Dimanche 9 novembre - Clés de lecture
Publié le 23/09/2019DIMANCHE 9 NOVEMBRE - DÉDICACE DE LA BASILIQUE DU LATRAN
10h00 - MESSE à la BASILIQUE NOTRE-DAME - Célébrant : Abbé Pierre Bergier
avec la participation des « Trompes du Val de Gray »
Messe à 10h30 à Autrey-lès-Gray - Célébrant : Frère Serge
La basilique du Latran, cathédrale de Rome dont le pape est l’évêque, est le signe de l’Église que nous sommes appelés à bâtir. Les églises de pierre de nos villages et de nos villes sont autant de signes de la présence de Dieu au cœur du monde, mais elles n’ont de sens que si elles sont habitées par des communautés de « pierres vivantes » qui témoignent de l’amour de Dieu pour tous les hommes. (Prions en Eglise)
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
"Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai."
Jean 2,19
Dans les lectures du jour :
Le temple de Jérusalem, détruit en 586 av. J.-C., est au cœur de la vision du prophète Ézékiel qui ouvre un avenir au peuple d’Israël en exil. Le psaume fait écho à cette espérance. Dans l’évangile, Jésus va plus loin : alors que le Temple, lieu de la présence de Dieu, a été reconstruit, il se définit lui-même comme le nouveau sanctuaire. Dieu n’est plus enfermé dans une maison bâtie par la main des hommes, mais il habite dans la personne du Christ, dont la vie sera détruite mais qui se relèvera après trois jours. Paul rappelle qu’il est la « pierre de fondation » et que nous sommes aussi le sanctuaire où Dieu fait sa demeure.
PREMIERE LECTURE | Ézékiel 47, 1-2.8-9.12
« Sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient. »
Le temple de Jérusalem est détruit, le peuple d’Israël est en exil. Le prophète Ézékiel rappelle que le Temple n’était pas le lieu de la présence de Dieu, il en était seulement le signe. Dieu est toujours présent au milieu de son peuple. Le prophète affirme la foi d’Israël et lui donne une espérance par cette image de l’eau qui jaillit du Temple et va se jeter dans la mer Morte pour la faire revivre. Tout au long de son exil, Israël aura ainsi nourri l’espérance de son retour et la reconstruction du Temple, avec la certitude que le Seigneur n’abandonne pas son peuple.
Lecture du livre du prophète Ézékiel (47, 1-2.8-9.12)
« J’ai vu l’eau qui jaillissait du Temple, et tous ceux que cette eau atteignait étaient sauvés »
En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. » – Parole du Seigneur.
Il n’est pas étonnant qu’Ézékiel soit très attaché au temple de Jérusalem puisqu’il en était l’un des servants. Il a assisté à la destruction de ce temple et s’est trouvé parmi les exilés prisonniers des Babyloniens. La foi au Seigneur Dieu de son peuple lui permet de résister et, encore plus, d’espérer. Il encourage ses compagnons d’infortune. Le Seigneur Dieu est bien capable de relever un temple où, à nouveau, il résidera au milieu de son peuple. Le Temple sera le signe d’une nouvelle fécondité. Aussi l’imagine-t-il comme une source foisonnante et abondante d’eau vive, qui fait surgir la vie, qui assure la prospérité.
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Psaume | 45
« Dieu est pour nous refuge et force. »
Les versets du psaume 45 retenus pour ce dimanche sont une très belle réponse à la première lecture. Le psalmiste affirme que le Seigneur est toujours présent, qu’il est un secours dans la détresse, même quand le monde paraît s’écrouler. Il reprend même l’image du fleuve – alors qu’il n’y a pas de fleuve à Jérusalem… – comme un signe de l’abondance de la vie que le Seigneur promet à son peuple et de la paix qu’il annonce, lui qui détruit la guerre. Le sens du nom de « Jérusalem », « Ville de la paix », pourra devenir réalité.
Psaume 45
Refrain :Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s’effondrent au creux de la mer.
Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s’y tient : elle est inébranlable ; quand renaît le matin, Dieu la secourt.
Il est avec nous, le Seigneur de l’univers; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Venez et voyez les actes du Seigneur, il détruit la guerre jusqu’au bout du monde.
L’eau est indispensable à la vie. La « ville de Dieu » qui est « la plus sainte des demeures du Très-Haut » se réjouit par l’abondance de cette eau qui la borde de toutes parts grâce aux bras du « Fleuve ». Ce Fleuve n’est pas nommé, mais qu’importe, il sert à signifier la protection indéfectible de Dieu : « Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ; citadelle pour nous. » Ézékiel comme le psaume chantent l’espérance au Seigneur qui, quoi qu’il puisse arriver, sauvera son peuple : « Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. »
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DEUXIÈME LECTURE | 1 Corinthiens 3, 9c-11.16-17
« Vous êtes une maison que Dieu construit. »
Lorsque Paul annonce à la communauté de Corinthe qu’elle est une maison que Dieu construit, on pense bien évidemment à l’image de l’apôtre Pierre qui qualifie les chrétiens de « pierres vivantes » (1 P 2, 5). Paul reprend d’ailleurs, dans cette image de la construction, le fait que Jésus est la pierre de fondation, la pierre angulaire (1 P 2, 4). Cependant, ce n’est pas seulement la communauté rassemblée qui est le lieu de la présence de Dieu. Chacun est appelé à être lui-même « le sanctuaire de Dieu » : « l’Esprit de Dieu habite en vous. » Saint Jean reprendra à de multiples reprises cette image de l’homme qui est appelé à être la demeure de Dieu.
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (3, 9c-11.16-17)
« Vous êtes un sanctuaire de Dieu »
Frères, vous êtes une maison que Dieu construit. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, moi, comme un bon architecte, j’ai posé la pierre de fondation. Un autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction. La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ. Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. – Parole du Seigneur.
Les habitants de Corinthe sont habitués à voir des « temples », ou habitation des divinités, dans leur ville. L’apôtre Paul s’adresse à ceux qui ont reçu l’Évangile de Jésus et qui sont devenus des chrétiens. Il voudrait les affermir dans leur foi, car d’inquiétantes nouvelles lui sont parvenues, en particulier sur l’existence de factions internes. Leur communauté, rappelle Paul, ne se fonde que sur le Seigneur Jésus. Sur ce fondement, ils forment « le temple de Dieu » ou habite « l’Esprit de Dieu ». Alors, inutile de se quereller en revendiquant l’appartenance à l’un ou l’autre des serviteurs de Dieu qui leur ont apporté l’Évangile.
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ÉVANGILE | Jean 2, 13-22
« Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. »
Nous sommes au tout début de l’Évangile selon saint Jean, après le prologue sur le Verbe et le miracle de Cana. Et voilà que Jésus annonce déjà la signification profonde de sa présence au milieu de hommes. Le Temple, malgré la présence des marchands, demeure le lieu sacré de la présence de Dieu, ce que Jésus rappelle. Mais il se présente alors lui-même comme le nouveau sanctuaire, présence vivante de Dieu au milieu des hommes. Et c’est seulement après sa résurrection que les disciples comprendront le sens réel des paroles prononcée ici. Le psaume 117 l’annonçait déjà : « La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle » (Ps 117, 22).
"Il parlait du sanctuaire de son corps."
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (2, 13-22)
« Il parlait du sanctuaire de son corps »
Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Il semble bien que Jésus ait eu peu de relations, et souvent des relations difficiles, avec le temple de Jérusalem qui marquait la présence de Dieu. On sait que c’est en Galilée, loin de Jérusalem et du Temple, que Jésus annonçait les temps nouveaux de Dieu. Ses disciples, après Pâques, ont profité de l’importance du Temple dans les Écritures et dans la tradition religieuse, pour témoigner de leur foi au Ressuscité. L’évangéliste Jean aime à répéter que, pour aller au Père, il faut passer par Jésus : « Celui qui me voit, voit le Père. » Jésus ressuscité conduit ses frères chez son Père. C’est seulement par Jésus, avec lui et en lui, que l’on accède au Père des cieux, et non dans une construction de pierres.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
LE LIEU DE LA RENCONTRE DU PÈRE
«Quelle violence ! » pourrait-on s’exclamer en lisant cet évangile. Soyons clairs : derrière le geste et les paroles de Jésus se cache un message : redonner au Temple sa dignité et son caractère sacré et, au-delà, révéler que son corps est le vrai Temple. De fait, le Temple doit demeurer le lieu par excellence où tous, sans exception, peuvent se rendre pour rencontrer Dieu, l’adorer et le prier. Les préoccupations matérielles et les spéculations n’ont pas à transformer la maison de Dieu en un « centre d’affaires » qui prospère. Mais, au-delà de la matérialité du Temple, il importe de savoir que le vrai Temple, c’est le corps de Jésus lui-même. C’est un corps qui va passer par la mort mais qui se relèvera en trois jours, devenant ainsi source d’eau vive pour tous les croyants. Ce ne sont plus les sacrifices offerts à Jérusalem qui vont plaire à Dieu, mais le don fait par Jésus de sa propre personne qui va réconcilier l’humanité et Dieu. Le Temple, lieu de pierre, devient le lieu du corps de Jésus. Désormais, la présence de Dieu n’est pas dans une construction de pierre, mais au cœur même de l’humanité, dans le corps du Ressuscité. Jésus Christ est pour nous le lieu de la rencontre du Père. À nous de vérifier, quand nous allons le rencontrer, si notre cœur n’est pas encombré de marchandises et de calculs, comme un temple profané ! Il y a des jours où le Christ pourrait surgir dans notre vie, pour nous dire, à nous aussi, avec l’insistance d’un véritable ami : « Enlève cela d’ici ; ne fais pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »




