20 juillet - 16ème dimanche du temps ordinaire - Marthe et Marie - Clés de lecture
Publié le 25/07/2018
DIMANCHE 20 JUILLET - 10h00 - MESSE A LA BASILIQUE
(10h30 - Messe à Autrey-lès-Gray et à Valay)
16e dimanche du temps ordinaire – Le maître mot des lectures de ce dimanche est l’accueil. Un accueil qui transforme les existences de ceux qui sont concernés : Abraham et Sara accueillent trois mystérieux visiteurs et sont comblés par la promesse d’un fils ; dans le psaume, c’est Dieu qui accueille le croyant au cœur silencieux ; et Marthe et Marie accueillent Jésus, chacune à sa manière. (Prions en Église)
« Marie a choisi la meilleure part » (Luc 10,42)

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
PREMIÈRE LECTURE | Genèse 18, 1-10a
« Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. »
Abraham, lorsqu’il accueille les trois hommes, accueille Dieu. Il applique le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces » (Dt 6, 5). C’est en aimant Dieu, qu’Abraham aime son prochain et l’accueille.
Lecture du livre de la Genèse (18, 1-10a)
En ces jours-là, aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour. Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre. Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. » Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. » Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient. Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. » Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi au temps fixé pour la naissance, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils. » – Parole du Seigneur.
Clés de lecture - Prions en Eglise
L’hospitalité est un devoir sacré pour les habitants du désert. Abraham vit paisiblement dans la région d’Hébron et se repose à l’ombre des « chênes de Mambré », à « l’heure la plus chaude du jour ». Le lieu, tout indiqué et confortable, n’est pas neutre, puisqu’un culte païen s’y pratiquait. Qu’à cela ne tienne, le Seigneur peut apparaître où il veut, même sous les traits de trois étrangers. Abraham les accueille avec empressement et va leur chercher de l’eau pour le lavement des pieds. Mieux encore, il court vers sa tente pour demander à Sara de préparer un repas d’exception pour les voyageurs. Le patriarche, pressentant une certaine présence divine, s’adresse aux trois visiteurs comme s’ils étaient un seul : « Mon Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux. » La scène se conclut par l’annonce d’une bonne nouvelle qui ne peut relever que de Dieu : « Sara, ta femme, aura un fils. »
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PSAUME | 14
« Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? Celui qui se conduit parfaitement. Il met un frein à sa langue. »
Le silence peut être bien plus qu’une absence de Parole. Savoir mettre un « frein à sa langue » doit permettre une écoute attentive et bienveillante de l’autre. C’est une des clés d’un véritable accueil de l’autre, que ce soit mon prochain ou Dieu.
Psaume 14
Refrain : Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?
Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur. Il met un frein à sa langue.
Il ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain.
À ses yeux, le réprouvé est méprisable mais il honore les fidèles du Seigneur.
Il ne reprend pas sa parole. Il prête son argent sans intérêt, n’accepte rien qui nuise à l’innocent.
Qui fait ainsi demeure inébranlable.
Clés de lecture - Prions en Eglise
Dans la Bible, ce psaume ne comporte que cinq versets, tous représentés ici, au moins en partie. Son caractère responsorial semble s’appuyer sur le mot « tente », qui se trouvait mentionné quatre fois dans la première lecture. Mais on aura vite compris l’énorme différence entre la tente d’Abraham et celle du Seigneur, qui n’est autre que son temple, édifié sur sa « sainte montagne », à Jérusalem. Or, le psaume décrit un nombre important d’exigences requises pour entrer dans ce temple divin. Plusieurs d’entre elles ont été remplies par Abraham : conduite parfaite, justice, vérité, respect du prochain, fidélité au Seigneur, attention donnée à l’innocent.
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DEUXIEME LECTURE | Colossiens 1, 24-28
« Le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire ! »
Vivre dans l’espérance donnée par le Christ nécessite une transformation intérieure : soyons clairvoyants. Le mal est présent et nous glissons souvent sur sa pente. Cependant, il n’est pas question d’être pessimistes sur l’espèce humaine mais de rayonner de l’espérance du Christ : il a déjà vaincu le mal !
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens (1, 24-28)
« Le mystère qui était caché depuis toujours mais qui maintenant a été manifesté »
Frères, maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. De cette Église, je suis devenu ministre, et la mission que Dieu m’a confiée, c’est de mener à bien pour vous l’annonce de sa parole, le mystère qui était caché depuis toujours à toutes les générations, mais qui maintenant a été manifesté à ceux qu’il a sanctifiés. Car Dieu a bien voulu leur faire connaître en quoi consiste la gloire sans prix de ce mystère parmi toutes les nations: le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire! Ce Christ, nous l’annonçons: nous avertissons tout homme, nous instruisons chacun en toute sagesse, afin de l’amener à sa perfection dans le Christ. – Parole du Seigneur.
Clés de lecture - Prions en Eglise
Quand il écrit aux Colossiens, Paul est en prison et donc « dans les souffrances » et les « épreuves ». Or, il a trouvé « la joie » et est fier de souffrir « dans [sa] propre chair » en communion avec le Christ et « pour son corps qui est l’Église ». Toujours passionné par la mission concernant l’Évangile du Christ, il se nourrit du « mystère qui était caché depuis toujours, mais qui maintenant a été manifesté à ceux qu’il a sanctifiés ». Il laisse à la communauté de Colosses et à l’Église universelle une sentence des plus inspirantes : « Le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire ! »
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ÉVANGILE | Luc 10, 38-42
« Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »
Ce passage bien connu de l’Évangile de Jean fait souvent réagir… Pourtant, il ne s’agit pas d’opposer l’action à l’écoute de la Parole – les deux sont nécessaires pour accueillir. Jésus appelle Marthe à cesser de « s’agiter » pour faire ce qu’elle fait avec amour, sans récriminer. Vous pouvez approfondir le sujet en lisant l’excellent livre d’Adrien Candiard, À Philémon, Réflexions sur la liberté chrétienne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42)
En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »
Clés de lecture - Prions en Eglise
Jésus entre dans un village, qu’on sait être celui de Béthanie, où habitent ses amis Lazare, Marthe et Marie (cf. Jn 11). Marthe, qui est sans doute l’aînée, va à sa rencontre et lui offre l’hospitalité. C’est elle qui, comme Sara jadis avec les trois voyageurs, se charge du repas. Sa jeune sœur Marie est assise aux pieds de Jésus et ne se préoccupe que d’écouter la parole du Maître. Quant à Marthe, elle est « accaparée » par les préparatifs du repas, et aimerait bien que Jésus intervienne pour que Marie fasse sa part du service. Or Jésus s’adresse plutôt à Marthe et la ramène à l’essentiel, cette « meilleure part » choisie par Marie. Il n’y a pas meilleur repas que celui offert par Jésus, Parole incarnée du Dieu vivant.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Jonathan Guilbault, directeur éditorial de Prions en Église Canada
VIGILANCE ET SPONTANÉITE
On pourrait croire, à imaginer Abraham « assis à l’entrée de sa tente [.…] à l’heure la plus chaude du jour », qu’il somnole doucement, alangui dans de vagues rêveries. Le texte biblique réfute rapidement cette image. Dès qu’il relève les yeux, Abraham reconnaît le Seigneur dans les trois hommes qui lui sont apparus et réagit de la manière la plus appropriée possible en lui disant, en somme : « Reste avec moi ! » La spontanéité d’Abraham provient donc du fait qu’il était en état de veille, au sens le plus actif du terme : il guettait. Autrement dit, il priait. La Bible est remplie de ces personnages qui agissent promptement, sans hésitation, lorsqu’ils perçoivent que Dieu leur rend visite. Un autre exemple est celui de Matthieu, qui quitte tout dès que Jésus lui dit : « Suis-moi. » On peut avoir l’impression que ces passages manquent de vraisemblance. Pourtant, la « sainte spontanéité » qu’ils dépeignent, pleine de joie et d’assurance, est bel et bien l’un des fruits d’une disposition intérieure d’écoute spirituelle. Nous en avons un exemple parfait avec Marie, la sœur de Marthe. Bien que cette dernière soit occupée à un service utile, elle n’a pas saisi aussi bien que Marie ce que l’instant exigeait : le Seigneur est là, écoutons-le. Puisque Dieu, par respect pour notre liberté, ne fait jamais irruption dans notre vie avec tambour et trompette, le silence nous est nécessaire pour le reconnaître – et plus encore pour être prêts à le suivre prestement, au moindre de ses signes.




