26 octobre - 30ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture — Paroisse de Gray

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26 octobre - 30ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture

Publié le 23/09/2019
Des deux hommes venus prier au Temple, ce n’est pas le pharisien imbu de lui-même qui est rendu juste. C’est un publicain, un homme qui n’ose pas lever les yeux vers le ciel, un homme qui reconnaît qu’il est pécheur et qu’il a besoin du Seigneur. Quand nous prions, ayons le cœur de ce publicain. Reconnaissons que nous avons besoin du Seigneur. Lui seul peut élever les cœurs. (Prions en Eglise)

DIMANCHE 26 OCTOBRE - 10h00 - MESSE à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
Messe à 10h30 à Arc-lès-Gray (Célébrant : Abbé Jean Kita et à Valay (Célébrant : Frère Serge)

LE PUBLICAIN ET LE PHARISIEN

« Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé »

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE

 

PREMIÈRE LECTURE | Ben Sira 35, 15b-17.20-22a
« La prière du pauvre traverse les nuées ».

Quand la société n’avait pas d’organismes de solidarité comme aujourd’hui, les pauvres dépendaient directement de la charité de leur voisinage. Leur précarité en faisait aussi des faibles vis-à-vis de la justice. C’est pourquoi l’Ecriture sainte présente Dieu comme le défenseur des pauvres et le juste juge.

Lecture du livre de Ben Sira le Sage (35, 15b-17.20-22a)
« La prière du pauvre traverse les nuées »
Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l’opprimé. Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte répétée de la veuve. Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel. La prière du pauvre traverse les nuées; tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui, ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice. – Parole du Seigneur.

Le livre de Ben Sira n’a pas été retenu dans le canon hébraïque des Écritures, puisqu’on a longtemps perdu l’original hébreu et, pour cause, les chrétiens s’en sont tenus à la version grecque. Mais le livre est bel et bien typique de la sagesse biblique. L’extrait qui nous est proposé révèle cependant une autre facette que celle de la sagesse, à savoir une perspective très proche des livres prophétiques. Il affirme à la fois l’impartialité de Dieu envers les personnes et le soin particulier qu’il prend pour le pauvre, l’opprimé, l’orphelin et la veuve. On croirait lire le prophète Jérémie. Ben Sira vante la puissance et la persévérance de la prière du pauvre, qui espère le regard de Dieu et une sentence en sa faveur.
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PSAUME | 33
« Le Seigneur regarde les justes ».

Parce que la bonté de Dieu se manifeste à tous, y compris aux pauvres, nous pouvons nous joindre à la louange du psalmiste. C’est aussi un appel à agir selon les mêmes sentiments que les siens : se montrer proche du cœur brisé.

Psaume 33
Refrain : Un pauvre crie ; le Seigneur entend.
Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs : pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge. 

Les genres littéraires des psaumes sont multiples : louange, action de grâce, pénitence, psaumes royaux ou sagesse, etc. Et l’on trouve souvent une diversité de genres à l’intérieur du même psaume, comme c’est le cas ici. Cet extrait du psaume 33 nous révèle deux dimensions omniprésentes dans le psautier : soit le cri d’appel à l’aide, surtout celui du pauvre et du « cœur brisé », soit la bénédiction et la louange, souvent associées aux cris de joie. Et le refrain, tiré du verset 7, énonce deux certitudes : le cri du pauvre est toujours accueilli par Dieu, de même que le cri des justes. Dieu regarde et voit, il écoute et entend, il vient en aide et sauve.
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DEUXIÈME LECTURE | 2 Timothée 4, 6-8.16-18
« J’ai mené le bon combat ».

L’Apôtre Paul, au terme de sa vie, regarde le chemin qu’il a parcouru, traversé par sa fidélité envers le Seigneur et surtout par le soutien qu’il a reçu de lui. Cette même grâce lui ouvrira, il en est sûr, l’accès au royaume des cieux.

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (4, 6-8.16-18)
« Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice »
Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. – Parole du Seigneur. 

Paul s’adresse à son fidèle collaborateur et ami, Timothée, et il livre dans la première partie de cet extrait, un bilan plus que positif de son ministère et de son parcours de foi. Ce bilan n’est pas une surévaluation et on n’y trouve aucune trace d’orgueil. Paul est serein et se dit « déjà offert en sacrifice ». Il aura, toute sa vie, mené « le bon combat « et il attend de recevoir du Seigneur « la couronne de justice « en se réjouissant du fait qu’elle sera partagée par « tous ceux qui ont désiré avec amour sa Manifestation glorieuse ». L’Apôtre revient toutefois sur certaines épreuves du passé, et il n prévoit d’autres à venir, mais il sait pouvoir compter sur l’assistance du Seigneur.

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ÉVANGILE | Luc 18, 9-14
« Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! »

Le pharisien et le publicain de la parabole racontée par Jésus sont deux figures opposées dans leurs comportements et dans leurs attitudes vis-à-vis de Dieu. Ils font ainsi apparaître la miséricorde de Dieu comme déterminante pour obtenir la vie éternelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (18, 9-14)
« Le publicain redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu juste, plutôt que le pharisien »
En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis!” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé. » 

Jésus a fréquemment eu maille à partir avec les pharisiens. Ces derniers cherchaient souvent à le mettre à l’épreuve. Mais Jésus n’a pas manqué de les interpeller et a su démasquer leur hypocrisie. La parabole les vise assurément, mais Jésus l’adresse à « tous ceux qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres ». Deux hommes viennent au Temple pour prier : l’un est pharisien et l’autre publicain. Le pharisien, debout et sûr de lui, se vante de ne pas être « comme les autres », qui seraient selon lui « voleurs, injustes, adultères ou encore comme ce publicain ». C’est tout sauf une prière : c’est d’abord une autoglorification, et c’est un discours de mépris envers le publicain. Or c’est ce dernier qui fait une vraie prière, discrète, humble et des plus sincères : « Mon Dieu, montre- toi favorable au pécheur que je suis ! »
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Marie-Dominique Trébuchet, théologienne, Institut catholique de Paris, Prions en Eglise

DEVENIR JUSTE : UN CHEMIN D'HUMILITÉ

« Ce n’est pas juste ! » Ce cri monte en nous parfois. Du fond de nos entrailles, il exprime une indignation devant le mal subi et cette indignation est le signe d’une prise de conscience plus profonde : le contentement d’être soi, en règle avec la justice humaine, peut nous rendre aveugles et sourds aux cris des oubliés de ce monde.
Que signifie être juste ? Les textes que nous offre le calendrier liturgique à quelques jours de la fête de tous les saints nous préparent à mieux comprendre les Béatitudes : « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. » Être juste, c’est être reconnu juste. Relisons l’évangile du jour. J’en retiens trois enseignements : le premier est que nul ne peut s’octroyer lui-même la qualité de juste, cela vient d’un autre, plus grand que nous. Le deuxième est que le chemin à prendre pour devenir juste est précisément celui qui consiste à reconnaître ses manquements à la justice, non pas pour se perdre dans la culpabilité, mais, et c’est le troisième enseignement, pour devenir pleinement juste. Le publicain est devenu juste en demandant miséricorde. L’achèvement de ce devenir est réalisé par l’action de la miséricorde en lui. La faim et la soif de justice sont rassasiées par l’action de Dieu en nous, action qui humanise, qui transforme, qui ouvre nos yeux et convertit nos cris en actes de justice.

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