L'annonciation à Joseph - 18 décembre - 4ème dimanche de l'Avent
Publié le 25/07/2018L'espérance de nombreuses générations va enfin trouver sa réponse. Grâce à l'obéissance de Marie, de Joseph et de tous ceux qui accueilleront le Christ, Dieu va venir dans notre monde. Et nous, à qui dirons-nous "oui" ? Comment consentirons-nous à la venue de Dieu dans nos vies ? (Prions en Eglise)
DIMANCHE 18 DÉCEMBRE - 10h00 - BASILIQUE - MESSE - 4ème DIMANCHE DE L'AVENT
Accueil de la lumière de la paix de Bethléem avec la participation des scouts
(Chaque paroissien présent à la Basilique a reçu un lumignon dont la flamme a été prise à la lumière de la paix de Bethléem)

CLÉS DE LECTURE
(Prions en Église)
Dieu avec nous : et nous avec Dieu ?
La première lecture et l’évangile sont reliés l’un à l’autre et dévoilent l’identité du Messie qui va naître. Et le psaume est relié à la lettre de saint Paul aux Romains : ces deux lectures mettent en lumière la vive espérance des justes qui croient en la parole du Seigneur
PREMIÈRE LECTURE | Isaïe 7, 10-16
En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. » Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. » Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon. »

Le roi Acaz (cf. 2 R 16) est un roi rebelle et infidèle qui entraîne son peuple hors des voies du Seigneur. Isaïe vient à peine de livrer le récit de sa vision, dans le temple de Jérusalem, du Dieu trois fois saint (Is 6), qu’il invite le roi à demander un signe puissant « de la part du Seigneur ». Le roi ne s’en soucie guère, mais Dieu donne au roi et à son peuple un « signe » exceptionnel : « la vierge est enceinte : elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous »). C’est là une nouvelle extraordinaire, mais il faudra quelque huit siècles pour enfin comprendre que cet Emmanuel naît de la Vierge Marie à Bethléem et qu’il est le Dieu fait chair, habitant avec nous.
________________
PSAUME | Psaume 23
Refrain: Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire !
Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots.
Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles.
Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face !
Ce psaume qui reflète les acquis de la réforme religieuse du roi Josias est aux antipodes de la réaction d’Acaz et de son peuple, qui n’ont pas cru au signe de l’Emmanuel. Le refrain du psaume traduit un ardent désir de la venue du Seigneur, « le roi de gloire » à qui appartiennent « le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ». La deuxième strophe suggère une religion épurée et profonde : le psalmiste et sa communauté cherchent à « gravir la montagne du Seigneur et [à] se tenir dans le lieu saint ». La chose est possible pour ceux et celles qui ont « un coeur pur » et « des mains innocentes ». En retour, Dieu leur accorde sa « bénédiction » et le « peuple » se met résolument à la recherche de Dieu et de sa face.
__________________________________________________________________________________________________________________________
DEUXIÈME LECTURE | Romains 1, 1-7
Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome.
Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les Saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.
Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
La lettre aux Romains est adressée à une communauté que saint Paul n’a ni fondée ni encore visitée. C’est la première de toutes ses lettres, la plus longue, et l’une des plus riches sur le plan doctrinal. Paul se présente comme le « serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu ». Un Évangile qu’il définit : « promis d’avance par Dieu, par ses prophètes dans les Saintes Écritures ». Au coeur, se trouve le « Fils qui, selon la chair est né de la descendance de David, et selon l’Esprit de sainteté a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu, par sa résurrection d’entre la résurrection d’entre les morts. » Paul explique aussi sa mission, « amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes », et son souhait final aux Romains, leur vocation à la sainteté, la grâce et la paix.
___________________________________________________________________________________________________________________________
ÉVANGILE | Matthieu 1, 18-24
Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Matthieu raconte « comment fut engendré Jésus Christ ». Au premier plan, il présente « Marie, sa mère […] accordée en mariage à Joseph ». Or, « avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint ». Alors que Luc mettra en lumière la grandeur de Marie et de sa foi en l’annonce de l’ange Gabriel, Matthieu met l’accent sur la justice de Joseph. Celui-ci refuse de « dénoncer publiquement » Marie. Il choisit d’avoir confiance en la parole de « l’ange du Seigneur » qui lui confirme l’intervention de l’Esprit Saint dans la conception de l’enfant et l’informe de son nom : « Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve) ». Ainsi s’accomplit l’oracle d’Isaïe au sujet de la Vierge qui enfantera l’Emmanuel, ce « Dieu-avec-nous ».
____________
Surprise !
Commentaire de Luc Forestier, prêtre de l’Oratoire, Prions en Eglise
L’Avent veut nous faire pleinement entrer dans l’action de Dieu au cœur de l’histoire humaine, comme le montrent les trois témoins d’aujourd’hui. Isaïe, Paul et Joseph nous rappellent en effet que cette action tient plus de la surprise que de la répétition, et ils offrent trois clés pour mieux la discerner.
La crème et le miel dont se nourrit l’Emmanuel sont des éléments bibliques décisifs. Ils expriment la vie et la fécondité car ils sont produits par des animaux vivants, la vache pour son veau et les abeilles pour la ruche. Crème et miel témoignent aussi de l’abondance de la Terre promise. Discerner l’action de Dieu dans notre histoire nous pousse à accueillir la vie nouvelle, et la vie en abondance.
Joseph, de son côté, est témoin d’un changement qui traverse sa propre intimité. Il découvre la surprise de l’action de Dieu qui accomplit sa promesse grâce au Verbe qui prend chair de la Vierge Marie. L’initiative divine induit toujours un changement de vie, parfois coûteux. C’est enfin Paul qui comprend que toutes les nations païennes sont appelées à la foi car l’amour de Dieu inclut toutes les réalités créées.
Discerner les signes de l’action de Dieu, c’est toujours faire le choix de la vie en abondance, du changement que cela induit dans son existence personnelle et surtout de la joie d’être témoin d’un Évangile qui n’oublie rien ni personne. À quelques jours de Noël, ces trois témoins peuvent nous aider à recevoir la surprise que Dieu nous prépare cette année.
Problèmes divins
Méditation biblique - Évangile selon saint Matthieu 1, 18-24
Marie-Laure Durand, bibliste, Prions en Église
La vie de tous les jours, avec son lot de contrariétés, peut être le chemin par lequel, discrètement, Dieu s'incarne dans nos vies.
Dieu se révèle au coeur de ce qui, pour nous , fait question.
Le temps de l’observation
Joseph porte dans son cœur une problématique. Étant un homme juste, il ne veut pas faire de tort à Marie et il a pris la décision de la répudier en secret pour garder l’honneur de sa fiancée intact. C’est à ce moment précis que l’ange fait irruption dans son existence pour lui ouvrir une autre compréhension de la réalité. Les propos de l’ange rencontrent la probité de Joseph et, au réveil, il décide d’épouser Marie. Ce court extrait raconte en détail que Dieu fait irruption dans la vie des personnes au cœur même de leurs problématiques. C’est parce qu’une question existentielle se pose, parce qu’un souci pour les autres ou le monde se fait jour, parce qu’on craint de mal faire ou de faire du mal, qu’un accès pour et à Dieu devient possible. Joseph a tenté de faire face loyalement aux questions que lui posait sa vie. Ce faisant, et par surcroît, Dieu s’est révélé à lui.
Le temps de la méditation
Nous fêterons bientôt Noël. Or la Bible, loin de toute extase grandiloquente, nous livre ici les dessous très humains de la naissance de Dieu dans les profondeurs de l’humanité. Tout part parfois d’un problème à résoudre, du doute sur ce qu’il s’agit de faire, de la peur de se perdre et de faire du mal. Le récit de la Nativité, vu sous l’angle de la vie de Joseph, est essentiel pour comprendre le sens de cette fête. Le cheminement qui est le sien est la preuve que nos soucis et nos contrariétés peuvent être le chemin par lequel, discrètement, Dieu s’incarne dans nos vies. Noël n’est donc pas une fête pour gommer tout ce qui cloche, dérange, inquiète ou nous fait honte. C’est le moment pour expérimenter que nos problématiques de vie sont précisément des lieux de révélation et de nativité. Il n’y a donc plus à attendre que tout aille bien dans nos vies pour se réjouir. Noël est l’occasion de se réjouir, au cœur même de ce qui nous arrive.




