En mars, le pape François nous invite à prier pour les familles en crise
Publié le 13/09/2019LES INTENTIONS DE PRIÈRE DU PAPE FRANÇOIS
Chaque mois, le Pape François confie à son Réseau Mondial de Prière des intentions de prière qui expriment ses grandes préoccupations pour l’humanité et pour la mission de l’Église. Son intention de prière mensuelle se veut un appel mondial à transformer notre prière en “gestes concrets”, c’est une boussole pour une mission de compassion pour le monde.Elle propose un chemin pour nous mobiliser chaque mois, par la prière et l’action, pour un monde plus humain, fraternel et solidaire.
Ces intentions de prière sont le fruit d’un long processus de discernement d’Église, les propositions venant de divers pays du monde mais aussi de plusieurs dicastères, congrégations et services du Saint-Siège. Au terme de ce processus de plusieurs mois, le Pape prend le temps de prier et de discerner les défis de l’humanité et de la mission de l’Église sur la base des propositions reçues. Il confie ensuite ses 12 intentions de prière à tous les fidèles. Ce sont des orientations pour notre vie et notre mission.
Le Réseau Mondial de Prière du Pape est une Œuvre pontificale dont la mission est de mobiliser les catholiques par la prière et l’action face aux défis de l’humanité et de la mission de l’Église. Ces défis se présentent sous la forme d’intentions de prière confiées par le Pape à toute l’Église. Sa mission s’inscrit dans la spiritualité du Cœur de Jésus, c’est une mission de compassion pour le monde. Ce réseau a été fondé en 1844 en tant qu’Apostolat de la Prière. Il est aujourd’hui présent dans 89 pays et compte plus de 22 millions de catholiques. Il comprend une branche jeunes, le MEJ – Mouvement Eucharistique des Jeunes. En décembre 2020, le Pape a constitué cette œuvre pontificale en tant que fondation vaticane et a approuvé ses nouveaux statuts. Son Directeur international est le P. Frédéric Fornos, SJ. Pour plus d’informations, consultez : www.prieredupape.va.
Le pape François compte sur nos prières.
Découvrez son intention pour le mois de MARS 2025.
« En communion avec des millions de chrétiens à travers le monde,
prions maintenant pour l’intention que confie le Pape à l’Église ce mois-ci ».
“ Prions pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon
la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre,
même au cœur des différences.”
Dans son intention de prière pour le mois de mars, le Pape François nous invite à prier pour les familles en crise et à réfléchir sur l'importance du pardon : « Pardonner signifie donner une autre chance. C'est ce que Dieu fait avec nous tout le temps ».
Dans cette vidéo réalisée par son Réseau Mondial de Prière, le Pape nous explique que dans une famille « chaque personne est précieuse, mais les différences peuvent aussi conduire à des conflits ». Il ajoute que le pardon est la clé pour guérir les blessures, « même lorsque la 'fin heureuse' que nous souhaiterions n'est pas possible ».
À travers cette intention, prions ensemble pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre, même au cœur des différences.
🙏 -- « Nous rêvons tous d’une famille belle et parfaite. Mais les familles parfaites n’existent pas. Chaque famille connaît ses difficultés, mais aussi ses grandes joies. Dans une famille, chaque personne est précieuse parce qu’elle est différente des autres, et chaque personne est unique. Mais les différences peuvent aussi conduire à des conflits et à des blessures douloureuses.
Et le meilleur remède pour guérir la douleur d’une famille blessée, c’est le pardon. Pardonner signifie donner une autre chance. C’est ce que Dieu fait avec nous tout le temps. La patience de Dieu est infinie : Il nous pardonne, nous aide à nous relever et nous permet de recommencer. Le pardon renouvelle toujours la famille et nous fait regarder vers l’avenir avec espoir.
Même lorsque la « fin heureuse » que nous souhaiterions n’est pas possible, la grâce de Dieu nous donne la force de pardonner et nous apporte la paix, parce qu’elle nous libère de la tristesse et, surtout, du ressentiment. Prions pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre, même au cœur des différences ».
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La Vidéo du Pape est une initiative officielle de portée mondiale qui a comme objectif la diffusion des intentions mensuelles de prière du Saint-Père. Elle est réalisée par le Réseau Mondial de Prière du Pape (Apostolat de la Prière). Depuis 2016, La Vidéo du Pape a enregistré plus de 210 millions de vues sur l’ensemble des réseaux sociaux du Vatican. Elle est traduite dans plus de 23 langues et a une couverture de presse dans 114 pays. Cette vidéo est produite et réalisée par l’équipe de La Vidéo du Pape du Réseau de Prière, coordonnée par Andrea Sarubbi, avec le soutien de l’agence La Machi Communication for Good Causes. Le projet est soutenu par Vatican Media.
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LE PARDON, UN CHEMIN A PARCOURIR
Prions pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre, même au cœur des différences.
Il est certain que le pardon restaure. Il guérit ce qui a été blessé. Il donne de s’ouvrir à la richesse de l’autre. En cela, nulle action miraculeuse mais l’apport en lui-même du pardon et de sa force. La capacité créatrice est ranimée dans les êtres, les relations se réengendrent comme d’elles-mêmes. La vie continue à couler. C’est bien ce qui se vit dans la parabole du Fils prodigue, le pardon le restaure comme enfant de son Père.
Aussi en cette année jubilaire de l’espérance, nous faut-il, peut-être, plus particulièrement être attentifs à ce qui peut ouvrir au pardon, le rendre plus accessible. Et la parole du Christ à son Père peut nous guider. « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 24, 34) Jésus encourage son Père au pardon en mettant le doigt sur une faiblesse de notre part. « Ils ne savent pas ce qu’ils font »… Cette prise de conscience de la situation de l’autre aide au pardon. De la même façon, dans la parole du Fils prodigue la faiblesse du fils aperçu de loin touche la compassion du Père pour susciter le pardon…
Soyons donc attentifs à ce qui peut amener à l’offrande du pardon… Pour cela, une histoire familiale peut aider à entrer dans la complexité des choses souvent impliquées.
Mes parents ont vécu une lourde crise au moment de leur mariage, dans la mesure où mon père, encore étudiant à 20 ans, s’est vu coupé l’aide qu’il recevait de ses parents sous le prétexte qu’il était émancipé et marié avec une femme qui gagnait sa vie. Cette décision soudaine et abrupte n’a pas été comprise et a suscité l’incompréhension durant des décennies au sein de ma famille rapprochée.
Les véritables raisons de cette décision posée par mon grand-père ont surgi soixante-dix ans plus tard. Lors d’un repas entre cousins, le fils de mon oncle nous a partagé la peine qu’éprouvait celui-ci à donner de son argent pour que mon père puisse poursuivre ses études d’ingénieur. Dès lors la compréhension de la décision s’est éclairée. Cet oncle a refusé de continuer à donner pour son frère à l’occasion du mariage de ce dernier. Décision légitime mais tue, comme le fait que l’argent que recevait mon père venait en fait de son propre frère et non de son père.
Une fois cela explicitée, cela a conduit à une véritable libération et ouvert une réconciliation entre tous. Chacun reconnaissant la légitimité du point de vue de l’autre, ses propres limites, un espace de solidarité dans la famille était reconstitué.
Le pardon peut surgir lorsque chacun a pu exprimer sa faiblesse, lorsque chacun peut mieux comprendre la situation de l’autre, exprimer sa propre situation… Le pardon demande à être préparé. Soyons-y vigilants. Cherchons à mieux partager l’intégralité de nos vécus. De là, peuvent naître les perspectives du pardon.
Jean-Luc Fabre sj., directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape France
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EN MARS, LES FAMILLES EN CRISE AU COEUR DES INTENTIONS DE PRIÈRE DU PAPE
Tout au long du mois de mars, le Pape François invite l’Église universelle à prier pour les familles en crise. Face aux difficultés causés par les différences au sein des familles, le Saint-Père assure que le pardon «renouvelle toujours la famille» et permet d’être libéré «de la tristesse et, surtout, du ressentiment».
Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican
« La famille est le premier lieu où l’on apprend à aimer », assurait le Pape François en juin 2022, à la fin de la Xe rencontre mondiale des familles à Rome. Pour le mois de mars 2025, le Saint-Père a décidé de consacrer la prière de l’Église universelle aux familles en crise.
Dans la vidéo de présentation (ci-dessus), tournée avant son hospitalisation le 14 février à l’hôpital Gemelli, le Pape François commence par mettre en garde contre le rêve d’une « famille belle et parfaite ». « Les familles parfaites n’existent pas », insiste-t-il, chacune connaissant des joies et des difficultés.
Chaque membre d’une famille est précieux car unique, reconnaît le Pape, mais les différences entre les membres «peuvent aussi conduire à des conflits et à des blessures douloureuses».
- Une seule solution: le pardon
Pour guérir « la douleur d’une famille blessée », le Pape François ne donne qu’un seul remède: le pardon. « Pardonner signifie donner une autre chance », souligne-t-il.
Le Souverain pontife recommande de prendre exemple sur Dieu, qui pardonne « tout le temps ». « La patience de Dieu est infinie: Il nous pardonne, nous aide à nous relever et nous permet de recommencer ».
Au sein de la famille, donner et recevoir le pardon « renouvelle toujours la famille et nous fait regarder vers l’avenir avec espérance », assure François.
- La guérison des cœurs
Toutefois, le Saint-Père reconnait que le pardon ne peut pas tout, et que parfois, « la fin heureuse n’est pas possible ». Mais « la grâce de Dieu » permet de pardonner et « apporte la paix, parce qu’elle nous libère de la tristesse et, surtout, du ressentiment ».
“ Prions pour que les familles divisées puissent trouver dans le pardon la guérison de leurs blessures, en redécouvrant la richesse de l’autre, même au cœur des différences.”
JACOB et ÉSAÜ, LES FRÈRES ENNEMIS DE LA BIBLE JUSQU'A LA RÉCONCILIATION

ÉCLAIRAGE BIBLIQUE. Les récits de vie des patriarches dans le livre de la Genèse n’ont pas pour but de nous présenter des personnages exemplaires ou des vies de famille admirables. C’est extrêmement précieux pour nous car comme le dit le Pape François, « nous pouvons constater que la parole de Dieu ne se révèle pas comme une séquence de thèses abstraites, mais comme une compagne de voyage, y compris pour les familles qui sont en crise ou sont confrontées à une souffrance ou à une autre et leur montre le but du chemin…» (Amoris laetitia n°22). Arrêtons-nous sur Jacob, un homme en qui se révèle toute la complexité de l’âme humaine.
- Des jumeaux que tout oppose
Le premier qui sortit était roux, tout couvert de poils comme d’une fourrure. On lui donna le nom d’Ésaü. Après quoi sortit son frère, la main agrippée au talon d’Ésaü. On lui donna le nom de Jacob (c’est-à-dire : Il talonne). À leur naissance, Isaac avait soixante ans. Les garçons grandirent. Ésaü devint un chasseur habile, un homme des champs ; Jacob était un homme délicat demeurant sous les tentes. Isaac préférait Ésaü, car il appréciait le gibier, mais Rébecca préférait Jacob. (Gn 25, 25-28)
Loin d’être une richesse, leurs différences deviennent un enjeu parental. Combien d’adultes portent encore une blessure d’enfance liée à la comparaison, à l’impression de ne pas être aimé par un parent ?
- Qui est le premier, qui est l’aîné ?
Un jour, Jacob préparait un plat, quand Ésaü revint des champs, épuisé. Ésaü dit à Jacob : « Laisse-moi donc avaler cette sauce, le roux qui est là, car je suis épuisé ! » […] Jacob lui dit : « Vends-moi maintenant ton droit d’aînesse ! ». Ésaü répondit : « Je suis en train de mourir ! À quoi bon mon droit d’aînesse ? » Jacob reprit : « Jure-le moi, maintenant ! » Et Ésaü le jura, il vendit son droit d’aînesse à Jacob. Alors Jacob donna à Ésaü du pain et un plat de lentilles. Celui-ci mangea et but, puis il se leva et s’en alla. C’est ainsi qu’Ésaü montra du mépris pour le droit d’aînesse. (Gn 25, 29-34)
Dans une famille apaisée, les deux frères auraient partagé le dîner. Mais le texte nous laisse entrevoir le désir de chacun d’utiliser son frère à ses propres fins. La division est à l’œuvre.
- Jusqu’à devenir des ennemis
Jacob entra chez son père et dit : « Mon père ! » Celui-ci répondit : « Me voici. Qui es-tu, mon fils ? » Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né ; j’ai fait ce que tu m’as dit. Viens donc t’asseoir, mange de mon gibier ; alors, tu pourras me bénir. » Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C’est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. » Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü ! » Jacob s’approcha de son père Isaac. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d’Ésaü. » Il ne reconnut pas Jacob car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü, et il le bénit. Il dit encore : « C’est bien toi mon fils Ésaü ? » Jacob répondit : « C’est bien moi. » (Gn 27, 18-24)
Poussé par sa mère, Jacob profite de l’infirmité de son vieux père Isaac. Il prend la place de son frère et ment à son père pour recevoir la bénédiction qui l’établit comme héritier de la promesse faite par Dieu à Abraham. Entre les deux frères, le lien fraternel est gravement abîmé et la violence jaillit.
Ésaü se mit à considérer Jacob comme son ennemi à cause de la bénédiction qu’il avait reçue de son père. Il se disait en lui-même : « Le moment du deuil de mon père approche. Alors je tuerai mon frère Jacob. » (Gn 27, 41)
- Happy end
Vingt ans après, chacun est marié, a une grande descendance et de nombreux troupeaux. Malgré l’appréhension de Jacob, chacun fait un geste envers l’autre et la réconciliation peut avoir lieu.
Jacob leva les yeux. Il vit qu’Ésaü arrivait, et avec lui quatre cents hommes, […] et il se prosterna sept fois, face contre terre, avant d’aborder son frère. Ésaü courut à sa rencontre, l’étreignit, se jeta à son cou, l’embrassa, et tous deux pleurèrent. (Gn 33, 1-4)
Cependant, avec sagesse, ils conviennent de se tenir à distance l’un de l’autre. Ils ne se tiendront à nouveau côte à côte que pour enterrer leur père Isaac.
- Et Dieu dans tout cela ?
Il n’y a pas de jugement moral dans ces récits. Le Seigneur Dieu ne revient pas sur la bénédiction accordée par Isaac à Jacob fut-elle le résultat d’une ruse, d’un mensonge. Au contraire plusieurs fois, il se manifeste à Jacob pour l’assurer de sa présence à ses côtés. Le Seigneur connaît les faiblesses et les fragilités humaines ; et même au cœur de familles dysfonctionnelles, de vies fracturées, sa bénédiction et sa promesse continuent de se manifester. Sans compter qu’un pardon est toujours possible même vingt ans après. N’est-ce pas un merveilleux signe d’espérance pour aujourd’hui ?
Marianne Cébron, Réseau Mondial de Prière du Pape France
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