19 avril - 3ème dimanche de Pâques - La fraction du pain - Clés de lecture
Publié le 05/01/2021Le pain béni, rompu et partagé est le signe du Ressuscité. C’est pourquoi, en mémoire de lui, l’eucharistie est action de grâce, communion au même pain, et mission auprès de tous ceux qui sont encore loin de sa table. Que chaque messe ravive notre foi, notre charité, notre espérance. (Prions en Eglise)
SAMEDI 18 AVRIL 2026 - Messes anticipées
18h00 - Messe à MALANS
18h00 - Messe à NEUVELLE-Lès-CHAMPLITTE
18h00 - Messe à SAINT-BROING (Saint Georges)
DIMANCHE 19 AVRIL 2026 - 3ème dimanche de Pâques
10h00 - Messe à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
10h30 - Messe à AUTREY-lès-GRAY (Célébrant : Abbé Etienne Fétel)
10h30 - Messe à BEAUJEU
10h30 - Messe à VALAY (Célébrant : Abbé Jean Kita)
10h30 - Messe à VELLOREILLE-lès-CHOYE
« Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent.»
Luc, 24,31
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
PREMIÈRE LECTURE | Actes 2, 14.22b-33
« Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. »
Le témoignage de la Résurrection est fondé sur le témoignage direct des Apôtres : Jésus, avec qui ils ont passé plusieurs années, est ressuscité des morts. Ce témoignage est le socle de notre foi, il a été mis par écrit pour que, deux mille ans plus tard, nous puissions toujours le recevoir.
Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 14.22b-33)
Il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir
Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable. C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance : tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption. Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence. Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous. Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui. Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité; nous tous, nous en sommes témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez. » – Parole du Seigneur.
Résurrection et Pentecôte sont deux facettes du même mystère, comme l’étaient jadis, pour le peuple hébreu, la sortie d’Égypte et l’alliance au Sinaï. C’est la résurrection du Christ qui a valu le don de l’Esprit aux disciples de Jésus et au monde. Réconfortés et guidés par l’Esprit, les disciples ont scruté et approfondi les Écritures. Ils ont su dès lors trouver la force et les mots pour témoigner de l’Évangile du Christ, devant les Juifs d’abord et, très tôt aussi, auprès des païens.
_________________
PSAUME | 15
« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. »
Cette prière est celle de la personne qui met sa confiance et son espérance dans le Seigneur. Le psaume est traversé par une conviction profonde que nous pouvons faire nôtre : seul le Seigneur peut nous conseiller justement pour que notre vie soit inébranlable, avec lui
Psaume 15
Refrain : Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie.
Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Seigneur :
« Tu es mon Dieu! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. »
Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.
Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !
Bien que l’au-delà de la mort soit demeuré longtemps indéfini dans la foi d’Israël, les psaumes n’ont cessé de professer une confiance inébranlable au Dieu « refuge » et protecteur des justes. Non seulement il ne peut les « abandonner à la mort », mais il leur apprend « le chemin de la vie ». Pierre avait donc raison d’invoquer la figure de David et de citer longuement le psaume 15 : Dieu a ressuscité Jésus le juste, et ce chemin de la vie nous est ouvert à tout jamais pour « une éternité de délices ».
___________________________
DEUXIÈME LECTURE | 1 Pierre 1, 17-21
« Bien-aimés, vivez donc dans la crainte de Dieu. »
La crainte de Dieu, ce n’est pas la peur d’un Dieu si puissant qu’il ne nous laisserait d’autre choix que de lui obéir. C’est une expression pour décrire la foi, le respect de qui est Dieu. Dieu est notre créateur, nous ne sommes pas Dieu. La crainte de Dieu exprime cette juste place.
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 17-21)
« Vous avez été rachetés par un sang précieux, celui d’un agneau sans tache, le Christ »
Bien-aimés, si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre, vivez donc dans la crainte de Dieu, pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers. Vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ. Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous. C’est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu. – Parole du Seigneur.
La lettre de Pierre est une catéchèse baptismale. L’auteur rappelle à ses auditeurs qu’ils ont été « rachetés […] par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ ». Pour les premiers chrétiens, l’image était transparente : Jésus est l’agneau pascal par excellence, porteur d’un salut encore plus grand que celui de l’agneau immolé par les Hébreux au soir de la première Pâque (Ex. 12). Ce rachat marque le point culminant d’une histoire du Salut conçue par Dieu « dès avant la fondation du monde », et qui se poursuivra jusqu’à « la fin des temps ». Notre « foi » nous enracine ici et maintenant dans une très longue et belle histoire de salut, et notre « espérance en Dieu » nous projette vers un avenir des plus glorieux.
_________________________
ÉVANGILE | Luc 24, 13-35
« Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. »
Jésus rejoint deux hommes ruminant les événements tragiques des derniers jours. Il partage leurs soucis et leur peine. Car rien de ce qui fait la vie des hommes, notre vie, ne le laisse indifférent.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35)
« Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain »
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus luimême s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? »
Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à
Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Le parcours et l’expérience des disciples d’Emmaüs sont uniques et leur rencontre avec le Ressuscité demeure l’une des plus inspirantes des Évangiles. « Les événements » des derniers jours à Jérusalem les ont complètement bouleversés et la mort de Jésus sur la Croix a mis fin brutalement à toutes leurs espérances. Trois jours après le drame, il fallait se rendre à l’évidence : leur Maître n’avait pas pu « délivrer Israël ». Mais lorsque Jésus les rejoint incognito sur la route et se met à interpréter, « dans toute l’Écriture, ce qui le [concerne] », un nouveau bouleversement se produit en leurs cœurs. Ils peuvent ainsi mieux comprendre le Christ, et c’est au moment où celui-ci prononce une bénédiction et rompt le pain pour le partager avec eux que l’illumination ultime des disciples se produit.
______________________________
COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille), Prions en Église
ViIVRE COMME APÔTRES
À peine revenus d’Emmaüs, les disciples attendent patiemment que les Apôtres s’expriment pour pouvoir, enfin, prendre la parole. Leur rencontre inédite – une interprétation itinérante des Écritures puis la fraction du pain – cède la place devant le témoignage apostolique. « À leur tour », les deux disciples parlent du geste essentiel de l’eucharistie, Parole et pain consacré, qu’ils sont les premiers à avoir expérimenté. Entre Apôtres et disciples, cette hiérarchie surprenante révèle une structuration ancienne de l’Église que saint Luc veut expliciter. La puissance de l’expérience de la rencontre du Ressuscité – qui ne dépend pas des Apôtres – doit passer au crible du témoignage unique de ces derniers. Pour Luc, eux seuls répondent à la double exigence d’avoir été compagnons de Jésus sur les routes de la Terre sainte – en étant témoins de son enseignement et des gestes de puissance qu’il accomplit – et directement associés aux derniers jours de la vie de Jésus jusqu’à sa résurrection. Inversement, Cléophas et son compagnon témoignent d’une nouveauté dans le récit de Luc. Ni les femmes, venues les premières au tombeau, ni Simon-Pierre n’ont eu accès à cette expérience de la Parole qui vient nous rejoindre sur nos routes, se déploie en un accompagnement personnalisé, prend corps dans la présence eucharistique et nous envoie vers les autres ! À notre tour, nous sommes engagés sur la route de l’écoute, de la célébration et du service dans une Église tout apostolique.




