28 septembre - 26ème dimanche du temps ordinaire - Lazare - clés de lecture
Publié le 15/04/2020DIMANCHE 28 SEPTEMBRE 2025 - 10h00 - MESSE à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
10h30 - Messe à CHAMPLITTE (Célébrant : Frère Serge) et à Valay (Célébrant : Abbé Etienne Fetel)
« Tu as reçu le bonheur, et Lazare le malheur.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.»
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
26e dimanche du temps ordinaire C – Les lectures de ce jour pourraient nous faire croire que les bons seraient les pauvres et les riches les mauvais. Or, Jésus ne juge pas ainsi. L’important est ce que nous faisons de notre richesse ou de notre pauvreté. Sommes-nous dans une attitude de partage ou de repli sur nous-mêmes ? C’est en écoutant la parole de Dieu, qui nous invite à aimer, que nous agissons de manière responsable.
La parole de Dieu de ce dimanche nous interroge sur notre rapport aux possessions : sont-elles une finalité, nous repliant ainsi sur notre confort (première lecture et évangile) ? Ou au contraire, sont-elles outils pour devenir des justes responsables (deuxième lecture) et capables de louange du Seigneur (psaume) ?
PREMIÈRE LECTURE | Amos 6, 1a.4-7
« Ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ! »
Ce que le prophète Amos reproche à la « bande des vautrés », c’est leur surdité, leur aveuglement : ils se croient en sécurité, amassent la richesse et se replient sur eux-mêmes au mépris de des autres et de leur pays. Et nous, sommes-nous parfois sourds, aveugles et repliés sur nous-mêmes ?
Lecture du livre du prophète Amos (6, 1a.4-7)
« La bande des vautrés n’existera plus »
Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Sion, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres de l’étable; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël! C’est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés; et la bande des vautrés n’existera plus. – Parole du Seigneur.
Le prophète Amos jette un regard sans appel sur le train de vie princier des riches du Sud (Sion/Jérusalem) et du Nord (Samarie). Leur vie n’est que recherche de plaisirs, de repas somptueux et bien arrosés. La satisfaction de leur confrérie est tout ce qu’il y a de plus égoïste, et « ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ». Mais les membres de « la bande de vautrés » n’auront qu’eux-mêmes à blâmer, puisqu’ils n’ont pas su écouter la parole de Dieu et de son prophète.
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PSAUME | 145
« Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! »
La louange est le propre du dimanche. Elle naît de l’émerveillement devant Dieu, sa présence, son action. Elle suppose un chemin de dépouillement de soi, d’humilité pour s’ouvrir à cette présence et à cet amour.
Psaume 145
Refrain ! Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !
Le Seigneur garde à jamais sa fidélité, il fait justice aux opprimés, aux affamés,
il donne le pain; le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l’étranger.
Il soutient la veuve et l’orphelin, il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera : ton Dieu, ô Sion, pour toujours !
Alors que la première lecture exhibait l’insouciance des riches par rapport aux pauvres, le psaume trace ici une série de mesures et d’interventions du Seigneur qui présentent, cette fois, un idéal des plus élevés : faire justice aux opprimés, donner le pain, délier les enchaînés, ouvrir les yeux des aveugles, redresser les accablés, protéger l’étranger, soutenir la veuve et l’orphelin. Voilà donc ce qu’il faut faire pour façonner le monde que Dieu veut et qu’il aime. C’est dire que les prophètes et les psalmistes s’entendent sur les gestes qui plaisent à Dieu et qui font de nous ses véritables enfants.
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DEUXIÈME LECTURE | 1 Timothée 6, 11-16
« Toi, homme de Dieu, recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. »
La recherche de justice est recherche d’ajustement à Dieu. Cet ajustement se fait dans la foi, la charité, la persévérance et la douceur envers soi. Il engendre des actes tournés vers Dieu et non des actes égoïstes.
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée (6, 11-16)
« Garde le commandement jusqu’à la Manifestation du Seigneur »
Toi, homme de Dieu, recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C’est à elle que tu as été appelé, c’est pour elle que tu as prononcé ta belle profession de foi devant de nombreux témoins. Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à tous les êtres, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une belle affirmation, voici ce que je t’ordonne : garde le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui le fera paraître aux temps fixés, c’est Dieu, Souverain unique et bienheureux, Roi des rois et Seigneur des seigneurs; lui seul possède l’immortalité, habite une lumière inaccessible; aucun homme ne l’a jamais vu, et nul ne peut le voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen. – Parole du Seigneur
Paul porte une grande estime à Timothée, qu’il appelle d’abord « homme de Dieu » et qu’il exhorte à mener « le bon combat, celui de la foi ». Pour ce faire, Timothée aura besoin de rechercher les qualités qu’on retrouve chez les prophètes comme Amos, à savoir « la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur ». L’apôtre instruit aussi son disciple au sujet de « la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ ». Ses consignes relèvent d’une espérance sereine et magnifique, à la différence des propos tenus par certaines apocalypses apocryphes contemporaines, qui sèment la confusion et la peur.
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ÉVANGILE | Luc 16, 19-31
« S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. »
Toute la parabole de l’évangile de ce jour ne condamne pas les riches au profit des pauvres mais bien ceux qui n’écoutent ni la Loi ni les Prophètes. Et l’alliance avec Dieu suppose un certain souci de l’autre. Autocentrés, nous nous asséchons nous-mêmes le cœur et nous nous condamnons : le choix de Dieu, c’est ici et maintenant.
« Ils ont Moïse et le Prophètes : qu'ils les écoutent ! » Luc 16,29
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 19-31)
« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance »
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »
Bien qu’il utilise le genre plus doux et, en quelque sorte, plus subtil de la parabole, Jésus s’arrête sur un scandale qui fait, hélas, trop souvent partie de la vie quotidienne. « Un homme riche […] faisait chaque jour des festins somptueux. » Il ne savait peut-être pas, ou plutôt ne voulait pas savoir, que « devant son portail gisait » un pauvre, mal en point, et il ne daignait pas offrir quelque assistance à ce pauvre. Le pauvre meurt, et le riche aussi. Curieusement, c’est au séjour des morts que le riche s’intéresse au pauvre qui, lui, est auprès d’Abraham. C’est là aussi qu’il s’intéresse à ses propres frères et demande à Abraham d’intercéder pour eux. La réponse sort de la bouche du patriarche : c’est dès ici-bas qu’il faut écouter Moïse et les Prophètes et se convertir, pour prendre soin des pauvres !
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Anne Da, xavière, Prions en Eglise
COEUR DUR OU COEUR TENDRE ?
Les prophètes ne cessent d’appeler à ouvrir l’oreille au cri du pauvre, du démuni, à agir comme le Christ : ce que nous aurons fait au plus petit de nos frères et sœurs en humanité, c’est au Seigneur lui-même que nous l’aurons fait. Aujourd’hui, écouterons-nous sa parole ? Pour ouvrir notre oreille, le Seigneur raconte une parabole : un homme riche vivant dans l’opulence n’a pensé qu’à son bien-être tout au long de sa vie, au point de ne pas voir le pauvre qui se tenait à sa porte, de ne pas entendre sa détresse. Le malheur de cet homme riche est de n’avoir jamais considéré la situation de Lazare, qui était comme invisible pour lui. Arrivé au séjour des morts, il n’a pourtant aucune parole de repentir. Tout en étant torturé par la soif dans le tourment d’une fournaise, il se comporte encore en tout-puissant, demandant à Abraham d’envoyer Lazare le soulager. Il ne voit pas, il n’entend pas : il a reçu un bonheur qu’il n’a pas partagé durant sa vie. Lazare, lui, a vécu dans le dénuement et la solitude, il est accueilli dans le Royaume. L’homme riche, enfermé dans ses représentations, demande à Abraham d’envoyer Lazare parler aux siens pour leur éviter ce même tourment. L’évangile évoque l’endurcissement du cœur des nantis pour toucher leur cœur dès aujourd’hui. En effet, si la parole du Christ ne produit pas d’effet en nous, comment croire au Ressuscité et nous laisser transformer par lui ?




