Finir l’année liturgique — Diocèse de Besançon

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Finir l’année liturgique

Publié le 03/11/2026
D’année en année la liturgie de l’Église déploie invariablement la même succession de fêtes, solennités et mémoires, les unes liées au jours calendaires (Noël, 15 août, Toussaint), d’autres fixées en fonction des astres (Pâques, Ascension, Pentecôte) ou du jour de la semaine. Puisque les années se suivent, comment passer de l’une à l’autre ? Un article du Père Emmanuel Barsu.

Quelques repères

Si l’année scolaire commence au 1er septembre et l’année civile au 1er janvier, le début de l’année liturgique n’est pas lié à un jour fixe. En effet l’année liturgique commence au premier dimanche de l’Avent, donc autour du 1er décembre. Cette année ce sera le 29 novembre 2026. L’année liturgique commence donc avec un premier cycle centré sur la naissance de Jésus. Avant Noël, c’est l’Avent (couleur violette), après Noël c’est le « temps de Noël » (couleur blanche) avec les fêtes de la saint Famille, de l’Épiphanie et du baptême du Christ. Un second cycle s’organise autour de la fête de Pâques, sommet de toute l’année liturgique. Avant Pâques, c’est le Carême (couleur violette), après Pâques, c’est le « temps pascal (couleur blanche) avec les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte.

 Après chacun de ces cycles, on emploie la couleur verte pour le temps dit « ordinaire ». Le temps ordinaire est ponctué de fêtes qui prolongent chacun des deux cycles. Après le temps de Noël, on fête la Chandeleur. Après le temps pascal, on fête la Trinité, le Saint Sacrement et le Sacré Cœur de Jésus.

Tout au long de l’année, on fête les saints, traditionnellement au jour anniversaire de leur mort. Pour n’en oublier aucun, au milieu de l’automne, la solennité de tous les saints (la Toussaint) permet de se réjouir pour toutes les personnes qui sont au Paradis, qu’elles aient été ou non déclarées saintes par l’Église.

Comment finir l’année liturgique ?

Les années liturgiques se succèdent les unes aux autres. Elles nous permettent d’habiter le temps qui passe en actualisant la mémoire des événements de la vie de Jésus Christ et des saints à sa suite. Toutefois notre temps ne renvoie pas seulement au passé, même pour le rendre présent. Comme nous l’affirmons à chaque messe : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. »

C’est précisément dans une perspective ouverte sur la fin du monde et le retour promis de Jésus Christ que s’achève l’année liturgique. Afin de manifester cette attente, la fête du Christ roi de l’univers, initialement fixée à la fin du mois d’octobre, occupe depuis la réforme de 1969 le dernier dimanche de l’année liturgique. Lors du retour glorieux du Christ, s’étendra à toute la création son règne sans fin, règne de justice et de paix.

Pour les messes de semaine, les lectures font entendre les discours sur la fin du monde de l’évangile selon saint Luc, des passages du livre l’Apocalypse ou des visions du prophète Daniel. Tous ces textes ont en commun de proposer une vision symbolique et imagée des événements accompagnant le retour en gloire du Seigneur Jésus. On parle d’une littérature eschatologique.

Une transition en douceur

La liturgie ne passe pas brutalement de l’attente du second avènement du Christ au mémorial de son premier avènement (sa naissance). Ceux qui sont attentifs aux lectures de la messe constateront que le début de l’Avent prolonge la thématique du retour du Christ. D’un avènement à l’autre, l’attente est la même. Saint Bernard de Clairvaux ajoute : 

« il y a un troisième avènement qui tient le milieu entre les deux dont nous avons parlé, et c'est dans celui-là que dorment avec bonheur ceux qui le connaissent. Les deux autres sont visibles, le troisième ne l'est point. […] Celui du milieu est secret, c'est celui dans lequel les élus seuls voient le Sauveur au dedans d'eux et leurs âmes sont sauvées. Ainsi dans le premier avènement, Jésus-Christ vient dans notre chair et dans notre faiblesse ; dans celui qui tient le milieu, il vient en esprit et en vérité, et dans le dernier il apparaît dans sa gloire et dans sa majesté. » (5e sermon pour l’Avent)

 

Emmanuel Barsu, prêtre

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