14 juin - 11e dimanche du temps ordinaire - Clés de lecture
Publié le 05/01/2021Tous les hommes sont appelés à faire partie du peuple de Dieu. « Toute la terre m’appartient », déclare Dieu à Moïse. L’annonce de la Bonne Nouvelle, Jésus l’étend à toutes les nations. À sa suite, les premiers Apôtres ont pour mission de faire obstacle au mal et de remettre l’humanité debout. (Prions en Eglise)
SAMEDI 13 JUIN 2026
Messe anticipée à BARD-lès-PESMES (Célébrant : Abbé Jean Kita),
MONTARLOT-lès-CHAMPLITTE (Célébrant : Abbé Pierre Bergier), LA CHAPELLE SAINT QUILLAIN
DIMANCHE 14 JUIN 2026
10h00 - Messe à la BASILIQUE (Célébrant : Abbé Etienne Fétel)
10h30 - Messe à ARC-lès-GRAY (Célébrant : Abbé Jean Kita), à DAMPIERRE (Profession de foi et communion),
à MERCEY-sur-SAÔNE, à VALAY (Profession de foi et communion - Célébrant : Abbé Pierre Bergier)
« Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. » Matthieu 10, 7
CLÉS DE LECTURE - PRIONS EN ÉGLISE
PREMIERE LECTURE | Exode 19, 2-6a
« Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. »
Ce cours extrait du livre de l’Exode fonde la notion de « sacerdoce commun des baptisés » : dès la Première Alliance, Dieu choisit Israël pour en faire la lumière des nations. À sa suite, et grâce au baptême qui nous configure au Christ Vrai Prêtre, nous sommes envoyés dans le monde pour faire grandir le Royaume.
Lecture du livre de l’Exode (19, 2-6a)
« Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte »
En ces jours-là, les fils d’Israël arrivèrent dans le désert du Sinaï, et ils y établirent leur camp juste en face de la montagne. Moïse monta vers Dieu. Le Seigneur l’appela du haut de la montagne : « Tu diras à la maison de Jacob, et tu annonceras aux fils d’Israël : Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, comment je vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle et vous ai amenés jusqu’à moi. Maintenant donc, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples, car toute la terre m’appartient; mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. » – Parole du Seigneur.
« Pro-clamer », c’est clamer « pour ». À la messe, la parole de Dieu n’est pas simplement « lue », elle est dite, annoncée, « à » l’assemblée. Cette proclamation n’est pas le fait de la seule articulation des mots, elle demande d’apporter autant de soins à la ponctuation. Ainsi, dans cet extrait du livre de l’Exode, il y a double recours aux guillemets, ceux qui ouvrent la parole du Seigneur à Moïse (« Tu diras… ») puis ceux qui ouvrent le message que Moïse doit porter aux fils d’Israël (“Vous avez vu…”). Pour que tout cela soit bien rendu à l’oral, le lecteur doit bien s’y préparer.
Si le Seigneur a délivré son peuple du joug égyptien, c’est pour le conduire au désert du Sinaï, un lieu où il pourra lui parler seul à seul. Par l’intermédiaire de Moïse qui vient à sa rencontre sur la montagne, Dieu parle aux fils d’Israël. Parce qu’il veut se faire connaître des hommes tel qu’il est, il montre qu’il est amour et confiance. Il ne craint pas de choisir ce peuple « à la nuque raide » comme témoin de sa présence au milieu des hommes. Par ce choix, Dieu considère Israël comme un partenaire capable de jouer le rôle qu’il attend de lui : être pour lui un « royaume de prêtres, une nation sainte ». Mais le Seigneur ne donne jamais de mission sans assurer à celui qui la reçoit les moyens de l’accomplir : il suffit pour cela d’écouter sa voix et de garder son alliance.
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PSAUME | 99
« Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse ! »
Le peuple de Dieu est « peuple de prêtres » pour chanter sa gloire et proclamer son amour. Unissons nos voix à celles de tous ceux qui nous ont précédés : ensemble nous sommes « son peuple, son troupeau ».
Psaume 99
Refrain : Il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie ! Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge.
Le psaume 99 fait écho à la première lecture. Le peuple qui chante et qui invite aussi toute la terre à acclamer Dieu, c’est celui qui a été créé et établi par le Seigneur. Le servir ou venir à lui provoque l’allégresse et incite aux « chants de joie » parce que le Seigneur est bon, qu’il est fidèle et que son amour est éternel. En priant avec ce psaume, nous reprenons, nous aussi, aujourd’hui des mots que Jésus a utilisés pour se tourner vers son Père. Par sa mort et sa résurrection, ils se sont chargés d’un sens nouveau : nous sommes devenus l’Église du Seigneur, son peuple qui lui rend grâce. Nous ne sommes plus aujourd’hui comme les foules « sans berger » dont parle l’évangile. Le Christ, notre Pasteur, nous conduit vers son Père.
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DEUXIEME LECTURE | Romains 5, 6-11
« Si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils […]
à plus forte raison serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. »
Au cœur de toute célébration comme au cœur de notre existence chrétienne, il y a la mort et la résurrection de Jésus pour le salut de tous les hommes. Soyons heureux et fiers de cette grâce infinie, et témoignons de tant d’amour.
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 6-11)
« Si nous avons été réconciliés par la mort du Fils, à plus forte raison serons-nous sauvés en recevant sa vie » Frères, alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation. – Parole du Seigneur
L’apôtre Paul cherche lui aussi, à sa manière, à montrer combien l’amour de Dieu pour les hommes est grand. Il explique aux disciples de la communauté de Rome que si le Christ a donné sa vie pour nous, ce n’est pas en récompense de nos mérites, mais gratuitement. Nous n’y sommes pour rien, seul le sang du Christ fait de nous des justes. Par sa mort et sa résurrection, nous sommes réconciliés avec Dieu. Si nous sommes déjà sauvés, il nous faut cependant vivre en enfants de Dieu en ayant part à la vie du Christ.
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ÉVANGILE | Matthieu 9, 36 – 10, 8
« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Dans son abaissement (incarnation du Verbe), Dieu va jusqu’à associer les hommes à l’annonce du Royaume. Jésus a livré son corps et versé son sang pour sauver toute l’humanité, mais il nous confie la mission d’en témoigner, avec le soutien de sa grâce.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 36 – 10, 8)
« Jésus appela ses douze disciples et les envoya en mission »
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre; André son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère; Philippe et Barthélemy; Thomas et Matthieu le publicain; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Nous sommes dans la continuité de la première lecture. Jésus est touché par les foules « désemparées et abattues comme des brebis sans berger ». Qui témoignera auprès d’elles de l’immense amour divin ? Comme Dieu fit confiance aux fils d’Israël au désert, Jésus compte sur ses disciples pour révéler la tendresse de Dieu et l’avènement prochain de son règne. Il choisit douze Apôtres (même nombre que celui des tribus d’Israël). Il n’épluche pas leur CV ni ne passe par un cabinet de recrutement. Il les envoie pour témoigner comme lui de l’amour miséricordieux du Seigneur auprès des foules abandonnées par les chefs religieux d’alors. Un amour qu’ils manifesteront en accomplissant comme leur maître des gestes de guérison et de libération du mal.
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COMMENTAIRE DU DIMANCHE
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
DU COEUR COMPATISSANT DU CHRIST
J ésus appelle ses disciples, les envoie, leur donne pouvoir et leur détaille ses prescriptions. La mission qu’il leur confie naît de son cœur compatissant. L’évangile s’ouvre en effet sur un regard de Jésus jeté sur les foules « désemparées et abattues ». Ainsi, avant même d’envoyer les disciples vers ces foules, Jésus voit ; avant de donner des consignes, il aime ; et avant de confier la mission, il compatit. Pour les disciples, la mission commence par la prière. On ne s’envoie pas soi-même, on est envoyé. L’initiative appartient au Maître de la moisson. Le pouvoir qu’ils reçoivent n’est pas le leur : il leur est donné. Les disciples ne parlent pas en leur nom, ils proclament ce que Jésus lui-même proclame : « Le royaume des Cieux est tout proche. » Ils n’agissent pas de leur propre autorité, ils exercent l’autorité reçue du Christ. L’énumération de leurs noms donne à penser que la mission est confiée à des hommes concrets, divers et fragiles. Le contenu et le cadre de la mission sont connus : il s’agit d’aller vers « les brebis perdues de la maison d’Israël », de proclamer la proximité du Royaume, de guérir les malades, de ressusciter les morts, de purifier les lépreux, d’expulser les démons. La mission est parole et action. Elle annonce et elle restaure. Elle proclame un Royaume qui s’approche et elle en donne déjà les signes. Finalement, ce que les disciples ont reçu gratuitement, ils doivent le donner gratuitement. Tout est là. Le disciple n’est pas propriétaire de la grâce, il en est le serviteur. Ce qu’il a reçu sans mérite, il doit le transmettre sans calcul. La gratuité est la marque du Royaume.




