Noël - Messe de la Nuit — Cathédrale Saint-Jean Saint-Etienne

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Noël - Messe de la Nuit

22h - Veillée musicale de Noël par Jean Mislin, organiste
22h30 - Messe présidée par Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon
  • Quand

    le 24/12/2022 de 22h30 à 23h30

  • Cathédrale Saint-Jean

  • Contact

  • Participants

    Mgr Jean-Luc Bouilleret

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Calendrier des célébrations de Noël et du Jour de l'an dans le Diocèse de Besançon

Frère François Cassingena-Trévedy o.s.b., moine de l’Abbaye de Ligugé, artiste et poète, enseignant à l’Institut Supérieur de Liturgie à Paris, nous donne un éclairage sur cette fête de Noël.

Messe de Minuit

            Minuit. Milieu de la nuit. Milieu de Dieu-même. Milieu de son éternel mystère qui est à la fois ténèbres (Ex 19, 16) et lumière (Mt 17, 5 ; 1 Jn 1, 5). Milieu de son Secret. « Étable obscure » où Celui qui est (Ex 3, 14) se révèle en même temps qu’il se donne. Car la Messe de cette Nuit nous fait un Pain de l’intimité même de Dieu. Elle nous donne à entendre, dès son chant d’entrée, cela même qui se dit dans l’entre-deux du Père et du Fils, cela même que le Fils murmure au Père dans le silence éternel de son Acte de Naissance : Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils : Moi, aujourd’hui, Je T’ai engendré (Ps 2, 7). Elle nous fait assister à cela même qui a Lieu en Dieu, et qui est l’éternelle Naissance du Fils que le Père se donne avec le dessein de nous le donner. Cet Événement-là est d’une majesté infinie et c’est lui – lui d’abord – que, loin de toutes les profanations mondaines, de toutes les réductions infantiles, la liturgie de Noël nous fait contempler, si bien que, pauvres petits santons que nous sommes, nous pouvons entrer dans la joie de notre Seigneur, partager le tressaillement de la joie qu’il éprouve à être Fils : Je te bénis, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits… Nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler (Lc 10, 21-22). Le titre qui nous fait entrer dans la joie filiale de notre Aîné, dans la joie de notre propre filiation, c’est notre baptême.

            Peuple marchant dans les ténèbres (Is 9, 2) à travers une Nuit sainte qui dialogue avec celle de Pâques dans le grand équilibre liturgique de l’année chrétienne, nous faisons station à la Crèche incréée où, dans Sa propre Intimité qui est Communion, le Père « met bas », s’il se peut oser dire, son propre Fils. Et voilà que, dans la logique de l’Amour, parce que Dieu est amour (1 Jn 4, 8), cette Nativité éternelle et invisible du Fils rejaillit sur nous depuis ses hauts domaines ; elle se « traduit » pour nous, au cœur de notre histoire, dans une crèche créée où le Fils, né d’une femme (Ga 4, 4), commence avec nous une aventure existentielle qui, jusqu’à la mort sur une croix (Ph 2, 8), fera de lui l’Homme crucial : celui en qui toutes les lignes de vies humaines peuvent se donner rendez-vous. Ce petit d’homme, la femme le met bas, elle aussi (Lc 2, 7), dans une pauvreté et une précarité qui seules sont à sa hauteur, parce qu’elles le mettent d’ores et déjà de plain-pied avec tous les pauvres auxquels il annoncera le Royaume. Cette naissance en plein air, cette naissance nomade, presque animale – avec les bêtes sauvages et les anges (Mc 1, 13) – cette crèche entière de la Création raconte magnifiquement la gloire de Dieu, subversive de toutes nos gloires terrestres.

            Mais la Crèche éternelle dans le sein du Père (Jn 1, 18) et la crèche historique dans les montagnes de Judée (l’évangile lucanien de la Nativité est d’abord une page théologique) appellent une autre crèche encore, la troisième, si l’on veut, en notre propre intimité. Car c’est en nous, finalement, que Noël prend naissance. C’est en nous, au plus bas, que Jésus s’invite cette nuit : Descend vite ! Aujourd’hui il faut que je demeure chez toi (Lc 19, 5). Le Mystère de Noël est donc abyssal : en nous comme en Dieu. En cette minuit un cri retentit tout bas, un cri qui réclame notre chair pour que nul d’entre nous ne manque à la chair de Dieu, un cri qui réclame notre humanité pour que rien ne manque à l’Homme parfait (Ep 4, 13) : Voici l’Époux qui vient : allez à sa rencontre ! (Mt 25, 6).

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