21 septembre - 25ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture
Publié le 15/04/2020DIMANCHE 21 SEPTEMBRE - 10h00 - MESSE à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
10h30 - Messe à Autrey-les-Gray (Célébrant : Abbé Etienne Fétel)
et à Pesmes (Célébrant : Abbé Jean Kita) – Messe rentrée catéchisme
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent.»
25e dimanche du temps ordinaire C – Choisir. Voilà le maître mot de cette célébration. Par notre vie, dans notre quotidien, nous avons à choisir le salut de Dieu. En avons-nous conscience ? Les lectures de ce dimanche nous invitent à discerner : choisissons-nous Dieu, l’argent ou nous-même
PREMIERE LECTURE | Amos 8, 4-7
« Écoutez ceci, vous qui écrasez les malheureux pour anéantir les humbles du pays. »
Dieu est toujours là pour défendre le pauvre.
Lecture du livre du prophète Amos (8, 4-7)
Contre ceux qui « achètent le faible pour un peu d’argent »
Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment! » Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. – Parole du Seigneur.
Amos, le premier des prophètes écrivains, est éleveur de bovins et piqueur de sycomores, dans la région de Teqoa (cf. Am 1, 1; 7, 14). Il a son franc-parler et ses oracles sont sans merci envers les riches qui s’acharnent sur « le malheureux » et sur « les humbles du pays », c’est-à-dire les pauvres. Les riches du temps ne s’embarrassent d’aucun stratagème pour augmenter leur fortune et attendent frénétiquement la fin de « la fête de la nouvelle lune » et du « sabbat » pour augmenter leur fortune aux dépens des pauvres, en diminuant les mesures et en faussant les balances. Ils achètent à prix dérisoire « le faible » et « le malheureux » pour en faire des esclaves. Amos demande justice pour les pauvres, car il sait que son Dieu « n’oubliera aucun des méfaits » de ces riches et puissants.
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PSAUME | 112
Psaume 112
Refrain : Louez le nom du Seigneur : de la poussière il relève le faible
Louez, serviteurs du Seigneur, louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur, maintenant et pour les siècles des siècles!
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ? Lui, il siège là-haut.
Mais il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre.
Louez, serviteurs du Seigneur, louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur, maintenant et pour les siècles des siècles !
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut. Mais il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre.
Dans la première strophe, le psalmiste convie d’abord sa communauté à louer et à bénir Dieu. Il va encore plus loin, dans la deuxième, et suggère sa majesté par le moyen d’une question adressée à l’assemblée : « Qui est semblable au Seigneur ? » Il n’y a qu’une réponse possible à cette question : personne ! Ce Seigneur, qui « siège là-haut », ne manque jamais de porter son regard vers le ciel et vers la terre. En conclusion, le psalmiste précise que le regard de Dieu se porte surtout vers « le faible, […] le pauvre », qu’il veut « relever » et ennoblir au rang des « princes de son peuple ».
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DEUXIEME LECTURE | 1 Timothée 2 ,1-8
« Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute. »
C’est le Christ, notre médiateur qui nous invite à vivre en enfants de lumière.
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée (2, 1-8)
« J’encourage à faire des prières pour tous les hommes à Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés »
Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage, pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas –, moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité. Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute. – Parole du Seigneur
Paul encourage Timothée, son « disciple bien-aimé », « à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes ». La perspective est tout ce qu’il y a de plus œcuménique et inclut « les chefs d’État » et les gens en autorité. Le climat de la prière recommandé par Paul est conforme à ce que Jésus enseignait, à savoir « la tranquillité et le calme ». L’apôtre professe sa foi en un Dieu Sauveur qui « veut que tous les hommes soient sauvés ». Il professe également sa foi au Christ Jésus, « seul médiateur entre Dieu et les hommes » et protecteur des plus faibles.
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ÉVANGILE | Luc 16, 1-13
« Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 1-13)
« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent »
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion? Travailler la terre? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris 80.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Début de la lecture brève
(Lecture brève : En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :) « Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
Les paraboles de Jésus sont toujours étonnantes. Celle-ci l’est particulièrement, puisque Jésus cautionne l’éloge qu’un maître fait de son gérant, qui a pourtant dilapidé ses biens « avec habileté ». Plus étonnante encore est la demande de Jésus à ses disciples de se faire « des amis avec l’argent malhonnête » (v. 9). C’est dire que Jésus relativise l’importance de l’argent, en demandant toutefois aux « fils de la lumière » d’en faire un usage modéré et de chercher plutôt « le bien véritable ». Mais il sert aussi une leçon à ces « fils de la lumière », à qui il demande de mettre leur ingéniosité au service des « fils de ce monde », en cherchant à les convertir au « bien véritable ».
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers, Prions en Eglise
UN CHOIX A FAIRE
Drôle d’escroquerie que la manière d’agir de ce gérant ! Il est en danger. Il n’a plus rien à perdre et tout à risquer. Voilà une parabole bien étonnante, d’autant que Jésus semble faire l’éloge de ce truand. Quand Jésus parle en parabole, il met en scène des personnages auxquels on s’identifie, ou au contraire que l’on ne veut surtout pas imiter. Il cherche aussi à surprendre et même à provoquer des réactions pour que l’homme chemine et se convertisse. Alors, quelle attitude avoir devant cette parabole ? De fait, Jésus vante non pas la malhonnêteté mais l’habileté de ce gérant, qui va faire de l’argent un moyen dont on se sert. Jésus dénonce l’argent vu comme une idole que l’on sert et dont on devient prisonnier. L’argent permet de vivre, de prendre soin des autres, d’aider de soigner, de faire plaisir. Mais il peut aussi devenir le maître de notre vie, une sorte de dieu qui laisse penser que tout s’achète. Or on n’achète ni la vie ni le bonheur. Une fois de plus, le message de la parabole est l’urgence de la conversion, l’attention à l’autre, au petit et au pauvre. La richesse d’un homme ne se mesure pas à son portefeuille, mais à sa capacité à aimer et à donner sa vie. Nous ne pouvons servir deux maîtres ! Il nous faut choisir d’être libres ou prisonniers, de décider quel est notre Dieu, quel est notre maître. Alors, nous serons fils de la lumière. Nous ne pouvons servir Dieu et l’argent.




