Accompagner des catéchumènes, une belle mission d’Église
Néanmoins, pour les accompagner sur le chemin de la foi il est bon d’être formé et de prendre conscience que cette mission participe à la mission évangélisatrice de l’Église.
Roland Lacroix s’empare de cette question de l’accompagnement dans un guide pastoral très accessible « Accompagner les catéchumènes »[1]. Nous vous en partageons ici quelques points d’attention.
Comme nous le répétons souvent en Franche-Comté : « On n’est pas chrétien tout seul ! »
C’est au sein d’une communauté que les accompagnateurs reçoivent leur mission. Et l’accompagnement se vit toujours en lien avec la communauté et plus largement avec l’Église (l’évêque et son service diocésain).
En effet, c’est bien l’évêque qui veille sur les catéchumènes. Le RICA (Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes) au n° 126 précise qu’il a pour mission d’appeler les adultes aux sacrements de l’initiation (baptême, confirmation, eucharistie) au moment de l’appel décisif. De même, le n° 47 du RICA précise que l’évêque « dirige le service pastoral du catéchuménat ». Il délègue d’ailleurs cette fonction à son service diocésain du catéchuménat et à son responsable ; d’où l’importance de rester en lien avec la communauté locale et le service diocésain.
Cependant, il nous faut bien garder en mémoire que c’est « l’ensemble du peuple de Dieu qui a la responsabilité de l’initiation chrétienne des adultes et plus précisément la communauté chrétienne au sein de laquelle ils cheminent[2] »

C’est le Christ qui initie
Au IVe siècle, l’évêque Jean Chrysostome disait aux catéchumènes qui se présentaient au baptistère : « Le Christ est là qui t’initie pour la nouvelle naissance par l’eau et par l’Esprit[3] » C’est très clair ! C’est le Christ qui initie et c’est bien lui le maître et non l’accompagnateur. En effet, la mission de l’accompagnateur est de marcher à côté du candidat. Il respecte son rythme. Il a tout d’abord pour mission de favoriser la rencontre avec le Christ ; de permettre que l’accompagné rentre non seulement « en contact mais en communion, en intimité avec Jésus Christ[4]»
L’accompagnateur aura à vivre un travail de lâcher-prise : c’est l’Esprit Saint qui travaille au cœur de chacun. Néanmoins, l’accompagnateur a pour mission d’être là, bien présent. Il est l’aîné dans la foi qui va permettre le « bain ecclésial [5]» du candidat. Pour Roland Lacroix, c’est en effet un paradoxe : il est nécessaire de tenir la mise en œuvre d’un processus catéchétique et liturgique dans l’itinéraire catéchuménal et en même temps un certain lâcher prise dans l’action de l’Esprit Saint au cours de ce processus.
Le cheminement de chacun se vit dans toute sa dimension humaine et spirituelle, l’un ne va pas sans l’autre. L’accompagnateur veillera à une certaine forme de distance et cela commence par le vocabulaire employé : ce ne sont pas « nos » ou « mes » catéchumènes.
Accompagner un chemin de conversion
De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de conversion ? Nous avons tous nos représentations mentales de la conversion. On pourrait aussi rétorquer qu’il y a autant de conversions que de convertis et que nous sommes toujours tous dans un processus qui ne cessera sans doute jamais.
Et pourtant, l’accompagnateur a pour mission de discerner avec le candidat la manière dont Dieu le rejoint, dont Dieu lui parle et quel sens cela prend dans sa vie.
La conversion c’est une mise en route à l’image des disciples de Jésus qui le suivent dans la confiance sans savoir ce qui les attend. C’est donc une histoire de vie qui prend une direction nouvelle et une histoire de foi qui se déploie à la suite de Jésus. Même s’il y a eu un élément déclencheur l’on sait que la conversion va se déployer dans le temps. C’est un mouvement intérieur, une transformation qui est à accueillir. C’est un don de Dieu que le catéchumène aura à déployer. En somme, c’est l’action de Dieu qui rencontre la liberté humaine.
Accompagner des catéchumènes c’est accompagner cette conversion, pas à pas, avec délicatesse en tenant l’itinéraire qui conduit aux sacrements de l’initiation chrétienne.
L’importance de la Parole
Tout au long du chemin la parole de Dieu à travers la bible sera au cœur des échanges. Elle est fondamentale et est d’ailleurs présente dans toute catéchèse que ce soit celle des enfants, des adolescents ou des adultes.
C’est dans le compagnonnage que le candidat va découvrir petit à petit Dieu qui lui parle de diverses manières. L’accompagnateur reste le garant de la transmission de cette Parole.
C’est le désir de Dieu qui est à tenir en éveil que le pape François évoque ici : « […] ce soir nous sentons que nous avons beaucoup de choses en commun. Nous en avons surtout une : le Désir de Dieu. Ce désir est évoqué par les paroles du Psalmiste : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. Mon âme a soif de toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m’avancer, paraître face à Dieu ? » (Ps 42, 2-3). Il est très important de maintenir en vie ce désir, ce désir de rencontrer le Seigneur et de partager son expérience, son amour, sa miséricorde ![6] […]»

Nous vous avons donné ici quelques grandes lignes. Pour aller plus loin et pour mieux appréhender votre mission d’accompagnateur, nous vous invitons à suivre cette formation en ligne proposée par l’ISPC (Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique) : n’hésitez-pas à vous inscrire ! https://www.icp.fr/a-propos-de-licp/presse/theolib-la-formation-en-toute-simplicite-a-distance. Nous vous proposons de suivre cette formation à plusieurs, soit dans votre secteur (paroisse – doyenné), soit au Centre Diocésain à Besançon. Merci de vous faire connaitre dans les meilleurs délais : sdcatechumenat@diocese-besancon.fr / 03 81 25 28 15
Mireille Joly
[1] ROLAND LACROIX, Accompanger les catéchumènes, Salvator, Paris, 2022, 175 p.
[2] Ibid, p 17.
[3] JEAN CHRYSOSTOME, Huit catéchèse baptismales, Cerf, « Sources chrétiennes » n° 50 bis, Paris, 1970, p. 143.
[4] Exhortation apostolique Catechesi Tradendae, n°5.
[5] Texte National d’Orientation de la Catéchèse en France, Bayard-Cerf-Fleurus-Mame, Paris 2006, p30.
[6] Discours du pape François, le 23 novembre 2013.




