19 juin 2022 - Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ — Paroisse de Gray

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19 juin 2022 - Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Publié le 25/07/2018
Manger et boire sont les besoins premiers de notre corps. Manger et boire le Christ ressuscité sont, eux, la source première de toute vie baptismale.
Comment nous laisserions-nous rassasier sans être traversés par la souffrance de tous les humains privés d'eau et de nourriture ? Que ce repas eucharistique nous donne le force de la mission et la joie du partage. (Prions en Eglise)

DIMANCHE 19 JUIN - BASILIQUE - MESSE À 10h00

La Fête du Saint-Sacrement (2ème dimanche après la Pentecôte) a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’eucharistie.

QUEL EST LE SENS DE LA FÊTE DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST ?

Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du corps et du sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

La date de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi), comme la date de la Fête du Saint-Sacrement ou la date de la Fête-Dieu, est en principe le jeudi qui suit la fête de la Sainte-Trinité c’est-à-dire soixante jours après Pâques. Mais en France, depuis le concordat de 1801 et dans plusieurs pays, la Fête du Corps et du Sang du Christ est repoussée au dimanche qui suit la Sainte-Trinité en vertu d’un indult papal pour permettre la participation de tous les fidèles. En effet ce jeudi n’est pas un jour férié en France alors qu’il l’est dans certains pays comme la Belgique, la Suisse, certaines parties de l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, l’Espagne.
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ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (9, 11b-17)
En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu, et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. » Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. » Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. » Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

 

 

 

COMMUNIER AU PAIN DU BON PASTEUR
La séquence Lauda Sion (* ci-dessous) éclaire le sens de la fête qui nous rassemble. Ce poème appartient au riche patrimoine liturgique qui structure l’Église latine et révèle ­comment nos ancêtres interprétaient les Écritures. Or, cette fête constitue une double mise en abyme. D’une part, nous lisons dans les textes bibliques ce que nous célébrons aujourd’hui. D’autre part, nous mettons en œuvre ce que l’Écriture propose. Quand nous sommes rassemblés pour célébrer le mémorial pascal, nous voilà comme ces foules à qui Jésus parle du Royaume avant d’offrir une nourriture qui annonce le don de sa vie. Comme le dit la séquence, le Bon Pasteur montre qu’il est en même temps le pain de vie, « Ô Bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus ». Le rapprochement saisissant entre ces deux images témoigne de l’expérience ecclésiale de nos pères dans la foi. Au long de leur histoire, les chrétiens sont nourris par une parole qui prend chair. La communion corporelle qui nous est offerte transgresse les frontières, même de la mort, et anticipe le banquet final initié par la bénédiction de Melkisédek. Cette convergence déterminante entre lectures bibliques et célébration eucharistique se met aussi en œuvre dans l’acte essentiel de transmission dont Paul est témoin. En effet, au nom de sa responsabilité vis-à-vis des chrétiens de Corinthe, Paul rappelle fermement ce qu’implique le geste eucharistique qu’il reçoit du Seigneur. La communion au corps du Christ pousse à transmettre celui que nous avons reçu.

Luc Forestier, prêtre de l’Oratoire, Prions en Eglise

(*)  SÉQUENCE
Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous et protège-nous,
fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris,
conduis-nous au banquet du ciel
et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. AMEN

EXERCICE PRATIQUE

Le temps de l’observation
Les disciples ne sont toujours pas à la bonne fréquence. Jésus guérit, parle du royaume de Dieu et ouvre les cœurs. Les disciples, eux, gèrent l’intendance et s’inquiètent de ce que les personnes présentes vont manger. Personne ne peut leur reprocher cette attention et Jésus, d’ailleurs, ne le fait pas. Il entend leur crainte et leur demande, mais leur propose de résoudre par eux-mêmes la question qu’ils se posent. « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » C’est bien parce que les disciples sont démunis que, dans un deuxième temps, Jésus passe à l’action dans une grande confiance au Père. Comme à son habi­tude, il se saisit de la réalité telle qu’elle se présente à lui. En prenant les cinq pains et les deux poissons, il attrape la vie telle qu’elle est. Là où les disciples cherchaient ailleurs la solu­tion à leur problème, Jésus fait avec ce qui est et se tourne vers le Père en toute confiance.

Le temps de la méditation
La question n’est pas de savoir si nous sommes capables d’accomplir les mêmes actes que Jésus ou si les disciples, à leur tour, l’ont été. La question que nous pose ce texte est celle de notre capacité à nous conduire envers le réel de la même manière que Jésus : en prenant acte de ce qui est et en mettant sa confiance dans le Père pour agir en Fils. Ce sont ces deux attitudes qui viennent percuter nos façons habituelles de faire : d’une part, l’habitude d’aller chercher ailleurs quelqu’un qui résolve nos problèmes et, d’autre part, douter de la présence de Dieu à ce monde. Pour répondre aux exigences de l’heure, Jésus utilise des restes et les transforme en une abondance qui nourrit chacun. Simplement, sans ­esbroufe, il avance avec confiance dans le monde : confiance dans son statut de Fils, confiance dans la fidélité du Père. Cette attitude de vie est, depuis, offerte à chacun de ses disciples, chacun étant désormais capable de vivre et d’avancer sans craindre ce monde.

Marie-Laure Durand, bibliste, Prions en Eglise

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HISTOIRE
Le pape Urbain IV en 1264 rendit la fête du Saint-Sacrement obligatoire pour l’Église universelle, mais cette fête a eu de la peine à s’imposer chez les évêques et les théologiens. Puis elle est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Elle a été supprimée dans les pays protestants, mais cependant gardée par l’Église anglicane. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement. Le nom de Fête-Dieu n’existe qu’en français.
Le pape Jean XXII en 1318 a ordonné de porter l’eucharistie, le jour de la Fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu), en cortège solennel dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. C’est à ce moment qu’apparaît l’ostensoir. Elle se répand dans tout l’occident aux XIV° et XV° siècles. Le concile de Trente (1515-1563) approuve cette procession de la Fête-Dieu qui constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Le défilé du Saint-Sacrement est encore très populaire en Italie et en Espagne. Mais en France, la procession de la Fête-Dieu se fait rarement, sauf dans de nombreux villages du Pays Basque.

Description de la procession de la Fête-Dieu :
Pendant la procession de la Fête-Dieu, le prêtre portait l’eucharistie au milieu des rues et des places richement pavoisées de draperies et de guirlandes. On abritait le Saint sacrement sous un dais somptueux porté par quatre notables. On faisait aussi une station à un reposoir, sorte d’autel couvert de fleurs. L’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple. On marchait sur un tapis de pétales de rose que des enfants jettent sur le chemin du Saint-Sacrement. Cela constituait un vrai spectacle.
L’ostensoir :
Un prêtre portait l’eucharistie dans l’ostensoir sous un dais souvent tenu par quatre personnes. Parfois l’ostensoir était sur un char tiré par deux chevaux. Au reposoir, l’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple avec l’ostensoir. L’ostensoir est un objet liturgique destiné à contenir l’hostie consacrée, à l’exposer à l’adoration des fidèles et à les bénir.
Le reposoir de la Fête-Dieu :
Le reposoir de la procession de la Fête-Dieu est un temps fort de l’adoration du Saint-Sacrement. Le cortège de la Fête Dieu fait une station à un reposoir, sorte d’autel décoré ou couvert de fleurs. Au reposoir, l’officiant encense l’eucharistie et bénit le peuple avec l’ostensoir. Le reposoir peut être situé en plein air ou dans une salle. Sur le trajet il y en a parfois plusieurs. Après une station à un reposoir, on se rendait à un autre reposoir

Source : Eglise catholique de France

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