27 juin 2021 - 13ème dimanche du temps ordinaire - "Ne crains pas, crois seulement"
Publié le 25/07/2018Aujourd'hui, avec foi, présentons-lui nos maux et nos désarrois. (Prions en Eglise)
Une prière de Normand Provencher, pour ce dimanche (Prions en Église)
"CROIS SEULEMENT"
Nous te louons, Dieu notre Père et Créateur de tout l'univers.
Tu nous crées vivants, à ton image, et tu nous destines à vivre pour toujours avec toi.
Nou te louons, Seigneur de la vie, pour la jeune fille sans vie de Jaïre que tu ranimes,
pour la femme souffrante et exclue que tu guéris et pour tant de femmes et d'hommes malades et rejetés,
dont la foi et la prière confiante ont obtenu le retour à une vie nouvelle et heureuse.
Nous te louons, Dieu tout-puissant, d'être victorieux du néant et de la mort
et d'enlever de nos coeurs fragiles tout anxiété par le don de la foi qui rend tout possible.
Lorsque nous sommes inquites et désemparés, laisse résonner en nous ces quelques mots :
"Ne crains pas, crois seulement."
Nous te demandons, Seigneur, la source de la vie, d'affermir notre confiance et notre espérance en toi.
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ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (5, 21-43)
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – … cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
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RELATION PERSONNELLE
La souffrance de cette femme, comme le décès de la fille de Jaïre, interroge nos représentations de la toute-puissance de Dieu. Comment Dieu peut-il permettre toutes ces souffrances ? La première lecture montre que ces débats traversent les Écritures. En effet, le livre de la Sagesse reconnaît que le dessein de Dieu est centré sur la vie, rejetant la mort dans les conséquences non voulues de la Création. De son côté, le premier chapitre de la Genèse montre, par la mention de la succession des générations, que la mort fait partie de toute existence humaine ou animale.
C’est sur le fond de cette tension interne à la Bible que Marc rapporte le geste de Jésus, en insistant sur le contact physique et la relation personnelle. Jaïre supplie Jésus de venir imposer les mains à sa fille mais Jésus prend la main de celle-ci. La femme ne cherche qu’à toucher le vêtement de Jésus mais ce dernier crée un lien direct avec elle. Comme les débats sur la mort, ces décalages narratifs sont au service de l’étonnement que suscite l’Écriture, contre nos attentes de réponses sécurisées.
Le comble du déplacement que provoquent les lectures se trouve dans la phrase audacieuse de saint Paul. Il s’agit bien d’être enrichi en effet, non par l’assurance d’une prospérité garantie, mais par l’accueil de la pauvreté de celui qui vient nous rejoindre au creux de nos vulnérabilités. Il établit une relation personnelle et un contact physique qui nous permettent de vivre.
Père Luc Forestier, oratorien, enseignant en théologie à l’Institut catholique de Paris (Prions en Eglise)
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MÉDITATION BIBLIQUE
Sœur Emmanuelle Billoteau, ermite (Prions en Église)
Le temps de l’observation
Les deux récits évangéliques proposés à notre méditation sont imbriqués et offrent un effet de miroir, ce qui rend leurs différences encore plus signifiantes. Dans les deux cas : la foi est mise en avant, Jaïre comme la femme tombent aux pieds de Jésus. Mais si le premier est un personnage reconnu qui fait sa demande haut et fort, la seconde est anonyme, se trouve exclue du corps social en raison de son mal et n’ose s’approcher de Jésus que subrepticement. La femme agit mais elle a en commun avec la fille de Jaïre, totalement passive, une forme de non-existence. Or Jésus va s’adresser à l’une et à l’autre, les poser comme personnes à part entière. Toutes les deux ont aussi un rapport au toucher : la femme touche, la jeune fille est touchée puisque Jésus lui saisit la main pour la relever. Quant au Christ, il est mis en opposition avec les nombreux médecins qui ont exercé leurs « talents » sur la femme.
Le temps de la méditation
Ces médecins confrontés à une vie qui s’étiole, à une perte de vitalité se sont révélés impuissants à sauver. Ils peuvent figurer tout ce vers quoi nous nous tournons quand le mal-être nous saisit, quand notre vie nous échappe : techniques de bien-être rapides, marchands d’illusions, tourbillon d’activités. Or seul suffit, le Christ, que nous reconnaissons comme notre Seigneur et Sauveur. Osons-nous, telle la femme, transgresser la règle commune – il lui était interdit de toucher Jésus –, les diktats de la pensée unique ou de nos préjugés pour nous approcher de lui dans la foi ? Nous aussi nous pouvons venir à lui en méditant sa Parole, en le contemplant, en le priant. « Si quelqu’un touche la chair de Jésus […], si avec toute sa foi, toute son obéissance, il s’approche de Jésus comme du Verbe fait chair, celui-là a touché la vraie chair du sacrifice et il est sanctifié » (Origène).




