L'hospitalité: le père Pierre Bergier, le 15 08 2021
Publié le 18/08/2021Pixabay
l'hospitalité
Homélie du père Pierre Bergier lors des messes de la fête de l'Assomption le samedi 14 août et le dimanche 15 août 2021
L' hospitalité! L'hospitalité, les enfants, c'est accueillir l'autre avec bonté! L'hospitalité a toujours été active dans l'Église.
Chez nous, à Gray, en 1234, l'hôpital du Saint-Esprit soigne les malades.
Connaissez-vous l'origine du mot: hôpital?
Il vient de...hospitalité! L'hôpital est la maison de l'hospitalité!
Sous le roi Louis XIV, à Gray est construit l'hôtel-Dieu, il accueille les malades, qu'ils soient militaires ou civils.
Aujourd'hui, l'hospitalité est fortement impactée à cause du manque de baptisés se mettant au service de leurs frères et sœurs âgés et malades.
Ainsi, désormais, en raison des bénévoles trop réduits par leur nombre pour accompagner les personnes âgées de l'hôtel-Dieu de Gray, nous sommes contraints de réclamer le service des salariés, déjà surchargés de travail, ce qui explique que nous n'avons pas encore repris les célébrations à l'hôtel-Dieu depuis la fin de la deuxième pandémie alors que les anciens attendent le secours de la religion.
Je crois et prie à cette intention pour que parmi notre assemblée des âmes généreuses se lèvent pour venir combler ce manque.
L'hospitalité dans l'Église évolue selon les circonstances et nous avons eu la joie de voir naître des réponses à des besoins nouveaux, ces dernières années, tél le réseau "Welcom" afin d'accueillir , de familles en familles, des personnes réfugiées pour un temps déterminé.
L'hospitalité, c'est également une attitude spirituelle pour nous baptisés:
Pensons aux images de Notre Dame, souvent les peintres ou les sculpteurs se sont plus au cours des âges à représenter la bienheureuse Mère de Jésus comme cela...les bras tendus vers nous et les mains ouvertes pour nous accueillir comme pour mieux nous saisir et nous porter, nous élever vers son divin Fils Jésus.
C'est ainsi que Notre Dame de Gray a été sculptée en 1613 en pleine période de pandémie, réconfort des humbles, secours des affligés.
Marie n'est pas un obstacle à la rencontre de son Fils, bien au contraire, elle nous y entraîne, elle, qui est la première en chemin comme nous l'avons chanté au cours de la procession qui nous a conduit du quartier des capucins à la basilique ce matin. Nous espérons, l'an prochain pour la fête qui lui est consacrée, pouvoir porter librement, après la Mère, son Fils Jésus, en son corps eucharistique, dans les rues de notre vieille cité comtoise.
Marie, Mère de Dieu est toute hospitalité, elle est prête à nous accueillir pour nous conduire vers son divin Fils.
Mais cela demande dans notre vie spirituelle, en retour, notre capacité à accueillir la Vierge Marie dans notre cœur et dans notre âme.
Comment pouvons-nous éteindre les écrans afin de laisser foisonner des groupes de prières mariales, des équipes du Rosaire dans nos villages afin que la solitude soit brisée, le sur activisme soit rompu au bénéfice d'un soutien et réconfort mutuel auprès de Notre Dame de Gray?
J'aurais envie de dire avec Notre Dame de Gray et les membres des équipes du Rosaire, nous vous attendons, nous sommes prêts à vous accueillir.
Ainsi nous pouvons dire comme saint Pierre Fourier:
"Si, on aime bien parler à Dieu, c'est signe qu'on l'aime."
Nous épousons alors cette expérience du vieux curé de Mattaincourt qui a fini ses dernières années, ici, chez nous en 1640 et dont les Graylois ont toujours voulu conserver le cœur, exposé à notre dévotion, là, tout à côté, dans la chapelle qui lui est consacrée.
Cette expérience de Saint Pierre Fourier est la suivante, il l'a écrite dans une de ses abondantes correspondances:
Notre Dame se présente à moi, tenant son petit Fils, elle me le donne en disant, que je le nourrisse jusqu'à ce qu'il soit grand, c'est-à-dire que je répande sa gloire!"
C'est cette expérience qu'un des nôtres a vécu récemment avec ses confrères missionnaires de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
C'est dans un désir d'hospitalité que le Père Olivier Maire, né à Besançon, il y a 60 ans, a accueilli Emmanuel, sacristain de la cathédrale de Nantes après qu'il ait probablement tenté de l'incendier. Ce même homme sera l'assassin, lundi, du Père Olivier Maire.
Nous prions pour sa famille, particulièrement pour ses ses parents, mais prions-nous aussi pour Emmanuel, son agresseur?...
Son frère dira par les voix de presses, combien la famille est choquée, c'est un sentiment que nous éprouvons également.
Mais au delà des sentiments, cultivons l'espérance, une des trois vertus théologales, c'est à dire, reconnaissons que l'Église a toujours grandit grâce au don de ses fidèles baptisés, souvenons-nous du Père Jacques Hamel, il y a seulement 5 ans; nous répondons face à ces atrocités grâce à ce que nous savons le mieux faire, nous baptisés!
Et que savons-nous mieux faire?...PRIER!
Alors, je vous propose, pour terminer, de commencer, dimanche prochain une prière de 9 jours pour les vocations de prêtres et de missionnaires, nous la mettrons sur la feuille de chant et le site de la paroisse et aussi chaque jeudi, à la basilique, nous célébrerons pour les vocations sacerdotales et missionnaires à 9h, pendant neuf semaines.
Ainsi nous répondrons à l'adage de Saint Pierre Fourier:
"Ne nuire à personne, être utile à tous"!
Abbé Pierre Bergier IHS





