"Tenez-vous donc prêts, vous aussi" - 30 novembre 2025 - 1er dimanche de l'Avent
Publié le 15/04/2020

QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE L'AVENT ?
Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4ème dimanche précédant Noël.
L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël,
événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes :
de sa naissance à sa mort sur la Croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché.
Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie.
La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion
et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe.
Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique :
celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.
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Seigneur, je me présente devant toi comme une maison vide, une maison qui attend, une maison bien pauvre.
Loué sois-tu Seigneur pour cette pauvreté !
Si mon plafond est défoncé, il peut laisser filtrer la lumière ;
si mes murs sont délabrés, ils peuvent laisser passer ton souffle;
si ma maison est vide, elle peut t’accueillir.
Seigneur, voici ma maison. Je te l’offre avec sa pauvreté: remplis-la de ta présence.
Toi, le Dieu qui pardonne, tu ne dis pas: « Faites le ménage et je viendrai ! »
Non, tu viens chez moi et mon désordre ne te fait pas peur.
Viens Seigneur; depuis si longtemps ma maison t’attend.
Elle sera toujours vide tant que tu n’y seras pas. Maranatha : Viens Seigneur Jésus.
Georges Madore
1er DIMANCHE DE L'AVENT - MESSE À LA BASILIQUE À 10h00
NOUVELLE PAROISSE : PAROISSE SAINT PIERRE FOURIER DE LA PLAINE DE GRAY
Quête pour la catéchèse et l'aumônerie dans l'enseignement public et l'enseignement catholique
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
C’est l’heure. Venez ! Ne manquons pas ce nouveau départ. Avec l’Avent, une nouvelle année liturgique s’ouvre. Ces prochaines semaines nous conduisent vers Noël et nous rappellent que le Seigneur reviendra. En pèlerins d’espérance, réveillons notre ardeur, allons à la rencontre de celui qui vient chez nous. Que cette célébration nous aide à goûter à la joie du ciel.

PREMIÈRE LECTURE | Isaïe 2, 1-5
« Venez ! montons à la montagne du Seigneur ! Qu’il nous enseigne ses chemins. »
Se laisser enseigner par le Seigneur, cela suppose d’écouter et de méditer la parole de Dieu. Cependant, ce n’est pas toujours facile ; certaines lectures sont plus difficiles que d’autres. C’est pourquoi nous proposons chaque semaine des formations, dans la rubrique Ressources et formations.
Lecture du livre du prophète Isaïe (2, 1-5)
Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu
Parole d’Isaïe, – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob! Marchons à la lumière du Seigneur. – Parole du Seigneur.
L’auteur décrit le pèlerinage des nations vers Israël. Invitées à entrer dans le projet de Dieu, elles transformeront les armes de guerre en outils agricoles. Nous voilà renvoyés au récit du livre de la Genèse : l’être humain pourra s’investir dans sa vocation première, gérer la terre pour la rendre féconde (cf. Gn 1, 26-28). Nous retenons de cela que l’humanité entière est en marche vers l’accomplissement que Dieu lui réserve. Sa lumière, au long de cette route, est la « torah », l’orientation que Dieu veut donner à notre vie.
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PSAUME | 121
« À cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “Paix sur toi !” »
La paix n’est pas absence de conflits mais une véritable action, un engagement, un amour qui dépasse nos envies de haine et nos indifférences. Elle nous demande un vrai travail, pour ne pas nous laisser aller à la facilité.
Psaume 121
Refrain : Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur
Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !
Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur.
C’est là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. C’est là le siège du droit, le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! »
À cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien.
Dans le contexte liturgique, ce psaume est une réponse à l’invitation du prophète Isaïe : « Venez, marchons à la lumière du Seigneur. » Pour le peuple juif, cette lumière émane de Jérusalem et de son temple, la maison de Dieu. Dans la foi chrétienne, la vraie demeure de Dieu est le peuple croyant. Dieu ne demeure pas dans un temple de pierre, mais un temple de chair : le cœur de l’être humain.
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DEUXIÈME LECTURE | Romains 13, 11-14a
« Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. »
Marcher dans la lumière, c’est marcher avec Jésus, revêtu de lui. C’est « par lui, avec lui et en lui » que nous pouvons rejeter les œuvres des ténèbres, se conduire honnêtement pour se tenir prêts à la venue de Dieu dans nos vies.
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (13, 11-14a)
« Le salut est plus près de nous »
frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisonsnous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ. – Parole du Seigneur.
Cette parénèse (exhortation) de Paul, à la fin de sa plus longue lettre, est tout axée sur l’amour : « N’ayez aucune dette envers qui que ce soit, sinon celle de vous aimer les uns les autres » (Rm 13, 8). Vous avez d’autant plus raison de tout axer sur l’amour, explique saint Paul, que le reste devient sans importance en regard de la venue imminente du Christ. Il affirme donc la dimension éthique de l’eschatologie : puisque nous sommes à la fin des temps, concentrons-nous sur ce qui ne passera pas, l’amour les uns des autres. L’image du vêtement pourrait être une allusion au baptême.
« Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
ÉVANGILE | Matthieu 24, 37-44
Se tenir prêt, c’est simplement vivre en tant que chrétiens : rechercher et désirer la présence et la proximité de Dieu. Or, toute relation s’entretient ! Comment faire ? Par la prière sincère, non intéressée, la méditation de la parole, la participation aux sacrements.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (24, 37-44)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t‑il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
La péricope de ce premier dimanche de l’Avent est constituée de deux petites paraboles dans lesquelles Jésus invite à la joyeuse attente du retour de notre Seigneur bien-aimé. Avec les expressions « les jours de Noé », « avant le déluge », « arche », « voleur », l’allusion à la génération du déluge (cf. Gn 6), reprise aussi plusieurs fois dans le Nouveau Testament (cf. 1 Th 5, 2 ; 2 P 3, 10 ; Ap 3, 3), ne condamne pas les contemporains de Noé à cause de leur mauvaise conduite. Manger, boire, se marier est tout à fait légitime. Leur péché, c’est d’avoir réduit l’existence humaine à cela. C’est de croire que le don de Dieu se réduit à une vie entre nous alors que Dieu nous appelle à une vie avec lui (l’Alliance).
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers, Prions en Eglise
PÈLERINS D'ESPÉRANCE !
L’année 2025 aura été marquée par le temps du jubilé que chacun de nous aura vécu d’une manière ou d’une autre. Le pape François nous avait invités à être pèlerins d’espérance. Le jubilé se terminera dans quelques semaines, mais aujourd’hui commence le temps de l’Avent, un temps qui nous appelle chaque année à être des pèlerins d’espérance et à préparer nos cœurs à la venue du Fils de l’homme. Un temps qui nous invite à être des veilleurs, des guetteurs, des réveilleurs d’espérance ! Être veilleur, c’est d’une certaine manière accepter de ne pas baisser les bras, pour être témoin du jour qui arrive, pour dire à temps et à contretemps, aux dormeurs comme aux insomniaques, à ceux qui attendent et à ceux qui n’attendent plus rien, qu’un autre temps arrive. Entrer dans l’Avent, c’est entrer dans la vigilance, dans l’heure des veilleurs qui risquent le pas suivant pour traverser la nuit et naître au grand jour. Sommes-nous prêts à nous arracher à nos torpeurs et à notre sommeil, à nos léthargies et à nos lenteurs ? Sommes-nous prêts, comme nous y invite l’Apôtre Paul, à nous revêtir pour le combat de la lumière ? Attendre Dieu chaque jour, le chercher au cœur même du monde et au secret de notre vie, voilà aussi à quoi le temps de l’Avent nous appelle. Nous ne savons ni le jour ni l’heure, mais nous savons qu’il est déjà là, qu’il est venu, qu’il reviendra ! Confiance, Dieu arrive ! Il se fait pèlerin avec nous !
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RAVIVER LA VIGILANCE
Commentaire d'Emmanuel Schwab, curé de la paroisse Saint-Léon, Paris XVe), Prions en Église
Il est déconcertant de voir avec quelle facilité certains se laissent détourner de ce qu’ils sont en train de faire par l’arrivée d’un texto. C’est comme si leur esprit était doté d’un radar en permanence branché sur l’éventuelle survenue d’un message. Cette expérience, hélas largement partagée, fournit une bonne parabole en commentaire de l’évangile de ce dimanche. Comme on est prêt à bondir sur le texto qui survient, il s’agit d’être toujours prêt à accueillir la venue du Seigneur. Car, en effet, « vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient ». Le temps de l’Avent, comme les autres temps liturgiques, nous convie à un exercice spirituel. Celui-ci, dans les semaines qui nous séparent de Noël, consiste à raviver notre vigilance : « Veillez ! » « C’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil », dit l’apôtre Paul. Nous nous préparons à faire mémoire de la venue du Seigneur à Bethléem pour nous disposer à vivre l’attente de sa venue en gloire, « nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur » (Missel romain). Entre ces deux venues, le Seigneur ne cesse de venir, à l’heure où nous n’y pensons pas. Nous ne connaissons pas l’heure, mais nous savons quelques modalités de cette rencontre. Le Seigneur vient à nous dans sa parole, dans la liturgie, mais aussi dans ces plus petits d’entre ses frères auxquels il s’identifie.
UNE PRIÉRE de Normand Provencher, pour ce dimanche, Prions en Église
NOUS TE LOUONS, SEIGNEUR JÉSUS
Nous te louons, Seigneur Jésus, d'être l'aurore d'un jour nouveau dans notre longue nuit.
Dans nos moments d'angoisse, éveille-nous à la confiance.
Dans notre univers de bruit, éveille-nous à l'intériorité.
Dans notre monde de technique, éveille-nous la prière.
Nous te remercions, Seigneur Jésus,
pour ce temps de l'Avent où tu nous apprends à veiller et à attendre ta venue prochaine.
Plongés dans le noir, nous espérons un signe de ta présence.
Dans nos vies encombrées, apprends-nous à partager.
Dans notre société de consommation, éveille-nous au spirituel.
Nous te louons et rendons grâce, Seigneur Jésus,
d'habiller nos coeurs d'espérance et d'amour pour le jour de ta venue prochaine.Amen.




