Mais alors Noël, c'est l'anniversaire de Jésus ?
Fêter la naissance de Jésus
La fête de la Nativité du Seigneur n’est pas la fête la plus ancienne du calendrier liturgique, elle apparaît bien après les fêtes de Pâques, de l’Épiphanie ou encore de la Pentecôte. Ces fêtes ont toutefois en commun le but de faire mémoire d’un épisode de la vie de Jésus Christ et de l’Église. Notre foi ne repose pas sur une mythologie, ou sur des histoires pour enfants, mais sur la vie d’un homme dont l’existence n’est pas sérieusement mise en doute aujourd’hui.
La date du 25 décembre est proche du solstice d’hiver à partir duquel la durée du jour augmente, ainsi « la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jn 1, 5). Certains exégètes affirment également que cette date est compatible avec la date de la naissance de Jean le Baptiste.
En un sens donc, on fête chaque année à Noël l’anniversaire de Jésus, un événement historique. Mais il est rare dans les familles de souhaiter l’anniversaire de quelqu’un qui n’est plus là, ou qui est mort. Si l’on continue à fêter Noël, c’est bien que Jésus est toujours vivant et présent au milieu de nous. Bonne nouvelle !
Est-ce que Jésus nait chaque année
Fêter chaque année l’anniversaire de Jésus, c’est déjà bien, mais la liturgie de l’Église va encore plus loin ! Lors de la messe du jour de Noël la prière après la communion précise : « puisque le Sauveur du monde, en naissant aujourd'hui, nous a fait naître à la vie divine, que sa générosité nous accorde aussi l'immortalité. » Nous comprenons donc que Jésus naît chaque année à Noël.
Nos fêtes liturgiques ne sont donc pas de simples rappels d’événements anciens, comme on commémore la fin de la Première Guerre mondiale tous les 11 novembre. Mais elles rendent présent le mystère qu’elles célèbrent. Concrètement, nous accueillons la naissance de Jésus comme si nous étions les bergers de Bethléem. Nous sommes invités à la même joie : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Lc 2, 11).
On comprend alors que la procession de la statue de l’enfant Jésus vers la crèche, le soin consacré à la décoration de l’église et à la beauté de la célébration, l’encensement de la crèche sont autant d’éléments qui aident petits et grands à se réjouir aujourd’hui de l’incroyable nouvelle. Souhaitons que chacun puisse ouvrir son cœur au soir ou au matin de Noël.
Quant aux cadeaux, voyons les d’abord comme une évocation du grand don que Dieu fait à tous les hommes en leur envoyant son Fils unique ! Alors, leur abondance ou leur simplicité, la joie ou les incompréhensions et les jalousies qu’ils pourront susciter, nous parleront également du Christ.
Emmanuel Barsu, prêtre




