Bénédiction du coq du clocher — Doyenné 13 / Luxeuil

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Paroisse Saint-Colomban - Luxeuil-les-Bains (ex. doyenné de Luxeuil) Paroisse Saint-Colomban - Luxeuil-les-Bains (ex. doyenné de Luxeuil)

Bénédiction du coq du clocher

L'abbé Bernard Garret a célébré le 4 octobre la bénédiction du coq du clocher de l'église de la Chapelle les Luxeuil.
Dans cette page, il revient sur les différents travaux qui ont été réalisés dans cette église et sur la célébration qui a été vécue.

 

       Les 2 mots latins « béné » c’est-à-dire « bien » et « dicéré » = « dire » ont fusionné dans le mot « bénédiction » = « dire du bien ». Effectivement, bénir aujourd’hui ce coq du clocher suggère que Dieu pense du bien des villageois de La Chapelle ayant érigé cette église en 1777, des paroissiens qui l’ont entretenu depuis plus de 3 siècles, ainsi que des municipalités qui ont eu la charge de ce bâtiment depuis 1905.

     Personnellement depuis 2015, j’ai été heureux de célébrer ici quelques messes et mariages. Puis, en mai 2024, c’est en reporter de la revue paroissiale « Chroniques des vallées du Pays de Luxeuil » que je suis venu rédiger un article intitulé « S’associer pour rénover l’église de La Chapelle les Luxeuil. »  

     Eclairé par Bruno Vuillaume, j’y évoquais la longue liste des travaux prévus pour restaurer cette église, en particulier la réfection du clocher dont nous fêtons l’aboutissement aujourd’hui. Ceci, grâce à la collaboration entre municipalité, artisans…… et l’ARSE.

     Constituée en 2022, l’Association pour la Rénovation et la Sauvegarde de l’église Ste Croix de la Chapelle) a su drainer une quarantaine d’adhérents autour des membres de son bureau (Bruno, Béatrice, Christophe et Coralie)

      Je cite des extraits de mon article écrit au printemps 2024 : « Au village de La Chapelle, une floraison d’initiatives a surgi, depuis 2 ans. Afin d’étoffer les financements complémentaires aux subventions espérées, l’ARSE a organisé trois vide-greniers, deux fêtes patronales, une tombola, un loto, une randonnée avec familles, un concert, deux repas…  En plus des adhérents à l’ARSE, des bénévoles et des donateurs ont contribué à cette aventure. Villageois ou familles extérieures restant attachées à l’église Ste Croix, fidèles ou pratiquants occasionnels… tous ont apporté leur soutien par des dons financiers et fourni des lots pour alimenter le loto ou le stand vide-greniers géré par l’ARSE...

    …L’envie de baisser les bras, face à cet ambitieux projet, se glisse parfois sournoisement dans les têtes. Mais, au fil des rencontres quotidiennes, les paroles d’encouragement et les remerciements… redopent les porteurs du projet, ainsi que la perspective de voir leur église accueillir dignement des offices religieux. Puisse cette motivation faire tache d’huile, au sein des villages alentour et au-delà ! »

      18 mois après avoir écrit cet article, je le cite avec joie en sachant qu’il y a une suite. Et je suis heureux d’être avec vous ce matin pour bénir ce coq. Dominant le clocher de l’Eglise Ste Croix, il va affronter les bourrasques et les tempêtes ou se laisser caresser par les brises légères. Jouant son rôle de girouette, il va indiquer le sens du vent et signaler la venue de pluies fécondantes. Il va inviter les croyants à se laisser guider par le souffle de l’Esprit Saint, en levant les yeux vers le ciel et à s’ouvrir à la lumière de l’espérance.

                                                     

  

 

       Dans ce genre de célébration, nous avons l’habitude de faire écho à la Parole de Dieu dans la Bible. J’évoque donc aujourd’hui deux passages de l’Evangile de Luc où il est question de « chant du coq », à propos de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth.

      Dans la nuit du jeudi saint au vendredi saint, Jésus est arrêté et conduit au tribunal du Sanhédrin qui va le condamner. A l’extérieur, l’apôtre Pierre, par peur d’être arrêté lui aussi, va nier connaitre Jésus. Aussitôt après son triple reniement, un coq chanta. Alors Pierre se souvint de la Parole de Jésus qui lui avait dit ; « Dans l’épreuve, je compte sur toi pour affermir tes frères ! ».

     Deux jours plus tard, alors que le chant du coq annonce l’aube du jour de la Pâque juive, 3 femmes se rendent au tombeau pour embaumer le corps de Jésus.  Et, voici que, devant le tombeau vide, deux anges les chargent d’aller annoncer la résurrection du Christ. La démarche courageuse de ces femmes, pour revenir sur le terrain de l’échec, débouche alors sur un jaillissement de vie nouvelle.

    A partir d’aujourd’hui, chaque matin, depuis la hauteur du clocher, ce coq va contempler ceux qui partent de La chapelle pour se rendre au travail ou à l’école. Il va s’émerveiller aussi de tous ceux qui restent au village pour entretenir les maisons et les jardins, restaurer, soigner et accueillir.

     Puisse-t-il nous rappeler à tous, croyants et incroyants, que l’on compte sur nous pour affermir nos frères dans l’épreuve… que, par-delà nos tensions et nos échecs, nous pouvons faire jaillir du neuf en direction d’un monde davantage fraternel. Chaque matin, au chant du coq, dissipons nos peurs pour passer des ténèbres à la lumière.

   

Remarque sur l’orientation de l’église vers l’est ? Depuis le début du VIe siècle, la tradition chrétienne est de construire des églises orientées vers l’Est et le soleil levant. Aussi, le coq est devenu rapidement un symbole de la résurrection. De même que le coq annonce le jour nouveau, de même le chrétien travaille quotidiennement à passer des ténèbres à la lumière en aimant davantage ses frères et sœurs en humanité.

 

Prière de bénédiction qui appelle ainsi à orienter nos vies vers le ciel et la Lumière.

« Seigneur, notre Dieu, bénis le coq du clocher de cette église Ste Croix.
Il va veiller désormais sur ceux qui vivront ou passeront dans ce village, petits et grands.
Qu’il nous aide à regarder toujours du côté de la lumière !
Qu’il nous appelle à rester éveillés pour construire la fraternité !
Qu’il nous invite à orienter notre vie vers le bien, à être forts contre les vents contraires !
Qu’il tourne nos regards vers le soleil qui se lève, nous demandant de rester éveiller pour participer à la vie du monde.
Comme le coq annonçant le jour naissant, qu’il invite les croyants à tourner les yeux vers le Christ pour qu’avec Lui nos vies soient resplendissantes de la lumière de Pâques,
Je bénis donc ce coq, au nom du Père et du Fils et du St Esprit. »

 

 

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