En octobre, le pape nous invite à prier pour une Eglise ouverte à tous.
Publié le 25/12/2020
Un an après son lancement, François dédie son intention de prière pour le mois d'octobre au parcours synodal: «Il ne s'agit pas de recueillir des opinions ou de créer un parlement, il s'agit d'écouter et de prier. Sans prière, il n'y aura pas de synode».
Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican
Il ne s’agit pas d’un sondage, ni d’un recueil d'opinions, encore moins d’un parlement, mais d’une occasion de prier ensemble, de marcher tous «dans la même direction» et, surtout, d'« ouvrir la porte à ceux qui sont en dehors de l'Église ». Un an après son lancement le 9 octobre 2021, le Pape François met le chemin synodal au centre de son message vidéo pour les intentions de prière d'octobre. Un chemin qui, après la phase diocésaine, c'est-à-dire la consultation entre les diocèses, les conférences épiscopales et l'ensemble du peuple de Dieu, se dirige vers la phase continentale, une deuxième étape avant la grande assemblée synodale qui se tiendra en octobre 2023 au Vatican.
« Que signifie ‘faire synode’ ? C’est marcher ensemble: sy-no-de. En grec, cela signifie ‘marcher ensemble’ et marcher dans la même direction ». C'est ce que «Dieu attend de l'Église du troisième millénaire. Qu’elle reprenne conscience qu’elle est un peuple en marche et que ce chemin doit être parcouru ensemble », déclare le Pape en espagnol dans la vidéo publiée en 23 langues et diffusée dans 114 pays.
- Écouter, plus qu'entendre
Une Église avec ce style synodal devient «une Église qui écoute, qui sait qu’écouter c’est plus qu’entendre», poursuit le Souverain Pontife, alors que défilent des images de femmes, d'hommes, de jeunes, de personnes âgées, de religieux, de religieuses, de familles qui se promènent dans différents endroits du monde.
L'écoute que le Pape souhaite est un sentiment d'appartenance à l'autre «dans notre diversité», afin d'«ouvrir la porte à ceux qui sont en dehors de l'Église».
« Il ne s’agit pas de recueillir des opinions, ni de créer un parlement. Le synode n’est pas un sondage. Il s’agit d’écouter Celui qui est le personnage principal : le Saint-Esprit. Il s’agit de prier. Sans prière, il n’y aura pas de Synode», affirme François.
- Une Église de proximité
Profitons donc de cette opportunité pour «être une Église de proximité, ce qui est le style de Dieu : la proximité». Le Pape remercie, dans les dernières minutes du message vidéo, «le peuple de Dieu qui, par son écoute attentive, parcourt un chemin synodal». Le Pape qui appelle enfin à prier pour que «l’Église, fidèle à l’Évangile et courageuse dans son annonce, vive toujours plus la synodalité et soit un lieu de solidarité, de fraternité et d’accueil».
- Fornos: la nécessité de l'écoute, du dialogue et du discernement
«Pour que le voyage synodal actuel soit un véritable processus spirituel, il faut de l'écoute, du dialogue, de la prière et du discernement. Il n'y a pas de discernement sans prière», commente le père Frédéric Fornos S.J., directeur international du Réseau mondial de prière du Pape, rappelant que François a lancé un cycle de catéchèse sur le discernement lors de l'audience générale du mercredi. «Sans la prière, a souligné le jésuite, on peut partager de belles réflexions et expériences, mais on peut difficilement écouter l'Esprit Saint, l'acteur principal du Synode».
- La phase continentale du chemin synodal
L'intention de prière du Pape François intervient à un moment important du parcours synodal, qui se terminera en 2023. Une fois terminée la phase initiale, au cours de laquelle les Églises particulières, les conférences épiscopales et les autres réalités ecclésiales ont réfléchi sur la base du Document préparatoire envoyé par Rome, on inaugure en effet la phase continentale, qui met l'accent sur l'écoute, le discernement et le dialogue au niveau régional, à partir des contributions des Églises particulières. Ces derniers jours, un groupe d'experts s'est réuni à Frascati, près de Rome, pour examiner les différents rapports issus de cette grande consultation du «peuple de Dieu» et pour rédiger le document de la phase continentale. Hier, dimanche 2 octobre, le document a été remis au Pape lors d'une audience privée avec une cinquantaine d'experts.
_______
Dans son éditorial, le père Daniel Régent nous rappelle que « L’Église est aussi un ferment dans le monde, « un signe de contradiction » disait saint Jean Paul II, reprenant le mot de Syméon au Temple lorsqu’il accueillait l’enfant Jésus porté par ses parents (cf. Lc 2,34). Ce ferment se sème par la parole, par le comportement, par une liberté joyeuse qui appelle et conteste tout à la fois. Nous voudrions que nos églises soient accueillantes, mais si rien ne transpire à l’extérieur de la joie d’être au Christ, qui frappera à la porte ?… »
UNE ÉGLISE EN MOUVEMENT À L'ÉCOUTE DE L'ESPRIT
Après les échanges dans les groupes paroissiaux, les rapports diocésains ont rassemblé les réflexions locales en vue du synode des évêques sur la synodalité en octobre 2023. L’intention de prière du pape de ce mois d’octobre est un bon relais pour garder l’attention éveillée. Nous regardons ce qui peut déjà être mis en œuvre afin de faire vivre la fraternité, l’accueil, la solidarité ; et nous prions avec ferveur pour le devenir de l’Église.
Notre prière s’élève pour que l’Église soit fidèle à l’Évangile, au Christ. Sa Parole est un ferment au cœur de nos vies. La fidélité n’est pas de se conformer à ce qui s’est toujours fait. Il ne s’agit pas de brader l’héritage, mais de percevoir en lui comment des hommes et des femmes ont osé vivre leur époque, à la lumière de l’Esprit Saint. Dans les traces qu’ils nous donnent nous accueillons l’invitation à faire de même. La Tradition (le mot signifie transmission) appelle à vivre la fidélité même du Christ envers son Église.
L’Église est aussi un ferment dans le monde, « un signe de contradiction » disait saint Jean Paul II, reprenant le mot de Syméon au Temple lorsqu’il accueillait l’enfant Jésus porté par ses parents (cf. Lc 2,34). Ce ferment se sème par la parole, par le comportement, par une liberté joyeuse qui appelle et conteste tout à la fois. Nous voudrions que nos églises soient accueillantes, mais si rien ne transpire à l’extérieur de la joie d’être au Christ, qui frappera à la porte ?
Un jugement sévère menace l’Église aujourd’hui. Il vient de l’intérieur. Positivement, beaucoup souhaitent que la vie ecclésiale ne se limite pas à la messe du dimanche, qu’elle soit un lieu de fraternité et de solidarité. Certains souhaitent qu’elle ressemble à la vie d’une famille. Que chacun puisse avoir non pas une place, mais un rôle à jouer, et apporte sa pierre à l’édifice, selon son charisme. Les portes de nos églises sont-elles ouvertes ? Beaucoup disent manquer d’air. Attention ! Que ceux qui font ce constat n’attendent pas des autres des changements clé en main ; qu’ils se mettent en route docilement sous l’inspiration de l’Esprit.
Le jugement vient aussi de l’extérieur. On entend que l’Église n’a plus rien à dire à ce monde en évolution rapide, qu’elle est passéiste et rétrograde ; qu’elle prêche la morale sans l’observer. Ces jugements sont selon l’esprit du monde. Ils cachent la déception d’une attente qui travaille au cœur des hommes. Oui, l’Esprit est à l’œuvre. C’est vrai, les chrétiens sont des pécheurs et ils ont beaucoup à dire de la miséricorde divine. Hélas, ces jugements dans lesquels on se drape, empêchent ceux qui les prononcent de pouvoir s’avancer pauvres au milieu des pauvres de l’Église.
Seigneur, guide ton Église au dedans et au dehors ! Fais-en une Église de pauvres ! Sois béni pour le chemin sur lequel tu nous fais « avancer ensemble » : synodalité.
Daniel Régent sj, directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape en France




