27 avril - Dimanche de la Divine Miséricorde — Paroisse de Gray

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27 avril - Dimanche de la Divine Miséricorde

Publié le 25/07/2018
« La paix soit avec vous ! » (Jean, 20,21) : c'est la salutation de Jésus ressuscité ! Cette paix est celle du cœur. Mais cette paix est aussi extérieure, elle est celle de notre relation au monde et aux autres. Que nous soyons Jean, le disciple qui voit et qui croit, ou que nous soyons Thomas, le disciple qui pose des questions, nous recevons la même promesse : paix à toi ! "A qui vous remettrez vos péchés, ils seront remis". A tous les hommes, le Christ vient transmettre sa paix. Même à Thomas l'incrédule, auquel le ressuscité montre ses plaies (Prions en Eglise)

DIMANCHE 27 AVRIL - 10h00 - MESSE - BASILIQUE NOTRE-DAME 
DIMANCHE DE LA DIVINE MISÉRICORDE
Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation
(Messe à 10h30 à Champlitte et à Valay)

UNE PRIÈRE de Francis Daoust, pour ce dimanche (Prions en Église)
TU ES LÀ, VIVANT

Seigneur, entends ma prière. Dieu, écoute mon coeur.
Longtemps, j'ai attendu de grands signes venant de toi.
Je t'ai demandé des preuves comme Thomas qui voulait mettre la main dans ton côté.
Mais par le plus petit des signes, tu t'es révélé à moi.
Comme pour Élie, tu t'es manifesté dans ce qui est à peine perceptible.
Dans le son du fin silence, tu as dévoilé qui tu es.
Heureux suis-je, car je vois sans t'avoir vu.
Tu es le Tout-Puissant, qui se manifeste dans la douceur.
Tu es le paradoxe, le buisson qui brûle mais ne se consume pas.
Tu es celui qui ne laisse rien impuni, mais qui pardonne tout.
Comme pour Thomas, tu es là, vivant.
Je vois maintenant ton empreinte partout, dans les petites merveilles qui révèlent ta grandeur.
Je te rends grâce, mon Dieu, d'avoir ainsi ouvert mes yeux.

 

 

QU'EST-CE QUE LA MISERICORDE ?

La miséricorde est une attitude caractéristique de Dieu qui peut le définir tout entier : comme le disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, « Il n’est qu’amour et miséricorde ».
La miséricorde est révélatrice du soin dont le Père entoure ses enfants : Dieu écoute avec attention ce qui monte du cœur de l’homme ce qui provoque en Lui une attention quasi-maternelle. L’homme peut alors accepter de voir la misère, la pauvreté, l’étroitesse de sa vie. Face à nos difficultés à aimer et à pardonner, Dieu lui-même vient combler nos manques et restaurer notre humanité pour nous orienter vers une vie plus donnée.

En latin Miseri veut dire « les pauvres » et Cor, « le cœur ». Miseri-cor, c’est le cœur vers les pauvres. La miséricorde consiste à avoir le cœur qui bat pour les pauvres. Quoi de plus beau, de plus chaleureux, de plus courageux ! Le mot miséricorde, dit Saint Thomas d’Aquin, signifie un cœur rendu misérable par la misère d’autrui. La miséricorde, c’est la compassion pour toutes les formes de souffrances ; c’est la patience bienveillante devant la lenteur de la conversion ; c’est le pardon généreux envers qui se reprend ; c’est le cœur qui s’ouvre devant la misère du prochain. Ce cœur sensible à la misère ne se réduit pas à des sentiments à de l’émotion. Ce cœur est une attitude de toute la personne, un engagement de la volonté, à la fois une disposition de l’âme et une manière d’agir. Il pousse à vouloir faire cesser la misère du prochain comme on le ferait pour la sienne.

La miséricorde n’est pas une posture humaine, même relookée. C’est l’être intime de Dieu, son cœur de Père, sa bienveillance envers les hommes et le monde, son attribut ultime, l’expression la plus haute de sa justice. La miséricorde, telle que l’Écriture Sainte nous la dévoile, c’est Dieu saisi aux entrailles par ma détresse qui vient à mon secours et me délivre (1).

La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours

« La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. » Pape François, Bulle d’Indiction, N°2.
« La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux mêmes par leur fils. Il est juste de parler d’un amour « viscéral ». Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon. »
Pape François, Bulle d’indiction, N°6

Source Diocèse de Paris / Eglise catholique en France


CLÉS DE LECTURE - DIMANCHE 27 AVRIL 2025 (Prions en Eglise)

Le dynamisme et la joie de Pâques se prolongent aujourd’hui, à travers la fraternité des premiers croyants, le grand alléluia du psalmiste, l’appel à l’amour relayé par saint Jean et le bonheur de croire au Ressuscité.
Si la figure de Thomas semble dominer toute la liturgie de la Parole, faisons nôtre sa profession de foi et adhérons sans retenue à la joie pascale. Elle fera de nous les témoins crédibles du Ressuscité.

Lorsque Jésus apparaît à ses disciples, Thomas n’est pas présent. Et il peine à croire tant qu’il n’aura pas touché les plaies du Ressuscité. Et nous ? Ayant notre lot d’épreuves, nous pouvons nous enfermer dans la révolte ou l’incrédulité. Pourtant, même si nous ne le voyons pas en chair et en os, faisons confiance au Christ.
Accueillons sa paix et sa miséricorde. 
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PREMIÈRE LECTURE | Actes des Apôtres 4, 12-16
« Des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachèrent au Seigneur »
À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient dans le peuple. Tous les croyants, d’un même cœur, se tenaient sous le portique de Salomon. Personne d’autre n’osait se joindre à eux; cependant tout le peuple faisait leur éloge ; de plus en plus, des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachaient au Seigneur. On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des civières et des brancards : ainsi, au passage de Pierre, son ombre couvrirait l’un ou l’autre. La foule accourait aussi des villes voisines de Jérusalem, en amenant des gens malades ou tourmentés par des esprits impurs. Et tous étaient guéris. – Parole du Seigneur.

Les très nombreux croyants qui se sont attachés au Seigneur n’ont pas eu le privilège de voir le Ressuscité. Mais le témoignage des Apôtres, leurs gestes de guérison et la qualité de leur union fraternelle les ont convaincus de s’attacher à lui. Tous ces croyants continuent de fréquenter le Temple et sont volontaires pour « sortir les malades sur les places », afin de permettre à Pierre de les guérir non seulement de leurs maladies corporelles mais aussi des « esprits impurs » qui pouvaient les tourmenter.

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PSAUME | Psaume 117
« Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur. » 
Jésus a vaincu la mort, il est la vie ! Louons le Seigneur pour ce grand mystère pascal, source de vie, source de joie pour tous les hommes. Avec le psalmiste louons Dieu pour cette merveille de son amour.

La première strophe de ce psaume d’action de grâce est une profession de foi unanime « d’Israël », de la « maison d’Aaron » et de tous ceux « qui craignent le Seigneur » en la pérennité de l’amour du Seigneur. De la communauté, on passe – 2e strophe – au témoignage individuel du psalmiste, éprouvé mais échappant à la mort par la puissance du « bras du Seigneur ». Le psalmiste poursuit l’action de grâce de la communauté et se fait désormais le chantre des « actions du Seigneur ». La troisième strophe décrit un geste prodigieux : « l’œuvre du Seigneur » passe par des chemins inédits. Un de ses serviteurs – « pierre rejetée par les bâtisseurs » – devient la « pierre d’angle » d’un nouvel Israël.

Psaume
Refrain: Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron : Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour ! 
On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ; mais le Seigneur m’a défendu.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.
Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes. 
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! 

 

ssources
Rites initiaux
Liturgie de la Parole
Liturgie eucharistique
Rite de conclusion

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RITES INITIAUX

Les néophytes prennent part à la procession d’entrée à la suite du diacre portant le cierge pascal. De même pour les enfants qui vont être baptisés si c’est le cas.

Chant d’ouverture

Retrouvez nos suggestions dans le programme des chants.

CHANTS

Mot d’accueil

Bonjour et bienvenue à chacune et chacun de vous, frères et sœurs, en cette église où le Ressuscité nous rassemble. Nous célébrons dans la joie sa victoire sur les forces du mal et de la mort : lui, le visage de la Miséricorde, a offert sa vie pour nous restaurer dans l’alliance du Père. Réjouissons-nous et rendons grâce. Bonne célébration.

Acte pénitentiel

En ce dimanche de l’Octave pascale, la miséricorde du Seigneur se renouvelle : que les eaux du baptême viennent nous laver du péché et nous faire revivre, pour la gloire du Père. 

Aspersion de l’assemblée

Chant : Il a pour nom Miséricorde (MY 68-49)

Ou : Dieu de miséricorde (I37-40, str. 1, 2, 3)

Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde ; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. – Amen. 

Ou : Kyrie de la Messe de la Miséricorde (Emmanuel).

Retrouvez d’autres suggestions dans le programme des chants.

CHANTS

Gloire à Dieu

Dans la joie de Pâques, louons Dieu pour sa miséricorde !

Prière d’ouverture

Adressée à « Dieu d’éternelle miséricorde », la prière d’ouverture nous situe en enfants de Dieu devant le Père qui nous aime infiniment : bien des rencontres de Jésus le prouvent, « La misère du péché (est) recouverte par la miséricorde de l’amour » (Pape François, Lettre Misericordia et Misera § 1).

Le prêtre prend l’oraison du Missel.

liturgie de la parole

Première lecture

Tout habités par la joie de la Résurrection et forts de l’Esprit Saint, les Apôtres poursuivent la mission même de Jésus. Et, comme il le faisait lui-même, ils offrent des signes aux foules, et beaucoup deviennent croyants.

Clé de lecture (Première lecture)

Les très nombreux croyants qui se sont attachés au Seigneur n’ont pas eu le privilège de voir le Ressuscité. Mais le témoignage des Apôtres, leurs gestes de guérison et la qualité de leur union fraternelle les ont convaincus de s’attacher à lui. Tous ces croyants continuent de fréquenter le Temple et sont volontaires pour « sortir les malades sur les places », afin de permettre à Pierre de les guérir non seulement de leurs maladies corporelles mais aussi des « esprits impurs » qui pouvaient les tourmenter.

Psaume | 117

T. : AELF ; M. : M. Wackenheim ; Éd. : ADF.

℞ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Oui, que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour ! ℞

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! ℞

Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !
Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Dieu, le Seigneur, nous illumine. ℞

Ce psaume d’action de grâce tient une place de choix dans le temps pascal et la deuxième strophe a été utilisée abondamment dans les discours missionnaires des Apôtres pour décrire le caractère paradoxal de la mort de Jésus : c’est bien lui « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs », lui qui est devenu « pierre d’angle » par sa résurrection. À sa manière, le psalmiste appelle à la communion dans la prière (Israël, la maison d’Aaron et « ceux qui craignent le Seigneur »). Pareille communion est solidement enracinée dans l’expérience de l’amour éternel du Seigneur (refrain de la première strophe). La troisième strophe est une acclamation joyeuse qui anticipe le salut, la bénédiction et l’illumination.

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DEUXIÈME LECTURE | 1 Jean 9-11a.12-13.17-19
« J’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles »
Moi, Jean, votre frère, partageant avec vous la détresse, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvai dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, pareille au son d’une trompette. Elle disait : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. » Je me retournai pour regarder quelle était cette voix qui me parlait. M’étant retourné, j’ai vu sept chandeliers d’or, et au milieu des chandeliers un être qui semblait un Fils d’homme, revêtu d’une longue tunique, une ceinture d’or à hauteur de poitrine. Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, ce qui va ensuite advenir. » – Parole du Seigneur.

D’aucuns sont sans doute surpris de trouver en cette saison pascale un extrait du livre de l’Apocalypse, jugé quasi incompréhensible et synonyme de catastrophes associées à la fin du monde. Or, comme son nom en grec l’indique, ce livre est une révélation, et pas n’importe laquelle : une révélation de Jésus Christ, précisément, du Christ ressuscité, « premier des vivants », Agneau victorieux, Alpha et Oméga, et prémices d’un monde nouveau, d’une création nouvelle. Ce livre est un puissant témoignage porté par les sept Églises d’Asie Mineure qui résistent aux assauts de la Bête et font preuve d’une espérance indéfectible, dans l’assurance de joindre la foule innombrable des saints.

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ÉVANGILE | Jean 20, 19-31
« Huit jours plus tard, Jésus vient » 

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.


« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il est aisé de voir en Thomas un incrédule qui a besoin de preuves pour croire. Mais ce n’est pas à nous d’en juger. La figure de Thomas nous est plutôt donnée en exemple : c’est lui qui prononce la première « profession de foi » (« Mon Seigneur et mon Dieu ! »), et c’est lui qui permet à Jésus d’énoncer la bien belle béatitude de la foi (« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »). Quelle est notre profession de foi, aujourd’hui ?

Jésus apparaît aux disciples pour la première fois après sa résurrection. Sa salutation – « La paix soit avec vous » – n’est pas anodine, puisque les disciples se sont enfermés derrière des portes verrouillées, « par crainte des Juifs ». Non seulement les disciples sont remplis de joie, mais ils reçoivent aussi le don de l’Esprit et sont investis d’une mission concernant le pardon des péchés. Le récit évangélique mentionne une deuxième apparition aux disciples, en présence, cette fois, de Thomas, qui refusait de croire à défaut de preuve tangible. À l’invitation de Jésus, Thomas passe de l’incrédulité à la foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » La présence et la parole du Ressuscité lui ont permis de vaincre ses doutes.

Jean a retenu trois apparitions du Ressuscité à ses disciples, dont deux en huit jours : la première en l’absence de Thomas, la seconde en sa présence. Ce dernier doute quand les autres Apôtres lui disent avoir « vu le Seigneur ». Ils ont entendu son souhait de paix, ont vu ses mains et son côté, et reçu le souffle de l’Esprit Saint. Thomas n’a pas eu ce privilège : il voudrait toucher Jésus et voir ses plaies pour croire en sa résurrection. Mais, finalement, lorsque Jésus s’adresse à lui, Thomas n’a plus besoin de le toucher : il affirme sans détour sa foi en Jésus, son Seigneur et son Dieu. Nous sommes tous comme Thomas, puisque nous n’avons rien vu. Mais notre bonheur repose sur celui des Apôtres qui ont témoigné de la résurrection du Christ.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Emmanuel Schwab, recteur du sanctuaire de Lisieux, avril 2025
L’AMOUR FOU

«L’amour de Jésus pour Céline ne saurait être compris que de Jésus !… Jésus a fait des folies pour Céline… Que Céline fasse des folies pour Jésus… L’amour ne se paie que par l’amour et les plaies de l’amour ne se guérissent que par l’amour. » C’est ainsi qu’à 16 ans sainte Thérèse de l’Enfant Jésus parle à sa sœur âgée de 3 ans de plus qu’elle (Lettres de Thérèse 85). L’Apôtre Thomas, lui, a bien du mal à croire à cette « folie de Dieu plus sage que les hommes », cette « faiblesse de Dieu plus forte que les hommes » (1 Co 1, 25). Il lui faudra vérifier que c’est bien vrai. Et dès que Jésus se sera exposé à lui laisser toucher ses plaies, Thomas proclamera sa foi reconnaissante : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Arrivant quelque 2 000 ans après Thomas, nous sommes riches du témoignage d’innombrables disciples de Jésus qui ont mis leur foi en lui et qui nous confortent dans notre foi. Mais rien du témoignage des autres — des temps passés ou contemporains — ne nous dispensera de nous laisser personnellement éblouir ou toucher par cette folie de Dieu. C’est en nous laissant ainsi toucher que nous pourrons nous écrier avec sainte Thérèse « Ô ma sœur ! je vous en prie, demandez à Jésus que moi aussi je l’aime et le fasse aimer ; je voudrais l’aimer non d’un amour ordinaire mais comme les saints qui faisaient pour lui des folies. Hélas ! que je suis loin de leur ressembler ! » (LT 225 à sœur Anne du Sacré-Cœur, 2 mai 1897).

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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
DÉCONCERTANTE MISÉRICORDE 

Institué il y a 24 ans par le pape Jean-Paul II, nous célébrons aujourd’hui le dimanche de la Divine Miséricorde, une occasion pour dire merci à Dieu d’être Dieu, tout simplement. La miséricorde est l’attitude de celui qui se laisse toucher par la souffrance d’autrui et qui le rejoint avec bonté et désintéressement. La Bible attribue cette vertu à Dieu : il est le miséricordieux. C’est ainsi qu’il se présente à Moïse (Ex 3, 7-10) : Dieu voit la souffrance, Dieu se laisse toucher par le malheur de son peuple et entreprend de le sauver. Jusqu’à donner son Fils et pardonner notre péché. « C’est trop facile », diront certains. Justement, y a-t-il quelque chose de plus difficile que d’accepter d’être aimé pour rien ? Qu’il est gênant d’accueillir la miséricorde de Dieu ! Les lectures de ce dimanche éclairent l’idée que nous nous faisons de Dieu. Par exemple, avec Thomas nous comprenons que la foi n’a pas besoin de preuves. Croire en Dieu est un don qui nous est fait, gratuitement. Ce don reste mystérieux et rien ne peut l’expliquer : ni notre désir de croire, ni notre niveau intellectuel, ni notre gentillesse envers les autres, ni notre capacité à traverser la souffrance. C’est déconcertant d’éprouver la miséricorde de Dieu. L’Église nous invite aujourd’hui à convertir notre regard sur Dieu, à nous laisser aimer généreusement par lui, à en faire de même autour de nous. Et à lui dire merci.

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HEUREUSE BÉATITUDE
Commentaire du dimanche, Emmanuel Schwab, curé de la paroisse Saint-Léon, Paris (XVe)

« Jésus Christ […], vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » Cette parole de l’apôtre Pierre dans la deuxième lecture nous remplit de gratitude envers l’apôtre Thomas. Lui a voulu toucher le Christ ressuscité et voir ses plaies pour que nous puissions, 2 000 ans plus tard, mettre nous aussi notre foi en Jésus mort et ressuscité, et laisser ainsi la joie de la Résurrection entrer dans nos vies. « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Bienheureux Thomas qui nous a valu une telle béatitude ! « La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par lui. […] Dans la foi, l’intelligence et la volonté humaines coopèrent avec la grâce divine. » (Catéchisme de l’Église catholique 153 et 155). Que nous puissions ainsi mettre notre foi en Jésus et adhérer à sa personne par notre amour en le suivant, lui, en observant ses commandements, tout cela est un don de Dieu qui doit susciter en nous reconnaissance et gratitude. Mais notre foi est aussi, et autant, un acte de notre volonté libre et de notre intelligence. Un acte qui doit susciter notre travail pour comprendre celui que nous croyons et ce que nous croyons. Un acte qui est la mise en œuvre de cette grâce de Dieu qu’est le don de la foi. 

 


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Voir pour croire ou croire sans avoir vu ?
Question, bien humaine, suscitée par la réaction de Thomas.
Mais à bien y réfléchir  cette question, si légitime soit-elle, peut rester stérile car elle est centrée sur nous-mêmes.
Et Jésus le comprend bien même s’il s’étonnera du manque de foi de Thomas.
Mais au bout du bout, ce n’est pas la question !
Le Christ, Dieu fait homme, connaît bien nos interrogations : elles sont multiples, variées et différentes selon nos histoires et nos personnalités. Être habité de ces interrogations est bien humain. « La paix soit avec vous », nous invite-il à maintes reprises dans l’évangile de ce dimanche. Mais aussi « Recevez l’Esprit Saint ». Qu’en faisons-nous ? Serons-nous comme Thomas (qui a besoin de voir et de toucher) ou comme les apôtres sur le chemin d’Emmaüs (qui ne le reconnaissent pas tout de suite alors qu’ils le voient) ? Et si nous marchions tout simplement confiants en contemplant la patience et la pédagogie du Seigneur pour que la paix habite nos cœurs ?
(Emmanuelle Huyghues Despointes, Prions en Église)

SEIGNEUR, PARDONNE-MOI  !
Seigneur, pardonne-moi mes pensées trop tordues, mes paroles trop dures.
Souvent, je me décourage, et m'énerve contre les choses, contres les gens, contre le monde.
Chaque jour, j'ai besoin d'être pardonné !
Chaque jour, j'ai besoin de pardonner.
oi, Seigneur, tu me demandes de pardonner mais souvent je ne veux pas.
Pourquoi plier et plier encore ? Je deviendrais comme un homme sans colonne vertébrale !
Et, je te regarde, Debout, sur la croix.
Où as-tu trouvé assez de courage et d'amour pour dire « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.» ?
Donne-moi de pardonner toujours.
En te regardant, je vois bien que ce n'est pas de la faiblesse de pardonner toujours. Mais plutôt force et amour.
Donne-moi la force de ton amour, Toi qui sais me pardonner toujours.
(Basilique sainte Anne d’Auray)


 

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