4è dimanche de Carême : Dimanche de Laetare
Réjouissez-vous ! Le quatrième dimanche du Carême, cette année le 30 mars 2025, est dit de Laetare. Il invite déjà à entrevoir la joie de la résurrection du Christ à Pâques. (Source : Église catholique en France / CEF)
Le 4ème dimanche Carême est appelé dimanche de Laetare. Il nous laisse entrevoir quelque chose de la joie du Ressuscité, il nous donne courage pour le chemin qu'il nous reste à faire et il nous invite à rendre grâce pour le chemin parcouru.
Le nom #Laetare vient du chant d'entrée "Laetare, Jerusalem"; "Réjouis-toi, Jérusalem". Il nous invite à nous réjouir parce que déjà perce la joie pascale, la joie de la Résurrection. Ce dimanche est une pause au milieu de notre marche vers Pâques.
Pour manifester cette joie, la couleur liturgique de ce 4ème dimanche de Carême est le rose. Le rose qui indique déjà l'aurore à venir. Rose qui est également le mélange du violet, couleur de la pénitence, de la conversion et du blanc, couleur de la résurrection.
Paradoxalement, tout en nous rapprochant de la Passion de Jésus et de la croix, signe de notre Rédemption, la liturgie de ce dimanche nous rappelle que la source de notre salut est un motif de joie pour les chrétiens.
Père Vincent Breynaert - Dimanche de LÆtare
► Explications avec le Frère Patrick Prétot, osb, moine de la Pierre-qui-vire. Théologien et professeur à l’Institut catholique de Paris (ICP), il enseigne à l’Institut supérieur de liturgie. Par Florence de Maistre.
Qu’en est-il de ce lien avec les personnes qui se préparent au baptême ?
C’est le point le plus important en ce qui concerne cette question du dimanche de Laetare. Le Missel précise : En ce dimanche, on célèbre le deuxième scrutin préparatoire au baptême pour les catéchumènes qui seront admis aux sacrements de l’initiation chrétienne lors de la Vigile Pascale. Au lieu du formulaire du dimanche, on emploie le formulaire prévu pour ce scrutin parmi les messes rituelles, avec des oraisons et des intercessions propres (…). Cette note indique en effet que, au-delà les particularités liturgiques de ce dimanche qui nous viennent comme héritage du passé, le Missel accorde la priorité à l’itinéraire des catéchumènes : c’est le plus important. L’Église souhaite que les assemblées chrétiennes accompagnent par la prière les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques. C’est donc une autre manière, mais bien réelle, d’anticiper la joie pascale. On peut noter qu’on a le même scénario pour le troisième dimanche de l’Avent, connu comme dimanche de Gaudete, un nom qui vient du premier mot du chant d’entrée : Gaudete in Domino semper (…). Dans la version francophone du Missel en usage depuis 2021, on a la traduction suivante : Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Le Seigneur est proche (Ph 4, 4.5).
“Ta croix, Seigneur, nous l’adorons et ta sainte résurrection, nous la chantons”
Avec les catéchumènes, qu’est-ce que les fidèles redécouvrent ?
Par le baptême, nous sommes configurés au Christ et devenons prêtre, prophète et roi. Nous sommes donc déjà marqués par la Résurrection, au point qu’au jour de Pâques nous entendons saint Paul nous dire Vous êtes ressuscités avec le Christ. Il ne s’agit pas d’un évènement du passé connu de Jésus, mais d’un évènement permanent. Nous sommes sauvés définitivement par le Christ : voilà la joie pascale ! C’est ce que l’Église manifeste en accompagnant les catéchumènes vers le baptême. La très belle inscription sur le baptistère du Latran du IVe siècle (Rome) dit magnifiquement ce mystère de l’Église qui accompagne les futurs baptisés et se réjouit du salut en Jésus Christ, source de notre joie*. Au cours de la nuit pascale, nous chantons après la cinquième lecture, le cantique d’Isaïe 12 Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut ! Et la dernière strophe invite : Jubilez, criez de joie ! Dans la cinquième lecture Vous tous qui avez soif, venez voici de l’eau (Is 55, 1-11), l’Église reconnaît les sacrements de l’initiation chrétienne. Non seulement elle accompagne et se réjouit avec les catéchumènes, mais c’est ensemble, que catéchumènes, fidèles et Église vivent le temps du Carême dans une démarche baptismale et partagent la joie de Pâques. Même si le baptême est célébré une fois pour toute, nous avons constamment besoin de revenir aux sources et de renouveler cette force agissante dans nos vies. Le sacrement pénitentiel réactualise le baptême au cœur de nos vies. Tout comme le signe de croix est aussi un mémorial du baptême : il marque l’entrée des catéchumènes dans la famille des chrétiens.
Source : Église catholique en France / CEF
Prier le Quatrième dimanche de Carême avec le CREDO de Nicée Constantinople - « Il reviendra dans la gloire … »
La foi dans le retour du Christ est le deuxième pilier de la profession chrétienne, nous dit le pape Benoit XVI dans son ouvrage sur Jésus de Nazareth (2011), après la foi en la résurrection.
Quelle est cette foi ? C’est la certitude que Jésus est maintenant avec nous, présent tout particulièrement dans l’Eucharistie. C’est aussi la certitude, dans l’espérance, que le Seigneur reviendra de façon définitive et que rien ne pourra nous séparer de Lui dans son royaume de justice, d’amour et de paix.
Il reviendra dans la gloire, nous dit le Credo. Difficile de se représenter ce que cela signifie. Les artistes du Moyen-Âge, qui ont créé la tapisserie de l’Apocalypse, ont peut-être donné une image trop humaine de cette gloire. La gloire de Dieu est le contraire de la gloire « mondaine », elle est humilité et amour.

Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme (Luc 21, 36).
Ce temps qui précède la venue définitive du Seigneur est un temps de veille et de prière, un temps joyeux de préparation à la rencontre. Prions-nous vraiment pour le retour du Christ : Viens, Seigneur Jésus ! (Ap, 22, 20) ? Ou avons-nous peur, de la mort, des catastrophes annoncées, de la fin du monde que nous connaissons ?
Ce temps est aussi un temps de l’action, un temps pour utiliser les dons de Dieu pour faire croitre le bien dans le monde. Croyons-nous vraiment que nous pouvons hâter ce retour par notre prière et notre témoignage, comme le dit la deuxième lettre de Pierre (2 P 3, 22) ?
Prions avec le pape François (Dilexit nos, 2024 § 220)
Je prie le Seigneur Jésus-Christ que jaillissent pour nous tous de son saint Cœur ces fleuves d’eau vive qui guérissent les blessures que nous nous infligeons, qui renforcent notre capacité d’aimer et de servir, qui nous poussent à apprendre à marcher ensemble vers un monde juste, solidaire et fraternel. Et ce, jusqu’à ce que nous célébrions ensemble, dans la joie, le banquet du Royaume céleste. Le Christ ressuscité sera là, harmonisant nos différences par la lumière jaillissant inlassablement de son Cœur ouvert. Qu’il soit béni !
Accueillons les mots de la prière d'ouverture de ce dimanche
“ Seigneur Dieu, par ton Verbe incarné, tu as
merveilleusement réconcilié avec
toi le genre humain ; accorde au peuple chrétien de
se hâter avec un amour
généreux et une foi ardente au-devant des fêtes
pascales qui approchent.
Par Jésus Christ …”




