7 décembre - 2ème dimanche de l'Avent - Clés de lecture
Publié le 23/09/2019DIMANCHE 7 OCTOBRE 2025
10h00 - Messe des familles (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
10h30 - Messe à Valay - Sainte Barbe (Célébrant : Abbé J. Kita) - Messe à Arc-lès-Gray (Célébrant : Abbé E. Fétel)
10h30 - Messe à Savoyeux et à Gy

" Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers."
CLES DE LECTURE - PRIONS EN EGLISE
PREMIÈRE LECTURE | Isaïe 11, 1-10
« Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. »
Cet esprit, le Christ nous l’a donné : tous, par les trois sacrements de l’initiation (baptême, communion et confirmation), nous avons reçu l’esprit du Seigneur. Pour garder nos cœurs ouverts à l’Esprit, l’Avent nous appelle à la conversion. Mettons sous le regard amoureux de Dieu et laissons-nous aimer. Ensuite, nous pourrons aimer à notre tour.
Lecture du livre du prophète Isaïe (11, 1-10)
« Il jugera les petits avec justice »
En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. – Parole du Seigneur
Les poètes savent le mieux exprimer les réalités les plus profondes et essentielles de nos vies : l’amour, l’espoir, la foi. Le prophète Isaïe est un de ces poètes. Il exprime dans la première lecture l’espérance du peuple juif en la promesse de Dieu et en sa puissance pour réaliser ce qu’il a promis : de la lignée de David presque détruite, sortira un descendant rempli de l’Esprit de Dieu. Le verset 2 a inspiré la tradition des sept dons du Saint-Esprit.
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PSAUME | 71
« En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! »
Lorsque nous nous ouvrons à l’amour de Dieu pour nous, au niveau individuel comme au niveau de la communauté ecclésiale, la louange naît dans nos cœurs devant cette merveille. De même, louer le nom du Seigneur, quel que soit notre état d’esprit, nous ouvre à cet amour.
Psaume 71
Refrain : En ces jours-là fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des temps
Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux !
En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.
Que son nom dure toujours; sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !
La première strophe du psaume est une prière pour le roi. On y demande entre autres le don de la justice pour le roi. Dans la Bible, le concept de justice couvre beaucoup plus que la dimension strictement légale. Elle réside dans la correspondance entre le dire et le faire : Dieu est juste parce qu’il fait ce qu’il a promis. Ainsi doit être la justice du roi, qui doit correspondre à celle de Dieu ; le roi en est le représentant et l’exécuteur.
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DEUXIEME LECTURE | Romains 15, 4-9
« Afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. »
Lire et méditer la parole de Dieu nous est difficile dans nos vies trop remplies. D’autant que certains textes nécessitent des connaissances pour être interprétés et non lus littéralement. Pourtant, saint Paul nous appelle à nous laisser réconforter par elle. Pourquoi ne pas commencer par méditer quotidiennement une seule phrase des textes du jour ?
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (15, 4-9)
Le Christ sauve tous les hommes Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères; quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom. – Parole du Seigneur.
Ce que saint Paul dit finalement dans la première partie de ce passage de sa longue lettre aux Romains, c’est que la lecture de la Bible nourrit non seulement notre intelligence mais aussi notre volonté : elle est source de motivation pour persévérer sur le chemin de la foi. La persévérance (« upomonè » en grec), dont il parle souvent dans ses lettres, est une dimension fondamentale de la vie chrétienne. Elle est un peu le carburant qui nous permet de continuer à marcher, surtout lorsque les épreuves ou les obstacles induiraient en nous la tentation de baisser les bras, de nous dire : « À quoi bon ? » On ne peut ni grandir ni durer dans la foi sans la nourrir de la parole de Dieu.
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ÉVANGILE | Matthieu 3, 1-12
« Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »
Le baptême de Jean Baptiste est toujours actuel et non remis en cause par le baptême de Jésus. Les deux se complètent car c’est quotidiennement que nous avons besoin de conversion. On ne se convertit pas une fois pour toutes ! Chaque jour, nous avons à nous tourner vers Dieu et à nous mettre sous son regard d’amour.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 1-12)
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche »
En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Pour décrire la figure de Jean le Baptiste, Matthieu retient trois points. Premièrement, l’annonce du royaume de Dieu. Les Juifs avaient un tel respect pour Dieu – le Tout-Autre – qu’ils évitaient de prononcer son nom. D’où, dans le Nouveau Testament, l’expression « royaume des Cieux ». Elle peut avoir une connotation purement géographique ; en revanche, le mot « règne » permet d’insister sur l’impact d’une présence dans une période ou sur un milieu. Deuxièmement, l’appel prophétique à la conversion. La venue du règne de Dieu nous confronte à une décision : l’accueillir ou le refuser. Or, l’accueillir exige une réorientation profonde de notre vie. Cette conversion s’exprime par la démarche du baptême. Dernier point : Jean le Baptiste dénonce les fausses sécurités, les personnes qui se croient en bonne relation avec Dieu simplement de fait de leur appartenance au peuple juif ou à un groupe religieux en particulier. Il faut plutôt reconnaître qu’on est loin de ce Dieu dont l’amour est parfait et le pardon total.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris, Prions en Eglise
TOUS APPELES A LA CONVERSION
Pourquoi Jean le Baptiste s’en prend-il avec une telle véhémence aux pharisiens et aux sadducéens, alors même que ces derniers font l’effort de se rendre auprès de lui pour recevoir son baptême ? Pourquoi une telle sévérité envers des hommes qui se plient comme tout le monde au rituel de repentance proposé ? Jean leur reproche leur hypocrisie et leur orgueil. L’hypocrisie, car ils convoitent les bonnes grâces de Dieu sans vouloir changer leur cœur. Ils aspirent aux « bénéfices » de la conversion sans la conversion ! Plus loin dans le même évangile, Jésus fait le même reproche aux pharisiens dont la piété n’est que « des lèvres » : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi » (Mt 15, 8). Et pour aggraver leur cas, les pharisiens et les sadducéens doublent leur hypocrisie d’orgueil : ils pensent que leur appartenance au peuple d’Israël, détenteur de la promesse de Dieu, leur vaut automatiquement le pardon. Comme si le don de l’amour de Dieu était tributaire du groupe dont nous faisons partie. Ainsi Jean le Baptiste rappelle-t-il deux choses valables pour nous aujourd’hui. Premièrement, Dieu n’a que faire des frontières que nous établissons, son peuple (ou son Église) est constitué de celles et ceux dont le cœur est près de lui. Deuxièmement, notre salut ne se fait pas sans nous : il nous est demandé d’agir en conformité à l’amour qui nous est donné.




