6 novembre - 32ème dimanche du temps ordinaire - "Il est le Dieu des vivants"
Publié le 25/12/2020Commencée ici-bas, notre vie se prolongera pour l'éternité. Peu importent les modalités, accueillons la promesse de la résurrection. Celle de la vie éternelle n'est pas dénuée de mystères, mais soyons assurés d'une chose : jamais l'amour ne passera. Chaque jour, soyons de lumineux témoins de l'amour éternel du Dieu de la vie. (Prions en Eglise)
DIMANCHE 6 NOVEMBRE - 10h00 - MESSE A LA BASILIQUE NOTRE-DAME
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (20, 27-38
En ce temps-là, quelques sadducéens, ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection, s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »
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LE DIEU DES VIVANTS !
Commentaire du dimanche de Benoît Gschwind, prêtre assomptionniste, Prions en Église
Les textes de la liturgie nous plongent aujourd’hui dans des questions de mort et de résurrection. Celles-ci et celles sur l’après-mort sont nécessaires et inévitables. Encore faut-il se poser les bonnes questions. Notre vie ne s’arrête pas à notre mort : elle est transformée en infiniment mieux et pour l’éternité. Voilà ce que les textes de ce jour nous redisent avec force et clarté. Aux sadducéens, qui ne croient pas en la résurrection des morts et lui tendent un piège, Jésus répond que la résurrection des morts transfigure notre vie dès maintenant. Croire en la résurrection, ce ne peut être simplement une question de l’au-delà de notre vie, mais pour aujourd’hui, et pour chaque jour de notre vie. Notre vie est un chemin d’éternité. Elle est même le seul chemin vers l’éternité, et Dieu le rend possible en nous apprenant à aimer comme il nous aime. Notre résurrection est déjà commencée. Dire cela, c’est nous rappeler avec force que c’est bien en cette vie que nous avons à poser des choix pour accueillir l’amour de Dieu. Notre foi en la résurrection transforme notre manière de vivre chaque jour. La vie éternelle n’est pas la récompense d’efforts sans cesse réitérés. Elle est donnée gratuitement par ce Dieu dont nous décidons d’accueillir l’amour chaque jour de notre vie. Avec Abraham, Isaac et Jacob, avec tous ceux qui nous ont précédés, nous vivrons éternellement parce que Dieu n’arrête pas de nous aimer. Il est le Dieu des vivants ! Plongé dans la mort avec le Christ pour naître à une vie nouvelle ! Tout commence au jour de mon baptême !
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L’ÉTERNITÉ POUR TOUS
Méditation de Marie-Laure Durand, bibliste, Prions en Église
Le temps de l’observation
Les propos de Jésus se comprennent dans la mentalité de son époque. Certains Juifs pensaient que la seule façon de laisser une trace de sa vie, et donc de survivre à sa mort, était d’avoir une descendance. Jésus met en question cette vision du monde. Chacun peut avoir part à la vie éternelle. La question de la famille n’entre pas en ligne de compte dans cette éventualité. Pour Jésus, le constat est simple : les morts ressuscitent. Il n’y a pas de doute sur ce point. Les personnes qui en sont profondément convaincues peuvent construire leur vie différemment. Elles sont alors libres de choisir leur mode de vie, de décider ce qui leur convient le mieux pour vivre de cette vie éternelle déjà là. Cela bouleverse les façons de faire famille. S’il n’est plus obligatoire d’avoir des enfants pour survivre à cette vie, alors il est possible d’inventer d’autres modalités d’existence.
Le temps de la méditation
Ne pas avoir d’enfant, par choix ou par obligation, peut être douloureux et laisser les personnes qui ne l’ont pas choisi dans une grande solitude. Or, Jésus rend possible de penser la vie éternelle en la séparant de la vie familiale. Que « les morts ressuscitent », cela permet aux vivants de vivre leur existence dans une plus grande liberté intérieure. La vie éternelle est accessible à chacun et à tous, elle n’est plus connectée à aucune appartenance ou situation mondaine. Jésus enjoint à ses disciples de ne pas confondre les obligations sociales et la dimension d’éternité qui impulse toute vie. Il déjoue ainsi la question piège des sadducéens et, par là même, invite chaque disciple, de chaque époque, à faire de même. Il n’est plus question de répéter nos logiques sociales dans la vie spirituelle. Il s’agit plutôt de se demander comment être à la hauteur de cette vie de Dieu déjà présente dans notre histoire et nos relations.




