Lundi après l'Épiphanie : Fête du Saint Nom de Jésus
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » (Luc 1,31). Le Catéchisme de l’Église Catholique ajoute que « Jésus veut dire en hébreu : “Dieu sauve ”. Lors de l’Annonciation, l’ange Gabriel lui donne le prénom de Jésus, exprimant à la fois son identité et sa mission » (CEC 430).
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père (Ph 2, 9-11)
Qui ne connaît ces versets de l’Écriture ? Le Nom au-dessus de tout nom. Jésus.
Dom Guéranger rapporte avec saveur toute la douceur et l’amour que le seul nom de Jésus contient et exprime : « Mais quand la plénitude des temps est arrivée, quand le mystère d’amour est sur le point d’apparaître, le Nom de Jésus descend d’abord du ciel, comme un avant-goût de la présence du Seigneur qui doit le porter. L’archange dit à Marie : « Vous lui donnerez le nom de Jésus » ; or, Jésus veut dire Sauveur. Que ce Nom sera doux à prononcer à l’homme qui était perdu ! Combien ce seul Nom rapproche déjà le ciel de la terre ! En est-il un plus aimable, un plus puissant ? Si, à ce Nom divin, tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers, est-il un cœur qui ne s’émeuve d’amour à l’entendre prononcer ? »
Les premiers disciples vont vénérer le nom de Jésus. Pierre l’invoque pour guérir l’infirme qui se trouvait à l’entrée du temple de Jérusalem (Ac 3,6). Dans les prières, dans leurs louanges, ils ne cessaient d’invoquer le nom de Jésus qui leur avait donné son Esprit. « Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. » (Col 3, 17). « Ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. » (Jn 16, 23).
Les pharisiens et docteurs de la loi ont voulu empêcher les Apôtres de prier au Nom de Jésus : « Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus » (Ac 4, 17-18). Mais ceux-ci refusent de cesser de prononcer ce saint Nom, car ils savent qu’il n’y a de salut en aucun autre : « En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4, 11-12).
Au cours des siècles les chrétiens sont restés attaché au nom de Jésus et le prierons en l’appelant affectueusement par son nom.
Au Moyen-Age, la période de St François était particulièrement sensible à cette forme de piété. François lui-même aimait répéter le nom de Jésus comme nous le rappelle Celano : « le nom de Jésus était à ses lèvres doux comme le miel. » (2C199).
Rien d’étonnant, donc, que parmi ses disciples, un frère, St Bernardin de Sienne développe une forme de prière qui consiste à répéter le Nom de Jésus le plus souvent possible durant la journée. Il nous a laissé un sigle qui reprend Le nom de Jésus en grec : IHS (IH-SOUS, interprété en latin par Iesus Hominum Salvator), bien souvent repris sur les portes de nos tabernacles et sur nos croix. Saint Bernardin de Sienne favorise une véritable dévotion pour ce « Saint Nom de Jésus » dont il fait représenter les initiales sur un tableau qu’il montre lors de ses prédications. Les conversions se multiplient et la vénération se répand dans toute la péninsule italienne.
Elle est encore renforcée lorsque saint Ignace de Loyola choisit le nom de Jésus pour celui de sa compagnie, dont le rayonnement rejaillit bientôt sur toute la chrétienté.
Au XVIIIe siècle, le pape Innocent XIII fait du Saint Nom de Jésus une fête de l’Église universelle que le pape Pie X fixe au deuxième dimanche après l’Épiphanie.

Les arts visuels n’ont pas attendu cette reconnaissance officielle pour se saisir de ce si beau sujet. Et ce d’autant moins qu’après Ignace de Loyola, qui fait du monogramme IHS le blason de sa compagnie, plusieurs confréries du « Saint-Nom-de-Jésus » voient le jour en Europe.
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Puissions-nous aussi aujourd’hui et toujours prononcer avec foi et dévotion ce Nom doux et saint qui est puissant,
comme l'aveugle de Jéricho qui cria avec foi et fut guéri : « Jésus, Fils de David aie pitié de moi ! ».
(Sources : Magnificat - Aleteia - Fraternité franciscaine - Estampes dominicaines)
Psaume 8
Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !
Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits :
rempart que tu opposes à l'adversaire, où l'ennemi se brise en sa révolte.
A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,
qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ;
tu l'établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds :
les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.
Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !





