Etat de la pauvreté en France - Rapport statistique 2025 du Secours catholique - Caritas France — Paroisse de Gray

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Etat de la pauvreté en France - Rapport statistique 2025 du Secours catholique - Caritas France

Publié le 25/07/2018
La grande pauvreté, personne ne la choisit.
En 1994, la lutte contre la pauvreté est désignée “Grande cause nationale”.
30 ans plus tard, le taux de pauvreté s'élève à un niveau encore jamais atteint : 15,4%. Soit près de dix millions de personnes.

30 ANS de REGARDS sur la PAUVRETÉ - RAPPORT 2025 du SECOURS CATHOLIQUE - CARITAS FRANCE

Le Secours Catholique a publié le jeudi 20 novembre 2025 son rapport statistique annuel État de la pauvreté en France « 30 ans de regard sur les pauvretés ». À cette occasion, le Secours Catholique revient sur 30 ans d'observation de situations de pauvretés en France. Parmi ces évolutions l'association alerte notamment sur un accroissement de la part des femmes et des familles ainsi que des personnes en situation de longue maladie ou de handicap parmi les personnes accueillies par l'association. Cette édition 2025 ouvre ses colonnes à l'historienne Axelle Brodiez-Dolino qui revient sur l'évolution de la perception de la pauvreté et des pauvres dans la société.

En 2024, au Secours Catholique-Caritas France, 58 000 bénévoles répartis dans près de 2 500 lieux d’accueil ont apporté un soutien à 1 120 000 personnes. Ce sont 235 000 familles avec enfants qui ont été accompagnées. Le recueil d’information annuel, réalisé via les fiches statistiques extraites d’un échantillon représentatif des dossiers d’accueil, concerne 60 417 ménages en 2024. Il permet l’étude des situations de pauvreté des personnes rencontrées cette même année.  Ce rapport comporte deux grandes parties fondées sur les statistiques collectées par l’association : un dossier thématique qui porte sur l’évolution des situations de pauvreté des personnes accompagnées par l’association entre 1994 et 2024 et un profil général qui comporte 15 fiches décrivant les caractéristiques sociodémographiques, les situations face à l’emploi ainsi que les ressources et conditions de vie des ménages rencontrés. 


 DÉCOUVREZ LE RAPPORT STATISTIQUE EN VIDÉO

ET/OU LISEZ LE EN CLIQUANT ICI

« Abolir la pauvreté n'est pas une utopie mais un choix politique »
par Didier Durez, président national du Secours catholique
et Adélaïde Bertrand, déléguée générale

 

Il y a trente ans, le Secours Catholique faisait le choix de documenter, chiffres à l’appui, ce que ses bénévoles observaient au quotidien : la pauvreté, dans toutes ses réalités. Année après année, ce rapport est devenu bien plus qu’un outil statistique. C’est une vigie, un baromètre du visage changeant de la pauvreté, mais aussi un cri adressé à la société et aux pouvoirs publics.

En 1994, la lutte contre l’exclusion était déclarée « grande cause nationale », ouvrant la voie à des avancées législatives majeures. En 2025, c’est dans une quasi-indifférence que l’Insee a annoncé un taux de pauvreté record depuis près de trente ans : 15,4 %, soit près de 10 millions de personnes concernées. Comment expliquer ce paradoxe, entre l’urgence croissante et la fatigue collective face à ce phénomène structurel ? 

 

 

Un appauvrissement presque continu

Les données recueillies par le Secours Catholique racontent une histoire sans fard : l’appauvrissement presque continu des ménages accueillis, principalement des femmes et des enfants, la part croissante des ménages ne vivant sans aucune ressource, la précarité aggravée des personnes étrangères privées de droits, la hausse des personnes à l’état de santé dégradé. Elles rappellent aussi une évidence trop souvent oubliée : occuper un emploi ne protège plus nécessairement de la pauvreté. 

Ces constats ne sont pas que statistiques. Ils traduisent des vies cabossées, des parcours brisés, des enfants qui subissent la pauvreté de leurs parents. Ils disent surtout une chose : la pauvreté n’est pas un choix et encore moins une fatalité. L’histoire récente l’atteste : les choix collectifs, qu’ils concernent l’emploi, le logement, la santé ou l’accompagnement social, influencent directement les trajectoires des personnes les plus vulnérables. Lorsque la solidarité est affirmée comme une priorité, la pauvreté recule. Lorsque cette priorité s’efface, la pauvreté progresse. 

Nous appelons à un sursaut

En ce temps d’anniversaire, ce rapport se veut avant tout une invitation : invitation à mieux comprendre la réalité des ménages que nous accompagnons, invitation à dépasser les idées reçues, invitation à agir ensemble. Il se veut aussi un hommage à nos bénévoles et donateurs, dont l’engagement et la fidélité rendent possible, jour après jour, l’action du Secours Catholique. 

Le Secours Catholique reste fidèle à la conviction qui l’anime depuis sa fondation en 1946 : chaque être humain a droit à une vie digne. À l’heure où la stigmatisation et le fatalisme menacent de gagner, ce rapport factuel entend être une piqûre de rappel. Non pour désespérer, mais pour appeler à un sursaut. Parce que lutter contre la pauvreté n’est pas une utopie : c’est une question de choix collectif.
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Même si les femmes restent les plus touchées et les enfants les premières victimes, cette analyse rétrospective nous montre que le visage de la pauvreté a changé : 

- La part des personnes témoignant de problèmes de santé ou de handicap a augmenté de 8% en 30 ans.
- Le nombre de travailleurs pauvres représente 28% des personnes en emploi. 
- La pauvreté rurale gagne du terrain et a doublé en 30 ans passant de 16% à 23%.

Cette évolution des formes de pauvreté s’aggrave et s’intensifie avec une augmentation du nombre de ménages sans ressources, due en partie à la hausse du non-recours au RSA, soit 38% en 2024 contre 24,5% il y a 10 ans.

Parmi les personnes rencontrées, 74% vivent en situation d’extrême pauvreté. Leur revenu médian annuel est de 565 €, bien en deçà du seuil de pauvreté.

La pauvreté est désormais structurelle et chronique avec, posée sur elle, le regard endurci de la société et des politiques. C’est pourquoi, nous souhaitons un sursaut collectif de fraternité pour que la solidarité soit reconnue grande cause nationale en 2026.

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