mission, là où lui-même va se rendre. Les consignes sont précises : voyager léger, aller au devant des personnes sans a priori, leur proposer la paix, partager la vie de ceux qui les accueillent, guérir et annoncer : "Le règne de Dieu s’est approché de vous".

ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (6, 7-13)
En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.


 


En envoyant ainsi ses disciples, Jésus les amène à prendre leur part dans l’annonce de la Bonne Nouvelle - l’annonce de la proximité du règne de Dieu - et cela nous dit quelque chose quant à notre responsabilité à nous, disciples du XXIe siècle. C’est maintenant notre tour d’être en mission.

C’est "facile" : nous n’avons qu’à nous référer aux consignes que nous trouvons dans ce texte de Luc. Elles sont simples et toujours d’actualité. Elles ne nous parlent pas de prosélytisme - le Christ ne dit pratiquement rien du message à transmettre - mais il s’agit d’être simples, paisibles et pacifiques, ouverts aux rencontres possibles. Dit autrement, c’est notre comportement qui sera le premier témoignage de ce que nous voulons transmettre.

Sortir de la routine

Partir "léger" c’est n’être chargé que de cette Bonne Nouvelle à partager en commençant par proposer la paix. La paix et non pas des dogmes ou une doctrine. Nous ne sommes pas tant envoyés pour convertir que pour partager cette paix, ce don de Dieu qui nous transforme, nous libère de ce qui nous enferme et nous permet d’entrer en communion avec les autres en abandonnant nos réflexes d’indifférence, de méfiance, d’exclusion.

Pendant les semaines d’été, nous allons sortir de notre routine. Que nous en profitions pour voyager, ou que nous puissions accueillir ceux qui passent. Et sans doute serons-nous tour à tour un peu des deux : voyageurs, pèlerins de la paix, ou hôtes. À chaque fois nous aurons à ajuster notre manière d’être les uns aux autres. Notre mission nous appelle à être ouverts à ce qui se passe, à nous rendre présents à ceux que nous rencontrons, attentifs à leurs attentes, à oser dire une parole ou poser certains actes. Les disciples avaient reçu une force de guérison. Peut-être pouvons-nous déjà prendre le temps d’écouter, d’accompagner ceux qui souffrent ?

Seigneur, donne-nous ton Esprit de vérité pour nous aider à être vrais, à proposer une parole d’amour et de paix et à accueillir ta présence dans nos rencontres.

Pascale et Odile, Source : Catho 45 n°4
_______________________________________________

LECTURE DU LIVRE DU PROPHÈTE AMOS (7, 12-15)
En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.” »

La Règle de saint Benoît
Quel beau cadeau nous fait la liturgie de ce dimanche en la fête de saint Benoît ! Car la vocation du prophète Amos, le chant de louange de l’épître aux Éphésiens et le récit de l’appel des Douze résonnent tout particulièrement chez ceux et celles, moines et laïcs, qui vivent la Règle du saint reposant à Saint-Benoît-sur-Loire (45). Des hommes et des femmes saisis par Dieu et qui s’appliquent à « ne rien préférer à l’amour du Christ », ainsi que Benoît le formule dans son écrit, adopté comme norme de vie pour tous les monastères du monde chrétien occidental dès le IXe siècle.
Mais cette Règle n’a pas pris une ride. Bien qu’elle organise la vie concrète d’une communauté de moines ou de moniales, elle témoigne de l’expérience spirituelle avec laquelle le saint a
lui-même adopté et éprouvé cette vie. Benoît a vécu et commenté cette Règle. Elle s’est imposée comme un chemin de conversion, une école du service du Seigneur, une ressource pour tous celles et ceux qui cherchent la vie et désirent le bonheur. Ni supérieure aux Écritures, ni concurrente aux enseignements de la tradition de l’Église, cette Règle mène les chercheurs de Dieu à la vie. C’est sans doute pourquoi elle est aussi essentielle et vivante, au point de traverser les âges et la diversité des vocations chrétiennes.
Dieu appelle Amos, un bouvier qui soignait des sycomores, pour prophétiser. Jésus appelle les Douze et les envoie en mission deux par deux. Le Christ saisit saint Benoît et lui inspire la Règle… Les chemins sont multiples et les vocations fécondes. Avec eux, nous sommes tous appelés à placer le Christ au centre de notre vie.
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
__________________________________________________

PSAUME 84 : "Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut"
J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.
Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

«
J'ÉCOUTE : QUE DIRA LE SEIGNEUR DIEU ? »

Le temps de l’observation
Pour goûter le psaume, il est bon de le lire en entier. « Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. » Le psalmiste, au nom de la communauté d’Israël, demande à Dieu une confirmation, ici et maintenant, de son amour tel qu’il s’est révélé dans la Création et dans le retour des « déportés de Jacob ». Il sait que lui ne pourra revenir à Dieu sans le secours de ce dernier, sans qu’il fasse habiter sa gloire sur notre terre. C’est à cette demande que répond, après une introduction solennelle, l’oracle de salut retenu par la liturgie : « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit [… » Toute parole de Dieu n’est-elle pas une parole de salut et de paix ? Et cela, même si elle passe par une vérité et un appel au réajustement ressentis parfois comme douloureux par le partenaire humain, toujours tenté de « revenir à ses folies » et oublieux de la joie d’être pleinement à Dieu.

Le temps de la méditation
En tant que chrétiens, ce psaume nous renvoie au Christ dont les Écritures nous disent qu’il est notre salut (cf. Mt 1, 21), notre paix (cf. Ep 2, 14), l’ultime parole de Dieu à notre humanité, celui dont nous avons vu la gloire (Jn 1, 14). N’est-ce pas par lui et en lui que nous pouvons célébrer la joie des retrouvailles avec le Père ? Saint Augustin et d’autres ont lu ce psaume à la lumière de l’incarnation. Pour Augustin, la vérité qui a germé de la terre « c’est le Christ né d’une femme, [… c’est le Fils né de la chair ». Un mystère à contempler pour que le Verbe s’incarne en nous. Ce qui nous rendra plus humains et capables de consentir à la vérité de notre être de créature en nous positionnant dans la justice/justesse face à Dieu et à nos semblables. Alors, comme les Douze, nous pourrons porter la Bonne Nouvelle de notre réconciliation avec Dieu et de la vie offerte en plénitude, sans perdre de vue cet objectif ultime : que « Dieu sera tout en tous » (cf. 1 Co 15, 28).

Sœur Emmanuelle Billoteau, ermite (Prions en Eglise)

 

Partager ce contenu