13 juillet - 15ème dimanche du temps ordinaire - Le samaritain
Publié le 25/07/2018Cette charité pousse à aimer tout proche comme le frère et la sœur ayant besoin d’attention, d’aide, de soin. L’amour évangélique ne cherche pas les grands exploits, il est à vivre humblement au quotidien. Que l’Esprit du Ressuscité nous en rende dignes. (Prions en Eglise)
DIMANCHE 13 JUILLET - 10h00 - MESSE A LA BASILIQUE
(10h30 - Messe à Arc-lès-Gray et à Pesmes)
« Il le vit et fut saisi de compassion » (Luc 10,33)

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
PREMIÈRE LECTURE | Deutéronome 30, 10-14
« Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. »
La Parole nous appelle, elle est toute proche et veut se faire entendre. Pourquoi tarder à tendre l’oreille ? Pourquoi tarder à la méditer et à la mettre en pratique ? Elle est brûlante d’amour et donne la paix.
Lecture du livre du Deutéronome (30, 10-14)
« Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique »
Moïse disait au peuple : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements et ses décrets inscrits dans ce livre de la Loi, et reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises : “Qui montera aux cieux nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ?” Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises : “Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique?” Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » – Parole du Seigneur.
La religion deutéronomiste promulguée par Moïse est en quelque sorte définie par les trois verbes suivants : écouter, observer, revenir (au Seigneur). Tout commence par l’écoute d’une parole qui vient de loin, et qui touche et inspire au plus profond des cœurs. Elle est aussi une sagesse ouverte sur le monde. Si le judaïsme est souvent présenté comme une « religion du Livre », il est surtout porteur d’une parole riche de sens qu’on ne comprend que par une écoute attentive. Et quel livre inspirant et exigeant que cette collection de la Première Alliance ! Dieu ne demande pas l’impossible, car sa parole se fait proche, accessible et inspirante pour qui la médite en son cœur ou la partage avec autrui.
___________
PSAUME | 18B
« Plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons. »
Que désire mon cœur ? Ce temps estival peut être l’occasion de se poser la question. Nous désirons tant de choses qu’il reste peu de place au désir de Dieu. Pourtant, aimer Dieu libère des chaînes d’esclave de nos désirs non ajustés.
Psaume 18b
Refrain : Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur !
La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur;
le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.
La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :
plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.
Cette deuxième partie du psaume, écrite bien après l’époque de Moïse, montre à quel point la Loi, la charte du Seigneur, les préceptes du Seigneur et même « la crainte » qu’il inspire sont source de joie, d’illumination et de justice. Il ne faut pas oublier que la première partie du psaume (18A) célèbre la beauté de la Création, laquelle en dit long, sans qu’un seul mot soit prononcé, sur la toute-puissance de Dieu et l’immense cadeau qu’il a fait à l’homme en créant l’univers pour son bonheur. Les deux parties du psaume montrent qu’il y a une indissociable unité entre le Dieu créateur et le Dieu sauveur.
_______________________
DEUXIÈME LECTURE | Colossiens 1, 15-20
« Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié. »
Jésus Christ est venu réconcilier l’homme avec Dieu, c’est-à-dire renouer le lien brisé par la chute et le péché. C’est un don gratuit de Dieu qui a voulu rétablir l’homme dans sa dignité et lui offrir de revenir dans la béatitude. Louons le Père pour son amour si grand !
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens (1, 15-20)
« Tout est créé par lui et pour lui »
Le Christ Jésus est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. – Parole du Seigneur.
Ce court extrait de la lettre aux Colossiens présente une christologie très riche. On y trouve une panoplie de titres, davantage reliés au rôle du Christ par rapport à la Création qu’à celui, à proprement parler, de Sauveur, qui est représenté explicitement par la notion de réconciliation. On retiendra surtout sa préexistence avant toute chose créée : il est « premier-né avant toute créature » et « tout est créé par lui et pour lui ». Paul s’inspire à la fois du livre de la Genèse (Gn 1) et de la figure de la Sagesse dans celui des Proverbes (Pr 8, 22-31). Il anticipe, par ailleurs, le prologue de Jean sur le rôle créateur du Christ, aussi bien que l’Apocalypse, en parlant du Christ comme « commencement » (« premier d’entre les morts »).
_______________________
ÉVANGILE | Luc 10, 25-37
« Va, et toi aussi, fais de même. »
Aimer son prochain, prendre soin de lui, est un apprentissage. Chaque jour, nous pouvons décider de faire un simple geste de charité : se décentrer de soi-même, s’attacher au Christ et le laisser nous enseigner chaque jour à aimer.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 25-37)
« Qui est mon prochain ? »
En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toimême. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »
Un docteur de la Loi s’adresse à Jésus avec l’intention de le mettre à l’épreuve. Sa question sur l’accès à « la vie éternelle » est pourtant légitime. Jésus lui fait confiance et l’invite à scruter davantage la Loi, c’est-à-dire à relire les Écritures. L’homme n’est pas pris au dépourvu : il cite de mémoire deux passages majeurs de la Loi (Dt 6, 5 et Lv 19, 18) qui prescrivent l’amour de Dieu et du prochain. D’ailleurs, Jésus estime qu’il a répondu correctement et l’invite à mettre en pratique ce double commandement. Mais l’homme relance la discussion : « Et qui est mon prochain ? » Jésus lui répond avec une de ses plus belles paraboles : celle où seul un Samaritain sait prendre soin d’un homme attaqué par des bandits. Le docteur de la Loi comprend la leçon, mais la mettra-t-il en pratique ?
__________________________
COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
UNE DYNAMIQUE INVERSÉE
Un docteur de la Loi, une mise à l’épreuve et une interrogation sur la vie éternelle conduisent Jésus à raconter cette parabole, traditionnellement appelée du Bon Samaritain. L’attitude des trois personnages envers l’homme blessé au bord du chemin illustre l’interpellation que Jésus adresse à son interlocuteur : « À ton avis, qui s’est fait le prochain ? » Jusque-là, aimer son prochain pouvait être compris comme aimer ceux qui nous sont proches. Désormais, la dynamique est inversée car Jésus invite à se rendre prochain de celui qui souffre. Autrement dit, il ne s’agit plus de se demander qui mérite notre amour, mais de savoir comment se rapprocher de celui qui est dans la détresse. Le prochain n’est pas seulement celui qui est géographiquement, socialement ou religieusement proche. Il est aussi celui qui agit avec amour et compassion, comme le Samaritain de la parabole. Il est aussi n’importe quel être humain plongé dans le malheur, comme l’homme roué de coups. Aimer son prochain comme soi-même, se faire le prochain de celui qui sou re, c’est du concret, et nous voilà invités à faire de même. Jésus est le vrai Samaritain. Il n’a pas aboli, mais il a accompli la Loi. Par sa naissance, sa mort et sa résurrection, il s’est rendu prochain de notre humanité vouée à la mort. Il l’a délivrée. Et il l’a menée à la vie éternelle




