24 août - 21ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture — Paroisse de Gray

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24 août - 21ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture

Publié le 25/07/2018
Si le royaume de Dieu est ouvert à toutes et à tous, la porte pour y accéder est étroite. Il ne suffit pas d’avoir « mangé et bu » en présence de Jésus. Le Christ n’attend pas de nous de beaux discours, de belles paroles. Heureux sommes-nous lorsque nous bâtissons un monde de justice et de paix. En ce jour, demandons au Seigneur la cohérence de nos paroles et de nos actes. (Prions en Eglise)

DIMANCHE 24 AOÛT 2025 - 10h00 - MESSE à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé Pierre BERGIER)
10h30 : Messe à PESMES (Célébrant : Frère SERGE) 
 11h15 : Messe à VELESMES (Célébrant : Abbé P.ierre BERGIER)

21e dimanche du temps ordinaire C – Alors que la rentrée approche, nous sommes appelés, comme dimanche dernier, à accueillir celles et ceux que nous rencontrons dans notre vie et dans notre foi. Tous et toutes ont leur place au festin du Royaume, dont l’eucharistie que nous célébrons est l’annonce.

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE

 Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers 
Luc 13,30

DANS LES LECTURES DU JOUR
Le prophète Isaïe invite le peuple d’Israël à s’ouvrir à toutes les nations et le psaume lui fait écho. L’auteur de la lettre aux Hébreux appelle à grandir dans la foi malgré les difficultés rencontrées. Jésus fait écho aux deux lectures : il invite une fois de plus à vivre sa parole au quotidien dans nos gestes et nos actes et à réaliser que le royaume de Dieu est ouvert à tous. (Prions en Église)

PREMIÈRE LECTURE | Isaïe 66, 18-21
« Moi, je viens rassembler toutes les nations, de toute langue. »

Le prophète qui a écrit au VIe siècle la dernière partie du livre d’Isaïe insiste sur l’universalité de la mission confiée à Israël. C’est au moment où le peuple de Dieu se sent moins assuré de son avenir qu’il a besoin d’entendre cet appel, qui lui redonne confiance et lui demande de s’ouvrir aux nations de toute langue, « jusqu’aux îles lointaines ». Cet appel à l’ouverture n’a jamais rien perdu de son actualité et nous invite à être porteurs de la Bonne Nouvelle pour tous les hommes.

Lecture du livre du prophète Isaïe (66, 18-21)
« De toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères »
Ainsi parle le Seigneur : connaissant leurs actions et leurs pensées, moi, je viens rassembler toutes les nations, de toute langue. Elles viendront et verront ma gloire : je mettrai chez elles un signe! Et, du milieu d’elles, j’enverrai des rescapés vers les nations les plus éloignées, vers les îles lointaines qui n’ont rien entendu de ma renommée, qui n’ont pas vu ma gloire; ma gloire, ces rescapés l’annonceront parmi les nations. Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères, en offrande au Seigneur, sur des chevaux et des chariots, en litière, à dos de mulets et de dromadaires, jusqu’à ma montagne sainte, à Jérusalem, – dit le Seigneur. On les portera comme l’offrande qu’apportent les fils d’Israël, dans des vases purs, à la maison du Seigneur. Je prendrai même des prêtres et des Lévites parmi eux, – dit le Seigneur. – Parole du Seigneur.

Il n’y a pas plus universaliste qu’Isaïe parmi les prophètes de l’Ancien Testament. Déjà au chapitre 2, il entrevoyait la montée des nations à Jérusalem. Nous voici maintenant à la toute fin de son grand livre, dont les chapitres 40 à 66 sont le fruit de disciples imprégnés de l’esprit de leur maître. Comme au chapitre 2, il est fait mention de la « montagne » et de la « maison du Seigneur », et de l’afflux « de toutes les nations ». On est visiblement quelque deux siècles après le ministère du grand prophète, puisqu’on mentionne le retour des « rescapés » d’exil qui sont chargés d’annoncer la gloire de Dieu « vers les nations les plus éloignées, vers les îles ». Les nations se joindront aux fils d’Israël pour la liturgie et on trouvera parmi elles « des prêtres et des lévites ». On ne saurait imaginer œcuménisme plus rassembleur.
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PSAUME | 116
« Louez le Seigneur, tous les peuples. »

Constitué de deux versets, ce psaume de louange est le plus court du psautier ! Il contient deux aspects essentiels de la foi d’Israël. Il commence par l’invitation à l’action de grâce (« Louez le Seigneur » ou, en hébreu « Alléluia ») adressée à tous les peuples. En cela, il fait parfaitement écho à l’appel à l’universalité du prophète Isaïe dans la première lecture. Il rappelle ensuite que le Seigneur a protégé le peuple d’Israël, une reconnaissance chantée dans bien des psaumes, dont le psaume 39 de dimanche dernier. Le peuple hébreu est une nouvelle fois appelé à annoncer à tous cette fidélité du Seigneur qui s’étend d’âge en âge.

Psaume 116
Refrain : Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile
Louez le Seigneur, tous les peuples; fêtez-le, tous les pays !
Son amour envers nous s’est montré le plus fort;
éternelle est la fidélité du Seigneur ! 

Avec ses deux versets, ce psaume se trouve être le plus court de tout le psautier. Le premier verset est aussi festif que la première lecture. C’est une invitation directe lancée à tous les peuples à louer le Seigneur. Quant au deuxième verset, il rappelle le caractère singulier de l’amour et de la fidélité que Dieu porte envers Israël. De même qu’il choisit ce peuple comme témoin pour les nations, ainsi Jésus confiera-t-il à ses disciples la mission d’aller « dans le monde entier » et de proclamer l’Évangile.
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DEUXIEME LECTURE | Hébreux 12, 5-7.11-13
« Redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent. »

Comme dans le texte de dimanche dernier, l’auteur de la lettre aux Hébreux cherche à redonner courage au peuple d’Israël qui endure souffrance et persécution. Malgré la comparaison avec les leçons qu’un père donne à ses enfants, il ne faudrait pas comprendre les difficultés rencontrées comme une punition ou une épreuve mais envoyée par Dieu, mais plutôt comme un appel à découvrir que la souffrance peut aider à grandir dans la foi, à produir

Lecture de la lettre aux Hébreux (12, 5-7.11-13)
« Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons »
Frères, vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils. Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? Quand on vient de recevoir une leçon, on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice. C’est pourquoi, redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent, et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux. Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse; bien plus, il sera guéri. – Parole du Seigneur.

L’auteur de la lettre abandonne ici son langage cultuel et adopte maintenant celui de la sagesse des Proverbes (cf. Pr 3, 11-12). Il nous parle de la pédagogie de Dieu envers nous, qui est comme celle d’un père corrigeant son fils, non pas pour le punir, mais pour le faire grandir. Puisque nous sommes tous pécheurs, il est rassurant de savoir que Dieu non seulement nous corrige mais qu’il nous pardonne. D’ailleurs, l’auteur de la lettre aux Hébreux ajoute que la correction et le pardon reçus du Père nous amènent à corriger les autres avec douceur et à venir en aide à ceux et celles qui sont éprouvés et dont le cheminement est tortueux et pénible.
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« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite »

ÉVANGILE | Luc 13, 22-30 
« Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

Une fois encore, Jésus appelle à l’accueil de tous. Ceux qui l’ont rencontré et ont entendu sa Parole – et chacun de nous en fait partie – peuvent imaginer avoir leur place assurée dans le royaume de Dieu. Or, l’écoute de la Parole doit produire du fruit. Jésus évoque ceux qui pensent avoir bonne conscience et commettent l’injustice, tout en rejetant ceux qui n’appartiendraient pas à la communauté élue. Comme dans les 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (13, 22-30)
« On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu »
En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit: « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant: “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.” Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. » 

Il fut un temps où nous chantions : « Je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver. » L’intention était bonne mais le contexte cachait une certaine inquiétude, sinon une peur de ne pas être sauvé. La question qui est posée à Jésus par un auditeur : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? », traduit aussi un malaise certain et un malentendu sur le salut, qui reflète sans doute une opinion populaire. Il est déjà significatif que Jésus n’ait pas répondu à la question posée. D’une part, les textes bibliques abondent sur le salut d’un grand nombre. D’autre part, Jésus rappelle à juste titre qu’il faudra toujours « entrer par la porte étroite ». L’Évangile de Jésus est et sera toujours exigeant, mais les promesses du Père et les enseignements de Jésus chassent la peur et nous tracent le chemin à suivre pour être trouvés dignes d’entrer dans le Royaume.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Anne Da, xavière, Prions en Église

LA PORTE DE L'ESPÉRANCE
Isaïe proclame une parole d’espérance : le Seigneur veut donner à tous les peuples de la terre de contempler sa gloire. Il appelle les rescapés d’Israël, les envoie rejoindre en son nom les plus lointains, rassembler les enfants de Dieu dispersés, leur annoncer sa gloire. Oui, Jésus appelle à passer une porte étroite. L’évangile de Jean ne parle-t-il pas du Christ comme de la porte vers le Père ? « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé. Il entrera et sortira et trouvera des pâturages » (cf. Jn 10, 9). Passer la porte étroite, avec et par le Christ, demande un engagement concret. Celui qui demande au Seigneur : « N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? », se projette dans sa représentation d’un petit nombre de sauvés dont il ferait partie, excluant les autres.
Il prend alors le risque d’entendre le maître de maison lui répondre : « Je ne sais pas d’où vous êtes. » Passer par la porte, c’est agir à la manière du Christ lui-même, pratiquer le droit, la justice, la miséricorde, marcher humblement avec lui. Agir avec une détermination exprimée par une fraternité en actes. Nous ne passerons pas la porte étroite seuls, mais avec tous nos frères et sœurs en humanité, ceux et celles avec lesquels nous aurons fait alliance, partageant ce que nous sommes et ce que nous avons. En cette année jubilaire, passer la porte sainte nous ouvre à l’espérance de vivre pour toujours avec le Seigneur.

 

 

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