12 octobre 2025 - 28ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture
Publié le 25/12/2020DIMANCHE 12 OCTOBRE - 10h00 - MESSE A LA BASILIQUE (Célébrant : Frère Serge)
Messe à 10h30 à Autrey-lès-Gray (Célébrant : Abbé Pierre Bergier) et à Valay (Célébrant : Abbé Jean Kita)
"Il ne s'est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas
et rendre gloire à Dieu."
28e dimanche du temps ordinaire C – En apportant une guérison miraculeuse à des lépreux étrangers, syrien ou samaritain, le Seigneur manifeste sa puissance de salut, un salut qui est en faveur de toutes les nations. Les miraculés se montrent d’autant plus reconnaissants vis-à-vis du Seigneur. Les dons de Dieu ne sont jamais un dû, même pour nous qui sommes ses enfants. Rendons grâce au Maître de la vie !
PREMIÈRE LECTURE | 2 Rois 5, 14-17
« Il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! »
Le général syrien Naaman a d’abord douté que le Jourdain puisse purifier sa peau contaminée par la lèpre. En obéissant au prophète Élisée, il a reconnu la puissance du Dieu d’Israël. Pour continuer à rendre grâce à Dieu, il emporta un peu de la terre d’Israël comme signe de reconnaissance en celui qu’il vénère désormais.
Lecture du deuxième livre des Rois (5, 14-17)
« Naaman retourna chez l’homme de Dieu et déclara : Il n’y a pas d’autre Dieu que celui d’Israël »
En ces jours-là, le général syrien Naaman, qui était lépreux, descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole d’Élisée, l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n’accepterai rien. » Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c’est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. » – Parole du Seigneur.
Ce texte ne manque pas d’ironie. Le général syrien Naaman, l’homme de confiance du roi d’Aram, est lépreux et ne trouve personne pour le guérir. Une jeune servante, enlevée de sa terre natale, Israël, l’informe qu’il y a là-bas un prophète qui pourrait le guérir. Le général part avec tout un cortège et de grands biens, et se rend à la maison du prophète. Celui-ci demande au lépreux de se plonger sept fois dans le Jourdain, un fleuve que Naaman trouve peu impressionnant par rapport aux grands fleuves de son pays. Il obéit finalement à l’ordre d’Élisée : le voilà guéri et converti au Dieu unique d’Israël.
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PSAUME | 97
« Le Seigneur a fait connaître sa victoire. »
Dans les psaumes, le mal prend diverses figures : ennemi personnel ou ennemi du peuple, maladie, injustice, péché. Quoi qu’il en soit, le Seigneur peut montrer sa puissance de salut en apportant paix, guérison, pardon, et c’est le motif de l’action de grâce du psalmiste. Avec lui, chantons notre joie devant la victoire de Dieu.
Psaume 97
Refrain : Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations.
Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire.
Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ! ℞
Le refrain et chacune des strophes du psaume utilisent le mot « victoire » pour traduire la racine hébraïque « yasha’ »(sauver, salut). Les mentions du « bras très saint », de la « main puissante » et des « merveilles » font référence aux événements de l’Exode. La deuxième strophe est aussi un condensé des traits du Dieu de l’Exode et de l’Alliance : justice, fidélité, amour. S’il est ici question des événements fondateurs d’Israël, on ne manquera toutefois pas de reconnaître la perspective universaliste de la troisième strophe : « la terre entière » est témoin du salut et elle est conviée à partager les acclamations, les chants et les musiques du psalmiste.
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DEUXIEME LECTURE | 2 Timothée 2, 8-13
« Je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis. »
La vie de saint Paul est pleine de tribulations, ce qu’il ne manque pas de rappeler à diverses reprises. Après sa conversion, il n’a rien retenu pour l’annonce de l’Évangile. Mais il considère que les peines qu’il rencontre le font participer aux souffrances du Christ. C’est pourquoi son espérance en la résurrection est toujours vive.
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (2, 8-13) « Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons » Bien-aimé, souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David : voilà mon évangile. C’est pour lui que j’endure la souffrance, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu ! C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent, eux aussi, le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle. Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même. – Parole du Seigneur.
Paul est en prison au moment où il écrit cette deuxième lettre à Timothée, qui est son disciple « bien-aimé ». On voit à quel point l’apôtre sait unir les questions doctrinales et les considérations pastorales. D’entrée de jeu, il résume son évangile ainsi : « Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David. » La mémoire de la résurrection du Christ et la reconnaissance de sa « messianité » sont les deux piliers qui sous-tendent ses écrits et son ministère apostolique. Convaincu de la liberté souveraine et indéfectible de la parole de Dieu, il ne sous-estime en rien sa souffrance de prisonnier. En finale de cet extrait, il envisage deux scénarios positifs et deux négatifs : soit on vit et règne avec le Christ, soit on rejette le Christ et on se prive de la richesse de sa parole
« Relève-toi et va, ta foi t'a sauvé.» (Luc, 17,19)
ÉVANGILE | Luc 17, 11-19
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
La disproportion entre neuf lépreux juifs et un seul lépreux samaritain, tous guéris, attire notre attention sur l’attitude des uns et des autres. La bonté divine dépasse les frontières du peuple juif et les étrangers qui en bénéficient montreront d’autant plus de reconnaissance au Seigneur. Un monde nouveau se profile, celui du royaume de Dieu.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 11-19)
« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
Jésus est toujours en marche vers Jérusalem, où se jouera sa destinée terrestre. Chemin faisant, il entre dans un village où dix lépreux lui demandent d’avoir pitié d’eux. Curieusement, Jésus ne les délivre pas immédiatement de la lèpre, mais les renvoie aux prêtres. À peine partis, les dix lépreux sont purifiés, Or un seul d’entre eux, se voyant guéri, revient vers Jésus en rendant gloire à Dieu à pleine voix, et exprime son action de grâce envers Jésus, son guérisseur. Or cet homme est un Samaritain. Jésus reconnaît l’authenticité de sa foi, tout en déplorant l’ingratitude des neuf autres lépreux guéris. C’est la deuxième fois que Jésus fait l’éloge d’un Samaritain, la première étant le récit de la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 30-37).
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris, Prions en Eglise
LA MISÉRICORDE DIVINE N'OBÉIT À AUCUNE RÈGLE
’évangile du jour rappelle qu’il ne faut pas chercher le « mode opératoire » de Jésus quand il procède à une guérison. Une fois de plus, l’histoire qui est racontée ici a ses particularités. Certes, on retrouve certains « ingrédients » dont nous sommes familiers – comme un face-à-face avec le malade ainsi que la remarque de Jésus sur la foi qui sauve. Mais ces ingrédients ne se présentent pas tout à fait comme d’habitude : il n’est pas question d’un homme ou d’une femme mais d’un groupe. Il n’y a pas de contact physique avec les lépreux, qui restent à distance. Jésus n’entre pas en dialogue avec eux, il ne commente pas leur foi, n’annonce pas leur guérison ; il leur commande seulement de se rendre devant les prêtres (les seuls qui sont habilités à constater la guérison). Puis un homme, un seul, se distingue
et revient sur ses pas pour rendre grâce. Jésus exprime juste un étonnement : les autres ne se sont pas joints au Samaritain. Il fait ce constat, sans porter de jugement sur leur manque apparent de gratitude, et fait remarquer au passage que le seul qui a rendu grâce est un étranger. Puis il prononce les paroles : « Va, ta foi t’a sauvé. » Tout cela nous redit que la miséricorde de Dieu n’obéit pas à des règles fixées d’avance, elle se dispense sans conditions, ne réclame même pas notre gratitude. Pas de procédure à respecter pour mériter la grâce, Dieu aime et donne sans limites, un point c’est tout !




