12 avril 2026 - Dimanche de la Divine Miséricorde
Publié le 05/01/2021DIMANCHE 12 AVRIL 2026 - DIMANCHE DE LA DIVINE MISÉRICORDE
Samedi 11 avril à 18h00 :
: Messe anticipée à CHARGEY-lès-GRAY (Célébrant : Abbé Laurent Jarand)
et à CHAUMERCENNE (Célébrant : Abbé Jean Kita)
Dimanche 12 avril :
10h00 - Messe à la BASILIQUE (Célébrant : Frère Serge)
et à 10h30 à DENEVRE
« La paix soit avec vous. »
Béni soit Dieu pour sa grande miséricorde ! Huit jours après Pâques, nous sommes expressément invités à redire notre foi en Jésus, notre Sauveur. Sans le voir, nous le reconnaissons aux signes de son amour. Et il nous invite à témoigner à notre tour de sa bonté. Il est pour toutes et tous le chemin du vrai bonheur. Vienne sa paix sur le monde (Prions en Église)
UNE PRIÈRE d'Alain Roy, pour ce dimanche (Prions en Église)
SOUFFLE TON ESPRIT SUR NOUS
Comme nous pouvons le comprendre ce Thomas, Seigneur !
Croire en ta Résurrection est difficile, proclamer la victoire sur la mort relève preque de l'arrogance.
Nous aimerions nous aussi vérifier ta présence, te toucher, te voir, t'entendre, manger avec toi, éprouver ton amour.
Mais tu ne te manifestes à nous que par de simples signes.
L'un deux, c'est notre rassemblement du dimanche.
Au milieu de nos frères et soeurs dans la foi, tu es là, mystérieusement près, à l'écoute, en appétit avec nous.
Quand nous venons à ta table, nous sommes souvent meurtris, nous aussi, par la vie
et par nos morts de toutes sortes.
Souffle ton esprit sur nous comme tu l'as fait sur les Apôtres.
Il sera brise rafraîchissante, lumière et chaleur, élan, force, consolation, guérison, dynamisme et sagesse.
Grâce à lui, nous sentirons que tu es à jamais au milieu de nous.
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UNE PRIÈRE de Francis Daoust, pour ce dimanche (Prions en Église)
TU ES LÀ, VIVANT
Seigneur, entends ma prière. Dieu, écoute mon coeur.
Longtemps, j'ai attendu de grands signes venant de toi.
Je t'ai demandé des preuves comme Thomas qui voulait mettre la main dans ton côté.
Mais par le plus petit des signes, tu t'es révélé à moi.
Comme pour Élie, tu t'es manifesté dans ce qui est à peine perceptible.
Dans le son du fin silence, tu as dévoilé qui tu es.
Heureux suis-je, car je vois sans t'avoir vu.
Tu es le Tout-Puissant, qui se manifeste dans la douceur.
Tu es le paradoxe, le buisson qui brûle mais ne se consume pas.
Tu es celui qui ne laisse rien impuni, mais qui pardonne tout.
Comme pour Thomas, tu es là, vivant.
Je vois maintenant ton empreinte partout, dans les petites merveilles qui révèlent ta grandeur.
Je te rends grâce, mon Dieu, d'avoir ainsi ouvert mes yeux.
QU'EST-CE QUE LA MISÉRICORDE ?
La miséricorde est une attitude caractéristique de Dieu qui peut le définir tout entier : comme le disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, « Il n’est qu’amour et miséricorde ».
La miséricorde est révélatrice du soin dont le Père entoure ses enfants : Dieu écoute avec attention ce qui monte du cœur de l’homme ce qui provoque en Lui une attention quasi-maternelle. L’homme peut alors accepter de voir la misère, la pauvreté, l’étroitesse de sa vie. Face à nos difficultés à aimer et à pardonner, Dieu lui-même vient combler nos manques et restaurer notre humanité pour nous orienter vers une vie plus donnée.
En latin Miseri veut dire « les pauvres » et Cor, « le cœur ». Miseri-cor, c’est le cœur vers les pauvres. La miséricorde consiste à avoir le cœur qui bat pour les pauvres. Quoi de plus beau, de plus chaleureux, de plus courageux ! Le mot miséricorde, dit Saint Thomas d’Aquin, signifie un cœur rendu misérable par la misère d’autrui. La miséricorde, c’est la compassion pour toutes les formes de souffrances ; c’est la patience bienveillante devant la lenteur de la conversion ; c’est le pardon généreux envers qui se reprend ; c’est le cœur qui s’ouvre devant la misère du prochain. Ce cœur sensible à la misère ne se réduit pas à des sentiments à de l’émotion. Ce cœur est une attitude de toute la personne, un engagement de la volonté, à la fois une disposition de l’âme et une manière d’agir. Il pousse à vouloir faire cesser la misère du prochain comme on le ferait pour la sienne.
La miséricorde n’est pas une posture humaine, même relookée. C’est l’être intime de Dieu, son cœur de Père, sa bienveillance envers les hommes et le monde, son attribut ultime, l’expression la plus haute de sa justice. La miséricorde, telle que l’Écriture Sainte nous la dévoile, c’est Dieu saisi aux entrailles par ma détresse qui vient à mon secours et me délivre (1).
La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours
« La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. » Pape François, Bulle d’Indiction, N°2.
« La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux mêmes par leur fils. Il est juste de parler d’un amour « viscéral ». Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon. »
Pape François, Bulle d’indiction, N°6
Source Diocèse de Paris / Eglise catholique en France

CLÉS DE LECTURE - DIMANCHE 12 AVRIL 2026 (Prions en Eglise)
Lorsque Jésus apparaît à ses disciples, Thomas n’est pas présent. Et il peine à croire tant qu’il n’aura pas touché les plaies du Ressuscité. Et nous ? Ayant notre lot d’épreuves, nous pouvons nous enfermer dans la révolte ou l’incrédulité. Pourtant, même si nous ne le voyons pas en chair et en os, faisons confiance au Christ.
Accueillons sa paix et sa miséricorde.
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PREMIÈRE LECTURE | Actes des Apôtres 2, 42-47
« Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun »
Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. – Parole du Seigneur
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« La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. »
La crainte de Dieu n’est évidemment pas la peur de Dieu. Il ne s’agit pas non plus d’être animé d’une crainte de mal faire : celle-ci nous pousse à nous scruter en permanence, tournés vers nous-mêmes. Au contraire, craindre Dieu, c’est simplement l’aimer, désirer ce lien d’amour et de confiance qui nous unit à lui. Cette crainte nous tourne vers lui.
Le portrait que Luc trace de la communauté de Jérusalem est sans doute idéalisé, mais l’auteur insiste sur l’assiduité quotidienne des pratiques adoptées par cette communauté. Pratiques, d’ailleurs, qui sont placées à la fois sous le signe de la continuité (fréquentation du Temple) et de la nouveauté. Celle-ci tient principalement à l’écoute de « l’enseignement des Apôtres », reçu de leur Maître, et à la « fraction du pain » en mémoire de Jésus. À cette nouveauté fondamentale, s’ajoute celle d’une pratique qui se fait « dans les maisons » et non au Temple. Enfin, la communion fraternelle découle tout naturellement des consignes données par Jésus : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35).
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PSAUME | Psaume 117
« Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur. »
Jésus a vaincu la mort, il est la vie ! Louons le Seigneur pour ce grand mystère pascal, source de vie, source de joie pour tous les hommes. Avec le psalmiste louons Dieu pour cette merveille de son amour.
La première strophe de ce psaume d’action de grâce est une profession de foi unanime « d’Israël », de la « maison d’Aaron » et de tous ceux « qui craignent le Seigneur » en la pérennité de l’amour du Seigneur. De la communauté, on passe – 2e strophe – au témoignage individuel du psalmiste, éprouvé mais échappant à la mort par la puissance du « bras du Seigneur ». Le psalmiste poursuit l’action de grâce de la communauté et se fait désormais le chantre des « actions du Seigneur ». La troisième strophe décrit un geste prodigieux : « l’œuvre du Seigneur » passe par des chemins inédits. Un de ses serviteurs – « pierre rejetée par les bâtisseurs » – devient la « pierre d’angle » d’un nouvel Israël.
Psaume
Refrain: Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron : Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour !
On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ; mais le Seigneur m’a défendu.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.
Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes.
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
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DEUXIÈME LECTURE | 1 Pierre 3,9
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 3-9)
« Il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts »
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. – Parole du Seigneur.
« En lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire. »
Nous sommes appelés à exulter de la joie de Dieu alors même que nous sommes au milieu des épreuves. Car c’est une joie qui prend racine dans notre foi, c’est-à-dire dans notre confiance en Dieu et dans le salut qu’il donne à tous les hommes.
La bénédiction prononcée par Pierre est centrée, elle aussi, sur l’un des attributs de Dieu : sa miséricorde. Elle est une véritable expression de sa foi et elle repose sur l’expérience de l’amour du Christ : « Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi. » Voilà qui prépare le terrain à la béatitude que nous allons entendre dans l’évangile de ce jour, lorsque Jésus s’adresse à Thomas.
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ÉVANGILE | Jean 20, 19-31
« Huit jours plus tard, Jésus vient »
C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
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« En ce premier jour de la semaine », les disciples demeurent enfermés dans la peur. Dès sa première apparition, Jésus leur adresse un message de paix et les voilà « remplis de joie ». Cette bonne nouvelle est aussitôt suivie d’un envoi en mission : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vois envoie. » Or la mission qui leur est confiée est d’abord, et avant tout, celle de la rémission des péchés, liée au don de l’Esprit Saint. Quant au disciple Thomas, Jésus ne lui fait pas rigueur de sa réaction d’incrédulité. Il reconnaît sa profession de foi (« Mon Seigneur et mon Dieu ! ») et la béatitude qu’il prononce nous montre clairement que la foi ne repose pas sur la vision. Pour « voir » Jésus, il faut d’abord croire en lui.
« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il est aisé de voir en Thomas un incrédule qui a besoin de preuves pour croire. Mais ce n’est pas à nous d’en juger. La figure de Thomas nous est plutôt donnée en exemple : c’est lui qui prononce la première « profession de foi » (« Mon Seigneur et mon Dieu ! »), et c’est lui qui permet à Jésus d’énoncer la bien belle béatitude de la foi (« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »). Quelle est notre profession de foi, aujourd’hui ?
Jésus apparaît aux disciples pour la première fois après sa résurrection. Sa salutation – « La paix soit avec vous » – n’est pas anodine, puisque les disciples se sont enfermés derrière des portes verrouillées, « par crainte des Juifs ». Non seulement les disciples sont remplis de joie, mais ils reçoivent aussi le don de l’Esprit et sont investis d’une mission concernant le pardon des péchés. Le récit évangélique mentionne une deuxième apparition aux disciples, en présence, cette fois, de Thomas, qui refusait de croire à défaut de preuve tangible. À l’invitation de Jésus, Thomas passe de l’incrédulité à la foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » La présence et la parole du Ressuscité lui ont permis de vaincre ses doutes.

Jean a retenu trois apparitions du Ressuscité à ses disciples, dont deux en huit jours : la première en l’absence de Thomas, la seconde en sa présence. Ce dernier doute quand les autres Apôtres lui disent avoir « vu le Seigneur ». Ils ont entendu son souhait de paix, ont vu ses mains et son côté, et reçu le souffle de l’Esprit Saint. Thomas n’a pas eu ce privilège : il voudrait toucher Jésus et voir ses plaies pour croire en sa résurrection. Mais, finalement, lorsque Jésus s’adresse à lui, Thomas n’a plus besoin de le toucher : il affirme sans détour sa foi en Jésus, son Seigneur et son Dieu. Nous sommes tous comme Thomas, puisque nous n’avons rien vu. Mais notre bonheur repose sur celui des Apôtres qui ont témoigné de la résurrection du Christ.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
UNE PROMESSE POUR AUJOURD'HUI
Il est peu de passages dans la Bible qui disent clairement pour‑ quoi ils nous ont été transmis. Celui‑ci en fait partie. Il est écrit pour ceux qui ne seront jamais témoins directs des apparitions du Ressuscité, pour ceux qui vivront de l’écoute de la Parole et de la foi reçue. Pour nous. Ainsi, l’évangile devient lui‑même un rendez‑vous avec le Christ. Le Ressuscité qui n’abolit ni la peur ni le doute, mais qui vient les traverser. Il est bien le Crucifié vivant : ses plaies demeurent visibles. La joie des disciples naît précisément de cette recon‑ naissance. La Résurrection n’efface pas l’histoire, elle l’accomplit. Absent lors de la première apparition de Jésus, Thomas ne se contente pas du témoignage des autres. Il ose dire son besoin, sa difficulté à croire. Son attachement au Christ est trop profond pour se satisfaire de mots. Thomas réclame les plaies, car le Ressuscité est, pour lui, celui qu’il a vu souffrir. Il ne cherche pas une preuve abstraite, mais une continuité. Son cri de foi est l’aveu d’une relation retrouvée. La Résurrection ne peut être désincarnée, elle porte encore les traces de l’amour livré. Ce texte est une promesse pour aujourd’hui. La foi n’exige pas des certitudes immédiates, mais une disponibilité intérieure, en chemin. Croire sans avoir vu, c’est croire à partir d’une Parole reçue, transmise, habitée par l’Esprit. Là où la recherche est sincère, là où le doute est accueilli sans être nié, le Christ vivant est déjà à l’œuvre.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
DÉCONCERTANTE MISÉRICORDE
Institué il y a 24 ans par le pape Jean-Paul II, nous célébrons aujourd’hui le dimanche de la Divine Miséricorde, une occasion pour dire merci à Dieu d’être Dieu, tout simplement. La miséricorde est l’attitude de celui qui se laisse toucher par la souffrance d’autrui et qui le rejoint avec bonté et désintéressement. La Bible attribue cette vertu à Dieu : il est le miséricordieux. C’est ainsi qu’il se présente à Moïse (Ex 3, 7-10) : Dieu voit la souffrance, Dieu se laisse toucher par le malheur de son peuple et entreprend de le sauver. Jusqu’à donner son Fils et pardonner notre péché. « C’est trop facile », diront certains. Justement, y a-t-il quelque chose de plus difficile que d’accepter d’être aimé pour rien ? Qu’il est gênant d’accueillir la miséricorde de Dieu ! Les lectures de ce dimanche éclairent l’idée que nous nous faisons de Dieu. Par exemple, avec Thomas nous comprenons que la foi n’a pas besoin de preuves. Croire en Dieu est un don qui nous est fait, gratuitement. Ce don reste mystérieux et rien ne peut l’expliquer : ni notre désir de croire, ni notre niveau intellectuel, ni notre gentillesse envers les autres, ni notre capacité à traverser la souffrance. C’est déconcertant d’éprouver la miséricorde de Dieu. L’Église nous invite aujourd’hui à convertir notre regard sur Dieu, à nous laisser aimer généreusement par lui, à en faire de même autour de nous. Et à lui dire merci.
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HEUREUSE BÉATITUDE
Commentaire du dimanche, Emmanuel Schwab, curé de la paroisse Saint-Léon, Paris (XVe)
« Jésus Christ […], vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » Cette parole de l’apôtre Pierre dans la deuxième lecture nous remplit de gratitude envers l’apôtre Thomas. Lui a voulu toucher le Christ ressuscité et voir ses plaies pour que nous puissions, 2 000 ans plus tard, mettre nous aussi notre foi en Jésus mort et ressuscité, et laisser ainsi la joie de la Résurrection entrer dans nos vies. « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Bienheureux Thomas qui nous a valu une telle béatitude ! « La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par lui. […] Dans la foi, l’intelligence et la volonté humaines coopèrent avec la grâce divine. » (Catéchisme de l’Église catholique 153 et 155). Que nous puissions ainsi mettre notre foi en Jésus et adhérer à sa personne par notre amour en le suivant, lui, en observant ses commandements, tout cela est un don de Dieu qui doit susciter en nous reconnaissance et gratitude. Mais notre foi est aussi, et autant, un acte de notre volonté libre et de notre intelligence. Un acte qui doit susciter notre travail pour comprendre celui que nous croyons et ce que nous croyons. Un acte qui est la mise en œuvre de cette grâce de Dieu qu’est le don de la foi.

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Voir pour croire ou croire sans avoir vu ?
Question, bien humaine, suscitée par la réaction de Thomas.
Mais à bien y réfléchir cette question, si légitime soit-elle, peut rester stérile car elle est centrée sur nous-mêmes.
Et Jésus le comprend bien même s’il s’étonnera du manque de foi de Thomas.
Mais au bout du bout, ce n’est pas la question !
Le Christ, Dieu fait homme, connaît bien nos interrogations : elles sont multiples, variées et différentes selon nos histoires et nos personnalités. Être habité de ces interrogations est bien humain. « La paix soit avec vous », nous invite-il à maintes reprises dans l’évangile de ce dimanche. Mais aussi « Recevez l’Esprit Saint ». Qu’en faisons-nous ? Serons-nous comme Thomas (qui a besoin de voir et de toucher) ou comme les apôtres sur le chemin d’Emmaüs (qui ne le reconnaissent pas tout de suite alors qu’ils le voient) ? Et si nous marchions tout simplement confiants en contemplant la patience et la pédagogie du Seigneur pour que la paix habite nos cœurs ?
(Emmanuelle Huyghues Despointes, Prions en Église)
SEIGNEUR, PARDONNE-MOI !
Seigneur, pardonne-moi mes pensées trop tordues, mes paroles trop dures.
Souvent, je me décourage, et m'énerve contre les choses, contres les gens, contre le monde.
Chaque jour, j'ai besoin d'être pardonné !
Chaque jour, j'ai besoin de pardonner.
oi, Seigneur, tu me demandes de pardonner mais souvent je ne veux pas.
Pourquoi plier et plier encore ? Je deviendrais comme un homme sans colonne vertébrale !
Et, je te regarde, Debout, sur la croix.
Où as-tu trouvé assez de courage et d'amour pour dire « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.» ?
Donne-moi de pardonner toujours.
En te regardant, je vois bien que ce n'est pas de la faiblesse de pardonner toujours. Mais plutôt force et amour.
Donne-moi la force de ton amour, Toi qui sais me pardonner toujours.
(Basilique sainte Anne d’Auray)




