13 juin 2021 - 11ème dimanche du temps ordinaire - "La terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi"
Publié le 25/07/2018(S. Pierre Chrysologue, Sermon 98, dans les "Pères de l'Eglise commentent l'Evangile")
Messe à la Basilique Notre Dame de Gray à 10h00
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ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (4, 26-34)

En ce temps-là, parlant à la foule, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.
UN PEUPLE DE VIVANTS !
Père Benoît Gschwind, assomptionniste (Prions en Église)
Nous savons que Jésus ne cesse de parler en paraboles, avec des mots simples et vrais, des allusions concrètes à la vie quotidienne. Le langage des paraboles ne nous étonne plus, et pourtant, à chaque lecture, les paraboles n’ont jamais fini de nous surprendre, de nous déranger, de nous faire grandir.
« Convertissez-vous, le règne de Dieu est tout proche ! » Ces premiers mots de Jésus dans l’évangile de Marc résonnent encore dans notre tête. Ils sonnent le début de la mission de Jésus. Par ses gestes, par ses paroles, par ses enseignements, ses miracles et ses guérisons, Jésus ne cesse de jeter en terre la semence du règne de Dieu. Dur labeur, sans doute épuisant devant la dureté du cœur de l’homme, mais travail de confiance, tout à l’écoute de son Père et de la mission qui est la sienne. Jésus sème et, jour et nuit, la semence grandit jusqu’à porter son fruit ! Aujourd’hui -encore, elle est jetée dans la terre boueuse ou préparée de nos vies quotidiennes et de notre monde. Déjà là et encore à venir, le règne de Dieu ne cesse de nous surprendre si nous savons le guetter, le reconnaître, le nommer, mais aussi l’annoncer. Il étend ses branchages et nous devenons les fils de la promesse, un peuple de vivants, savourant et partageant les fruits du Royaume. À Dieu rien n’est impossible ! L’arbre sec peut reverdir. Le grain semé porte du fruit. Dieu tient parole !
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Oui pour grandir, une graine doit être semée,
Pour grandir, la Graine de Dieu qui est en nous doit être donnée
Alors...
Sème le sourire, il illuminera ton visage.
Sème la douceur, Elle apaiseraceux que tu rencontres.
Sème le grain de l'amitié, il réchauffera des cœurs.
Sème la tendresse, elle guériranos blessures.
Sème des signes d'amour, ils seront bonheur pour tous ceux qui les accueilleront.
Sème des paroles de paix, elles éloigneront les nuages de la vie.
Sème la prière... Sème-la... Sème-la encore... Elle portera le monde.
Une graine c'est tout petit … Mais cela peut devenir une maison pour tout le monde, une maisondont la porte reste toujours ouverte
(Diocèse d'Angers)
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LA PAROLE DANS L'ESPACE ET DANS LE TEMPS
(Sœur Emmanuelle Billoteau, ermite, Prions en Église)
Le temps de l’observation
Les deux paraboles dans l’évangile de ce dimanche sont un appel à l’émerveillement et à la confiance. La semence, symbole de la Parole, est porteuse d’une invincible puissance, d’une énergie qui n’est pas à la mesure humaine. Parole créatrice, Parole salvatrice, Parole qui donne au Règne d’advenir en nous et entre nous, comme ce lieu où Dieu « sera tout en tous » (1 Co 15, 28). Certes, les contemporains de Jésus pouvaient percevoir des signes de la venue du Règne dans les réconciliations, les guérisons, l’expulsion des forces du Mal, une compréhension plus juste de Dieu. Mais ces signes étaient -encore très éloignés de « ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé », de ce « que l’œil n’a pas vu », de « ce que l’oreille n’a pas entendu », de « ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme » (1 Co 2, 9). Dans ce contexte où il s’agit de respecter le temps de la croissance, entre semailles et moissons, l’accent est mis sur la foi et non sur les œuvres humaines.
Le temps de la méditation
La graine de moutarde, « la plus petite de toutes les semences », « grandit et dépasse toutes les plantes potagères » une fois semée. Elle renvoie à la dimension spatiale de la -fécondité : « les oiseaux du ciel », symboles des nations païennes, pourront « faire leur nid » dans ses « longues branches ». La Parole est semée largement et ses fruits ne se limitent pas à un peuple ou une communauté spécifique. Nous sommes ici dans l’ordre de l’universel et interrogés sur notre capacité à accueillir ceux du dehors, à nous forger une identité ouverte ou non. La Parole agit également dans le temps : elle transcende l’époque où elle a été énoncée puisque nous sommes en train de la lire et de la prier, de la transmettre à notre tour. Elle qui est « fondements sur lesquels bâtir l’espérance », « appuis pour consolider la foi », « aliments pour réconforter le cœur », « orientations pour diriger le voyage » (saint Cyprien, La Prière du Seigneur).




