29 mars 2026 - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur — Paroisse Saint-Pierre-Fourier - Plaine de Gray

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Accéder au site diocésain

Paroisse Saint-Pierre-Fourier - Plaine de Gray Paroisse Saint-Pierre-Fourier - Plaine de Gray

29 mars 2026 - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Publié le 05/01/2021
Le dimanche des Rameaux est, dans le calendrier liturgique chrétien, le dimanche qui précède le dimanche de Pâques et qui marque l'entrée dans la Semaine sainte. Il commémore deux événements : d'une part, l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, où il fut acclamé par une foule agitant des palmes et déposant des manteaux sur son passage, épisode relaté dans les quatre Évangiles canoniques ; d'autre part, la Passion du Christ, sa mort sur la croix et sa Mise au tombeau, d'où le nom actuel de « célébration des Rameaux et de la Passion ».
Les « rameaux » de feuillage toujours vert, bénis par le prêtre, rappellent que la vie ne finit pas.

DIMANCHE 29 MARS 2025 - DIMANCHE des RAMEAUX et de la PASSION
 Samedi 28 avril : Messe anticipée des Rameaux à 18h00 à MANTOCHE
10h00 - Messe à la BASILIQUE
10h30 - Messe à GY, MEMBREY, VELLEXON, VALAY

Jésus entre à Jérusalem sur un âne, c'est-à-dire d'une manière pacifique.
Il laisse tout un peuple le couvrir de mensonge, de haine et de violence.
Il se laisse retirer son vêtement et sa dignité d'humain.
Ce mystère nous fait violence, car il risque de nous démobiliser de nos efforts pour plus d'humanité.
En réalité, en donnant sa vie par amour, Jésus monte au sommet de l'humanité et nous y élève avec lui.
(CCFD-Terre Solidaire)

LA ROUTE VERS PÂQUES.
Dieu notre Père, en ce dimanche des Rameaux et de la Passion, par nos palmes et nos hosannas,
nous acclamons ton Fils Jésus, notre libérateur, et nous prenons la route vers Pâques, chemin d’espérance et de vie.
Donne-nous assez d’amour et de courage pour prendre aussi l’autre chemin, celui de la croix, pour ne pas laisser Jésus seul et abandonné et pour l’accompagner jusqu’au matin de Pâques. (Normand Provencher, Prions en Eglise)
 

HOSANNA !
De ce simple mot ouvrant la Semaine Sainte, nous pouvons faire notre prière : sauve-nous, Seigneur ! Nous qui sommes pécheurs, nous qui mettons en toi notre espérance, sauve-nous ! Prière de ce jour, prière pour chaque jour.
Humble prière de ceux qui, acclamant celui qui sera mis à mort,
savent reconnaître en lui l’unique Sauveur du monde. (Prions en Église)

« Hosanna » est l’un des mots, comme « amen », passés dans notre liturgie sans être traduits. Ce mot hébreu signifie littéralement « Sauve, nous te le demandons ». C’est ce que criait la foule de Jérusalem pour acclamer « celui qui vient au nom du Seigneur » (Mc 11, 9) et que nous chantons désormais à chaque messe juste après la Préface(chant du Sanctus).



Six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus vient à Jérusalem. La foule l’acclame lors de son entrée dans la ville. Elle a tapissé le sol de manteaux et de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur.
C’est en mémoire de ce jour que les catholiques portent des rameaux (de buis, d’olivier, de laurier ou de palmier, selon les régions. Ces rameaux, une fois bénis, sont tenus en main par les fidèles qui se mettent en marche, en procession : marche vers Pâques du peuple de Dieu à la suite du Christ.
La foule nombreuse venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! (Eglise catholique en France)



 

L’entrée à Jérusalem est triomphale. Les foules l’acclament. Que connaissent-elles de ce Jésus dont bientôt elles se détourneront ? des rumeurs sur ses exploits, ses miracles, des bribes de ses paroles ? Comme ces foules, nous n’en avons jamais fini de découvrir le Christ, de nous étonner, de douter, d’être émerveillés.
Aujourd’hui encore, laissons-nous surprendre ! (Prions en Église)

RÉCIT de L'ENTRÉE à JÉRUSALEM
ÉVANGILE de JÉSUS CHRIST selon SAINT MATTHIEU (21, 1-11)

Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : “Le Seigneur en a besoin.” Et aussitôt on les laissera partir. » Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »


 

______________________________________________________________________________________________________________________


BRANDIR AVEC CONFIANCE LES RAMEAUX
Luc Forestier, prêtre de l’Oratoire, Prions en Église

Couper des branches, est-ce bien écologique ? Des esprits chagrins s’interrogeront sur cette tradition des Rameaux, au nom de la sauvegarde de notre maison commune. Pourtant, nous aimons recevoir ces feuillages bénits, les conserver à la maison, ou les porter à d’autres personnes qui n’ont pas pu venir, et qui seront touchées qu’on ait pensé à elles. Or, malgré les différences entre les quatre évangiles à propos de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, la tradition liturgique nous invite à brandir ces rameaux pour le saluer avec joie. Quel beau geste : une branche prolonge notre corps et notre vie. En brandissant avec confiance le feuillage vert, c’est toute notre humanité, notre prière, notre angoisse et notre espérance, que nous présentons à Jésus, accueilli comme Prince-de-la-paix.
Pourtant, c’est aussi en brandissant des roseaux que les soldats vont agresser le Christ pendant sa Passion. Et, sur la Croix, un roseau permettra une dernière fois de lui donner à boire. Voilà comment une plante, créée par Dieu, peut être retournée en arme destinée à blesser et à humilier. Le dimanche des Rameaux nous aide donc à brandir sans blesser, à acclamer sans piétiner, à vivre sans menacer, à recevoir sans exiger. Nous entrons ainsi dans la Semaine sainte avec notre vie et ses ambiguïtés, et même avec toute la Création, associée elle aussi à la joie de la Résurrection. Alors, brandissons nos rameaux avec confiance, et recevons la vie nouvelle qui peut vraiment nous transformer.

JÉSUS À NOS PORTES ...
Jésus est aux portes de Jérusalem, à nos portes, aujourd’hui comme hier. 
Jésus est dans nos murs, et quand il vient, il ne vient pas comme les autres, il ne fait pas comme les autres. 
Regarde autour de toi, les grands, les puissants, quand ils veulent crever l’écran, 
ils utilisent toute la force et toute la séduction des médias. 
Ils jouent autant avec le corps qu’avec le cœur. 
Ils jouent aussi avec les mots et les sentiments. 
Tout est bon pour parvenir à leurs fins. 
Il s’agit de plaire et de plaire à n’importe quel prix. 
Le spectacle fini, ils s’en vont… 
Jésus, aujourd’hui, est aux portes de notre Jérusalem à nous. 
Lui, ne joue pas avec nos cœurs ou nos sentiments. 
Il vient à nous au nom de la paix, il vient à nous au nom de l’amour. 
Et quand l’Amour arrive jusqu’à nous, il ne fait pas que passer… 
Il nous accompagne dans tous nos passages, les plus joyeux comme les plus difficiles, 
ceux qui mènent à la croix, ceux qui mènent à la vie.
Robert Riber 

PRENDRE UN RAMEAU …
Prendre un rameau est une invitation adressée au Christ : « Viens, Tu peux franchir les portes de la ville. Ce que Tu dis et ce que Tu fais, je le mets dans ma vie, car je crois que Tu es Dieu venu m’inviter à être heureux. » Prendre un rameau, c’est prendre la décision de sortir à la suite de Jésus. C’est une démarche libre, c’est un geste de croyant, un choix.
Venir chercher un rameau, le prendre, le tenir en main et le garder bien en vue à la maison, c’est décider d’ouvrir la porte à l’Évangile et d’accueillir Dieu par des gestes concrets à l’égard de nos frères, chaque jour. Charles Singer

____________________________________________________________________________________________________________________

LA PASSION DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST
Le Roi prend la condition de serviteur.
Le Roi se fait obéissance. Le Roi se fait souffrance. Le Roi se fait silence.
À travers ces traits humaines humbles de Jésus, reconnaissons-nous l'immensité de son amour ?
En ces jours, ne quittons pas le Christ des yeux. N le quittons pas du coeur.
Que tout notre être le suive, pas à pas, qu'il le contemple et l'adore. (Prions en Église)

 

VRAIMENT, CET HOMME ÉTAIT LE FILS DE DIEU
Père Benoît Gschwind, assomptionniste, Prions en Église

Comme chaque année, nos églises accueillent la foule des Rameaux ; hommes et femmes qui passent, parfois à la sauvette, chercher quelques brins d’olivier ou de buis. La foule est là, comme d’habitude et par habitude, mais sans trop mesurer ce qui se passe dans cette belle liturgie des Rameaux. En Église, nous faisons mémoire de l’entrée de Jésus à Jérusalem­. Nous relisons les grandes pages de la fin de la vie de Jésus. ­Acclamé, bousculé, arrêté, jugé, condamné, crucifié. À Jérusalem, Jésus est au cœur de l’agitation de la foule. Il en est même le sujet et l’objet. Ceux qui le précèdent, comme ceux qui le suivent, n’ont pas d’autres mots à la bouche que cette acclamation : « Hosanna­ ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » L’Écriture s’accomplit : Jésus entre dans Jérusalem, assis sur un âne. Il est reconnu comme le Messie. Lire le récit de la Passion, c’est plonger corps et âme dans cette ultime étape de la vie de Jésus qui nous révèle sa profonde humanité, son dépouillement, et le don total qu’il fait de sa vie pour chacun de nous, et pour l’humanité tout entière­. Nous le savons déjà, Jésus marche d’un même pas vers le triomphe et vers la croix, vers la mort et vers la résurrection pour l’éternité. Aux foules qui nous rejoignent dans nos églises, un païen, le centurion romain, lance un appel et propose un chemin qui vient au secours de notre foi en proclamant : « Celui-ci était réellement un homme juste ! »
____________________________________________________________________________________________________________

CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE

PREMIÈRE LECTURE | Isaïe 50,4-7
Lecture du livre du prophète Isaïe (50, 4-7)
« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu »
Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute;
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. – Parole du Seigneur.

Les prophètes bibliques sont les messagers de la parole de Dieu. Mais ils doivent d’abord en être les disciples, toujours à son écoute et prêts à se laisser transformer par elle. Cette fidélité et cette conformité à la Parole leur valent de fortes résistances et de nombreux outrages. La Parole est pour eux source immense de bonheur. Elle est aussi occasion de grandes souffrances et de rejet de la part de ceux à qui ils annoncent pourtant la bonne nouvelle du salut. Ils font toutefois confiance au Dieu qui leur parle et qui les soutient envers et contre tous. Comme Jésus plus tard, ils ne cherchent pas à se faire justice aux dépens de ceux qui les frappent et les insultent.

Ces quatre versets constituent le troisième des quatre chants isaïens du Serviteur souffrant. Le titre même de « serviteur » n’apparaît pas dans cette lecture, mais c’est tout comme. Celui qui parle tient en effet « le langage des disciples », à l’écoute de son Dieu dès le matin, et soucieux de « soutenir celui qui est épuisé ». Sa vocation lui vaut toutefois de lourdes souffrances et des « outrages » : il ne se dérobe pas aux coups qu’on lui assène et aux crachats qu’on lui lance au visage. Ce disciple demeure solide et serein, car il sait que son Dieu « vient à [son] secours ».
_____________________


PSAUME | Psaume 21
Refrain : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! » 
Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os. 
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide ! 
Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères
je te loue en pleine assemblée. Vous qui le craignez, louez le Seigneur. 

La très célèbre et très déroutante question posée par le psalmiste, qui sert ici de refrain, remet en question l’assurance du disciple qui s’exprimait dans la première lecture. La question est double, implicitement : pourquoi tant de souffrances pour un juste, « ami » de Dieu ? Et la seconde, plus grave encore : pourquoi cet abandon de Dieu ? Ses adversaires s’acharnent sur lui : ils le « cernent [comme] des chiens » et lui « percent les mains et les pieds ». C’est déjà très grave, mais la plus grande souffrance du psalmiste est celle du silence et de l’abandon de son Dieu. Dieu ne s’offusque pas : il finit par répondre à son ami et se fait de nouveau proche de lui.

Ce psaume de lamentation, le plus tragique de tous, est tout en contraste avec la lecture d’Isaïe. Jésus porte en effet non seulement la souffrance mais l’extrême de la souffrance qui mène à cette terrible question, – Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? – qui sera la dernière parole de Jésus en Mt 27, 46 et en Mc 15, 34. Jésus vit et assume une grande partie de ce psaume : les moqueries des passants, les chiens et les vauriens qui l’entourent, les blessures portées à tout son corps et le partage au sort de ses vêtements. Mais Jésus, comme le psalmiste, fait confiance à son Dieu qui ne l’abandonnera pas à la mort et le ressuscitera le troisième jour. 
Le psalmiste fait état des moqueries, des souffrances physiques et des humiliations dont il est l’objet, en raison de son amitié avec Dieu. Il s’interroge sur l’attitude de Dieu, qui semble lointain et indifférent. Oui, cet homme « comptait sur le Seigneur » pour être délivré de toutes ses souffrances. Pourquoi Dieu n’intervient-il pas ? La question est légitime. Dieu ne tient pas rigueur des lamentations qui lui sont adressées. Au contraire, il entend le cri de ceux qui souffrent, et la dernière strophe du psaume nous montre que la lamentation du psalmiste a été enten
__________________________________

DEUXIÈME LECTURE | Philippiens 2, 6-11)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (2, 6-11)

« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté »
Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. – Parole du Seigneur.

L’incarnation du « Christ Jésus, ayant la condition de Dieu » demeure un mystère incommensurable et une véritable révolution dans l’idée qu’on se faisait de Dieu et de son Messie. L’impensable est devenu réalité : Dieu, l’immortel, l’éternel, le Tout-Puissant, « s’est fait chair […] et il a habité parmi nous », comme l’écrira saint Jean plus tard (Jn 1, 14). Paul va déjà très loin en développant le schéma de « l’abaissement, voire de l’anéantissement (la « kénose », selon le grec) du Christ par son « obéissance jusqu’à la mort, et la mort de la croix », puis de son exaltation par Dieu qui lui confère un « Nom qui est au-dessus de tout nom ». On ne parle pas ici de triomphalisme mais de proclamation de la seigneurie du Christ « à la gloire de Dieu le Père ».

Cette hymne fait référence à la Passion du Christ et au mystère de son incarnation : abaissement extrême, voire anéantissement, et obéissance jusqu’à la mort, la mort de la Croix. « C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom ». Bien que ce soit de la très haute christologie, il ne faut pas oublier que Paul en fait la base de l’agir chrétien : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5).

Paul décrit d’abord le caractère singulier, voire inédit, de l’Incarnation, comme un renoncement de la part du Christ au « rang qui l’égalait à Dieu ». Un renoncement qui devient anéantissement et abaissement extrêmes, permettant au Christ d’épouser parfaitement la condition humaine la plus basse qui soit, celle d’un esclave. La « mort sur la Croix » est la confirmation ultime de pareils anéantissement et abaissement. De cette vision réaliste et dramatique de la mort du Christ, Paul passe à l’autre versant, qui est celui de l’exaltation extrême. Par son obéissance jusqu’à la mort, Jésus est fait Christ et Seigneur « à la gloire de Dieu le Père ».
__________________________

ÉVANGILE | Matthieu 26, 14 – 27, 66
« Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

Le récit de la Passion chez saint Matthieu rapporte aussi la dernière cène. Il nous indique par-là combien ces gestes de Jésus lors de son dernier repas sont les symboles de son sacrifice sur la Croix. La perspective de la Résurrection est aussi présente à la fin du récit, en mentionnant la crainte des Juifs de voir la promesse du Christ se réaliser : « Trois jours après, je ressusciterai. »

Les récits de la Passion forment un bloc imposant et capital dans chacun des quatre Évangiles. Évidemment, la question se pose au sujet des faits rapportés par les quatre évangélistes. Les quatre récits concordent dans la trame générale et chacun exprime sa propre vision de Jésus : ses enseignements, ses faits, sa mort sur la Croix, sa résurrection… L’ensemble est fiable et convaincant. À cela s’ajoute aussi le fait que Matthieu et les autres n’ont pas essayé de masquer le désarroi des Douze : trahison de Judas, reniement de Pierre et absence des Apôtres au pied de la croix de Jésus (à l’exception du disciple bien-aimé, dans le quatrième Évangile). Il y a donc ample matière à réflexion, à conversion et surtout à contemplation de l’événement fondateur de notre salut et de la gloire du Ressuscité.

_____________________________

Éclairage biblique des Rameaux (Livret CCFD-Terre Solidaire 2026)
Jésus entre dans Jérusalem, non pas à cheval comme un roi de guerre, mais sur une ânesse, monture des humbles. La foule acclame, jette ses manteaux, coupe des branches. Les puissants de l’Histoire ont souvent gravé leur nom dans la pierre par la violence. Jésus, lui, inscrit son passage dans la chair blessée du monde, et dans le cœur de celles et ceux qui espèrent encore. Son triomphe est celui d’une fidélité plus forte que la haine. Dans nos sociétés aujourd’hui marquées par la violence, Jésus invite ceux qui voudraient le suivre à choisir cette voie-là : celle du service, de la non-violence et de l’abandon confiant à la volonté du Père. 

_____________________________

COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers

AU RISQUE DE CROIRE

Aux portes de Jérusalem, la foule est là, qui se bouscule et qui acclame. Au cœur de cette agitation, il y a Jésus. L’Écriture s’accomplit. Jésus entre dans Jérusalem, assis sur un âne. Il est reconnu, acclamé comme le Messie. « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » La foule n’a pas d’autres mots pour l’accueillir. Aujourd’hui, comme chaque année, nos églises accueillent la foule des Rameaux. Hommes et femmes qui passent chercher quelques brins d’olivier ou de buis. La foule est là, comme d’habitude et par habitude, mais sans trop mesurer ce qui se passe dans cette belle liturgie des Rameaux. Certains repartent parfois avec la question de Dieu dans leur tête, d’autres avec le désir de recevoir le baptême, d’autres encore avec un simple rameau qu’ils sont venus attraper à la sauvette sans trop savoir pourquoi. Si la foule pouvait dérouter aux portes de Jérusalem, la foule des Rameaux nous déroute aussi un peu, aujourd’hui dans nos assemblées. L’Écriture s’accomplit : Jésus entre dans Jérusalem, ultime étape qui nous révèle la profonde humanité et le dépouillement du triomphe de ce Roi assis sur un ânon, loin des fastes et des grandeurs du monde. La lecture de la Passion nous donne de comprendre et d’accueillir le don total que Jésus fait de sa vie. Il marche vers la Croix, vers la mort et vers la grande victoire de la Résurrection ! Le cri du centurion au pied de la Croix ouvre grand l’avenir : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! » 
______________

ROUTE CONTINUE
Marie-Laure Durand, bibliste, Prions en Église

Le temps de l’observation
La lecture de la Passion est longue, très longue. Pourquoi n’y a-t-il pas de coupure dans ce long récit qui mène du dernier repas à la mise au tombeau ? Pourquoi avoir choisi de ne faire qu’un bloc de toute cette fin de vie de Jésus ? Ce qui surprend dans la lecture continue de ces dernières heures, c’est l’accumulation des chocs et blessures que Jésus subit. Rien ne lui est épargné. Il y a la petitesse de ses disciples qui se demandent encore au moment de la Cène qui est le plus grand. Il y a la trahison de Judas contre de l’argent, de Pierre contre sa sécurité et l’abandon des disciples qui tombent de sommeil. Il y a la haine de la foule, la lâcheté de Pilate et la vilenie d’Hérode. Il y a enfin l’humiliation publique, la souffrance physique et la déchéance sociale. Dans un laps de temps réduit, Jésus expérimente ainsi l’abandon de ses amis, l’injustice politique et religieuse et l’infamie sociale.

Le temps de la méditation
Cette accumulation est bien ce qui ressort de cette lecture en continu et qui la rend visible. Jésus n’échappe pas à ce qui fait la vie des hommes et tout donne l’impression que cette fin de vie en condense plusieurs. Pourtant, dans cette suite d’horreurs que l’on ne souhaite à personne, la continuité de son alignement ressort encore plus clairement. Il partage le pain, enseigne à ses disciples, guérit un de ses agresseurs, refuse la violence et élargit sa bienveillance à ses bourreaux alors qu’il agonise. La bassesse qui l’entoure semble ne plus avoir de prise tant il incarne une autre façon de vivre, tant son enracinement en Dieu et en la vie est grand et stable. La Passion et la violence qu’elle met en œuvre donnent à voir ce qui deviendra lumineux avec la résurrection. Jésus n’a pas changé de route. Il l’a fait tout en douceur et humanité. Et nous avions besoin d’un long texte pour en comprendre la profondeur.


HOSANNA, BÉNI SOIS-TU SEIGNEUR !
Une prière de Rodhain Kasuba, pour ce dimanche (Prions en Église)

Pour ton Verbe qui façonne le monde et pour ton royaume qui vient,
Hosanna, béni sois-tu Seigneur !
Pour l'Esprit toujours à portée de souffle et pour sa brise vivifiante,
Hosanna, béni sois-tu Seigneur !
Pour l'amour sans mesure de ton Fils, et pour le feu dont il nous embrase,
Hosanna, béni sois-tu Seigneur !
Pour sa fidélité sans faille à ta mission et pour sa promesse tenue,
Hosanna, béni sois-tu Seigneur !
Pour l'Eucharistie qui fait ton Église et pour la force qui en découle,
Hosanna, béni sois-tu Seigneur !
Pour la croix dressée en signe de la vie et pour la mission qu'elle indique,
Hosanna, béni sois-tu Seigneur !

JOURNEE MONDIALE DES JEUNES
Depuis le rassemblement de Rome de 1985, le dimanche des Rameaux était devenu "Journée mondiale des Jeunes".
Elle a été déplacée au dimanche du Christ Roi de l'univers par le pape François.

 

Partager ce contenu