17 août - 20e dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture — Paroisse de Gray

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17 août - 20e dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture

Publié le 25/12/2020
Être chrétien n’est pas un long fleuve tranquille. Comme le prophète Jérémie, les témoins de la foi et de la justice peuvent être incompris et persécutés. Et dans nos familles, nous dit Jésus, la foi peut provoquer des divisions. En ce dimanche, demandons la persévérance. Quelles que soient les épreuves, que le Christ nous garde fidèles à sa parole. (Prions en Eglise)

DIMANCHE 17 AOÛT - 10h00 - MESSE à la BASILIQUE
Messe à CHAMPLITTE à 11h00 dans le cadre de la fête de SAINT CHRISTOPHE

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE

20e dimanche du temps ordinaire C – Deux jours après avoir célébré la Vierge Marie, nous sommes appelés, pendant plusieurs dimanches, à nous interroger sur la manière dont nous pratiquons au quotidien notre foi au Christ ressuscité, par nos gestes et nos paroles. Les choix que nous avons à faire ne sont pas toujours faciles, mais nous savons qu’ils nous conduisent à la vie.

 « Je suis venu apporter un feu sur la terre »
(Luc 12, 49)

PREMIÈRE LECTURE | Jérémie 38, 4-6.8-10
« Fais remonter de la citerne le prophète Jérémie avant qu’il ne meure. »

Nous sommes au cœur d’un conflit politique. Le prophète Jérémie dénonce en vain la révolte contre le roi de Babylone à qui Sédécias, le roi de Juda, a promis obéissance par serment. Les chefs de l’armée obtiennent sa condamnation à mort. Il est sauvé de justesse par l’intervention de Sédécias. Ce conflit, qui nous paraît lointain, résonne cependant cruellement dans l’actualité des pays gouvernés par des dictateurs.

Lecture du livre du prophète Jérémie (38, 4-6.8-10)
Ma mère, tu m’as enfanté homme de querelle pour tout le pays
En ces jours-là, pendant le siège de Jérusalem, les princes qui tenaient Jérémie en prison dirent au roi Sédécias : « Que cet homme soit mis à mort : en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville, et toute la population. Ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche, mais son malheur. » Le roi Sédécias répondit : « Il est entre vos mains, et le roi ne peut rien contre vous! » Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne de Melkias, fils du roi, dans la cour de garde. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n’y avait pas d’eau, mais de la boue, et Jérémie enfonça dans la boue. ÉbedMélek sortit de la maison du roi et vint lui dire : « Monseigneur le roi, ce que ces gens-là ont fait au prophète Jérémie, c’est mal! Ils l’ont jeté dans la citerne, il va y mourir de faim car on n’a plus de pain dans la ville! » Alors le roi donna cet ordre à Ébed-Mélek l’Éthiopien : « Prends trente hommes avec toi, et fais remonter de la citerne le prophète Jérémie avant qu’il ne meure. » – Parole du Seigneur.

De tous les prophètes de l’Ancien Testament, Jérémie est celui qui s’est le plus permis d’exprimer ses propres souffrances, ses doutes et ses questions concernant la lourde mission qui lui a été confiée. Car ce n’est pas une mince tâche que d’être mandaté par Dieu « pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter » (Jr 1, 10), alors que le peuple de Juda vit la pire tragédie de son histoire. Les armées babyloniennes saccagent Jérusalem et envoient une grande partie de sa population en exil à Babylone. Certes, Jérémie lui-même ne sera pas exilé, mais il a maille à partir avec l’élite politique de Jérusalem qui voit en lui un prophète de « malheur ». Le roi Sédécias ordonne qu’il soit jeté dans une citerne sans eau et boueuse. Une fois délivré, Jérémie reprendra avec courage sa mission de prophète !
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PSAUME | 39
« Il m’a tiré de l’horreur du gouffre. »

La supplication ici exprimée se retrouve fréquemment dans le langage des psaumes. Le psalmiste supplie le Seigneur de le sauver de son malheur et rend grâce au Seigneur qui ne l’abandonne pas. Ces deux attitudes s’entremêlent au long des versets : le psalmiste est sûr de la bonté de Dieu et continue à crier vers lui pour qu’il le tire de son malheur. Ces mots constituent un bel écho à ce qu’a vécu le prophète Jérémie.

Psaume 39
Refrain : Seigneur, viens vite à mon secours ! 
D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi pour entendre mon cri. 
Il m’a tiré de l’horreur du gouffre, de la vase et de la boue ; il m’a fait reprendre pied sur le roc, il a raffermi mes pas. 
Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu.
Beaucoup d’hommes verront, ils craindront, ils auront foi dans le Seigneur.
Je suis pauvre et malheureux, mais le Seigneur pense à moi.
Tu es mon secours, mon libérateur : mon Dieu, ne tarde pas! ℞

On estime à près d’une trentaine les psaumes inspirés du message de Jérémie. Le psalmiste évoque justement une expérience identique à celle du prophète, car il a dû être délivré, lui aussi, de « l’horreur du gouffre, de la vase et de la boue ». L’allusion à Jérémie est évidente. Le psalmiste est homme de grande espérance et, une fois libéré par le Seigneur, il entonne le « chant nouveau » que Dieu lui inspire et qu’il entend partager avec la multitude. L’invocation du psaume, « Seigneur, viens vite à mon secours », est digne de la foi à toute épreuve de Jérémie et de la certitude qu’il a reçue dès son appel par Dieu : « Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer » (Jr 1, 8).
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DEUXIÈME LECTURE | Hébreux 12, 1-4
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. »

La foi n’est pas un long fleuve tranquille : Paul aurait pu utiliser cette expression qui nous est familière ! Il compare le chemin de la foi à une course d’endurance : il y a des obstacles, il faut nous débarrasser de ce qui serait trop lourd à porter, notamment le péché qui nous empêche d’avancer. Le Christ a été jusqu’au bout de la course en endurant la mort sur la Croix. Son exemple nous aide à vaincre la lassitude et le découragement.

Lecture de la lettre aux Hébreux (12, 1-4)
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée »
Frères, nous qui sommes entourés d’une immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu. Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché. – Parole du Seigneur. 

L’auteur de la lettre aux Hébreux délaisse un moment le langage liturgique et sacerdotal qu’il appliquait au Christ. Le voici donnant des consignes à la (sa) communauté, puisqu’il emploie le « nous ». Ayant, dans le chapitre précédent, fait l’éloge de la foi des anciens, il exhorte maintenant la communauté à s’inspirer de cette « immense nuée de témoins », d’une part, et, d’autre part, à fixer leurs yeux sur « Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi ». Ce Jésus est « l’exemple » à méditer et imiter. Si lui « a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité », celle de la crucifixion, les chrétiens doivent persévérer et garder confiance.

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ÉVANGILE | Luc 12, 49-53 
« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

Les mots de Jésus sont durs à entendre et semblent en contradiction avec le grand commandement de nous aimer les uns les autres. Ils font cependant écho à un autre passage du même Évangile, où Jésus affirme : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21). Le but de Jésus n’est pas de semer la division, mais de nous interroger sur la force de notre attachement à sa parole. Notre foi en lui nous conduit-elle à des choix quelquefois radicaux ? Ces divisons ne conduisent toutefois pas à la haine : l’amour des autres, y compris celui des ennemis, sera toujours le plus fort.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 49-53)
« Je ne suis pas venu mettre la paix sur terre, mais bien plutôt la division »
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Cette lecture se situe pratiquement à la moitié de l’Évangile de Luc. Les propos de Jésus devant ses disciples sont pour le moins étonnants. Serait-ce pour lui la manifestation d’une certaine déception ou impatience, et quelle est cette « angoisse » concernant le « baptême » qu’il doit accomplir sur la Croix ? Un peu plus tôt, on apprenait pourtant que Jésus, « le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » (Lc 9, 51). Il n’est pas l’homme des demi-mesures, et il met cartes sur table pour ses disciples. Il apporte « un feu sur la terre » et il veut qu’il brûle dans leur cœur. Mais, pour éviter qu’ils ne s’illusionnent, il les avertit des difficultés qui les attendent alors que les gens seront divisés dans leurs familles.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers, Prions en Eglise

SUIVRE LE CHRIST 

La parole de Dieu peut interpeller, déranger, et même trouver des résistances. Le prophète Jérémie se trouve jeté dans la citerne et condamné à une mort certaine, tant ses propos agacent. La lecture du livre des Hébreux nous appelle à résister jusqu’au sang dans notre lutte contre le péché. Les propos de Jésus, dans l’évangile de ce jour, nous bousculent aussi. Lui qui était, en d’autres pages de l’Évangile, appelé Prince de la Paix, se présente ici comme celui qui va diviser jusque dans les familles, entre ceux qui accueilleront ses paroles et ceux qui les refuseront. Les mots sont forts, mais n’avons-nous pas besoin de tels propos pour comprendre que suivre le Christ et vivre l’Évangile sont de l’ordre d’un combat et d’une conversion radicale ? Comme dans le livre du Deutéronome, il s’agit pour nous de choisir : le bonheur ou le malheur, la vie ou la mort. Voilà le combat spirituel qui est le nôtre ! Choisir la vie avec le Christ, c’est prendre le risque d’aller à contre-courant du monde d’aujourd’hui. Dès le début de sa mission, Jésus nous ouvre un chemin de bonheur. Les Béatitudes nous indiquent non seulement un chemin de miséricorde, de paix, de pardon, mais aussi un chemin de persécution. Certains de nos frères chrétiens le savent bien et connaissent des persécutions. Qui veut suivre le Christ sait qu’il doit porter sa croix, mais il sait aussi, que la lumière de Pâques éclaire à jamais son chemin.

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