Comment continuer d’accompagner les néophytes ? — Service diocésain de la catéchèse et du catéchuménat

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Comment continuer d’accompagner les néophytes ?

Dans notre diocèse 92 adultes et adolescents ont été baptisés la nuit de Pâques. C’est une grande joie pour l’Église que d’accueillir et d’accompagner ces nombreux catéchumènes. Néanmoins, prendre soin de ces jeunes baptisés et continuer de les accompagner reste une mission à investir par nos communautés.

Dans nos communautés nous avons maintenant pour habitude d’accueillir des catéchumènes. En effet, chaque année ils sont de plus en plus nombreux à demander les sacrements de l’initiation. Ils cheminent pendant 18 mois à 2 ans avec leurs accompagnateurs pour mieux connaître le Christ et s’inscrire à sa suite. Souvent, ils sont dans un groupe avec d’autres catéchumènes et sont alors bien soutenus. Et puis, le jour du baptême, de la confirmation et de la première communion passé, ils sont alors invités à prendre leur place dans la communauté en tant que nouveaux baptisés. Ils portent le nom de néophytes ce qui signifie en grec « nouvellement planté » ou nouvelle pousse. On voit bien alors toute la fragilité que cela entraine et les jardiniers ne sont pas les seuls à la visualiser. En effet, une nouvelle pousse demande de l’attention et du soin de chaque jour.

Intégrer les néophytes 

Dans son encyclique La joie de l’évangile le pape François précise au sujet de l’Église : « Il en va de mettre au monde les nouveaux baptisés et de sa responsabilité de ‘’mère au cœur ouvert’’[1] ». Le ton est donc donné. Il s’agit bien d’une nouvelle naissance et il est vital de prendre soin de ces nouveaux baptisés puisque ce sont des « débutants dans la foi » comme le précise Roland Lacroix dans son guide pastoral. Il ajoute : « Cette métaphore de l’Église-mère rappelle aussi que les catéchumènes sont considérés comme chrétiens, ‘’intégrés’’ dans l’Église dès l’entrée en catéchuménat [2]». On voit ici que le chemin est à vivre en lien avec la communauté dès l’entrée en catéchuménat, jusqu’à la réception des sacrements de l’initiation et encore après.

Dans certaines communautés les catéchumènes sont invités à s’approcher d’un service ou mouvement d’Église pour déjà en percevoir toute la dimension. Certains sont assidus à l’eucharistie dominicale très rapidement. Des ‘’parrainages’’ dans quelques paroisses se sont mis en place avec des personnes relais de la communauté (autres que les accompagnateurs et les parrains et marraines). 

Recevoir leurs charismes

Et pourtant nous faisons le constat avec Roland Lacroix que « les nouveaux baptisés n’entrent pas facilement dans la vie de la communauté paroissiale [3] ». 

En effet, combien de paroissiens ont dit et continuent de dire : « On ne les voit plus maintenant qu’ils sont baptisés ! »

Le sujet de fond est bien celui de l’intégration. Or, il s’agirait plus justement d’accueillir les néophytes en prenant en compte leurs charismes. S’inscrire alors dans un véritable partage entre néophytes et communauté et ainsi dépasser une représentation de l’accueil souvent trop passive. Roland Lacroix pose très justement la question : « Les néophytes nous manquent-ils vraiment ?[4] ». Sommes-nous prêts à nous laisser déplacer ?

 accompagnateurs et parrains-marraines, quel est leur rôle ?

Le rôle de l’accompagnateur est ici premier. Lorsque les sacrements ont été célébrés l’accompagnateur se doit de veiller au lien avec la communauté s’il ne l’a pas déjà fait. Les paroissiens ont pour mission alors de prendre en compte ces néophytes comme des débutants dans la foi : délicatesse, attention, patience, pédagogie, écoute etc.

Le rôle des parrains et marraines n’est pas anodin, ils sont des aînés dans foi. Ils ont pour mission d’accompagner leurs filleul(e) à la manière d’un tuteur. Ils sont le soutien dans la foi dont ont besoin les nouveaux baptisés. À noter que le RICA au n° 240 précise que les néophytes « apprendront avec leurs parrains et marraines à participer à la messe ». Le Temps pascal, temps de la mystagogie, est dédié à cela. Toujours au n° 240 le RICA invite à ce que « pendant le Temps pascal, aux messes du dimanche, les néophytes seront groupés en un même endroit dans l’assemblée des fidèles ». 

 

En conclusion 

Roland Lacroix pose très justement la question : « Comment permettre aux néophytes de passer de la conversion à la vocation ? [5]». C’est bien cela la question du disciple : À quoi Dieu m’appelle-t-il ? 

Isabelle Morel y répond ainsi : « C’est la relation au Christ qui est première, fondatrice de tout appel et de toute vocation […] Le point de départ est bien l’appel à l’amitié avec le Christ, mais qui se décline ensuite dans le fait d’être au service des autres, avec amour, dans la famille, au travail ou dans une consécration particulière. Nous sommes tous concernés car tous appelés à répondre à notre vocation de baptisés : témoigner de Jésus Christ vivant ![6] »

 

Mireille Joly

 

 

 

 

 

[1] FRANÇOIS, La joie de l’Évangile, n° 46-49

[2] LACROIX Roland, Accompagner les catéchumènes, Guide pastoral, Salvator, Paris 2022, p. 125

[3] Ibid, p. 125

[4] Ibid, p. 126

[5] Ibid, p. 141

[6] MOREL Isabelle, Transmettre la foi en temps de crise, Cerf, Paris, 2020, p.79

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