30 mars - 4ème dimanche de carême - Dimanche de Laetare -Clés de lecture
Publié le 25/07/2018DIMANCHE 30 MARS - 10h00 - MESSE A LA BASILIQUE
(10h30 - Messe à ARC-lès-GRAY et à VALAY)
4ème DIMANCHE DE CARÊME
DIMANCHE DE LAETARE : CÉLÉBRER LA JOIE D'ÊTRE SAUVÉ PAR LE CHRIST !
QU'EST-CE QUE LE DIMANCHE DIT DE LAETARE
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"Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie."
(Luc 15,32)
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
Ce 4e dimanche du Carême est aussi appelé « dimanche de la joie ». Une joie que nous éprouvons chaque fois que répondons à l’appel du Seigneur de nous rassembler pour faire mémoire de Dieu, mais aussi une joie qui est celle de Dieu lui-même, chaque fois que nous revenons vers lui. Les 40 jours de Carême sont un temps qui nous est offert pour nous laisser réconcilier avec Dieu. Ouvrons nos cœurs à la joie que Dieu éprouve de nous voir ainsi rassemblés. Que la miséricorde qu’il nous offre maintenant vienne aussi nous combler de joie.
1ère LECTURE
Lecture du livre de Josué (5, 9a.10-12)
L’arrivée du peuple de Dieu en Terre promise et la célébration de la Pâque
En ces jours-là, le Seigneur dit à Josué : « Aujourd’hui, j’ai enlevé de vous le déshonneur de l’Égypte. » Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho. Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan. – Parole du Seigneur.
Les Israélites n’ont pas encore livré bataille dans le pays de Canaan. Ils ont cependant posé des gestes symboliques : le transport de l’Arche de l’Alliance accompagne leur traversée du Jourdain, et ils érigent douze pierres géantes comme signe de solidarité des douze tribus. Plus significative, la première célébration de la Pâque en terre de Canaan ravive la joie incomparable du soir de la libération d’Égypte. Certes, ils perdent le privilège du don de la manne, mais découvrent le plaisir de manger désormais les fruits de la récolte de la terre qui leur a été promise.
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PSAUME
Psaume 33
Refrain : Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !
Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.
Ce psaume sapientiel a été composé bien après l’installation en Canaan : il suggère une prière lancée par un individu, qui invite la communauté réunie au temple de Jérusalem. Le refrain révèle en fait que, avec ou sans la manne, ce qui doit ravir la communauté, c’est l’expérience et la mémoire constante de la bonté du Seigneur. Le psaume témoigne sans ambages que les principaux bénéficiaires de cette bonté sont les pauvres. On remarquera aussi que le psalmiste se réclame du Dieu de l’Exode, car il sait d’expérience que son Dieu entend le cri du pauvre et qu’il le délivre et le sauve. Il est toujours bon de savourer et de contempler la bonté du Seigneur !
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2ème LECTURE
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (5, 17-21)
« Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ »
Frères, si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. – Parole du Seigneur.
Paul, apôtre par excellence auprès des Gentils, se fait ici un ambassadeur convaincu et convaincant de la réconciliation. Une réconciliation qui a déjà été obtenue « par le Christ » et qui ne demande qu’à être accueillie « au nom du Christ ». Paul connaît bien les désordres et les dérapages des Corinthiens, mais il les supplie d’écouter l’appel pressant de Dieu : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Celui-ci a déjà réconcilié « le monde avec lui », alors qu’il « n’a pas tenu compte de nos fautes », et nous a fait devenir des « justes de la justice même de Dieu », grâce au Christ qui porté le poids de toutes nos fautes. Non seulement nous sommes pardonnés, mais chacun de nous devient « une créature nouvelle » et peut contempler la naissance d’un « monde nouveau ».
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ÉVANGILE
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (15, 1-3.11-32)
« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie »
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donnemoi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer. « Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras!” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

« Un homme avait deux fils » : Luc nous présente ainsi la plus belle parabole sur la miséricorde du Père. Le plus jeune fils rêve d’une vie nouvelle loin du foyer familial. Son père l’accommode et lui donne sa part d’héritage. Très vite, on est témoin de la déchéance du jeune homme. Heureusement, ce dernier sait rentrer en lui-même et retourne chez son père confesser sa faute. Le père le voit venir et, « saisi de compassion », s’empresse de lui faire un accueil plus que chaleureux. Il organise un repas princier en son honneur. Or, le fils aîné revenu des champs ne veut rien savoir de la fête et de son frère. Le récit se termine sans qu’on sache s’il se rangera aux arguments de son père, qui l’aime de tout cœur et veut le voir se réjouir du retour de son frère cadet, « revenu à la vie ».
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste, Prions en Eglise
LA JOIE DU RETOUR
Le Carême est un temps de conversion et de joie. Ce dimanche célèbre la joie de la conversion – autant celle du pécheur revenant vers Dieu que notre propre conversion lorsqu’il s’agit de changer notre vision de Dieu. Jésus rencontre des pécheurs et les pharisiens en sont scandalisés. Celui qui mange avec eux ne peut être que complice du péché et partager leur impureté. Confronté à l’accusation, Jésus ne se justifie pas. Il nous montre le vrai visage du Père. Le cadet revendique sa part d’héritage. Il veut s’éloigner du père et mener une vie bien à lui. Il anticipe sa disparition et s’émancipe de son autorité. Ayant tout perdu, il décide de revenir à la maison, sans se douter que le père l’attend pour lui donner le vêtement, l’anneau de l’alliance et des sandales pour poursuivre son Le Carême est un temps de conversion et de joie. Ce dimanche célèbre la joie de la conversion – autant celle du pécheur revenant vers Dieu que notre propre conversion lorsqu’il s’agit de changer notre vision de Dieu. Jésus rencontre des pécheurs et les pharisiens en sont scandalisés. Celui qui mange avec eux ne peut être que complice du péché et partager leur impureté. Confronté à l’accusation, Jésus ne se justifie pas. Il nous montre le vrai visage du Père. Le cadet revendique sa part d’héritage. Il veut s’éloigner du père et mener une vie bien à lui. Il anticipe sa disparition et s’émancipe de son autorité. Ayant tout perdu, il décide de revenir à la maison, sans se douter que le père l’attend pour lui donner le vêtement, l’anneau de l’alliance et des sandales pour poursuivre son chemin. Il est restauré dans sa dignité d’homme mais plus encore dans sa dignité de fils. Dieu n’est pas un juge qui sanctionne nos écarts mais un père plein d’amour qui attend patiemment notre retour. Comme les pharisiens au sujet de Jésus, le fils aîné a aussi besoin de convertir sa vision du père. Il est l’aîné obéissant et fidèle. Mais il se révèle incapable de goûter sa présence et de reconnaître son amour pour lui. Le père est encore obligé de sortir à sa rencontre. Ce ne sont pas ses œuvres qui le font vivre mais la tendresse du père. Puisse-t-il aussi entrer dans la joie du salut.

En 1961, la Conférence des évêques de France
mandate le CCFD-Terre Solidaire (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement),
afin de mobiliser les chrétiens face aux enjeux de solidarité internationale, notamment lors de la période de Carême.
Depuis plus de 60 ans, le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires de par le monde s’engagent contre les inégalités, contre la faim et pour le développement. Nous accompagnons plus de 500 acteurs et soutenons leurs projets dans 71 pays. Cet engagement prend racine dans l’Évangile et la pensée sociale de l’Église.
Cette année, nous vous invitons à vivre "un Carême contre la faim et pour renforcer la souveraineté alimentaire" à travers le monde et permettre une agriculture respectueuse des humains et de l’environnement. Ce cahier propose un parcours à vivre tout au long du Carême. La solidarité internationale se vit par les dons et la collecte, tout particulièrement au moment du 5e dimanche de Carême (le 6 avril).
Thème de cette année :
UN CARÊME CONTRE LA FAIM ET POUR LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
Semaine après semaine, le CCFD-Terre Solidaire propose un parcours spirituel pour mettre en oeuvre des solutions
et construire une Terre Solidaire.
1er dimanche de Carême : « SEMONS DES SIGNES D'ESPÉRANCE »
2ème dimanche de Carême : « CREUSONS UN SILLON VERS L'ESPÉRANCE »
3ème dimanche de Carême : « FAISONS GERMER DES SIGNES D'ESPÉRANCE »
4ème dimanche de Carême : « CONTEMPLONS CE QUI ADVIENT PAR L'ESPÉRANCE »
5ème dimanche de Carême : « RECOLTONS LES FRUITS DE L'ESPÉRANCE »
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4ème DIMANCHE - 30 MARS 2025
« CONTEMPLONS CE QUI ADVIENT PAR L'ESPÉRANCE »
« Si nous voulons vraiment préparer la voie à la paix dans le monde,
engageons-nous à remédier aux causes profondes des injustices,
apurons les dettes injustes et insolvables et rassasions les affamés. »
(Pape François, « L'espérance ne déçoit pas », §16).
Éclairage biblique par Bertrand Gournay, ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire
Jésus évoque sous la forme d’une parabole comment nous pouvons tous percevoir la vie du Royaume. Le temps du Carême voudrait nous préparer à contempler ce qui advient par une attitude d’espérance. Les détails ne manquent pas dans cette parabole. Conservons seulement cet élément ultime d’un père qui se réjouit, car il a retrouvé un fils qui n’est plus le fils du départ. Ce fils qui est retourné en lui-même après avoir dissipé son bien, dit le récit, est un fils qui découvre en lui la richesse d’un lien essentiel qu’il avait cru relatif : le lien avec son père. L’argent de l’héritage avec lequel ce fils est parti vers un pays lointain montre que les liens entre nous peuvent devenir uniquement économiques. Autre chose est à recevoir et à offrir de chacun à chacun. C’est la grande leçon de ce récit. Jésus l’utilise contre ses détracteurs qui lui reprochaient de manger avec des pécheurs.
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Dieu ne nous regarde pas comme une masse humaine, sociale ou économique, mais il noue avec nous un lien toujours unique pour que la joie se répande autour de nous et si bien peinte par Rembrandt dans Le Retour du fils prodigue.




