Tu y crois toi au diable ? — Service diocésain de la catéchèse et du catéchuménat

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Tu y crois toi au diable ?

Il y a quelques années le dialogue d’un film d’horreur mettait cette affirmation dans la bouche d’un prêtre exorciste : « Choisir de ne pas croire au diable ne vous protègera pas de lui . » Un fidèle catholique doit-il souscrire à une telle parole ?

Qu’en disent l’Écriture et l’Église ?

À plusieurs reprises les récits bibliques mettent en scène un personnage désigné comme un serpent, ou nommé Satan, diable, ou tentateur. Il se caractérise par son opposition à la volonté de Dieu et sa capacité à user de tous les moyens pour parvenir à ses fins. S’il parle aussi bien avec Dieu et avec les hommes, il n’est ni l’un, ni l’autre.

Dans l’œuvre johannique, il est l’acteur principal de l’opposition entre la lumière et les ténèbres, entre Dieu et le monde. Il est « prince de ce monde » (Jn 14, 30), « le Satan, le séducteur du monde entier » (Ap 12, 9). Un rapport de force existe donc entre le diable et Dieu, dont les hommes sont l’enjeu. « C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu » (1 Jn 3, 8). La mission de Jésus Christ sur la terre vise à y établir le règne de Dieu au milieu des hommes.

Mais d’où vient le diable ? La doctrine chrétienne fait de lui le chef des démons, ces anges (créatures spirituelles, sans corps) qui ont choisi librement de ne plus servir et adorer Dieu, mais de s’opposer à lui. « Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c’est eux qui se sont rendus mauvais » (concile de Latran IV, 1215). Leur choix est irréversible. Pour eux pas de conversion possible car ils ont choisi en pleine connaissance.

Ne pas croire au diable mais reconnaitre son existence

Certaines personnes estiment que le diable biblique est davantage une figure du mal qu’un être réel. L’Église a toujours affirmé son existence personnelle. Il ne s’agit certainement pas de croire au diable quel que soit le sens du verbe croire. En effet, on peut croire quelque chose lorsque l’information est douteuse, voire fausse (croire que). Mais croire signifie aussi donner sa confiance à une personne (croire quelqu’un). Il y a un troisième sens lorsqu’on s’engage avec la personne en qui l’on croit (croire en une personne).

Nous, catholiques, croyons en Dieu, Père et Fils et Saint Esprit ; nous engageons notre vie avec lui. Nous mettons notre foi en lui seul. À partir de notre foi et de l’expérience du mal, que nous faisons tous à des degrés divers, nous pouvons affirmer l’existence du diable « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44). De toute façon il serait impossible de croire un menteur ou de lui donner sa confiance, encore moins de s’engager pour lui. Évitons toute forme de fascination pour Satan et ses pompes.

Action du diable et responsabilité personnelle

Reconnaître l’existence du diable, pourrait enfin avoir comme effet de nous déresponsabiliser. Le péché ne serait plus notre faute, mais le seul fait du diable à travers nous, lui qui nous manipule si bien. « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » (Gn 3, 13). Un tel raisonnement qui fait disparaître toute espèce de conscience et de liberté chez l’homme, n’est pas tenable. À chaque fois que nous commettons un péché, il s’agit bien d’un choix que nous faisons personnellement en nous laissant tenter.

Toutefois nous croyons que « là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. » (Rm 5, 20). Ainsi le diable, le mal et le péché n’auront pas le dernier mot, mais l’amour miséricordieux de Dieu. Nous pouvons alors espérer être sauvés, si toutefois nous engageons nos forces dans le sens du refus du diable.

Emmanuel Barsu, prêtre

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