Solennité du Corps et du Sang du Christ
En 1208, une religieuse, Julienne de Mont-Cornillon eut une vision du Seigneur qui lui fit comprendre la nécessité d’une fête annuelle pour honorer le Sacrement de l’autel. En 1264, le pape Urbain IV instituait une nouvelle solennité qui devait être célébrée en l’honneur du Saint Sacrement le jeudi après l’octave de Pentecôte (en France, le dimanche suivant). (Liturgie et sacrements/SNPLS)
SOMMAIRE
- Histoire
- Quel est le sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ ?
- À chaque messe, le miracle eucharistique
- Le Saint-Sacrement expliqué aux enfants
- En chanson
- Le miracle de saint Grégoire
Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du corps et du sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.
(Source : eglise.catholique.fr)
Histoire
Le pape Urbain IV en 1264 rendit la fête du Saint-Sacrement obligatoire pour l’Église universelle, mais cette fête a eu de la peine à s’imposer chez les évêques et les théologiens. Puis elle est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Elle a été supprimée dans les pays protestants, mais cependant gardée par l’Église anglicane. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou Fête du Saint Sacrement. Le nom de Fête-Dieu n’existe qu’en français.
Le pape Jean XXII en 1318 a ordonné de porter l’eucharistie, le jour de la Fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu), en cortège solennel dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. C’est à ce moment qu’apparaît l’ostensoir. Elle se répand dans tout l’occident aux XIV° et XV° siècles. Le concile de Trente (1515-1563) approuve cette procession de la Fête-Dieu qui constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Le défilé du Saint-Sacrement est encore très populaire en Italie et en Espagne. Mais en France, la procession de la Fête-Dieu se fait rarement, sauf dans de nombreux villages du Pays Basque.
Retour sur les origines de la fête Dieu avec l’Abbé Christian Venard, diocèse de Monaco
Quel est le sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ ?
- La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie.
- Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie.
- Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle.
Le Saint Sacrement : Jésus présent chaque jour avec nous (CEF)
(Source : Eglise catholique de France)
À chaque messe, le miracle eucharistique
L’histoire de l’Église est semée de miracles eucharistiques. Ces signes venus du ciel sont destinés à convaincre les incrédules de la réalité de la présence divine dans le pain et le vin consacrés à chaque messe. L’institution de la Fête-Dieu honore ce miracle quotidien.
La Fête-Dieu fait rayonner sa blancheur sur chaque jour de l’année liturgique puisqu’elle honore le cœur de notre foi. La transsubstantiation — transformation du pain et du vin en Corps et Sang de Notre Seigneur — est un miracle constant qui laisse souvent indifférent car ce qui est visible ne dit rien de ce changement de substance. Voilà pourquoi, parfois, Dieu nous donne des signes supplémentaires — généralement en présence d’une profession d’incroyance, de blasphème ou de sacrilège — en permettant des miracles eucharistiques qui retournent les esprits tièdes.
(Source : Aleteia)
Le SAINT-SACREMENT EXPLIQUé aux enfants
► "Dans l'hostie, Jésus est-il présent pour de vrai ?" (émission Mille questions à la foi par KTO)
► Le Service Diocésain de la Catéchèse et du Catéchuménat propose un dossier sur la solennité du Corps et du Sang du Christ :
► Les questions de Théobule sur la fête du Saint-Sacrement
"Jésus tu es pain de vie" - Unité Pastorale Herstal (Belgique)
En chanson
Voici le Corps et le Sang du Seigneur
Pange lingua
Hymne composée par saint Thomas d'Aquin pour la fête du Saint Sacrement, la "Fête-Dieu". Les deux dernières strophes sont habituellement chantées à la fin de chaque salut du Saint Sacrement (Tantum ergo... ) avant l'oraison du Saint-Sacrement et la bénédiction avec l'ostensoir.
1- Pange, lingua, gloriósi corpóris mystérium, / Chante, ô ma langue, le mystère de ce corps très glorieux
Sanguinísque pretiósi, quem in mundi prétium / Et de ce sang si précieux que le Roi de nations
Fructus ventris generósi, Rex effùdit géntium. / Issu d’une noble lignée versa pour le prix de ce monde.
2- Nobis datus, nobis natus ex intácta Virgine / Fils d’une mère toujours vierge né pour nous, à nous donné,
Et in mundo conversátus, sparso verbi sémine, / Et dans ce monde ayant vécu, verbe en semence semé,
Sui moras incolátus miro clausit órdine. / Il conclut son temps d’ici-bas par une action incomparable.
3- In supremæ nocte cenæ recùmbens cum frátribus, / La nuit de la dernière Cène, à table avec ses amis,
Observáta lege plene cibis in legálibus, / Ayant pleinement observé la Pâque selon la loi,
Cibum turbæ duodénæ se dat suis mánibus. / De ses propres mains il s’offrit en nourriture aux douze Apôtres.
4- Verbum caro, panem verum verbo carnem éfficit ; / Le Verbe fait chair, par son verbe, fait de sa chair le vrai pain;
Fitque sanguis Christi merum, et si sensus déficit, / Le sang du Christ devient boisson; Nos sens étant limités,
Ad firmándum cor sincérum sola fides sùfficit. / C’est la foi seule qui suffit pour affermir les cœurs sincères.
5-Tantum ergo Sacraméntum venerémur cérnui, / Il est si grand, ce sacrement ! adorons-le, prosternés.
Et antiquum documéntum novo cedat ritui ; / Que s’effacent les anciens rites devant le culte nouveau !
Præstet fides supplémentum sénsuum deféctui. / Que la foi vienne suppléer aux faiblesses de nos sens !
6-Genitóri, Genitóque laus et jubilatio, / Au Père et au Fils qu’il engendre, louange et joie débordante,
Salus, honor, virtus quoque sit et benedictio ; / Salut, honneur, toute-puissance et toujours bénédiction ;
Procédénti ab utróque compar sit laudátio. Amen. / A l’Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.
Le miracle de saint Grégoire
Un des plus anciens miracles qui nous est rapporté est ce qui est connu sous le nom de « Messe de saint Grégoire », si souvent représenté dans les arts depuis l’époque médiévale. Le pape saint Grégoire Ier le Grand est un des quatre Pères latins piliers de la doctrine et de la théologie avec saint Jérôme, saint Ambroise et saint Augustin. Son sage gouvernement, en une époque troublée politiquement au VIe siècle et dans une Église secouée par les hérésies, se doubla d’une vie intérieure et mystique ancrée dans sa consécration monastique. Cet homme d’action et de contemplation bénéficia donc de pouvoirs surnaturels et de grâces insignes. Le premier à rapporter le miracle eucharistique qui se produisit alors qu’il célébrait la sainte messe fut Paul Diacre au VIIIe siècle mais en utilisant une tradition orale continue. Jacques de Voragine, dans La Légende dorée, rapportera plus tard ce récit étonnant :
« Une femme qui, parfois, offrait du pain à l’église, suivant l’usage des fidèles, se mit un jour à sourire en entendant saint Grégoire s’écrier à l’autel, pendant la consécration de l’hostie : “Que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ te profite dans la vie éternelle !” Aussitôt le saint détourna la main qui allait mettre l’hostie dans la bouche de cette femme, et déposa la sainte hostie sur l’autel. Puis, en présence de tout le peuple, il demanda à la femme de quoi elle avait osé rire. Et la femme répondit : “J’ai ri parce que tu appelais “corps de Dieu” un pain que j’avais pétri de mes propres mains.” Alors Grégoire se prosterna et pria Dieu pour l’incrédulité de cette femme ; et, quand il se releva, il vit que l’hostie déposée sur l’autel s’était changée en un morceau de chair ayant la forme d’un doigt. Il montra alors cette chair à la femme incrédule, qui revint à la foi. Et le saint pria de nouveau, et la chair redevint du pain, et Grégoire la donna en communion à la femme » (chapitre XLVI).
(Source : Aleteia)
(Tableau : La messe de saint Grégoire, dit aussi le miracle de l'hostie - Carle Vanloo - Musée des Beaux-Arts de Lyon)




