11 janvier : Le baptême du Seigneur
« Combien d’entre vous se souviennent-ils de la date de leur baptême ?
Quelques-uns lèvent la main, mais combien ne s’en rappellent pas ! Pourtant, la date du baptême est la date de notre naissance à l’Église, la date à laquelle notre mère l’Église nous a accouchés ! (…) Aimons-nous l’Église comme on aime sa propre mère, en sachant aussi comprendre ses défauts ? » (Pape François, Audience générale du 11.11.2013)
Sommaire :
- Quel est le sens du Baptême du Christ ?
- Le Baptême du Seigneur chez les quatre évangélistes
- Baptême du Seigneur : plonger dans la vie
- La fête du Baptême du Seigneur clôt le temps de Noël
- Pourquoi fêter le Baptême du Christ ?
- Le Baptême du Christ dans les arts
- Célébrer le Baptême du Christ en chantant
« Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent » (Mt 3, 16)
Quel est le sens du baptême du Christ ?
► Les quatre évangiles attestent du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain des mains de Jean le Baptiste. Quelle est sa signification ?
Quel est le sens du baptême du Christ ? Croire
Jésus n’a pas besoin du baptême de Jean Baptiste qui était signe de repentir, lui qui est sans péché, ni d’un don de l’Esprit, puisqu’il est le Fils de Dieu depuis toujours et possède donc l’Esprit en plénitude. Mais, par ce signe, Jésus s’est solidarisé avec nous et nous fait don du baptême : c’est Lui qui baptise dans l’Esprit pour que nous soyons « un » avec lui dans son humanité ressuscitée.
Marie-Jeanne Bernasseau, enseignante Théologie au CETAD
• Lire l'intégralité du commentaire de Marie-Jeanne Bernasseau : "Pourquoi Jésus a-t-il été baptisé ?"
► Le dimanche qui suit l’Épiphanie, l’Église nous invite à célébrer le Baptême de Jésus. C’est le premier acte de sa vie publique, mais pourquoi Jésus a-t-il besoin d’être baptisé par Jean-Baptiste ?
Dominique Cadet (Membre du SNPLS et Déléguée PLS du diocèse de Langres) nous éclaire sur le Baptême du Christ dans l’Écriture :
« Aujourd’hui, l’Eglise est unie à son Epoux : le Christ, au Jourdain, la purifie de ses fautes, les mages apportent leurs présents aux noces royales, l’eau est changée en vin, pour la joie des convives, Alléluia. »
L’ « abaissement » de Jésus à son baptême aboutit à une « théophanie », à une manifestation de Dieu. Au moment où Jésus s’assimile lui-même aux pécheurs, où il se veut un homme comme les autres, il est manifesté comme Fils de Dieu. C’est ce que nous rappelle l’antienne d’ouverture : « Au baptême de Jésus, les cieux s’ouvrirent ; l’Esprit, comme une colombe, reposa sur lui, la voix du Père se fit entendre : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour" ».
• Lire l'intégralité du commentaire de Dominique Cadet : "Le baptême du Christ dans l’Écriture"
Le baptême du Seigneur chez les quatre évangélistes
Le Baptême de Jésus, célébré le dimanche qui suit l’Épiphanie, est un des événements de la vie de Jésus les plus assurés historiquement. Les quatre évangélistes le mentionnent.
(Ci-dessous : extraits bibliques issus de AELF)
Évangile selon saint Matthieu (3, 13-17)
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Évangile selon saint Luc (3, 21-22)
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
Évangile selon saint Marc (1, 9-11)
En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
Évangile selon saint Jean (1, 32-34)
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Baptême du Seigneur : plonger dans la vie
Baptisé par Jean, Jésus est désigné Fils de Dieu par l’Esprit saint, et avec lui tous ceux qui seront baptisés à sa suite.
► L’Évangile (Lc 3, 15-16.21-22)
En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit saint et le feu. »
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
► Comprendre
À bien y regarder, tout est juif dans la vie de Jésus : ses parents, son village, l’histoire de sa tribu, tout sauf ce récit étonnant de son baptême, dont le nom sonne si fortement chrétien. Pour un peu et par inadvertance, on se laisserait dire que Jésus a été baptisé dans la paroisse du Jourdain par Jean Baptiste, son curé ! Or, il y a bien deux baptêmes, celui de Jean et celui effectué par les premiers chrétiens, le premier annonçant le second. Du propre aveu du Baptiste, la confusion entre lui, Jean, et Jésus se déjoue facilement : lui baptise dans l’eau, Jésus dans l’Esprit saint et le feu. Si l’Esprit saint et le feu étaient aussi tangibles que l’eau du Jourdain, la distinction serait effectivement un jeu d’enfant. Mais comme il n’en est rien, le texte la double d’une autre différence. Alors que le baptême de Jean est référé à la parole du prophète Isaïe (chapitre 40), qui crie « préparez le chemin du Seigneur », la parole qui soutient le baptême de Jésus vient d’en haut pour dire l’amour paternel de Dieu. On n’est donc plus dans la logique d’amendement voulue par le prophète et déjà dans celle de l’engendrement inaugurée par le Messie. De là ressort la différence la plus radicale entre les deux : s’il faut bien être né pour se présenter au baptême de Jean – comment en serait-il autrement ? – il faut à l’inverse être baptisé du baptême du Christ pour naître à la vie nouvelle.
► Méditer
Recevoir le baptême à l’âge adulte est le signe d’un cheminement marqué, sinon par une conversion, au moins par un choix délibéré en faveur d’une nouvelle façon de vivre. La joie et le ressenti intérieur maintes fois témoignés attestent du caractère exceptionnel de ce moment. Parfois, dans la vie d’un chrétien baptisé en bas âge, ce n’est pas vraiment le baptême mais une expérience spirituelle venue à l’improviste communément appelée baptême d’Esprit qui vient « relancer » la machine. Pour beaucoup enfin, c’est la volonté d’être fidèle à son baptême et aux sacrements qui ont suivi (confirmation, mariage, ordination) qui donne avec une force similaire un nouvel élan, chaque jour réinitié.
Ainsi, le sens existentiel de mon baptême peut rejoindre son sens étymologique de plongée. Elles auront l’air bien plates, mes résolutions de début d’année, si, devant Dieu, l’eau de mon baptême représente ce qui me porte ! Car aujourd’hui, je veux plonger dans une vie plus simple, qui mette en harmonie vie professionnelle, vie familiale et vie spirituelle, une vie où se laisse entendre la voix du ciel, « tu es mon enfant bien-aimé », effaçant toutes les accusations que je reçois ou que je formule envers moi-même, plonger aussi dans le mystère de la créature que je suis, qui ne peux vivre sans les autres, plonger peut-être enfin dans quelques textes de lanceurs d’alerte bien choisis, qui m’appellent à ce qui n’est qu’un paradoxe d’apparence, une vie bas-carbone en proie au feu de l’Esprit.
Arnaud Alibert, religieux assomptionniste (Source : La Croix)
La fête du Baptême du Seigneur clôt le temps de Noël
Un temps nouveau va commencer ! Après la fête du Baptême du Seigneur, la liturgie ne proposera plus de méditer sur les événements qui marquèrent les premières années de la vie de Jésus. Il est fini le temps de l'enfance. Elle est finie, la vie paisible de Nazareth. L'heure de la maturité a sonné.
Quelque chose de neuf va commencer. Sur les rives du Jourdain, Jean annonce la fin de sa prédication. Il prêchait un baptême de conversion et voici que maintenant « tout le peuple » est baptisé, prêt à accueillir le Messie.
Solidaire de son peuple, Jésus a été baptisé lui aussi. Son baptême achève la mission de préparation qui avait été confiée au Baptiste. Un temps nouveau peut commencer. Ce nouveau commencement plonge ses racines dans la prière. L'évangéliste Luc prend soin de bien souligner ce point : Jésus se recueille après avoir été baptisé. C'est dans la prière qu'il accueille l'Esprit Saint, c'est en elle qu'il entend la voix du Père annoncer ouvertement qu'il est son Fils, c'est-à-dire le Messie, le Sauveur attendu par Israël. La prière et la mission apparaissent ainsi indissociables.
Toute vie connaît ses périodes de remise en question. Elles interrogent le sens donné à notre existence et traduisent le désir d'un nouvel élan, d'une orientation nouvelle, plus conforme aux aspirations de notre cœur. L'évangile d'aujourd'hui rappelle que toute vocation se fonde ou se refonde dans la prière, cet espace où se découvre l'amour trinitaire.
Commentaire extrait de Prions en Église - (Source : La Croix Croire)
Pourquoi fêter le baptême du Christ ?
► Une fête liturgique moins connue que l’Épiphanie
L'antienne du chant du magnificat aux vêpres de l'Épiphanie, indique que cette fête synthétise trois événements : « Nous célébrons trois mystères en ce jour. Aujourd'hui l'étoile a conduit les mages vers la crèche ; aujourd'hui l'eau fut changée en vin aux noces de Cana ; aujourd'hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia ». L'Épiphanie annonce donc déjà le Baptême du Christ, nous faisant ainsi faire un bond de... 30 ans !
Ainsi, nous sommes propulsés de "Jésus enfant" à "Jésus adulte". Nous passons de la sphère "privée " autour de la Sainte Famille, des Mages, des Bergers et des Anges à la sphère "publique" qui correspond au "lancement" de la vie publique de Jésus, avec Jean Baptiste, la foule des pécheurs venus se faire baptiser par lui dans le Jourdain.
► Que se passe-t-il au Baptême du Christ ?
Les évangélistes nous rapportent que Jean Baptiste prêche un baptême de conversion, dans les eaux du Jourdain, annonçant la venue de celui qui baptiserait dans l'Esprit Saint.
Chez l'évangéliste Matthieu, les deux cousins, Jean et Jésus, échangent : Jean s'oppose à le baptiser, réclamant de Jésus qu'il le baptise, au contraire. Mais, répond Jésus, « laisse faire, il faut accomplir ce qui est juste »... Chez l'évangéliste Luc, Jean se sait indigne de dénouer la courroie de ses sandales.
Dans les quatre évangiles, le Baptiste atteste, témoigne, de ce qu'il a vu et entendu : dès que Jésus a été baptisé, il a vu les cieux s'ouvrir, une colombe descendre sur Jésus symbolisant l'Esprit Saint ; il a aussi entendu une voix, celle du Père, disant que Jésus est son fils bien-aimé. La foule présente est aussi témoin de cela.
Les Pères de l’Église ont déduit deux choses importantes : d'une part, Jésus, avec humilité, revêt symboliquement le péché de l'humanité en plongeant dans les eaux du Jourdain, et la délivre, en fait, de la mort ; d'autre part, nous sommes témoins de la première manifestation du Dieu Trinité.
Catherine Sesboüé, religieuse de l'Assomption
(Source : La Croix Croire)
► Pourquoi Jésus demande-t-il à Jean le baptême ?
Le baptême est donné pour le pardon des péchés. Pourquoi Jésus, qui était sans péché, a-t-il demandé à Jean Baptiste de le baptiser ?
Saint Ignace de Loyola conseille à celui qui veut méditer sur une scène de l'Évangile de se représenter comme un des personnages, un berger dans l'étable de Bethléem ou le garçon qui apporte les pains et les poissons de la multiplication des pains. Pourquoi ne pas être un de ceux qui, au bord du Jourdain, attendent d'être baptisés par Jean ?
Un bon lieu où on peut rencontrer des gens connus : Pierre, André… Et Jésus lui-même. Pourquoi demande-t-il à Jean Baptiste de le baptiser ? Que vient-il faire dans ce lieu ? Il n'y est pas à sa place !
Mais si, bien sûr, il y est à sa place, lui qui a accepté d'être solidaire de l'humanité pécheresse : "Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu" (2 Corinthiens 5,21). Il vient au Jourdain : c'est dans la logique de l'Incarnation.
Jean le Baptiste, lui aussi, s'étonne de la présence de Jésus : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !" (Matthieu 3,14). Mais Jean est un prophète, un "homme aux yeux perçants" : il voit ce que les autres ne voient pas. Il annonce : "Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde". Il l'enlève en le prenant sur lui. Jean Baptiste proclame la venue de celui que les chants du Serviteur annonçaient : "Il s'est livré lui-même à la mort. Il a été compté parmi les criminels, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les criminels" (Isaïe 53,12).
Lorsqu'il faut trouver un remplaçant de Judas, il doit être choisi, dit Pierre, parmi ceux "qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, à commencer par le baptême de Jean". Au Jourdain déjà, Jésus est à l’œuvre : c'est « pour nous les hommes et pour notre salut » qu'il vient demander le baptême de Jean.
Michel Souchon, jésuite.
Le Baptême du Christ dans les arts
Mosaïque de Andrea del Verrocchio
Le Baptême du Christ de Andrea del Verrocchino
Cette mosaïque du 6ème siècle, grandiose, est bien plus qu'une simple illustration de la liturgie qui se déroule à l'intérieur du baptistère qui la contient. C'est une déclaration théologique portant à la fois sur le sacrement et sur l´Église. La scène est organisée en deux parties concentriques : au centre, Jean Baptiste et Jésus devant le fleuve Jourdain, tandis qu'une colombe descend du ciel ; autour, les apôtres en procession portent des couronnes en se dirigeant vers un trône vide surmonté d'une croix. (Suivez le guide avec Pictura. Une coproduction KOT-Le monde de la Bible.)
Le baptême du Christ vu par les plus grands peintres
Premier acte fondateur de sa vie publique, le Baptême de Jésus fonde sa mission terrestre : celle de sauver les hommes du péché. Un épisode central qui a inspiré les peintres depuis des siècles, faisant du thème du baptême l'un des plus représentés de l'histoire biblique.
Célébrer le baptême du Christ en chantant : Baptisés dans l'eau et dans l'Esprit
Ensemble Vocal l'Alliance - Baptisés dans l'eau et dans l'esprit




