27 septembre : l'Eglise universelle célèbre la 112ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié
Publié le 05/01/2021Thème retenu : « Même pour un seul de ces petits ».
Référence biblique : L’Évangile selon saint Matthieu
(« Quiconque accueille un seul de ces petits en mon nom, c’est moi qu’il accueille », Mt 18,5)
Par ces mots, le Saint-Père souligne avec force les défis actuels liés aux migrations, qui mettent en péril les droits et la dignité des plus fragiles, en particulier les enfants et les mineurs.
Face à ces réalités, l’Église rappelle son engagement constant en faveur de l’accueil, de la protection et de l’accompagnement des personnes migrantes et réfugiées. La sollicitude envers les plus petits nous appelle à des réponses concrètes, à la fois urgentes et empreintes de fraternité.
Cette journée est une invitation adressée à tous : communautés paroissiales, associations, fidèles et acteurs de terrain, à se mobiliser, prier et agir pour que chaque personne, « même la plus petite », soit reconnue, accueillie et respectée dans sa dignité.
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L’édito de la JMMR 2026 : « Même pour un seul de ces petits ? »

Cette affirmation peut nous surprendre.
En tous cas, elle vient donner un sens à la pastorale des migrants.
Je veux d’abord rendre grâce à Dieu pour vous qui lisez ces lignes et qui êtes courageusement engagés dans l’accueil des enfants, femmes et hommes qui ont dû migrer de leur terre à leur corps défendant et sont entrés dans une nuit de leur existence.
Vous avez effectivement conscience que les migrants n’auraient jamais dû partir de chez eux pour le plaisir de visiter tel ou tel pays.
Vous avez aussi conscience des difficultés de l’accueil c’est pourquoi vous ne vous improvisez pas seuls dans l’action, mais vous avez cet instinct de rejoindre des organisations, de constituer des collectifs, pour accompagner dans la durée.
Et souvent, vous vivez des formes d’échec : les OQTF, l’administration, mais aussi chez les migrants, les psychismes abîmés, les dérives des uns ou des autres, les errances qui continuent.
Bref, il vous arrive parfois de toucher du doigt l’impossibilité de trouver des solutions.
Alors, il peut souffler à tel ou tel moment la tentation d’une forme d’usure et de découragement dans des chemins qui ne mènent nulle part, les mêmes chemins qu’empruntent les migrants.
À quoi bon ? Cela vaut-il la peine de se battre contre vents et marées ?
Oui, cela « vaut la peine » au sens propre de cette expression : la peine est d’une grande valeur.
La peine n’est pas la pitié condescendante devant ces malheureux dont parlait Saint Paul : « J’aurais beau donner toute ma fortune aux affamés, s’il me manque l’amour, je ne suis rien ».
Quelle grandeur d’avoir reçu ce don d’être capable de souffrir de la souffrance de l’autre. Avoir soif de la soif de l’autre. Et plus fondamentalement encore, de souffrir de la souffrance même du Christ pour ceux qui souffrent.
La pastorale des migrants est une étincelle de vie dans l’obscurité et l’incertitude partagées avec les migrants ; notre pastorale rejoint la lumière dont parlait Jean de la Croix dans son poème ‘La nuit obscure’ : « Sans autre guide ni lumière que celle en mon cœur qui brûlait ».
Dans l’obscurité des combats, ne cessons d’entendre la parole de Jésus qui brûle au cœur de chacun comme un joyau secret, comme une ultime chance : « pour un seul de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Oui, même pour un seul de ces petits !
Mgr. Jean-Louis Balsa, évêque accompagnateur de la Pastorale des Migrants
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Message du Saint-Père Léon XIV
pour la 112e Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés
Chers frères et chères sœurs !
D'année en année, la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié nous invite à porter notre regard sur différents aspects du phénomène complexe de la migration. Pour cette 112 Journée, le thème « Même un seul de ces enfants > attire notre attention sur les mineurs directement touchés par l'expérience de la migration et de l'exil, sur la sollicitude à leur égard et sur la promesse du Seigneur selon laquelle « quiconque accueille en mon nom ur enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille » (Мc 9, 37).
Lire ici l'intégralité du message du pape Léon XIV
Dans ce texte, Léon XIV invite à reconnaitre les mineurs parmi les migrants et à les accueillir. Il appelle les fidèles, les acteurs ecclésiaux et les institutions civiles à œuvrer pour leur protection et intégration, tout en exhortant les pays d’origine à intervenir pour éliminer les causes qui poussent leur jeunesse à fuir.
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
Le titre du message avait déjà été rendu public en avril dernier par le dicastère pour le Service du développement humain intégral. Quelques mois plus tard, à la veille de la solennité de l’Assomption, le Vatican en dévoile la sève. Pour la 112e journée, qui sera célébrée le 27 septembre, le Pape invite les fidèles à tourner leur attention vers les «mineurs directement touchés par l’expérience de la migration et de l’exil», faisant écho avec le message du Pape François pour la journée mondiale de 2017. Léon XIV appelle ainsi à regarder ces jeunes poussés à l’exil, mais aussi à s’interroger sur la «sollicitude à leur égard» et sur «la promesse du Seigneur» selon laquelle «quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille» (Mc 9, 37).
- Les mineurs déplacés, une réalité complexe de vulnérabilité
Au sein des flux migratoires mondiaux, les mineurs sont les plus vulnérables rappelle le Souverain pontife. «Chaque année, des millions d’enfants et d’adolescents sont contraints de quitter leur terre en raison des guerres, de la pauvreté, des violences, des catastrophes environnementales et d’autres tragédies; et malheureusement, leur nombre ne cesse d’augmenter» déplore Léon XIV. Dans cette tragédie, dont les souffrances engendrées dépassent le simple fait de se déplacer, le Pape distingue des responsabilités partagées à plusieurs échelles, aussi bien économiques, politiques et militaires. Les mineurs sur la route de l’exil sont témoins de violences, vivent l’angoisse de l’isolement ou encore la séparation de leurs parents à la suite de rapatriements.
À ce scénario déjà dramatique s’ajoutent d’autres tragédies, énumère le Saint-Père: «les morts sur les routes migratoires, la traite et l’exploitation, le recrutement de mineurs pour les conflits armés, la violence sexuelle, les mariages forcés et les atrocités subies ou observées au cours du voyage».
Et pourtant, souligne Léon XIV, «au milieu de tant de ténèbres, la lumière de la solidarité ne manque pas». Le Successeur de Pierre invite les fidèles à penser aux personnes, familles, institutions civiles et communautés ecclésiales qui choisissent de ne pas détourner le regard et d’accueillir, souvent bénévolement, ces mineurs dans le besoin. «Par leur engagement, affirme Léon XIV, ils témoignent que l’amour peut vaincre l’indifférence».
- Accueillir, un acte de foi
Dans son message, Le Pape invite à méditer sur l’extrait de l’évangile selon Saint Mathieu choisi pour cette 112e journée: « Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi » (Mt 18, 5). L’Évangile défie toute logique basée sur des chiffres ou des calculs, en soulignant que ne pas accueillir ne serait-ce qu’un seul de ces enfants reviendrait à tourner le dos à Jésus. Car « chaque enfant, chaque être humain possède une dignité infinie », rappelle le Pape. « Il est à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26), il est la présence du Seigneur ».
“ Face à chaque mineur migrant, nous sommes appelés à accomplir un acte d’humanité et de foi: c’est en effet dans l’enfant que nous pouvons accueillir et rencontrer le Seigneur.”
Pour ce faire, Léon XIV exhorte à agir à deux niveaux: aussi bien «dans les pays d’origine pour éliminer les causes éventuelles qui les poussent à fuir», qu’en «offrant protection et accueil dans les pays de transit et d’arrivée». «Nous ne pouvons rester indifférents, ni nous habituer à tant de souffrances» martèle le Pape.
- Reconnaitre l’enfant avant le migrant
Le message de cette journée invite ainsi à «reconnaître l’enfant dans sa dignité, avant même sa condition de “migrant”» et «à protéger ses droits fondamentaux: à la vie, à l’éducation, à un niveau de vie qui lui permette de grandir et de s’épanouir pleinement sur les plans physique, mental, spirituel, moral et social».
Un appel à la responsabilité que le Pape Léon XIV adresse à tous. Premièrement, aux fidèles, à qui le Saint-Père confie la mission d’ouvrir les yeux et le cœur «pour écouter attentivement l’histoire, les craintes et les rêves de chacun d’eux».
Ensuite, aux acteurs dans la vie ecclésiale à qui le Pape exhorte à faire «de l’accueil non plus un concept abstrait, mais une pratique pastorale durable». «Nous ne pouvons pas nous contenter de déléguer cette tâche à des institutions ou à des associations dotées d’un charisme spécifique» explique Léon XIV. «Il faut encourager les communautés chrétiennes à intégrer et à valoriser les réfugiés et les migrants en tant que membres à part entière de la famille ecclésiale, en favorisant de nouveaux parcours éducatifs et spirituels, y compris personnalisés, qui dépassent la logique du simple assistanat».
Troisièmement, ces enfants doivent être accueillis «dans l’horizon des différentes religions», car «la vulnérabilité des plus petits ne connaît pas de frontières confessionnelles» et unit au contraire dans «une responsabilité humanitaire et spirituelle commune». Les communautés de foi «sont appelées à créer des espaces où chaque fille et chaque garçon soient respectés et valorisés dans leur identité culturelle respective, afin de prévenir le risque de radicalisation par des groupes extrémistes».
Enfin, l’hospitalité dans le contexte des institutions civiles. Les institutions publiques et privées sont tenues de placer au centre leurs préoccupations la protection et la dignité de chaque enfant et adolescent, ce qui implique l’adoption d’outils juridiques de protection efficaces, «en favorisant le regroupement familial et en évitant les traumatismes liés à la séparation». Rappelant son discours devant le Parlement à Madrid le 8 juin dernier lors de son voyage apostolique en Espagne, le Pape appelle à un changement urgent de perspective en déplaçant le centre du débat de la simple gestion des flux migratoires vers «une réponse coordonnée, solidaire et efficace est indispensable, capable de garantir la protection, l’accueil et de réelles opportunités d’intégration à ceux qui émigrent».
Prière pour la 112e Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés
Prière universelle

En cette journée de prière pour les migrants et les réfugiés du monde entier,
Seigneur, nous nous tournons vers toi avec confiance, pour que tu ouvres notre cœur et notre esprit pour mieux accueillir, respecter, réconforter, tous les petits que nous croisons sur nos routes humaines.
Refrain : Sûr de ton amour et fort de notre foi, Seigneur nous te prions
Pour tous ceux qui ont, de nos jours, pris le chemin de l’exil à la suite de la longue cohorte des migrants et déplacés qui se succèdent de génération en génération. Ensemble, Seigneur, nous te prions.
Pour nos communautés paroissiales, nos mouvements d’Église, que tous nous sachions te reconnaître dans chacun de ces petits que le monde rejette. Ensemble, Seigneur, nous te prions.
Pour les dirigeants des pays du monde entier, surtout ceux plus préoccupés par leurs propres intérêts, qu’ils retrouvent l’esprit de solidarité, de partage, du respect de la dignité de toute personne humaine. Ensemble, Seigneur, nous te prions.
Pour un seul de ces petits, Seigneur tu t’es arrêté, tu as écouté, tu as fait preuve de compassion, apprends-nous à aimer comme tu aimes. Ensemble, Seigneur, nous te prions.
Nous t'en supplions Seigneur, toi qui t’es toujours fait proche des plus petits, souviens toi de ton amour pour tous les déplacés, exilés de la terre et daigne exaucer nos prières, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen
Source : Missions et Migrations / CEF
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