17 mai - 7ème dimanche de Pâques - Clés de lecture
Publié le 05/01/2021Avant son passage de la mort à la vie, Jésus prie Dieu son Père. Pour nous. Pour que nous marchions sur ses traces. Afin que nous annoncions l’immense amour de Dieu pour les hommes. Il n’est pas de plus grand bonheur que de connaître le seul vrai Dieu et Jésus, son envoyé. Il n’est pas de plus grand bonheur que de partager ce mystère à qui veut l’entendre. (Prions en Eglise)
DIMANCHE 17 MAI 2026 - 7e DIMANCHE de PÂQUES
10h00 - Messe à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé P. Bergier)
10h30 - Messe à CHAMPLITTE (Abbé J. Kita), BOURGUIGNON-lès-la-CHARITÉ, VALAY (Frère Serge)
UNE PRIÈRE de Rodhan Kasuba pour ce dimanche (Prions en Église)
UN VIDE VIVANT
Seigneur Jésus, après ta résurrection, tu as disparu du regard de tes disciples.
Tu n'as pas fui le monde, tu l'as confié à nos soins.
Par ton ascension, tu ouvres le ciel sans fermer la terre.
Tu laisses derrière toi un vide, non comme une absence, mais comme un espoir offert
où la liberté peut respirer, où la foi peut grandir et oser.
Devant ton départ, nos coeurs hésitent encore, partagés entre la crainte et l'attente.
Mais ta parole nous relève et nous envoie, et ta promesse nous accompagne.
Apprends-nous à garder ce vide vivant, à ne pas le remplir trop vite de certitudes ou de peurs.
Donne-nous un coeur qui veille, attentif à ta venue.
Seigneur, ressuscité et élevé au-dessus des cieux, fais de nous des artisans et artisanes de ton royaume.
Que ton ascension nous rappelle sans cesse la promesse que, avec toi, l'histoire continue.
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
Dans les lectures du jour
Une semaine avant la Pentecôte, l’unité de l’Église se trouve au centre de ce dimanche. L’ultime prière de Jésus, que nous rapporte saint Jean dans l’évangile, a pour préoccupation principale l’unité des disciples qui doit être à l’image de la profonde communion qui unit le Père et le Fils. Les Actes des Apôtres nous livrent le témoignage de l’obéissance des disciples à l’ordre de Jésus : unanimes, ils sont assidus à la prière dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint. Marchons à leur suite, et implorons la force que Jésus nous a promise.
PREMIÈRE LECTURE | Actes 1, 12-14
« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. »
Répondant à l’ordre du Seigneur de se tenir à Jérusalem pour attendre la venue du Saint-Esprit, les Apôtres se réunissent dans leur lieu habituel, sans doute le lieu de la Cène, pour prier.
Lecture du livre des Actes des Apôtres (1, 12-14)
« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière »
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. – Parole du Seigneur.
Aussitôt après le départ de Jésus vers le ciel, les Apôtres rentrent à Jérusalem et se rendent au lieu où ils avaient partagé la Cène avec lui. Ils s’y retirent pour prier. Se joignent à eux « des femmes, […] Marie la mère de Jésus, et […] ses frères ». La communauté comprend donc Apôtres et disciples, sans distinction hiérarchique : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. » La prière occupait déjà une place de choix dans l’Évangile de Luc, et elle jouera également un rôle décisif dans les différentes activités des Apôtres et des premières communautés.
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PSAUME | 26
« Le Seigneur est le rempart de ma vie. »
Comme les Apôtres, qui ont été les témoins de la mission accomplie par le Christ, nous pouvons adresser au Seigneur notre louange : il réalise toute sa promesse, ce qui est pour nous l’assurance que nous pouvons le suivre sans inquiétude.
Psaume 26
Refrain : J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?
J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?
J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple.
Le psaume 26 est particulièrement bien choisi pour nous faire comprendre ce qu’a pu être l’expérience de prière de la communauté qui s’est retirée à la chambre haute, après l’Ascension de Jésus. La prière est source d’illumination et de confiance (strophe 1). Elle est recherche ardente de la présence de Dieu et admiration de « sa beauté » (strophe 2). Enfin, elle est un dialogue constant (appels et réponses), et elle se prolonge en une méditation de la parole de Dieu (strophe 3).
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DEUXIÈME LECTURE | 1 Pierre 4, 13-16
« L’Esprit de Dieu, repose sur vous. »
Tant que nous accueillons l’Esprit Saint, nous n’avons rien à craindre puisqu’il nous met en communion avec le Christ, notre Sauveur. C’est l’expérience de Pierre, qui a connu des tribulations dès le début de sa mission, comme le relatent les Actes des Apôtres.
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (4, 13-16)
« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous »
Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. – Parole du Seigneur.
Pierre se garde bien de faire l’éloge de la souffrance. Car elle est parfois, hélas, le résultat de gestes indignes, entraînant de lourdes conséquences pour leurs auteurs. En revanche, Pierre parle, en connaissance de cause, des souffrances qui sont infligées à des personnes et à des communautés en raison de leur foi au Christ. À Rome et ailleurs dans l’Empire, les persécutions des chrétiens ont déjà commencé. L’apôtre rappelle à la communauté de Rome que ces souffrances, lorsqu’elles sont vécues en communion « aux souffrances du Christ », rendent gloire à Dieu et, paradoxalement, ne peuvent leur procurer que « joie » et « allégresse ».
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ÉVANGILE | Jean 17, 1b-11a
« Désormais, je ne suis plus dans le monde. »
Jean situe la dernière prière du Christ à son Père au jardin de Gethsémani, peu avant qu’il soit arrêté. Récapitulant toute sa mission, le Christ s’offre à son Père pour avoir part à sa gloire et, dans le même temps, il lui présente ses disciples afin qu’ils demeurent fidèles à la parole qu’ils ont reçue. Pour Jean, « le monde » désigne, non pas toutes les réalités terrestres, mais le lieu de ce qui s’oppose à sa mission.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 1b-11a)
« Père, glorifie ton Fils »
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifiemoi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »
Doit-on donner à cette prière de Jésus le nom de « sacerdotale » ? En fait, ce n’est pas le titre qui compte, mais bien le contenu. C’est d’abord et avant tout une prière filiale, centrée sur celui que Jésus appelle « le seul vrai Dieu ». C’est aussi une prière d’action de grâce où Jésus reconnaît la foi de ses disciples qui l’ont accueilli comme l’envoyé du Père et qui ont su garder sa parole. Enfin, la prière de Jésus est intercession en faveur des Apôtres qui vont demeurer « dans le monde » et qui auront la tâche de prolonger sa mission et son œuvre.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Jonathan Guilbault, directeur éditorial de Prions en Église Canada
La foi s’appuie sur les autres
«Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. » Le tableau, certes un peu idéalisé, que les Actes dressent des disciples réunis après l’Ascension met en relief une caractéristique essentielle de la prière chrétienne : elle engage à la fois l’intériorité de chacun et la vie du groupe. Ces deux aspects sont indispensables. Une foi qui ne touche pas en profondeur une personne, qui ne rejoint ni son expérience ni sa compréhension du monde, conduit tôt ou tard à une forme d’aliénation. L’histoire montre que bien des croyants se sont vu imposer une foi, y compris chrétienne, sans véritable écho intérieur ; il en est souvent résulté une adhésion superficielle et une source de malaise. À l’inverse, une foi vécue dans un isolement complet appelle à la vigilance. Lorsqu’une conviction n’est partagée par personne, il est sage de prendre du recul et d’examiner avec soin ses certitudes personnelles. Comme éditeur, je reçois trop souvent des manuscrits de personnes convaincues d’avoir reçu une révélation pour le moins singulière. La sagesse de Dieu se manifeste dans la manière dont il se révèle aux disciples. Jésus ressuscité dissipe les doutes de Thomas afin qu’il puisse accueillir pleinement la foi qui s’élabore. Mais pour l’assimiler et la faire mûrir, Thomas s’appuie sur les autres. Ce qu’il pressent comme juste est alors relu, confronté et affiné au cœur de la communauté des croyants




