31 août - 22ème dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture
Publié le 25/12/2020DIMANCHE 31 AOÛT - 10h00 - MESSE à la BASILIQUE
Saint Fiacre
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÈGLISE
"Quand tu donnes une réception, invite des pauvres,
des estropiés, des boiteux, des aveugles."
Luc 14, 13
22e dimanche du temps ordinaire C – Leçon d’humilité, aujourd’hui. Car Dieu ne s’arrête pas aux apparences ou aux réussites éphémères. Il regarde le cœur, et il a un amour de prédilection pour les plus pauvres : il relève les humbles, comme Marie le chante dans son Magnificat. « Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser », alors tu seras comblé de grâce. Célébrons avec humilité et confiance le Seigneur qui nous sauve. S’étant abaissé en notre humanité, Jésus nous entraîne vers la Jérusalem céleste en sa joie éternelle;
PREMIÈRE LECTURE | Ben Sira 3, 17-18.20.28-29
« Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. »
Au IIe siècle avant Jésus, le Sage parle déjà quasiment comme lui. Et c’est pour nous donner une leçon de vie : inutile de nous hisser à la hauteur de nos ambitions mondaines, le Seigneur comble les humbles et renvoie les riches les mains vides, chantera Marie.
Lecture du livre de Ben Sira le Sage (3, 17-18.20.28-29)
« Il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur »
Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. Grande est la puissance du Seigneur, et les humbles lui rendent gloire. La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. Qui est sensé médite les maximes de la sagesse ; l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. – Parole du Seigneur.
Le sage observe le comportement des gens et sait distinguer la vraie humilité des prétentions à celle-ci. Il anticipe, avec les versets 17-18, les paroles de Jésus qu’on trouve dans l’évangile d’aujourd’hui. Il n’y a là rien de surprenant, car les sages de la Bible recommandent fortement l’humilité du cœur et de l’esprit. Ils savent reconnaître le lien particulier des « humbles » avec le Seigneur et, à l’inverse, constatent que « la condition de l’orgueilleux est sans remède ». L’orgueilleux n’écoute que lui-même et ne sait pas méditer et appliquer « les maximes de la sagesse », tandis que le sage souscrit pleinement au commandement fondamental : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique » (Dt 6, 4).
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PSAUME | 67
« Père des orphelins, défenseur des veuves, tel est Dieu dans sa sainte demeure. »
L’antienne du psaume de ce dimanche est tirée du Magnificat, logiquement puisque c’est notre réponse à la première lecture. Que notre voix et notre cœur chantent le Seigneur qui élève les humbles, console ceux qui sont dans le malheur et comble les pauvres.
Psaume 67
Refrain : Béni soit le Seigneur : il élève les humbles.
Les justes sont en fête, ils exultent; devant la face de Dieu ils dansent de joie.
Chantez pour Dieu, jouez pour son nom. Son nom est Le Seigneur; dansez devant sa face.
Père des orphelins, défenseur des veuves, tel est Dieu dans sa sainte demeure.
À l’isolé, Dieu accorde une maison; aux captifs, il rend la liberté.
Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse, et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
Sur les lieux où campait ton troupeau, tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre
L’antienne du psaume est tirée du Magnificat de Marie, « humble servante » du Seigneur. La communauté des justes est « en fête » : elle chante, joue et danse de joie « pour Dieu ». Le Dieu qu’elle célèbre est « Père des orphelins » et « défenseur des veuves ». Le psalmiste et sa communauté savent d’expérience que Dieu est « bon pour les pauvres », c’est-à-dire les humbles. Dieu libère les « captifs » et soutient ceux qui défaillent. Il se montre généreux envers son peuple Israël, jadis esclave en Égypte et humilié par les grandes puissances, mais désormais libre pour louer et bénir le Seigneur.
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DEUXIÈME LECTURE | Hébreux 12, 18-19.22-24a
« Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste. »
Nous terminons ce dimanche la méditation de la lettre aux Hébreux. Il y est question de notre destinée : si nous suivons le Christ (Chemin, Vérité et Vie), nous allons, par lui, vers la Jérusalem céleste, pour la joie sans fin.
Lecture de la lettre aux Hébreux (12, 18-19.22-24a)
« Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant »
Frères, quand vous êtes venus vers Dieu, vous n’êtes pas venus vers une réalité palpable, embrasée par le feu, comme la montagne du Sinaï : pas d’obscurité, de ténèbres ni d’ouragan, pas de son de trompettes ni de paroles prononcées par cette voix que les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre. Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle. – Parole du Seigneur.
Après avoir célébré longuement le sacerdoce unique et éternel du Christ, l’auteur de la lettre aux Hébreux s’est aussi attardé dans les chapitres 8 – 10 à montrer les différences entre la Première Alliance et la Nouvelle. La Première était accompagnée de signes prodigieux (feu, obscurité, ténèbres, ouragan, son de trompettes et une voix que « les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre »). Pour la Nouvelle, dont le caractère est, disons, « plus intime », il en va autrement : on n’est plus au Sinaï, mais dans « la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste ». Il n’y a aucun effroi ni prodige terrible, mais plutôt « des myriades d’anges en fête » et une « assemblée des premiers-nés », c’est-à-dire des justes qui « sont venus vers Jésus […] médiateur d’une alliance nouvelle ».
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ÉVANGILE | Luc 14, 1.7-14
« Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu. »
Jésus parle en fin connaisseur des pensées et des cœurs de ceux qu’il a autour de lui. Renoncez à votre orgueil, soyez humbles comme je suis humble, vivez l’abaissement dont je vous ai laissé l’exemple : c’est ainsi que vous serez heureux.
« Quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (14, 1.7-14)
Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place”; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé; et qui s’abaisse sera élevé. » Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Jésus fréquente habituellement les humbles, mais il sait aussi accepter l’invitation « d’un chef des pharisiens ». À peine entré dans la maison de son hôte, il observe que les invités ont tendance à choisir « les premières places ». Jésus prononce alors une parabole à l’intention des invités : il leur recommande de « prendre la dernière place », plutôt que « la première ». Il faut comprendre que cela ne doit pas être une stratégie calculée et que l’humilité sera toujours appréciée de Dieu : « Qui s’abaisse sera élevé. » Mais Jésus ne s’arrête pas là : il s’adresse à son hôte et lui recommande d’inviter en priorité, « des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ». Voilà qui est beaucoup plus méritoire et qui sera récompensé « à la résurrection des justes ».
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
IMITER DIEU DANS SON ABAISSEMENT
Une phrase, attribuée à Pythagore, pourrait bien être mise en lien avec les textes liturgiques qui invitent à l’humilité : « Un homme n’est jamais si grand que lorsqu’il est à genoux pour aider un enfant. » Les mots de Ben Sira le Sage – « Accomplis toute chose dans l’humilité […] Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser » – résonnent, comme en écho, à la parole que Jésus adresse à ses disciples : « Quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. » C’est une belle et exigeante leçon pour tous : pour ceux qui ne veulent pas se contenter de leur place et pour ceux qui, de leur place, regardent les autres de haut. Or, « le seul moment où il est permis de regarder une personne de haut, c’est pour l’aider à se relever », disait le pape François dans son discours aux Journées mondiales de la jeunesse de Lisbonne,
en 2023. En tout cas, les recommandations de la parole de Dieu sur l’humilité court-circuitent nos élans et notre quête des honneurs et des préséances. Et c’est pour notre bien. L’appel ultime est le suivant : imiter Dieu dans son abaissement. Le Christ s’est abaissé et Dieu l’a souverainement élevé. Retenons qu’en venant dans notre monde, Jésus ne se présente pas comme une idole à adorer, pieusement. Il s’est mêlé à notre histoire d’hommes, à nos souffrances. Ce qu’il demande à chacun : être attentif aux autres, les regarder avec reconnaissance et admiration. L’humilité est difficile à vivre. Elle ne peut s’apprendre qu’à l’école d’un autre : Jésus Christ.




