VIVRE LA SEMAINE SAINTE DANS VOTRE PAROISSE
Mais le message de ces jours peut s'entendre aussi là où il prend sens pour tout être compatissant. Le drame de la Croix révèle révèle ce qui se passe, hélas, dans notre monde : le triomphe de la violence et du mensonge, la logique de l'enfermement, la haine de l'autre. Or il n'y a d'enfer que le Christ n'ait visité. Au chevet de l'humanité la plus aliénée, il y a encore un Dieu en attente. La mort a été défaite sur son propre terrain. Dès lors, l'homme est possible. Et, dans ce monde éprouvé, il n'y a pas de fatalité, seulement un manque d'imagination, d'attention et de dévouement.
Père Sylvain Gasset, assomptionniste, Prions en Eglise
« L'ANNONCE DU MATIN DE PÂQUES DESCELLE LA PIERRE DES COEURS HUMAINS »
(Père Sylvain Gasser, assomptionniste, Prions en Église)
Semaine sainte - La Grande Semaine : lire ici
NOUS TE LOUONS ET TE REMERCIONS
Dieu notre Père,
donne-nous la force et le courage d'accompagner ton Fils Jésus tout au long de cette Semaine Sainte,
avec nos frères et soeurs, jusqu'à la Croix et au tombeau ouvert du matin de Pâques.
Nous te louons et te remercions de nous révéler qui tu es le Dieu dont la puissance est celle de l'amour et de la vie.
(Une prière de Normand Provencher, Prions en Église)

JEUDI 17 AVRIL - JEUDI SAINT - MESSE DU SOIR EN MÉMOIRE DE LA CÈNE DU SEIGNEUR
18h30 : Messe à Pesmes (Messe de familles)
19h00 : Messe à la Basilique
19h30 : Messe à Arc-lès-Gray
VENDREDI 18 AVRIL - VENDREDI SAINT - LA PASSION DU SEIGNEUR
8h00 - Office des Ténèbres à la Basilique
12h30 - Chemin de Croix avec les élèves de st Pierre Fourier à la Basilique
15h00 : Chemin de Croix à Cresancey et à la Basilique
18h30 : Office de la Croix à Arc-lès-Gray
19h00 : Office de la Croix à la Basilique
20h00 - Office de la Croix à Pesmes
SAMEDI 19 AVRIL - SAMEDI SAINT
DANS LA NUIT DU 19 AU 20 AVRIL - VEILLEE PASCALE
10h00 à 11h00 - Confessions à la basilique
21h00 : Messe à Arc-lès-Gray
21h00 : Messe à Pesmes
21h00 : Messe à la basilique (Messe des familles, baptême de Marine Bonard)
DIMANCHE 20 AVRIL - DIMANCHE DE PÂQUES
10h00 : Messe à la Basilique
10h30 : Messe à Autrey-lès-Gray
10h30 : Messe à Valay
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VICTOIRE DU VIVANT.
Editorial de Benoît Gschwind, prêtre assomptionniste, Prions en Église, avril 2023
Lorsque les femmes vont au tombeau, au petit matin, bien avant l'aurore, elles sont loin d'imaginer ce qu'elles vont trouver : une pierre roulée et un tombeau vide ! Victoire de la vie sur la mort, la Parole s'accomplit, mais il faut ce temps à nul autre pareil pour comprendre ce qui avait été dit, pour cheminer avec les mots de l'Ecriture et du Fils, pour accueillir enfin le salut donné à toutes les nations.
La liturgie de la Semaine Sainte prépare nos coeurs à entrer dans le mystère de Pâques.
Dernier repas de Jésus et institution de l'eucharistie.
Mort sur la Croix et grand silence du Samedi Saint.
Nuit pascale qui nous raconte l'histoire de notre baptême.
Plongés dans la mort avec le Christ, nous sommes nés à une vie nouvelle au jour de notre baptême.
Chaque année, Pâques nous rappelle que notre résurrection est déjà commencée et que, dans tous ces pasages de la mort à la vie que nous vivons, le Ressuscité se tient debout et nou appelle à être des vivants. L'Église naît au seuil du tombeau vide pour dire Dieu à tous âges. A nous aussi d'être les témoins du Vivant !

QU'EST-CE QUE LE TRIDUUM PASCAL ?
(Église catholique de France)
Mot latin signifiant « un espace de trois jours », le Triduum pascal, qui va de la messe du soir le Jeudi Saint au dimanche de Pâques inclus, est le centre de gravité de l’année liturgique.
De la Cène à la Résurrection s’écoulent ces trois jours auxquels le Seigneur a souvent fait allusion dans l’Évangile et qui, ensemble, constituent le Mystère pascal.
Lors de la dernière Cène, Jésus a offert son Corps et son Sang en nourriture à ses Apôtres. La célébration du Jeudi Saint fait mémoire du Lavement des pieds, qui a la même signification que l’Eucharistie : Jésus est venu pour se faire serviteur et offrir sa vie.
Dans la liturgie du Vendredi Saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et nous adorons la Croix, sur laquelle l’œuvre du salut est accomplie.
Suite à ce combat victorieux, l’Église contemple le Christ au tombeau, dans le « repos » du Samedi Saint. Elle est comme Marie, parfaite croyante qui conserva la foi et qui espéra contre toute espérance en la résurrection de Jésus.
Après la longue veille dans l’obscurité de la Vigile pascale, l’Alléluia de la résurrection retentit de nouveau. Le feu de l’amour de Dieu illumine la nuit : le Christ a vaincu la mort, et nous avec lui.
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♦ JEUDI SAINT - Messe en mémoire de la Cène du Seigneur

Jésus prend son dernier repas avec les douze Apôtres dans la salle dite du « Cénacle ». Saint Paul et les évangélistes Marc, Luc et Matthieu rapportent les récits de la Cène au cours de laquelle, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce et offre son Corps et son Sang pour le salut des hommes.
Au cours de ce repas, Jésus va se mettre à genoux devant chacun de ses disciples et leur laver les pieds. Il prend la tenue de serviteur et dit : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. » Au cours de la messe célébrée avec solennité, on répète le geste du lavement des pieds. "Demeurez ici et veillez avec moi."
Après ce repas de la Cène, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier. Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis le Saint Sacrement est déposé au « reposoir », l’autel est dépouillé, la croix est enlevée et voilée. Tout ce dépouillement : le Christ est entré dans sa passion, dépouillé de tout. (Église catholique de France)
Seigneur,
tu as lavé les pieds des disciples, et par ton geste de service et d’humilité, tu bouleverses notre idée de Dieu.
Avec toi, plus de hiérarchie, plus de domination.Tu nous demandes de ne plus nous imposer par la force.
Tu veux que nous soyons tendresse, relation, rencontre avec l’autre.
Tu nous montres le Pardon possible pour tout homme. (Saint Anselme)
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT JEAN (13, 1-15)
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
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COMMENTAIRE DU JEUDI SAINT
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique, avril 2025
LECON DE SERVICE
Àla différence des autres évangélistes, autour du dernier repas de Jésus avec ses disciples, saint Jean ne relate que le geste symbolique du lavement des pieds. Faut-il en conclure qu’il a laissé de côté l’institution de l’eucharistie et du sacerdoce ? En réalité, chez Jean, le lavement des pieds n’est pas autre chose que le partage symbolique du pain et du vin. D’un côté comme de l’autre, le Fils de Dieu se donne totalement et réellement pour que nous ayons la vie. Mère Teresa de Calcutta avait raison quand elle écrivait : « Chaque jour, je communie deux fois. D’abord à l’église, en participant à la sainte eucharistie. Ensuite dehors, dans les rues de Calcutta, chaque fois que je touche un pauvre ou un mourant. » Le lavement des pieds et l’institution de l’eucharistie sont intimement liés. Nous sommes appelés à manger le corps du Christ pour pouvoir nous laver les pieds les uns aux autres. Le maître-mot donc de la célébration de la Cène du Seigneur, c’est le service. Dieu se met à genoux pour laver les pieds de l’homme, et, ce faisant, il demande à l’homme de faire pareil : « Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » Avec Jésus, la grandeur ne se situe pas dans la ligne de la domination mais dans celle de la générosité. Saint Augustin avait bien compris cela, lui qui disait que le rôle de l’évêque est « non pas présider, mais servir », et que « celui qui est à la tête d’une communauté doit savoir avant tout se mettre au service de beaucoup ».
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JUSQU'AU BOUT
« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » Le Seigneur ne nous a pas aimés de loin ou en passant. Il est allé jusqu’au bout de son amour pour nous. Le lavement des pieds est bien plus qu’un rite à reproduire dans nos célébrations. Il est une invitation à devenir ce que Jésus est pour chacun de nous, un serviteur.
Ce soir, nous sommes le disciple qu’il appelle et enseigne, celui qu’il rejoint et dont il prend soin. Le Christ se penche sur notre vie pour l’illuminer de sa tendresse. Nos pieds fatigués par la marche ou blessés par les cailloux de la route sont entre ses mains. Il nous envoie pour que nous nous mettions à notre tour au service les uns des autres. En ce Jeudi saint, le Seigneur s’apprête à passer de la vie à la mort pour que nous passions par lui et avec lui, de toutes ces petites morts qui nous clouent au sol et nous empêchent d’avancer, à sa vie à lui. Au seuil d’un procès perdu d’avance, il nous offre son corps et son sang en nourriture. Face à la mort, le sens de sa mission est dévoilé. Il se livre pour nous dans l’amour d’une vie entièrement donnée. Ce soir, notre joie d’être ses amis doit l’emporter. Nous nous rappelons que le Seigneur a tout dit et il a tout fait pour que nous puissions lui ressembler. « Vous ferez cela en mémoire de moi. » Désormais, il reconnaîtra ses disciples dans le don de soi et le service des autres.
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste, Pirons en Église 2024
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LE TESTAMENT DU SERVICE FRATERNEL
Jésus est en train de passer de ce monde à son Père. Il n’est plus pour longtemps dans la proximité physique des disciples. Mais il prend du temps avec eux, pour leur parler, dans un discours sous forme d’adieu. Ses gestes et ses paroles sont adossés à d’autres paroles qui nous sont livrées, dès le début du texte, « sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père » et, un peu plus loin, « sachant que le Père a tout remis entre ses mains ». Il s’agit donc, fondamentalement, pour lui, de passer de ce « monde », à « son Père ». C’est donc vraiment « une heure » importante qui est « venue », pour lui, mais aussi pour les disciples. Pour lui, parce qu’il retourne à sa source, et pour les disciples, parce qu’il va leur laisser un testament : le service fraternel. Pour ce faire, il montre l’exemple : « Il se lève […], dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer. » Même à Pierre, qui refuse dans un premier temps, Jésus trouve les mots pour dire que « l’heure » est vraiment venue. Et le message final est clair : se mettre au service les uns des autres.
Geste d’adieu, le lavement des pieds est aussi un geste fondateur. Et les pieds sont l’espace où Jésus inscrit sa marque pour la marche à venir des disciples. Il prend soin de leurs pieds, car ils vont porter l’Évangile. Le viatique de Dieu, c’est l’amour fraternel. Comme croyants, c’est l’exigence de fraternité qui nous fera passer de ce « monde » au « Père ».
Père Jean-Paul Sagadou, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
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♦ VENDREDI SAINT - La Passion du Seigneur
Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels.
Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.
Les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion, expression de l’attente du Christ. L’office du Vendredi saint, appelé « célébration de la Passion du Seigneur », est centré sur la proclamation du récit de la Passion. Il est proposé aux fidèles un Chemin de croix qui suit les étapes de la Passion du Christ. (Église catholique de France)
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COMMENTAIRE DU VENDREDI SAINT
Marie-Caroline Bustarret,théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris, Prions en Eglise avril 2025
UN JOUR POUR PLEURER
L 13 - 19 es textes du Vendredi saint sont douloureux à lire, de part en part. Ils nous confrontent à la souffrance qui accable l’humanité depuis la nuit des temps. Du livre d’Isaïe à l’évangile de la Passion en passant par le psaume et la lettre aux Hébreux, il est question de violence, d’injustice et de mort. Et nous, hommes et femmes du XXIe siècle, sommes bien placés pour savoir que cette histoire sombre ne s’est pas arrêtée à la Croix. Or, en ce jour, il nous est précisément proposé de nous arrêter là, de ne pas chercher trop vite la consolation de la Résurrection. Exerçons notre compassion devant ces histoires anciennes racontées chaque année à Pâques afin d’apprendre à nous laisser toucher par celles, nouvelles, qui inondent notre actualité. Aujourd’hui donc, il nous est demandé de pleurer pour le serviteur méprisé et souffrant évoqué par Isaïe. Aujourd’hui, nous sommes invités à joindre nos cris à ceux du psalmiste, un homme accablé qui, en ses heures de détresse, n’a d’autre recours que Dieu. Aujourd’hui, il nous est demandé de demeurer au pied de la Croix pour contempler le Christ crucifié dont la mort injuste n’a pas mis fin à nos souffrances mais a révélé le visage inouï d’un Dieu qui partage notre sort. Un Dieu qui jamais ne se tient à l’écart des maux du monde et répète sans relâche : « Sois fort et prends courage, je suis avec toi. » Un Dieu à qui nous pouvons répondre en toute confiance à la suite du psalmiste : « Moi, je suis sûr de toi, Seigneur. »
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INOUÏ
Commentaire du Vendredi Saint
Tommy Scholtes, prêtre jésuite, Prions en Église Belgique, 2024
Ah ! qu’il était le bon temps de rencontre avec Jésus parcourant la Galilée, venant au-devant de tous ! Ah ! comme elles étaient belles ses paroles de guérison et de réconciliation ! Ah ! qu’il était apaisant et réconfortant celui qui nous donnait la Loi à vivre après la Loi de Moïse. Lui qui nous avait initiés en se faisant lui-même baptiser alors qu’il était sans péché. Lui qui nous avait donné, et à la multitude, son corps et son sang en nourriture en rémission des péchés. Mais voilà que sa présence vivifiante tourne au drame. Son procès n’est qu’iniquité. Ses dernières paroles sont une acceptation en toute liberté pour donner sa vie jusqu’au bout. Lui, l’innocent, est traité comme un brigand. Et une de ses paroles est pour dire au brigand qu’il sera avec lui dans son royaume. Sa parole s’arrête. Le sang coule. Et sa mort déchire le rideau du Temple. La terre est bouleversée. Sa Mère est là, confiante, elle porte tout dans la foi. Sait-elle déjà que cette mort donnera vie ? Osons-nous croire que la mort de Jésus en croix donne vie ? Croyons-nous vraiment que l’amour seul peut sauver ? Alors que les tensions du monde sont maximales, la mort par amour de Jésus apparaît comme la seule manière de donner vie au monde. La mort reste pour chacun de nous un mystère. Mais nous le savons, nous le croyons parce qu’il nous l’a promis sans que nous le comprenions vraiment, qu’il ressusciterait le troisième jour.
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DÉLIVRER DE LA MORT
La mort est une abstraction : elle caractérise l’événement qui se produit quand un vivant cesse de vivre. Mais la réalité concrète, c’est un vivant qui meurt. Pour détruire la mort humaine, il fallait donc que Dieu la vainquît en un homme qui meurt. Et cette victoire ne peut être que personnelle.
Pour que notre humanité puisse accueillir, au cœur même du séjour des morts, la vie plus forte que la mort, il fallait que l’un de nous fût en parfaite communion avec le Père des cieux pour se laisser ressusciter à la plénitude de la vie. Le Fils éternel du Père éternel s’est fait homme pour mourir de notre mort humaine afin de la détruire de l’intérieur. Et il a voulu mourir d’une mort qui soit la conséquence des péchés des hommes. Saint Jean nous fait parcourir le reniement de Pierre, la trahison de Judas, la lâcheté de Pilate, la méchanceté des soldats, la versatilité de la foule… Jésus ne marche pas vers la croix de manière suicidaire. Il s’avance vers elle pour ouvrir tout grand notre humanité charnelle à la puissance vivifiante de son Père. L’éternel engendrement du Fils par le Père va venir investir pleinement l’humanité de Jésus dans la résurrection. En Jésus ressuscité, notre humanité est totalement délivrée du pouvoir de la mort et du péché. Et désormais, le salut consistera à être unis à Jésus, devenir les membres de son corps, pour partager sa victoire. Le baptême réalise cela, pour notre joie.
Père Emmanuel Schwab, curé de la paroisse Saint-Léon, Paris XVème (Prions en Eglise)
MA MAIN DANS TA MAIN SEIGNEUR

De ta main, Seigneur, tu as touché le lépreux pour le purifier.
De ta main, tu as saisi Pierre pour l'arracher aux vagues qui l'avalaient.
Combien de malades tu as touché de tes mains.
Alors pourquoi les a-t-on clouées à la croix ?
Ce ne sont pas des mains de voleurs !
Tout ce qu'elles ont pris, c'est la souffrance des autres.
Voici ma maindans ta main, Seigneur, voici ma souffrance dans ta souffrance
(Texte : Georges Madore, photo : Dreamstime)
LA PUISSANCE DU ROI
Jésus est mort. En ce jour, il ne reste que le silence de la prière pour nous consoler. En contemplant cette Croix et celui qui y est suspendu, nous espérons reconnaître, dans la foi, son royaume. Parce que Jésus est Roi.
Le récit de la Passion selon saint Jean, que nous écoutons aujourd’hui, surprend par le long échange entre Jésus et Pilate. « Es-tu le roi des Juifs ? » L’évangéliste raconte cet épisode mettant en scène un Pilate inquiet et indécis qui, à plusieurs reprises, entre dans le prétoire et en sort. Tout au long de l’échange, Jésus, lui, se montre d'une acceptation et d’une éloquence remarquables. « Alors, es-tu roi ? » À travers les hésitations du haut fonctionnaire, saint Jean dévoile sa profonde conviction : Jésus est Roi, et sa mission est de nous révéler le Père.
Désormais, la puissance du véritable disciple est de reconnaître et proclamer que le Seigneur est roi. Quelle est cette puissance ? Le dépouillement de la liturgie de ce vendredi l’évoque avec finesse. C’est la force du silence, l’intensité de l’écoute des Écritures, l’énergie d’une communauté réunie pour la vénération et la prière. C’est la Croix qui a porté le salut du monde, bois nu témoin de la victoire de la vie sur la mort. C’est la longue prière universelle, une suite d’intercessions dans lesquelles nul n’est oublié. Jésus est mort, tout s’accomplit, comme il était écrit.
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
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VOCATION À LA SAINTETÉ
Vendredi saint, jour de mort dont nous faisons mémoire en recevant de Jésus lui-même, Verbe fait chair, le récit du procès inique jusqu’au tombeau, heures déchirantes et scandaleuses. Il s’agit de cela aujourd’hui : faire mémoire au plus profond de notre être avec le Christ, pour ne pas tomber dans l’écueil du souvenir maintenu à distance géographique, culturelle, historique. Ce souvenir ne peut nous laisser en repos. Être disciple se joue là de manière essentielle : dans ce lien au passage mystérieux, premier, unique, de Dieu fait homme par la mort, dans le don plénier de sa vie, don qui change la vie des hommes. Du nouveau advient, inouï, indicible dont nous conservons la mémoire quand nous annonçons, nous célébrons et nous servons, autrement dit quand nous sommes l’Église, peuple de Dieu, fidèle au Christ serviteur en cherchant à rendre témoignage à la vérité. En présence du mal, de la lâcheté, de l’injustice, de la soif de vengeance, de la peur et du légalisme, c’est aujourd’hui en disciples que nous annonçons la vie, nous célébrons l’amour, nous servons la fraternité. Nous apprenons tout cela sur un chemin que nous nommons « vocation à la sainteté ». Vocation appelée à se déployer au cœur même de nos limites humaines. Regardons Pierre, prêt à tout pour sauver le Christ et si humainement faible et fragile dans l’épreuve. Retenons que nous sommes attendus en témoins de la vérité et de l’amour, nullement en sauveurs de Dieu.
Marie-Dominique Trébuchet, directrice de l’IER (Institut catholique de Paris) - Prions en Église
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♦ SAMEDI SAINT - Veillée pascale

Voici la nuit où tout a basculé.
Tout était fini, tout recommence, mais en mieux.
La mort a perdu sa guerre, la Vie a tout gagné, et nous aussi.
Dans le tombeau se terraient nos douleurs, un vent frais a tout balayé.
Où est-Il, Celui que l’Amour a transfiguré ?
Il n’est pas ici, Il est devant, Il nous attend :
tant d’hommes ont le droit de savoir ce que Dieu a fait pour eux cette nuit.
(Eric Julien)
QUI POURRAIT DORMIR ? (Père Didier Rimaud)
Veilleurs, tenez-vous en éveil, chantez à pleine voix, chantez ! Le jeune Lion est prisonnier : QUI POURRAIT DORMIR ?
Par amour, le Père a voulu envoyer au monde son Fils, et les méchants l’ont crucifié ! QUI POURRAIT DORMIR ?
Ils l’ont jugé, l’ont condamné, jeté en prison, flagellé ; à coups de roseau l’ont frappé ! QUI POURRAIT DORMIR ?
Sur son visage ils ont craché, un serviteur l’a souffleté ; ils l’ont tourné en dérision ! QUI POURRAIT DORMIR ?
Des chiens, en rage, l’ont cerné ; ils ont cerné le jeune Lion ; comme un coupable, il n’a rien dit ! QUI POURRAIT DORMIR ?
Les épines qu’ils ont tressées ont couronné de sang son front ; ils l’ont injurié, bafoué ! QUI POURRAIT DORMIR ?
Ils ont fait descendre aux enfers le Soleil de tous les soleils : la porte est sur Lui verrouillée… QUI POURRAIT DORMIR ?
La veillée pascale ou vigile pascale, est la cérémonie liturgique qui prélude à la fête de Pâques. Elle clôt le Triduum pascal. Elle marque le début du temps pascal où le jeûne du carême et de la Semaine sainte est rompu.
La célébration de la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques est « une veille en l’honneur du Seigneur » durant laquelle les catholiques célèbrent Pâques, passage des ténèbres à la lumière, victoire du Christ sur la mort. C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge de Pâques sont allumés, puis la flamme est transmise aux fidèles.
PASSAGE OUVERT
Depuis la mort de Jésus et la mise au tombeau de son corps, nous veillons en silence. C’est le temps du deuil, le temps de l’absence, du manque et de la solitude. Le temps du souvenir aussi. La traversée de la mort et des ténèbres nous éprouve douloureusement : le Christ a donné sa vie pour notre salut et notre délivrance, mais sa mort nous plonge dans les affres du désespoir. Croire en la résurrection que nous fêtons cette nuit dans une explosion de joie, c’est croire qu’un passage s’est ouvert et que de la mort a jailli la vie. Mais il y a eu mort. Dieu n’a pas usé de puissance pour anéantir la mort. Il est devenu l’un de nous et s’est laissé happer par elle pour en renaître en pleine lumière. Quelle merveille de lire ce soir le livre de la Genèse. Alors que nos lèvres s’ouvrent pour chanter la gloire de Dieu, nous recevons cette parole de vie et de création. De cet homme reconnu Fils de Dieu, nous sommes frères de sang et d’esprit. De sa vie donnée, nous vivons, nous qui avons été créés à l’image de Dieu. De sa mort, nous mourons, créatures en marche vers la ressemblance. C’est dans le silence intérieur du Samedi saint que chacun est appelé à répondre de sa vie. Abandonnons-nous, déjà la lueur de l’espérance point. Veillons pour entendre l’appel à la vie nouvelle. Le passage n’est pas vain. Tout baptisé en est marqué. Le mal et la mort n’ont pas le dernier mot.
Marie-Dominique Trébuchet, directrice de l'IER Institut catholique de Paris (Prions en Eglise)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 1-12)
« Pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ? »
Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant. Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : “Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” » Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites. Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas. Alors Pierre se leva et courut au tombeau; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.
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COMMENTAIRE DE LA VEILLÉE PASCALE
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers, Prions en Eglise avril 2025
TEMOINS DU VIVANT !
Dans la nuit, la communauté se retrouve au seuil de l’église paroissiale, près du feu qui déchire l’obscurité. Plus rien ne sera comme avant ! Célébrer Pâques, c’est nous retrouver au seuil du tombeau vide. Christ est ressuscité ! Il est vivant, avec nous jusqu’à la fin des temps. Lorsque les femmes, au petit matin, s’en vont au tombeau, elles sont bien loin d’imaginer ce qui les attend. La pierre est roulée et le tombeau vide ! Frayeur du premier instant. Frayeur du premier jour, où commence quelque chose qui va à jamais transfigurer notre vie. La Parole s’accomplit. Victoire de la vie sur la mort. Alors, pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ? Il faut ce temps à nul autre pareil pour comprendre ce qui avait été dit, pour cheminer avec les mots de l’Écriture et du Fils, et accueillir enfin le salut donné à toutes les nations. Il n’est pas ici ! Il est ressuscité ! Après le grand silence du Samedi saint, la nuit pascale nous replonge dans l’histoire de notre baptême. Dans la mort avec le Christ, nous sommes appelés à une vie nouvelle au jour de notre baptême. Pâques nous rappelle que notre résurrection est déjà commencée et que dans tous ces passages de la mort à la vie que nous vivons, le Ressuscité se tient debout et fait de nous des vivants. Au seuil du tombeau vide, l’Église vient au monde pour dire Dieu à tous les âges. Pèlerins de l’espérance, nous sommes les témoins du Vivant !
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COMMENTAIRE de la VEILLÉE PASCALE
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église, 2024
NUIT DE LUMIÈRE !
Alors que l’on vient de bénir le feu nouveau, que l’on allume le cierge pascal et que, à sa lumière, on entre en procession dans l’église, le chant de l’Exultet annonce solennellement la Pâque. Du verbe latin exultare, « exultet » veut dire « se réjouir vivement ». De quoi ? De ce que la lumière éclaire la terre. Comme la lumière du premier jour de Création, lorsque Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. La résurrection du Christ est une nouvelle création, l’aube nouvelle d’un monde rajeuni. Le Christ ressuscité fait renaître le monde, et nous avec ! Voici qui devrait revigorer nos engagements en faveur de la sauvegarde de notre maison commune, voyant dans tout être créé un reflet de la lumière de Dieu. Même si les raisons de nous décourager sont nombreuses, la joie de cette nuit célèbre la victoire du Sauveur. Le Christ ressuscité triomphe de la mort et nous sommes invités à laisser tomber tous nos faux dieux. Ce ne sont ni l’argent, ni le pouvoir, ni la célébrité, ni les idéologies, ni même nos efforts qui pourront sauver ce monde, mais le Christ ressuscité dont la Résurrection, telle une porte ouverte, rassemble le ciel et la terre. Désormais, nous attendons dans la foi que passent toutes les créatures de cette terre à la grande maison de Dieu. « Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu. »
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FEU NOUVEAU, VIE NOUVELLE
Nous avons tout célébré, le Carême, les Rameaux, Jeudi et Vendredi saints… et nous sommes dans l’attente. Le Christ est mort ! Pourtant la terre gronde. Le Christ descend aux enfers pour y reprendre la main, et prendre celle d’Adam, celle d’Ève, celle de toute la Création appelée à renaître, à vivre par lui, avec lui et en lui. Cette attente, nous la célébrons par le feu qui jaillit de branches mortes, de rameaux fanés. Les portes de l’enfer éclatent. Le Christ jaillit du tombeau et il vainc la mort. Contemplons une icône de la descente aux enfers qui évoque cette vie nouvelle à laquelle nous sommes tous appelés.
Oui, le feu nouveau que nous bénissons allume une nouvelle lumière d’un beau et grand cierge pascal. Lumière que nous partageons avec toutes les personnes présentes alors que nous entendons le récit de la Création dans la Genèse. Ou encore le récit des « ossements desséchés » qui, dans le livre d’Ézékiel, reprennent vie (Ez 37, 1-10).
C’est notre vie, qui reprend un souffle nouveau, alors que nos péchés sont pardonnés grâce à la victoire du Christ sur la mort par son amour donné en sacrifice.
Et le grand cierge pascal sera trempé dans l’eau baptismale bénite cette nuit-là. Image de toute notre vie qui renaît. Nous serons aspergés de cette eau vivifiante. Si nous nous laissons faire, nous revivons par sa grâce.
Entraînés dans cette vie nouvelle, nous ne serons plus tentés de regarder vers les tombeaux mais vers celui qui nous appelle à vivre à nouveau, donnant ainsi une force nouvelle à notre espérance.
Tommy Scholtes, prêtre jésuite, Prions en Église Belgique
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LA NUIT QUI A TOUT CHANGÉ
C’est cette nuit que le Seigneur passe de la mort à la vie. La nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu. Oui, qu’éclate dans le ciel la joie des anges, qu’éclate partout la joie du monde ! Le Christ est vraiment ressuscité !
Les lectures de la plus belle célébration de l’année remémorent ce soir les évènements fondateurs de notre foi, ceux qui ont révélé l’amour de Dieu pour toute sa Création. Enracinée dans les rites de la Pâque juive, notre veillée remonte au récit des commencements, aux sept jours de la Création. Dieu, le cœur et les mains à l’ouvrage, trouve tout ceci tellement bon qu’il y imprime son image et sa ressemblance. Désormais, la Création est le premier langage de Dieu pour l’humanité.
Mais Dieu n’abandonne pas sa Création. Bien au contraire, tout au long de son histoire, il continue de dialoguer avec elle. Dieu se dit. À Abraham, il se montre miséricordieux et fidèle à sa promesse d’une grande descendance. Dieu est si original que la seule chose qu’il demande, c’est de lui faire confiance, une infinie confiance. À Moïse, Dieu se révèle l’unique, le seul, celui qui, depuis les débuts, marche avec son peuple. Le Dieu de l’amitié et de la patience, le Dieu de la libération et du salut…
Cette nuit, Dieu nous adresse sa parole ultime, la plus parfaite et la plus aboutie. En ressuscitant son Fils, il anéantit à jamais la mort et le péché. Le Christ est ressuscité ! La Parole est vie éternelle, elle est joie, lumière, pardon, espérance, fraternité.
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église




