19 octobre - 29ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture
Publié le 25/12/2020DIMANCHE 19 OCTOBRE - 10h00 - BASILIQUE - MESSE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
10h30 - Messe à Champlitte (Célébrant ; Abbé Etienne Fétel) et à Pesmes (Célébrant : Abbé Jean Kita)
« Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui.»
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
29e dimanche du temps ordinaire C – Prier sans se décourager ! C’est une recommandation qu’il n’est pas facile de suivre quand il s’agit de prières de demande. Le Christ nous assure de la sollicitude du Père mais encore faut-il lui présenter de justes supplications.
Le Notre Père nous rappelle continuellement l’essentiel : « Que ta volonté soit faite ! »
PREMIÈERE LECTURE | Exode 17, 8-13
« Les mains de Moïse restèrent fermes. »
Lors d’un combat contre les ennemis d’Israël, les bras de Moïse en prière commencent à défaillir. Au-delà du subterfuge matériel pour que Moïse garde l’attitude corporelle d’imploration, il faut comprendre que la victoire est accordée par Dieu en raison de la prière qui lui a été adressée.
Lecture du livre de l’Exode (17, 8-13)
« Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort »
En ces jours-là, le peuple d’Israël marchait à travers le désert. Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim. Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. » Josué fit ce que Moïse avait dit : il mena le combat contre les Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s’alourdissaient; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au fil de l’épée. – Parole du Seigneur
Le stratagème de Moïse dans l’attaque des Amalécites est plutôt inhabituel et suppose plusieurs miracles. Mais, à vrai dire, il y a eu de bien plus grands miracles depuis la sortie d’Égypte, et notamment avec « le bâton de Dieu » (cf. Ex 4, 2-20). Il ne faut pas oublier que Josué s’est choisi des hommes et qu’ils ont combattu vaillamment contre les Amalécites. Bien sûr, le fait qu’il compte sur « le bâton de Dieu » n’est pas une première dans l’épopée de la traversée du désert. Israël n’a pas toujours eu le dessus sur l’ennemi, mais la victoire finale s’explique à la fois par l’intervention du « bâton de Dieu » et par le charisme de Josué à la tête des troupes d’Israël.
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PSAUME | 120
« Le secours me viendra du Seigneur. »
Il ne faut pas chercher le secours dans un horizon lointain, même au-delà des montagnes. Son origine est à trouver plus haut, c’est-à-dire de Dieu lui-même, qui habite les hauteurs qu’on ne peut atteindre. Telle est la foi du psalmiste.
Psaume 120
Refrain : Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ?
Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Qu’il empêche ton pied de glisser, qu’il ne dorme pas, ton gardien.
Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d’Israël. ℞
Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi.
Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper, ni la lune, durant la nuit.
Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie.
Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, maintenant, à jamais.
On est loin du temps de Moïse et de Josué, avec ce psaume des montées, c’est-à-dire des pèlerinages vers le temple de Jérusalem. Le pèlerinage peut être celui d’un individu, d’une famille ou d’un plus grand groupe. Le voyage comporte parfois des dangers : longueur et difficultés du trajet, voleurs en quête de rapines, ou encore excès de chaleur. Les pèlerins sont toutefois confiants, voire enchantés, sachant que « le gardien d’Israël » veille sur eux, de jour comme de nuit, à l’aller comme au retour. Qu’on vienne de la Galilée profonde, de la Samarie ou de la mer Morte, le pèlerinage à Jérusalem est source de souvenirs impérissables.
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DEUXIÈME LECTURE | 2 Timothée 3, 14 – 4, 2
« Demeure ferme dans ce que tu as appris. »
Paul exhorte son disciple Timothée à la constance dans la foi. Il lui rappelle l’origine de la parole de Dieu et quels en sont les fruits. Nous pouvons accueillir cet encouragement pour nous-mêmes et appliquer notre volonté à l’étude et à la méditation de l’Écriture.
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (3, 14 – 4, 2)
« Grâce à l’Écriture, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien »
Bien-aimé, demeure ferme dans ce que tu as appris : de cela tu as acquis la certitude, sachant bien de qui tu l’as appris. Depuis ton plus jeune âge, tu connais les Saintes Écritures : elles ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, en vue du salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. Toute l’Écriture est inspirée par Dieu; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice; grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien.
Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. – Parole du Seigneur.
Paul est fin connaisseur des Saintes Écritures. Il a eu le privilège de les étudier auprès du sage rabbi Hillel à Jérusalem puis, après sa rencontre avec le Ressuscité, auprès des Apôtres et des communautés chrétiennes, notamment auprès de Priscille et Aquila. Il énonce explicitement le caractère sacré des écrits bibliques : « Toute l’Écriture est inspirée par Dieu », et anticipe la reconnaissance du canon biblique des Écritures par les Pères de l’Église, dès le IIe siècle, et les conciles des IIIe et IVe siècles. Paul est fier de son disciple Timothée : « Tu connais les Saintes Écritures » et il l’encourage : « Proclame la Parole » en tout temps, à la fois pour dénoncer « le mal » et pour annoncer la « Manifestation » et le « Règne » du Christ.

ÉVANGILE | Luc 18, 1-8
« Je vais lui rendre justice. »
Une courte parabole de Jésus présente un magistrat qui, quoique désinvolte, se laisse fléchir en raison de la ténacité d’une veuve. Il est facile de comprendre que Dieu, lui qui est bon, ne fera pas la sourde oreille à nos justes demandes. Mais peut-être, parfois, celles-ci doivent être purifiées…
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (18, 1-8)
« Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui »
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? »
Luc énonce d’emblée à qui Jésus adresse la parabole, c’est-à-dire « à ses disciples », et il précise son but, les amener à « toujours prier sans se décourager ». Le récit met en scène un juge qui « ne craignait pas Dieu » et qui n’avait aucun respect pour les hommes. Dans sa ville, il y avait une veuve qui lui demandait et redemandait justice, mais en vain. Les réclamations répétées de la veuve l’ennuyaient. Tout mécréant qu’il était, le juge résolut enfin de « lui rendre justice », simplement pour sa propre tranquillité. Contrairement à ce juge mécréant, le Dieu de Jésus s’empresse de faire « justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ». Il entend nos cris de détresses aussi bien que ceux de louange.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste, Prions en Église
PERSÉVÉRER DANS LA PRIÈRE
Jésus nous demande de prier sans cesse car Dieu fera justice à ses élus. Et il le fera même sans tarder. Mais il conclut avec une question inquiétante : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Serait-il en train de prédire qu’un jour, il n’y aura plus personne pour prier ? Ni assez de foi en nous pour prier sans se lasser ? Jésus rappelle ici le lien profond entre la foi et la prière. Sans la prière, la foi s’effondre. Et la prière manifeste que notre foi est vivante. Cette veuve de l’évangile du jour avait une foi à déplacer les montagnes, une foi persévérante qui a finalement convaincu un juge sans cœur. Mais si sa requête n’avait pas été exaucée, comme celle de tant d’autres femmes qui ont prié pour un enfant ou la guérison de leur époux, faudrait-il en conclure qu’elle n’avait pas assez la foi ? Non, car si la prière est bien liée à la foi, le fait d’être exaucé ne l’est pas nécessairement. Notre prière ne suit pas toujours les chemins que nous désirons. Ne perdons pas confiance et ne doutons pas de notre foi. Elle nous dit que notre prière est entièrement dans les mains de Dieu. Lui sait très bien ce qu’il faut faire de notre prière. La prière nous soutient comme elle a fortifié cette veuve dans sa quête de justice. Elle est notre espérance fondée sur la parole de Jésus et son amour qui nous donne d’aimer « avec une grande patience » malgré les difficultés. Les mains de Dieu sont de bonnes mains.




