10 août - 19e dImanche du temps ordinaire - Clés de lecture
Publié le 25/12/2020DIMANCHE 10 AOÛT - 10h00 - MESSE A LA BASILIQUE
10h30 - Messe à Autrey-lès-Gray et à Pesmes
"Vous aussi, tenez-vous prêts"

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
PREMIERE LECTURE | Sagesse 18, 6-9
« Assurés des promesses auxquelles ils avaient cru. »
La foi du peuple hébreu s’appuie davantage sur les actions salvifiques de Dieu que sur des dogmes. La Sagesse de l’Ancien Testament rappelle la sortie d’Égypte qui est la preuve suprême, à la fois, de la fidélité de Dieu et de sa puissance d’action. C’est pourquoi cet événement est célébré comme un mémorial aux fêtes de la Pâque.
Lecture du livre de la Sagesse (18, 6-9)
« En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire »
La nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos Pères; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères. – Parole du Seigneur.
Écrit vers l’an 30 av. J.-C., le livre de la Sagesse se trouve être le dernier du canon chrétien des Écritures. Rédigé en grec pour le bénéfice de la communauté juive d’Alexandrie, ce livre n’a pas été retenu dans le canon juif. Pourtant, son contenu est profondément juif. On y trouve le récit le plus développé et le plus riche, après Exode 12, sur la mémorable « nuit de la délivrance pascale ». L’auteur parle de la pré-connaissance, par les Pères, du « salut des justes » et de l’accueil chaleureux et joyeux des fils d’Israël. Ces derniers « consacrèrent d’un commun accord cette loi divine ». La Pâque était célébrée « dans le secret de leurs maisons », mais tous partageaient la joie de la délivrance et « entonnaient les chants de louange des Pères ».
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PSAUME | 32
« Nous attendons notre vie du Seigneur. »
Ce qui fait la joie du croyant n’est pas d’abord d’être exaucé dans ses demandes présentées au Seigneur mais de savoir qu’il tient sa vie de Dieu. La foi consiste à être assuré de la bonté de Dieu, ce qui permet de vivre, dès aujourd’hui, dans l’espérance que l’amour de Dieu se manifestera.
Psaume 32
Refrain : Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes! Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !
Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.
Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi!
Le psaume cadre tout à fait avec la liesse décrite dans la première lecture. Il comporte une double béatitude concernant le peuple « dont le Seigneur est le Dieu » ou encore « la nation qu’il s’est choisie pour domaine ». Tout commence avec le choix de Dieu et de ses initiatives pour délivrer son peuple « de la mort », mais le peuple doit collaborer. La troisième strophe énoncée en « nous », dit magnifiquement l’essentiel de la réciprocité de la relation entre Israël et le Seigneur : « Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! »
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Deuxième lecture | Hébreux 11, 1-2.8-19
« La foi est une façon de posséder ce que l’on espère. »
Plutôt que de vanter la foi de grands témoins, l’auteur de la lettre aux Hébreux souligne les fruits de leur foi : ils ont pu agir selon le plan de Dieu et ainsi le laisser réaliser ses promesses en leur faveur. C’est un exemple et un encouragement pour nous.
Lecture de la lettre aux Hébreux (11, 1-2.8-19)
Lecture brève : 11, 1-2.8-12
« Abraham attendait la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte » Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.
Fin de la lecture brève
C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville. Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration. – Parole du Seigneur
L’auteur de la lettre aux Hébreux livre ici un témoignage éclatant sur la foi des « anciens », qu’il décrit comme étant « une façon de posséder ce que l’on espère ». Parmi ces anciens, les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, sans oublier Sara, l’épouse d’Abraham et la mère d’une « descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel ». Tous les quatre étaient « des étrangers et des voyageurs », et ils ont cheminé en aspirant « à une patrie meilleure, celle des cieux ». Aucun d’eux, cependant, n’était né en terre d’Israël, mais tous ont cru dans les promesses de Dieu. Abraham demeure le père des croyants, juifs et chrétiens, interpellés par Jésus qui les invite à faire « les œuvres d’Abraham ».
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ÉVANGILE | Luc 12, 32-48
« Restez en tenue de service. »
L’enseignement de Jésus à ses disciples débute par un appel au partage pour s’appuyer sur les richesses spirituelles ; la suite du discours nous en donne la clé : ce qui importe, c’est de vivre aujourd’hui dans la perspective de son retour. Comment le reconnaîtrons-nous, si nous n’avons pas vécu sur terre selon son esprit ?
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 32-48)
Lecture brève : 12, 35-40
« Vous aussi, tenez-vous prêts »
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Début de la lecture brève (Lecture brève : En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :) « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenezvous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Fin de la lecture brève
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, Ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Jésus vient de fustiger les pharisiens et les docteurs de la Loi qui chargent « les gens de fardeaux impossibles à porter », alors qu’eux-mêmes n’osent pas y toucher (cf. Lc 11, 46). Il s’en prend à leur duplicité et les accuse de bâtir les tombeaux des prophètes que leurs pères ont tués. Sorti de la maison du pharisien qui l’avait invité, Jésus retrouve les foules et ses disciples. Il qualifie ces derniers de « petit troupeau » et insiste sur le bonheur qui leur est donné d’avoir déjà part au Royaume. S’ensuit une série de recommandations positives : la pratique de l’aumône, la recherche cordiale d’un « trésor inépuisable », la « tenue de service » et l’attente du « maître à son retour des noces ». Ces propos s’appliquent à tous, y compris les disciples. Tous doivent se comporter comme « l’intendant fidèle et sensé » que le maître, à son retour, pourra féliciter pour avoir bien accompli sa tâche.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille), Prions en Eglise
VILLE OU JARDIN ?
Si le monde à venir est parfois décrit, à l’image de l’acte créateur, comme une nature réconciliée, où même les prédateurs sont herbivores, Abraham attend plutôt une cité aux vraies fondations dont Dieu est « le bâtisseur et l’architecte ». Faut-il donc comprendre ce temps ultime que le Père prépare aujourd’hui, qu’il anticipe par le geste plénier du Fils et dans le don de son Esprit, comme un jardin luxuriant et pacifié, ou bien comme une ville harmonieuse, à distance de toutes les Babel que l’humanité construit ? Faut-il contribuer à la sauvegarde d’une Création menacée par la transformation des relations entre humains, ainsi qu’entre les humains et les autres vivants ? Ou doiton s’engager dans la construction d’une cité réconciliée, qui offre sa juste place à chaque personne ?
Ces imaginaires bibliques peuvent nourrir deux chemins différents dans l’annonce de l’Évangile, sous la forme d’un souci écologique plus nécessaire que jamais ou bien d’une attention aux phénomènes urbains en pleine croissance. Le chemin de foi esquissé aujourd’hui invite à s’inspirer aussi d’une troisième représentation biblique des temps à venir : un festin pour toutes les nations. Le repas ultime que Dieu offre à tous accomplit alors l’alliance inaugurée avec le peuple d’Israël et invite à prendre dès aujourd’hui la tenue de service. Parce que nous avons reçu gratuitement le don de la foi, nous pouvons librement en partager les fruits.




