22 février - 1er dimanche de Carême - Les tentations — Paroisse de Gray

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22 février - 1er dimanche de Carême - Les tentations

Publié le 25/07/2018
Quarante jours au désert.
Six semaines durant lesquelles Jésus se met à l'écart et se prépare à sa mission. Là où rien ne distrait, il accepte d'être tenté. Sa force d'âme, ses réponses judicieuses rétorquées à l'adversaire, voià qui nous donne du courage. Quand notre coeur est vide, las, tenté, tourmenté, tenons bon. Le Christ traverse l'épreuve avec nous. (Prions en Eglise)

DIMANCHE 22 FÉVRIER - 1er DIMANCHE de CARÊME
10h00 - Messe à la BASILIQUE
10h30 - Messe à AUTREY-lès-GRAY, CUGNEY, SAVOYEUX, VALAY

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE

Dans les lectures du jour ...
Le livre de la Genèse nous rapporte la manière dont la liberté que Dieu nous offre a pour conséquence la connaissance du bien et du mal. Saint Paul fait écho à ce récit en soulignant que, si le péché est entré dans le monde par un seul homme, la grâce de Dieu a surabondé par le don de la vie d’un seul homme, Jésus le Christ. Ce même Jésus que l’évangile nous montre atteint, dans son humanité, par les tentations au désert. Il invite alors à se mettre à l’écoute de la parole de Dieu qui donne la force de vaincre le mal.

PREMIÈRE LECTURE | Genèse 2, 7-9; 3, 1-7a
« Il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. »

Nous avons quelquefois du mal à comprendre pourquoi Dieu n’a pas fait vivre les hommes dans le bonheur total. Au milieu du jardin, il y a l’arbre de la vie et celui de la connaissance du bien et du mal. Lorsque Dieu crée l’homme, il le rend responsable : il lui donne la liberté de choisir entre le bien et le mal. C’est la même liberté qui permettra à Jésus de donner sa vie par amour pour nous et pour nous donner la force de vaincre le mal et le péché.

Lecture du livre de la Genèse (2, 7-9; 3, 1-7a)
Création et péché de nos premiers parents
Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Or le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout! Vous ne mourrez pas! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. – Parole du Seigneur.

Cette lecture évoque la création de l’homme, à qui Dieu a insufflé son souffle de vie et la grâce qu’il lui a faite, ainsi qu’à sa femme, de vivre dans le jardin d’Éden. Mais l’homme et la femme sont vite séduits par les propos du serpent maléfique, qui déforme les propos de Dieu et prétend qu’ils peuvent manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal et rester en vie. Rien n’est plus faux, mais le couple originel se laisse séduire par le serpent et mange du fruit défendu. C’est alors seulement que l’homme et la femme découvrent leur nudité et, implicitement, leur désobéissance à Dieu.
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PSAUME | 50
« Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. »

Le psaume 50 exprime la même démarche que celle que nous effectuons au début de chaque eucharistie par l’acte pénitentiel : nous reconnaissons notre péché et nous implorons la miséricorde du Seigneur qui crée en nous un cœur pur. Ce pardon que Dieu nous offre en abondance nous comble de joie et nous permet d’annoncer sa louange.

Psaume 50
Refrain : Pitié, Seigneur, car nous avons péché !
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. 

Le psaume 50 évoque ce qu’on pourrait appeler le « péché originel » de David, le plus grave, en tout cas, qu’il ait commis. On parle ici de son double péché d’adultère avec Bethsabée et de meurtre commandé sur son époux légitime, Ourias le Hittite. À la différence toutefois d’Adam et Ève et grâce à l’intervention du prophète Nathan, David reconnaît d’emblée sa faute et demande à Dieu d’exercer sa « grande miséricorde » et de le « purifier ». David ne peut être l’auteur du psaume, puisque la finale fait référence à la « relève » des murs du Temple (cf. Ps 50, 20), mais la tradition psalmique en fait l’exemple parfait du pécheur repenti.
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DEUXIÈME LECTURE | Romains 5, 12-19
« De même, par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste. »

En assumant la liberté que Dieu leur donne devant le bien et le mal, les hommes ont bien souvent fait entrer la mort dans le monde. Paul insiste sur le fait que la grâce de Dieu, répandue sur la multitude, est plus forte que le mal et qu’elle est donnée en abondance. Si la tradition biblique rend un seul homme responsable de la venue du mal, Paul redit que par un seul homme, le Christ, la multitude des hommes a été rendue juste. C’est le Christ qui nous donne la force de nous détourner du mal pour choisir le bien.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 12-19)
Lecture brève : Rm 5, 12. 17-19
« Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé »

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Interruption de la lecture brève Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir. Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
Reprise de la lecture brève
Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.

Paul est l’auteur du Nouveau Testament qui a, dans sa lettre aux Romains, accordé le commentaire le plus long et le plus juste à la question du péché originel et de ce qu’il convient d’appeler « le salut originel ». Paul voit en Adam une préfiguration [de] « celui de qui devait venir ». Mieux encore, il estime qu’il « n’en va pas du don gratuit comme de la faute ». En effet, « là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20). Paul relativise la culpabilité d’Adam et Ève (« le péché ne peut être imputé à personne »), et il met en valeur la justification de tous « à cause de Jésus Christ et de lui seul » !
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ÉVANGILE | Matthieu 4, 1-11
« C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »

Ce qui rend Jésus profondément humain, ce sont les sentiments qu’il éprouve. Après quarante jours au désert, il a faim ! Il est tenté de se nourrir en accomplissant un miracle, de manifester un pouvoir surnaturel et de posséder le monde. En toute liberté, il choisit d’accomplir sa vocation de Fils de Dieu : il se fera lui-même nourriture pour tous et serviteur de tous, et il donnera sa vie pour que nous ayons la vie.  Sa parole vivante et son corps livré permettent à chacun de trouver la force de se tourner vers Dieu et d’être comblé de son amour.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 1-11)
En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

Jésus est « conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable ». Son ministère public n’a pas encore débuté, mais nous le savons déjà investi, à son baptême, de l’Esprit de Dieu et désigné comme le « Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 3, 17). Le tentateur, qui approche Jésus à la fin de son jeûne de « quarante jours et quarante nuits », a beau citer chaque fois une parole divine, il est toujours en deçà de son sens véritable. Il voudrait que Jésus fasse deux miracles spectaculaires pour impressionner les gens : changer les pierres en pains et se jeter du haut du Temple pour que les anges le secourent. Il pousse même jusqu’à demander à Jésus de se prosterner devant lui pour l’adorer, en échange de tous les royaumes du monde. Il n’en est pas question : ces royaumes appartiennent à Dieu et seul le Seigneur Dieu mérite d’être adoré.
À la suite de la proclamation de l’Évangile ou à la suite de l’homélie, pour rappeler que celui-ci doit être lu au regard des Béatitudes, nous vous proposons de relire ou de chanter les Béatitudes.

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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris

SANS CESSE REDIRE « OUI » à DIEU

Le récit des tentations constitue un tout avec celui du baptême à l’issue duquel Jésus reçoit la confirmation de son identité de Fils de Dieu. Cette succession d’événements – baptême, confirmation par le Père, tentations – n’est en rien fortuite. Il faut lire le récit des tentations à la lumière de ce qui précède. L’histoire, donc, commence avec Jésus qui demande à recevoir le baptême de conversion que dispense le Baptiste. Ce dernier s’insurge et dit à Jésus qu’il n’en a pas besoin, Jésus lui oppose que c’est pourtant ce qu’il doit faire. Jésus signifie ici qu’il accepte d’endosser la condition humaine. Il dit « oui » au Père. Alors, le Père confirme qu’il reconnaît en lui son Fils bien-aimé. Mais le récit ne s’arrête pas là, il se poursuit au désert où Jésus est conduit par l’Esprit pour être tenté. Si Jésus vit un combat contre le Satan, c’est parce qu’il a dit « oui » à Dieu. Pour nous également, le combat survient précisément quand nous nous décidons pour Dieu. La tentation ou le combat spirituel ne signifient pas que nous sommes séparés de Dieu mais que nous avons sans cesse à le choisir de nouveau. Jésus a mené cette bataille jusqu’au bout : juste avant sa mort, au jardin des oliviers, il a dû, une fois encore, dire « oui » à Dieu. Jésus n’est pas venu pour mettre fin au combat, mais pour nous montrer comment le vivre et surtout pour le mener en nous. Voilà en quoi réside notre joie : là aussi, il est avec nous.
 

Le nombre 40 a une valeur symbolique : il représente le remplacement d’une période par une autre.
40, c’est le Temps dans la Bible pour faire un bon disciple, un disciple selon le cœur de Dieu. C’est le Temps de façonnage du cœur par Dieu. 40 jours pour le jeûne, la prière, le don. Le mercredi des Cendres, entrée du Carême, nous invite à prendre la route pour 40 jours. 40 jours rythmés par les dimanches, où l’on fête les « petites victoires » vécues au fil du chemin de conversion. (CCFD-Terre Solidaire)

DANS LE SECRET …
Prier, jeûner, faire l’aumône « dans le secret » : c’est l’invitation du mercredi des Cendres pour le Carême. Une invitation à l’humilité et à la discrétion, le contraire d’un exploit. Le Carême nous propose une attitude spirituelle qui se concrétise dans des gestes, des actes, des paroles, mais vécus « dans le secret ». Peut-être une résolution de Carême pourrait-elle justement être de ne pas parler de ce que nous proposons de « faire » pour pouvoir mieux le vivre en face de Dieu : prière, offrande, privations diverses, et surtout une charité « qui se donne de la peine »    
(1 Th 1,3). Vivre cela « dans le secret » sera un magnifique chemin d’intimité renouvelée avec le Christ.
Père Alexis Helg

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Depuis 1961, la Conférence des évêques de France mandate le CCFD-Terre Solidaire, afin de mobiliser les chrétiens face aux enjeux de solidarité internationale, en les appelant au partage pendant la période de Carême, et notamment lors de la collecte du 5ème dimanche.

Acteur historique du changement dans plus de 60 pays, le CCFD-Terre Solidaire (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) agit contre toutes les formes d’injustices. Il œuvre pour que chacun voie ses droits fondamentaux respectés : manger à sa faim, vivre de son travail, habiter dans un environnement sain, choisir là où construire sa vie,  …
Cet engagement pour plus de justice et de solidarité prend racine dans l’Évangile et la pensée sociale de l’Église.
Par son action individuelle et collective, il propose et soutient des solutions politiques et de terrain.

UN CARÊME D'ÉCOLOGIE ET DE FRATERNITÉ 

"Nous accompagnons plus de 500 acteurs et soutenons leurs projets dans 71 pays. La thématique de cette année nous engage dans un carême autour de l’écologie intégrale. Comme le rappelle le Pape François : les enjeux environnementaux et les défis sociaux sont intimement liés.
Un parcours vous est donc proposé entre les enjeux de fraternité et les enjeux écologiques. Il est conçu comme un outil d’accompagnement, d’animation et de réflexion spirituelle pour cheminer tout au long du Carême.
Vous y trouverez 5 parties, correspondant aux 5 dimanches du Carême, avec pour chacune d’entre elles, une thématique autour de l’écologie intégrale et la fraternité portée par le CCFD-Terre Solidaire.

À chaque période de Carême, le pape François nous rappelle combien il est important d’être à l’écoute de son prochain, d’être ienveillant et de faire preuve de charité pour bâtir un monde plus juste et plus fraternel. Chacun de nous est invité, par son engagement, à contribuer à « habiter la même maison ». Participer à la collecte du CCFD-Terre Solidaire fait partie intégrante de ce geste de solidarité.
Bertrand Gournay aumônier national du CCFD-Terre Solidaire

C’est dans cet esprit que le CCFD-Terre Solidaire,
composé de 29 mouvements et services d’Église, propose chaque année un thème.
Cette année :
NOUS HABITONS TOUS LA MÊME MAISON
Une seule planète, une seule humanité, une seule solution : l'écologie intégrale

Semaine après semaine, nous vous proposons de semer des graines d’Espérance, pour construire une Terre Solidaire. Un bagage léger au contenu profond, à garder avec soi, pour devenir acteur dans sa vie, et avec les autres, en donnant du sens à son don.
Semaine après semaine, nous vous proposons un parcours spirituel pour mettre en œuvre des solutions et construire une Terre Solidaire. Cette démarche nous aidera à transformer notre regard et à entrer dans un chemin de conversion.

BON CHEMIN DE CARÊME A TOUS !

Présentation du chemin de Carême

                                                 Chaque semaine du temps de Carême, nous serons invités à vivre une étape.

      1er dimanche de Carême     :  « ROMPRE AVEC LA TOUTE-PUISSANCE »
      2ème dimanche de Carême  : « CONTEMPLER LE MONDE »
      3ème dimanche de Carême  : « CHERCHER LA JUSTICE »
      4ème dimanche de Carême  : « OSER LE PARDON »
      5ème dimanche de Carême  : « CONSTRUIRE UNE FRATERNITÉ NOUVELLE »

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1er DIMANCHE DE CARÊME - 6 mars 2022

ROMPRE AVEC LA TOUTE-PUISSANCE

« Beaucoup diront qu’ils n’ont pas conscience de réaliser des actions immorales, parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini. Voilà pourquoi aujourd’hui tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue. » Laudato Si’ §56

Lectures du jour
Éclairage biblique par notre aumônier national,Bertrand Gournay

LIBERTÉ ET DIGNITÉ

La tentation de la toute-puissance sur les personnes ou sur les choses n’a pas été épargnée à Jésus. Il y résiste par la juste distance qu’il puise dans la Parole de Dieu (Luc 4). Jésus demeure un homme libre. 
Le peuple d’Israël, quant à lui, doit sans cesse se souvenir de la manière dont Dieu lui a redonné une liberté et une dignité lors de la sortie d'Égypte (Dt 26) : « Notre équilibre personnel dans un monde incertain, écrit le pape François, dépend de notre capacité à résister aux séductions du monde, mais en tout premier à garder confiance en Dieu. L’être humain n’est pas pleinement autonome. Sa liberté est affectée quand elle se livre aux forces aveugles de l’inconscient, des nécessités immédiates, de l’égoïsme, de la violence. En ce sens, l’homme est nu, exposé à son propre pouvoir toujours grandissant, sans avoir les éléments pour le contrôler » (LS 105).
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Notre monde connaît une crise environnementale et sociale sans précédent. La Terre, notre maison commune, est en péril. Le constat de la crise écologique actuelle et à venir est aujourd’hui partagé par un grand nombre de personnes, mais des freins subsistent à la remise en cause du modèle de développement à l’origine de cette situation. Et parmi eux la tentation de la toute-puissance à la fois politique, économique, technologique.
Les moyens engagés par les États dans la lutte contre le réchauffement climatique ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. En 2019, seuls 10 % des pays signataires des accords de Paris respectaient leurs engagements. Les plus vulnérables sont les premières victimes de la crise climatique. Les décideurs politiques ne sont pas à l’écoute des populations. Pourtant la mobilisation citoyenne est là. Que ce soit celle des jeunes inquiets pour le monde à venir ; celle des femmes qui assurent la survie de leur famille dans les pays du Sud et dont les droits sont trop souvent bafoués ; celle des populations paysannes soucieuses de défendre leurs terres et leurs droits face aux multinationales. Le CCFD-Terre Solidaire est à leurs côtés.
Le CCFD-Terre Solidaire s’engage aussi dans le combat contre les fausses solutions pour lutter contre la crise climatique comme le mécanisme de la compensation carbone. Plutôt que de réduire drastiquement leurs propres émissions de gaz à effet de serre, les entreprises préfèrent financer ailleurs un projet de réduction ou de séquestration du carbone s’octroyant ainsi un « droit à polluer ». Une manifestation de plus de la toute-puissance économique et technique face à laquelle nous devons rester vigilants.
En ce temps de Carême, retrouvons l'esprit d'humilité

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