28 décembre - La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph
Publié le 23/09/2019Aujourd’hui, elle est célébrée par l’Église catholique le premier dimanche de l’octave de Noël, c’est-à-dire celui qui suit immédiatement la fête de la Nativité.
DIMANCHE 28 DÉCEMBRE - BASILIQUE - 10h00 - MESSE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
(10h30 : Messe à Champlitte (Frère Serge), à Pesmes (Abbé Jean Kita), à Vellexon )
De nos jours, cette dévotion s’est largement répandue. Le pape François lui-même a invité dans son exhortation apostolique Amoris laetitia à la prendre comme modèle. En France, un sanctuaire comme celui de Cotignac dans le Var lui est dédié. Après les apparitions reconnues de la Vierge à l’Enfant il y a cinq cents ans puis de Joseph, cent cinquante ans plus tard, Cotignac est devenue un lieu de dévotion populaire où de nombreux pères et mères de famille se rendent pour demander des grâces à la Sainte Famille et la prendre comme modèle.
Pourtant, si la famille que composent Jésus, Joseph et Marie est instituée dès les premiers chapitres des quatre Évangiles, sa figure comme « Sainte Famille » est une construction relativement tardive, en particulier parce qu’elle est tributaire du culte de saint Joseph, qui ne s’est développé qu’au XVe siècle.
Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que la Sainte Famille est réellement instituée comme un modèle à suivre. Le pape Léon XIII, par le bref Neminem fugit de juin 1892, a établi à Rome l’Association de la Sainte-Famille, dans le but d’unifier toutes les confréries instituées sous le même vocable. L’année suivante, il a décrété que la fête de la Sainte Famille serait célébrée partout où elle était honorée, et il l’a dotée d’une messe nouvelle et d’un office dont il a lui-même composé les hymnes. Enfin Pie XI, en 1921, a rendu cette fête obligatoire dans toute l’Église.
Source : Pax Christi
_______________________
Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, Écoutez, exaucez notre prière Amen !
(Pape François, Amoris Laetitia, 325)
Extrait de la lettre du Pape François
Ma première pensée va aux familles, appelées à une mission éducative première et incontournable. Elles constituent le premier lieu où se vivent et se transmettent les valeurs de l’amour et de la fraternité, de la convivialité et du partage, de l’attention et du soin de l’autre. Elles sont aussi le milieu privilégié pour la transmission de la foi, en commençant par ces simples gestes de dévotion que les mères enseignent à leurs enfants. Pour ce qui concerne les éducateurs et les formateurs qui, à l’école ou dans les différents centres de socialisation infantile et juvénile, ont la tâche exigeante d’éduquer des enfants et des jeunes, ils sont appelés à être conscients que leur responsabilité regarde les dimensions morales, spirituelles et sociales de la personne. Les valeurs de la liberté, du respect réciproque et de la solidarité peuvent être transmises dès le plus jeune âge. (Fratelli tutti, 114)

Pour réfléchir
Nos familles aujourd’hui sont mises à rudes épreuves, mais n’oublions pas que Joseph a protégé Marie en lui faisant confiance et en se refusant à la répudier, ce qui l’aurait mise elle et Jésus au ban de la société de l’époque. Par amour sûrement, parce que son coeur a accepté cet enfant, cadeau de Dieu. Avec Marie, il a su créer un foyer qui a permis à Jésus de grandir « rempli de sagesse », entouré d’affection et de sécurité afin qu’il puisse s’épanouir pleinement. N’oublions pas non plus la précarité des conditions de la naissance du Christ que nous venons de célébrer. La fuite en Egypte rapporte également un fait dramatique, et toujours Joseph qui fait confiance à Dieu, guide et protège la sainte Famille. Marie a également donné toute sa tendresse à sa famille. « Elle gardait tout cela en son coeur. »
_____________
PRIÈRE
Seigneur,
Toi qui fais de la paix un don de Dieu pour les hommes,
accorde à notre famille cette paix qui vient de Toi.
Chasse loin de nous l’esprit de colère et de rancune.
Apprends-nous à être à l’écoute les uns des autres.
Que notre maison soit un havre de paix au milieu des tensions de ce monde.
À l’image de ton Église, que le Christ soit la source et le sens de notre vie pour qu’il règne sur notre famille, Lui, le Prince de la paix. Pour cela, apprends-nous, Seigneur, à être assez maîtres de nous-mêmes
pour ne pas imposer aux autres la fatigue et la mauvaise humeur qui viennent de l’extérieur.
Accorde à chacun de nous un coeur qui comprenne, une oreille qui écoute, une main qui aide.
Qu’en désamorçant les conflits, la paix ait toujours le dernier mot entre nous.
Que tous ceux qui viennent dans notre famille fassent l’expérience de la paix qui vient de Toi.
Rappelle-nous toujours l’importance de prier pour la paix sans laquelle il n’y a pas d’avenir ni d’amitié possible entre les hommes.
Offre à nos enfants, par l’exemple de notre unité et de notre pardon en famille,
l’expérience de la paix qui feront d’eux des témoins confiants et unifiés
PRIÈRE de Rodhain Kasuba (Prions en Église)
Seigneur Jésus Christ,
comme la plupart d'entre nous, tu es venu dans notre monde au sein d'une famille sans histoire.
Comme plusieurs enfants, migrants, réfugiés et apatrides, tu as éprouvé l'adversité humaine ;
tu t'es retrouvé réfugié en Egypte afn d'échapper à la folie d'Hérode.
Comme certains parents aujourd'hui, les tiens ont été étreints par l'angoisse quand,
en rentrant du pèlerinage annuel à Jérusalem, ils ont constaté que tu n'étais plus dan la caravane.
Le récit de ta fugue, Seigneur Jésus, nous fait découvrir qui tu es : le Fils bien-aimé du Père.
Garde-nous du désir de te posséder, fais-nous entrer dans ta grande famille.
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
« Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte »
Matthieu 2, 13
La vie de la Sainte Famille n’est pas de tout repos.
Dès sa naissance, Jésus est en danger. Averti en songe, Joseph doit fuir en Égypte avec Marie et l’enfant. En ce dimanche, rendons grâce pour les familles, pour la joie, pour l’émerveillement des enfants, et prions pour les familles qui sont dans l’épreuve. Et ne l’oublions pas : nous formons la grande famille des enfants de Dieu.
PREMIERE LECTURE | Ben Sira 3, 2-6.12-14
« Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants. »
Sur un fond de culture patriarcale, Ben Sira situe les relations familiales dans le projet de Dieu qui dispense les fruits de relations justes entre générations : pardon, gloire, trésor, joie, longévité. Ces conseils développent le commandement : « Honore ton père et ta mère. »
Lecture du livre de Ben Sira le Sage (3, 2-6.12-14)
Celui qui craint le Seigneur honore ses parents
Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l’autorité de la mère sur ses fils. Celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés, celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor. Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé. Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère. Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché. – Parole du Seigneur.
Les propos de Ben Sira sur l’autorité des parents, sur le respect qui leur est dû et sur le bonheur qui leur est échu prennent une tournure foncièrement égalitaire. L’éducation des enfants est dévolue à la mère aussi bien qu’au père. En revanche, les six derniers versets sont concentrés sur la relation père-fils et fils-mère. Le fils qui « honore […], glorifie [et] soutient » son père, trouvera non seulement la joie dans sa progéniture, mais aussi « de longs jours ». Et « celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère ». C’est aussi le devoir du fils que de soutenir son « père dans la vieillesse », de ne pas lui causer de chagrin, et de ne pas le mépriser quand « son esprit l’abandonne ». Plus qu’un devoir, c’est une œuvre de « miséricorde ».
_______________
PSAUME | 127
« Tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. »
Les personnes d’une famille (femme, enfants) sont présentées comme des dons du Seigneur en faveur de celui qui se conduit avec justice ; elles procurent la joie, autant que l’abondance des biens, fruits du travail. Sachons reconnaître nos proches comme des dons du Seigneur.
Psaume 127
Refrain : Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies !
Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !
Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier.
Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur. De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.
Ce psaume des montées est vraisemblablement plus ancien que le texte de Ben Sira. Il se distingue par une double béatitude et une promesse de bonheur adressées à l’homme qui « marche selon [les] voies » du Seigneur. Cet homme assure, par « le travail de [ses] mains », sa nourriture et son épouse se dépense généreusement pour sa progéniture, réunie autour de la table. Le bonheur de tous ne se limite pas au cercle familial. Il se vit sous le signe de la bénédiction divine et il est, à jamais, lié au bonheur de Sion/Jérusalem.
___________________________
DEUXIÈME LECTURE | Colossiens 3, 12-21
« Par-dessus tout cela, ayez l’amour. »
Les relations familiales évoquées par Paul ne sont qu’une petite partie de son exhortation à vivre un amour parfait, c’est-à-dire des relations fraternelles qui s’enracinent dans l’amour de Dieu. Dans cette perspective générale, il applique les références culturelles de son époque, qui sont à transposer aux nôtres.
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens (3, 12-21)
Vivre ensemble dans le Seigneur
Frères, puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonné : faites de même. Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait. Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés, vous qui formez un seul corps. Vivez dans l’action de grâce. Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres en toute sagesse; par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance. Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ; dans le Seigneur, c’est ce qui convient. Et vous les hommes, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle. Vous les enfants, obéissez en toute chose à vos parents; cela est beau dans le Seigneur. Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants; vous risqueriez de les décourager. – Parole du Seigneur
Paul se fait, à l’instar de Ben Sira, conseiller familial, alors qu’il énumère les devoirs respectifs des parents et des enfants. S’il n’est pas totalement affranchi d’un contexte patriarcal où l’on parle de « soumission » des femmes à leur mari, le contexte global est tout ce qu’il y a de plus positif puisque, pour Paul, tout doit être fait « dans l’action de grâce » et « dans le Seigneur ». Dans la première partie de son discours, il parle des exigences qui doivent prévaloir dans les communautés chrétiennes, y compris dans la vie familiale : « tendresse, humilité, compassion, douceur, patience » ainsi que tolérance et pardon mutuel, et « par-dessus tout », « l’amour ». Quel beau projet pour tous et toutes.
_________________________________
ÉVANGILE | Matthieu 2, 13-15.19-23
« Dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère. »
Dans l’Évangile selon saint Matthieu, comme à l’annonce de la naissance de Jésus, Joseph reçoit les appels du Seigneur lors de songes. À chaque fois, Joseph répond positivement à ces appels, sans toutefois négliger un discernement nécessaire qui le fera s’installer à Nazareth. Il est bien le modèle d’obéissance du juste, le bon serviteur de Dieu.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 13-15.19-23)
« Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte »
Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.
L’ordre que l’ange du Seigneur donne à Joseph de fuir « en Égypte » avec « l’enfant et sa mère » est préventif. Car le roi Hérode est sur le point d’ordonner de « tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région ». Le projet funeste du roi renvoie immanquablement à celui du pharaon de jadis de faire mourir, par noyade, « tous les fils qui naîtront aux Hébreux » (Ex 1, 22). Matthieu s’appuie, cette fois, sur un oracle du prophète Osée : « D’Égypte, j’ai appelé mon fils » (Os 11, 1). Le « fils » auquel le prophète pensait était Israël. Jésus assume donc la destinée de son peuple et, lui aussi, survivra au projet infanticide d’un tyran. Le retour de Jésus dans son pays natal est présage de Résurrection.
___________________________
COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Tommy Scholtes, prêtre jésuite, Prions en Église Belgique
SAINTE FAMILLE ...
saintes familles
La Sainte Famille honorée en ce jour met en évidence les missions divines des uns et des autres, dans une vie de famille toute sainte. Et, en même temps, présentée comme un modèle d’amour et de don de soi, elle nous semble tellement différente de nos familles, humaines, fragiles et parfois blessées ! L’occasion pour nous de retourner à la source. Celle qui nous redit que nous sommes sanctifiés, nous aussi choisis par Dieu pour vivre la tendresse, la compassion, la bonté, l’humilité, la douceur et la patience. Nous sommes invités à nous supporter les uns les autres en nous pardonnant les uns les autres si nous avons des reproches à nous faire. « Le Seigneur vous a pardonné, faites de même », dit l’apôtre Paul, ou encore : « Reprenez vous les uns les autres en toute sagesse […], tout ce que vous dites ou ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus.» Des pistes pour progresser dans notre sainteté. La Sainte Famille a vécu, dès le départ, le drame de la menace sur sa vie elle-même. Joseph a vécu la peur et la confiance. Jésus lui-même était déjà menacé dans sa vie. Et Joseph s’est levé, a pris l’enfant et sa mère et les a conduits là où ils pourraient vivre hors de la menace. Ce sera en mettant en œuvre les recommandations de saint Paul que, nous aussi, nous pourrons grandir en sainteté, et en mettant notre confiance dans le Seigneur. Jour après jour, gardons les conseils de saint Paul en tête !




