14 décembre - 3ème dimanche de l'Avent - Clés de lecture
Publié le 25/07/2018DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2025 - 10h00 - BASILIQUE - MESSE
SUIVIE DE LA BÉNÉDICTION DE LA FONTAINE SAINT PIERRE FOURIER, RÉCEMMENT RÉNOVÉE
(Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
10h30 - Messe à Autrey-lès-Gray, à Pesmes, à Velloreille-lès-Choye et Ray-sur-Saône
Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent !
En ce dimanche de Gaudete, de la joie, exultons et crions d’allégresse. Car le Seigneur vient manifester au monde sa gloire et sa splendeur. Nos vies peuvent être des déserts arides, mais Jésus vient. Grâce à lui, les aveugles voient, les lépreux sont purifiés et les morts ressuscitent. Oui, exultons et crions de joie ! (Prions en Eglise)
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Matthieu 11, 3
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
Première lecture | Isaïe 35, 1-6a.10
« Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu. »
Alors que le roi cherche des appuis politiques dans les pays voisins, Isaïe annonce l’intervention de Dieu qui rendra la fierté à son peuple. Il nous appelle à vivre dans l’espérance de sa venue, quelles que soient les épreuves que nous rencontrons.
Lecture du livre du prophète Isaïe (35, 1-6a.10)
« Dieu vient lui-même et va vous sauver »
L e désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient. – Parole du Seigneur.
Le prophète du VIIIe siècle avant J.-C. nous livre une pièce magnifique, comme il s’en trouve plusieurs à travers son grand recueil. Il y a là une forte invitation à la réjouissance, à l’exultation, au cri de joie et à l’allégresse, qui est de tradition pour le 3e dimanche de l’Avent. Dieu change le désert en fleurs des champs, il fait resplendir sa gloire au Liban et sur les hauteurs du Carmel dans la plaine de Sarone. Ce Dieu qui prend un tel soin de sa création met sa puissance au service des « mains défaillantes » et « des genoux qui fléchissent ». Le Dieu créateur se montre sauveur, guérisseur et libérateur. On retrouvera sensiblement dans l’évangile du jour les mêmes bénéficiaires du salut : aveugles, sourds, boiteux et muets. Oui, le Dieu qui vient à Noël peut chasser toute « douleur et plainte ».
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PSAUME | 145
« D’âge en âge, le Seigneur régnera. »
Le psalmiste regarde les bienfaits du Seigneur. C’est la raison de sa louange. À chacun de nous de discerner ce que le Seigneur nous apporte, afin, nous aussi, de lui rendre grâce.
Psaume 145
Refrain : Viens, Seigneur, et sauve-nous !
Le Seigneur fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain, le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes.
Le Seigneur protège l’étranger, il soutient la veuve et l’orphelin. D’âge en âge, le Seigneur régnera.
Le refrain du psaume est forgé à partir du verset 4 de la première lecture et convient parfaitement à la vive attente du peuple de Dieu : « Viens, Seigneur, et sauve-nous ! » D’ailleurs, les trois strophes du psaume semblent directement inspirées de la vision isaïenne du salut, en particulier avec cette liste plus complète des bénéficiaires du salut : opprimés, affamés, enchaînés, aveugles, accablés, justes, étranger, orphelin. On trouvera là aussi beaucoup de ressemblance avec la mission que Jésus confie aux disciples : révéler à Jean Baptiste comment se déploient son ministère et son annonce de l’Évangile.
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DEUXIÈME LECTURE | Jacques 5, 7-10
« Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme. »
Le mot « patience » revient quatre fois dans ces quelques lignes. La comparaison du cultivateur qui attend sa récolte nous dit la certitude de la venue de temps favorables. Comme lui, vivons cette attente dans l’espérance.
Lecture de la lettre de saint Jacques (5, 7-10)
« Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche »
Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. – Parole du Seigneur.
Les attentes messianiques étaient nombreuses dans le judaïsme à l’approche d’une ère nouvelle inaugurée par Jésus. Les mouvements baptistes florissaient, les pharisiens, les sadducéens et les esséniens attendaient avec effervescence le sauveur d’Israël. Au moment où Jacques écrit sa lettre, le Sauveur était déjà venu en la personne de Jésus. Après la résurrection du Christ, Jacques envisage déjà une autre « venue du Seigneur », qui sera celle de la fin des temps. Mais il ne parle pas d’effervescence et prêche plutôt l’endurance et la patience. Il demande à sa communauté d’imiter l’endurance et la patience des « prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur ».
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ÉVANGILE | Matthieu 11, 2-11
« Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez. »
Jean Baptiste et Jésus sont les deux figures de la venue du Royaume : le premier l’annonce et en témoigne par sa prédication et sa manière de vivre ; le deuxième le réalise et en donne les signes par les guérisons qu’il opère. Le récit de saint Matthieu nous les présente à quelques jours de la fête de la venue du Christ en notre monde.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »
Jean le Baptiste a bien accompli sa mission de précurseur et de prophète, tant et si bien qu’il a été emprisonné par Hérode, qui ne supportait pas ses critiques. De sa prison, il entend parler des « œuvres » du Christ et voudrait en savoir davantage. On soupçonne de sa part un certain « doute » sur les succès de Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Pour toute réponse, Jésus reprend le langage d’Isaïe, que Jean connaissait plutôt bien : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés… et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle ! Aux disciples du Baptiste, Jésus dit tout le bien qu’il pense de ce dernier : il est « bien plus qu’un prophète » et, « parmi ceux qui sont nés d’une femme », nul n’est plus grand que Jean le Baptiste.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
SIGNE PAR EXCELLENCE
Depuis sa prison, Jean le Baptiste s’interroge sur l’identité de Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » À cette question, Jésus répond par des actes de guérison : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent. La sagesse africaine enseigne que « c’est au pied du mur qu’on connaît le maçon ». De même, c’est dans les fruits de son action que Jésus se révèle comme le Messie attendu. La foi chrétienne n’est pas d’abord une idée mais une expérience de salut qui transforme la réalité. Jésus ne donne pas seulement des signes. Il est lui-même, par excellence, le signe du Royaume. Dans notre monde, marqué par les blessures provoquées par des guerres, des migrations forcées, des inégalités sociales et la crise écologique, il nous faut regarder du côté des « signes » de Dieu à l’œuvre. Le Royaume est présent à travers les multiples et humbles engagements pour la justice, sans oublier les gestes de solidarité qui redonnent de la dignité aux fragiles de nos sociétés. Jean le Baptiste peut être un modèle pour nous et Jésus a raison de faire son éloge. Devenons comme lui : des hommes et des femmes debout, qui ne cherchent pas à vivre dans des palais mais dans le désert, proches des gens et fidèles à leur mission. Soyons les témoins d’un Évangile qui ouvre des chemins d’espérance pour nos contemporains en quête de sens.




