En janvier, prions avec le pape François pour le droit à l'éducation
SOMMAIRE
- La Vidéo du Pape
- Édito : Éducation, un droit qui ouvre un avenir aux migrants
- Résonance : Éduquer pour bâtir un monde meilleur
- Éclairage biblique : Le chemin de Ruth
- Accueillir
- Protéger
- Promouvoir
- Intégrer
- Témoignages : S'intégrer par la langue
- Un apprentissage aussi pour les bénévoles
- Un chemin qui ouvre un avenir
Prions pour que le droit à l’éducation des migrants, des réfugiés et des personnes touchées par la guerre soit toujours respecté et garantisse ainsi la construction d’un monde meilleur.
La Vidéo du pape
Pape François : Aujourd’hui, une catastrophe éducative est en cours
Janvier 2025 - Pour le droit à l'éducation - La Vidéo du Pape
À l'aube de cette année jubilaire, le Pape François nous rappelle un besoin urgent : le droit à l’éducation pour tous les enfants et les jeunes. « Aujourd’hui, nous faisons face à une véritable "catastrophe éducative” », nous rappelle-t-il dans La Vidéo du Pape du mois de janvier, réalisée par son Réseau Mondial de Prière. Environ 250 millions d’enfants, ajoute-t-il, sont privés d’instruction en raison des guerres, des migrations et de la pauvreté.
L’éducation va au-delà du simple apprentissage : c’est un chemin d’espérance ! 🌟 Elle offre aux migrants et aux réfugiés les outils pour s’intégrer dans de nouvelles communautés, échapper à l'exploitation et construire un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour la société.
🙏 « Prions pour que le droit à l’éducation des migrants, des réfugiés et des personnes touchées par la guerre soit toujours respecté et garantisse ainsi la construction d’un monde meilleur ». 💬 Comment pouvons-nous soutenir l’éducation et construire un avenir qui garantisse la dignité pour tous ? Unissez-vous à notre prière en partageant un ❤️ ou votre message ci-dessous.
Pape François : « Aujourd’hui, nous faisons face à une véritable « catastrophe éducative ». Ce n’est pas une exagération. En raison des guerres, des migrations et de la pauvreté, environ 250 millions d’enfants sont privés d’instruction.
Tous les enfants et les jeunes ont le droit d’aller à l’école, quelle que soit leur situation migratoire. L’éducation est un espoir pour tous : elle peut sauver les migrants et les réfugiés de la discrimination, des réseaux criminels et de l’exploitation. Combien d’enfants sont exploités ! Elle peut également les aider à s’intégrer dans les communautés qui les accueillent.
L’éducation ouvre les portes d’un avenir meilleur. Ainsi, les migrants et les réfugiés peuvent contribuer à la société, que ce soit dans leur nouveau pays ou dans leur pays d’origine, s’ils choisissent d’y rentrer.
Et n’oublions jamais que celui qui accueille l’étranger accueille Jésus-Christ.
Prions pour que le droit à l’éducation des migrants, des réfugiés et des personnes touchées par la guerre soit toujours respecté et garantisse ainsi la construction d’un monde meilleur ».
Communiqué de presse - Pour le droit à l'éducation
Édito : Éducation, un droit qui ouvre un avenir aux migrants
Parler de « droit », de « droit à l’éducation des migrants », cela veut dire que cette intention nous conduit vers la principale source formelle du droit : la loi. Il nous est alors bien profitable de
réentendre la définition ramassée qu’en donne Saint Thomas d’Aquin dans sa somme : « Une ordonnance de raison en vue du bien commun, promulguée par celui qui a la charge de la communauté. » (Somme Théologique Ia Il ae question 90)
La loi vise toujours le bien commun, celui de de toute la société.
Et quelle est donc la première dimension du bien commun d’une société si ce n’est la vie, la vie en elle, la vie de tous ses membres, la vie entre ses membres, la vie avec les autres, les étrangers. Cette vie qui ne cesse de se donner, de se recevoir, de se transmettre et de se diffuser…
Aussi avons-nous à mesurer combien cette intention n’est pas que pour le bien des migrants mais pour le bien de chacun de nous et de la société tout entière, pour notre bien commun à tous.
Alors redécouvrons que le dynamisme de la vie requiert en toute situation de donner, de demander, de rendre, de recevoir comme l’a théorisé Marcel Mauss ainsi que le mouvement anti-utilitariste des sciences sociales, le Mauss d’Alain Caillé par la suite.
Alors répondons généreusement : offrons et nous recevrons au centuple… Semons pour les migrants, pour nous-mêmes en retour, les signes de l’espérance en cette année nouvelle.
Et merveilles des merveilles, dès que nous entrons dans cette logique du don, déjà nous recevons. Dans la rencontre entre celui qui enseigne et celui qui apprend, un monde nouveau se tisse plein de réciprocités… Le témoignage partagé par tous les bénévoles impliqués dans la formation des migrants ne cesse de l’attester.
En conclusion laissons-nous toucher par la scène bien connue (Une famille humaine, de la nourriture pour tous) où s’exprime la différence entre paradis et enfer. Des personnes tentent de se nourrir avec de longues baguettes. Ils essaient par eux-mêmes sans succès et la vie s’épuise. Quand l’échange se produit, dans le don et le don en retour, tout prend couleur…
Jean Luc Fabre sj.
Directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape France
Résonance : Éduquer pour bâtir un monde meilleur

Ils sont arrivés après un long périple, bravant la mer en furie,
Le centre d’accueil fut leur havre de paix, un nouvel abri,
Puis il leur fallut encore se battre pour trouver leur place,
Car où qu’ils aillent ils se sentaient étrangers.
Jour après jour, ils ont dû affronter les grimaces,
Et les refus de ceux dont le cœur restait fermé.
Il fallut faire preuve de ténacité pour vivre et se loger.
Puis un jour de grand soleil, leurs enfants furent enfin acceptés,
Le cœur gonflé de joie, ils entrèrent à l’école de leur quartier.
Avec leurs cartables aux épaules,
Portés comme un trophée, ils firent leur premier pas vers la liberté,
Leurs mères apaisées les considéraient comme sauvés,
Ils pourraient apprendre à lire et à écrire,
Se trouveraient ainsi délivrés des geôles de l’ignorance,
Celles où leurs ancêtres ont bu l’obscurité.
Ils pourraient grandir loin du fracas des armes,
Car l’éducation reste le bastion à protéger des larmes,
Celui où nul ne doit entrer pour piétiner
Les nobles valeurs de fraternité et d’égalité,
Prions pour que les éducateurs, les enseignants, les bénévoles,
Dans les quartiers, les centres d’accueil, les églises, ou les écoles,
Trouvent en eux la force d’aimer ces êtres meurtris,
Et les aident à retrouver goût à la vie,
Par la grâce d’un livre ouvert sur un pupitre,
Ou par les mots écrits à la craie sur le tableau noir,
Ceux qui brilleront au ciel de l’humanité comme un ultime espoir.
Pascale Anglès, poète
ÉCLAIRAGE BIBLIQUE : Le chemin de Ruth
Le droit à l’éducation constitue un moyen essentiel pour aider à l’intégration de la personne migrante, et pour qu’elle puisse également contribuer par elle-même à la constructiond’un monde meilleur au sein de son nouveau pays. Dans la Bible, le chemin de Ruth est exemplaire sur ce point. Cette femme du pays de Moab, elle-même veuve, ira vivre en Israël pour aider Noémi, sa belle-mère veuve, et deviendra, par-là, la grand-mère de David, trouvant sa place dans la généalogie même de Jésus.
Considérons ce chemin pour entrer dans la profondeur vitale de cette intention de début d’année. Prenons le temps de suivre son cheminement extérieur au long des quatre petits chapitres du livre de Ruth. Nous prenons appui sur la tétrade du Pape François : accueillir, protéger, promouvoir, intégrer.[Message pour la 104ème Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2018 (15 août 2017) | François] Nous pouvons percevoir alors comment les conditions extérieures aident ou non le cheminement intérieur de la personne.
Accueillir
Il s’agit toujours de commencer par accueillir une personne libre qui a décidé de venir chez nous, quelles que soient les circonstances. Ainsi Ruth choisit d’aller librement avec sa belle-mère à Bethléem. Écoutons sa déclaration et percevons la femme derrière le propos. Noémi consentira à l’accompagnement de sa bru.
Ruth répondit à Noémie : « Ne me force pas à t’abandonner et à m’éloigner de toi, car où tu iras, j’irai ; où tu t’arrêteras, je m’arrêterai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Où tu mourras, je mourrai ; et là je serai enterrée. Que le Seigneur me traite ainsi, qu’il fasse pire encore, si ce n’est pas la mort seule qui nous sépare ! » [Ruth 1 16-17]
Protéger
Ensuite l’enjeu est de permettre à la personne de pouvoir s’assumer, de se prendre en charge, d’accéder aux codes de la société, de s’ouvrir parce que protégée. C’est ainsi que Ruth assumant son gagne de pain et celui de Noémi rentre dans les codes de la maisonnée de Booz qui la protège. Par-là, elle peut exprimer sa qualité d’être.
Les serviteurs disent au maître Booz. Ruth nous a dit : “Laisse-moi glaner et ramasser ce qui tombe des gerbes, derrière les moissonneurs.” Depuis qu’elle est arrivée, elle est restée debout, depuis ce matin jusqu’à maintenant. C’est à peine si elle s’est reposée. » […] Alors Ruth se prosterna face contre terre et dit à Booz : « Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux, pourquoi t’intéresser à moi, moi qui suis une étrangère ? » Booz lui répondit : « On m’a dit et répété tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari, comment tu as quitté ton père, ta mère et le pays de ta parenté, pour te rendre chez un peuple que tu n’avais jamais connu de ta vie. Que le Seigneur te rende en bien ce que tu as fait ! Qu’elle soit complète, la récompense dont te comblera le Seigneur, le Dieu d’Israël, sous les ailes de qui tu es venue t’abriter ! » Et Ruth lui dit : « Que je trouve toujours grâce à tes yeux, mon seigneur ! Oui, tu m’as consolée ; oui, tu as parlé au cœur de ta servante, à moi qui ne suis même pas comme l’une de tes servantes. » [Ruth 2 7 10-13]
Promouvoir
Dès lors, les libertés peuvent se déployer aussi bien celle du migrant que celle de la personne du pays. Promouvoir, donner un statut durable devient possible. Ainsi de Ruth s’offre à la possibilité d’être demandée en mariage par Booz, de devenir membre du peuple hébreu.
Il demanda : « Qui es-tu ? » Elle répondit : « C’est moi, Ruth ta servante. Étends sur ta servante le pan de ton manteau, car c’est toi qui as droit de rachat. » Alors, il dit : « Sois bénie du Seigneur, ma fille ! Ce geste d’attachement est encore plus beau que le premier : tu n’as pas recherché les jeunes gens, pauvres ou riches. Et maintenant, ma fille, n’aie pas peur ; tout ce que tu diras, je le ferai pour toi, car tout le monde ici sait que tu es une femme parfaite. [Ruth 3 9-11]
Intégrer
Dès lors la vie de Ruth se coule dans la vie du peuple, son enfant s’incorpore dans la lignée de Noémi. D’une certaine manière, Ruth se fond dans le paysage national. Elle s’intègre. Elle en fait totalement partie, c’est même comme si elle disparaissait dans sa différence. Il en va ainsi de bien des étrangers se coulant dans leur nouvelle nationalité, y apportant leur richesse propre.
Booz prit donc Ruth comme épouse, elle devint sa femme et il s’unit à elle. Le Seigneur lui accorda de concevoir, et elle enfanta un fils. Les femmes de Bethléem dirent à Noémi : « Béni soit le Seigneur qui aujourd’hui ne t’a pas laissée sans quelqu’un pour te racheter ! Que son nom soit célébré en Israël ! Cet enfant te fera revivre, il sera l’appui de ta vieillesse : il est né de ta belle-fille qui t’aime, et qui vaut mieux pour toi que sept fils. Noémi prit l’enfant, le mit sur son sein, et se chargea de l’élever. [Ruth 4 13-16]
Une même logique est à l’œuvre aussi bien pour Ruth que pour les migrants d’aujourd’hui, dans la mesure où le droit à l’éducation leur est acquis. Ce droit permet leur expression dans leur nouvelle culture et le tissage de la vie à plusieurs.
Jean Luc Fabre Sj., directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape France
Témoignages : S'intégrer par la langue
Des bénévoles du Secours Catholique de Toulouse racontent comment pour les migrants, l’apprentissage du français est un premier pas vers l’autonomie ainsi qu’une occasion de rencontres fraternelles.
Depuis le début de notre équipe d’Apprentissage du français (AdF), nous accueillons les apprenants au fur et à mesure de leur arrivée au Secours Catholique. Certains suivent un ou deux cours, puis changent de quartier où ils sont pris en charge par une autre structure ; au moins ils auront commencé un apprentissage. D’autres sont très réguliers. Nous accueillons aussi beaucoup de personnes malades qui ne peuvent assurer une régularité du fait de leurs traitements.
Notre structure n’est pas scolaire. Nous ne prenons pas de personnes qui ne cherchent que des diplômes mais des personnes qui veulent s’intégrer par la langue, avec la maitrise d’un français compris et compréhensible. Nous poussons l’oralité ; nous travaillons des thèmes de la vie courante et des situations qui sont celles des personnes migrantes. Le niveau de français et les thèmes suivent les demandes et les possibilités du groupe.
Il y a de belles rencontres comme celle d’une jeune femme africaine anglophone qui ne savait plus ni lire ni écrire. Par volonté de suivre la scolarisation de ses deux enfants, elle travaille d’arrache-pied et s’avère capable de tenir de petites conversations et de lire des phrases simples.
Un apprentissage aussi pour les bénévoles
Afin de progresser comme formatrice, j’ai suivi ces derniers temps une formation avec Ressources et territoires. J’ai trouvé les formateurs très humains. Les professeurs nous ont fait découvrir que si les personnes n’arrivent pas à parler, c’est pour une question… d’oreille. Nous avons abordé l’orthophonie et la phonétique. Une personne adulte n’entend pas bien ce que nous disons car dans sa langue, certains sons n’existent pas et des lettres sont imprononçables. Elle en vient à rapprocher ce qu’elle entend des sons et des mots qu’elle connaît. Par exemple, si je dis « la jupe de Josette est jaune » et que je fais répéter, ça peut donner : « la jupe et les chaussettes jaunes ».
Il faut chercher, dans leur langue, les particularités de prononciation. Cette méthode d’écoute très précise des uns et des autres, ces corrections ciblées pour les hispanophones, les anglophones, les Magrébins, les personnes d’Afrique subsaharienne, la répétition sympathique et parfois humoristique des sons inconnus, tout cela a accéléré les progrès et la confiance en eux de façon étonnante.
Un chemin qui ouvre un avenir
A côté des autres groupes d’apprentissage, l’accueil inconditionnel tout au long de l’année, l’accueil des malades, le désir que les apprenants puissent se débrouiller, sans chercher à ce qu’ils parlent un très bon français, est notre créneau,
Quelques bons repas et des sorties culturelles au musée, dans des expositions, sont le ciment entre les apprenants. Pour certains, ce premier contact est un premier pas vers un apprentissage véritable et plus poussé du français.
Anne-Marie, Françoise et Suzanne, du Secours catholique de Toulouse, en 2021
pour le Réseau Mondial de Prière du Pape France




