Réouverture de la chapelle de l'abbaye de Luxeuil
au programme
Pascale et Jean-Yves PARISOT, propriétaires de l’abbaye depuis tout juste deux ans, ont accueilli les invités dans la cour d’honneur encore en chantier. L’inauguration officielle avec coupure de ruban, a suivi en présence de représentants de la mairie, du département, de la fondation du patrimoine, du Fonds de développement européen et autres mécènes.

À 11h, Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon, a présidé une messe avec une liturgie bien particulière : aspersion de l’assemblée et des murs de la chapelle, parure de l’autel avec encensement. Il s'est adressé à l’assemblée composée d’une centaine de personnes : « Aujourd'hui, nous voulons redonner sens à ce lieu. Les rénovations faites en ce lieu marquent la volonté de ne pas perdre ce lieu spirituel, ce lieu où l'Esprit vient habiter ceux qui fréquenteront cet espace, quelle que soit leur foi, dans la recherche de sens à une vie qui ne peut être enfermée dans la matérialité de l'existence". " ... Aujourd'hui, enracinée dans l'histoire, cette chapelle retrouve ce pour quoi elle est faite, lieu de recueillement et de prière".
Dans son commentaire de l’Évangile où Jésus rejoint la barque des disciples sur la mer de Galilée : Jésus se manifeste en marchant sur les eaux. Il est le maitre de la mer, lieu des ténèbres et de la peur de périr. Il se révèle alors par ces quelques paroles : "C'est moi. N'ayez pas peur". Monseigneur Bouilleret explique que cette parole de Jésus pourrait habiter cette chapelle. Que tous ceux et celles qui y viendront pour un temps entendent cette parole : "C'est moi. N'ayez pas peur".
Après le déjeuner, l’après-midi s'est poursuivie avec deux concerts et une visite de la chapelle commentée par l'abbé Bernard GARRET, offrant un éclairage précieux sur l’architecture, la spiritualité et l’histoire du lieu.

Photos de Mr Maillot et Mr Bresson
Homélie de Mgr Jean-Luc Bouilleret
Bénédiction de la chapelle de l’ancienne Abbaye Saint Colomban - Samedi 18 avril 2026
Frères et sœurs, chers amis, au cœur d’une abbaye, l’église, la chapelle est l’âme de ce lieu. Quelques soient la trace des siècles discrète ou plus visible, le lieu de prière, de culte, de méditation qu’est une chapelle est le cœur de la vie monastique. L’identité d’un moine se manifeste par sa disponibilité à se laisser transformer par la prière et la liturgie.
Aujourd’hui, nous voulons redonner sens à ce lieu. Les rénovations premières qui ont eu lieu ici marque la volonté de ne pas perdre ce lieu spirituel, ce lieu où l’Esprit vient habiter ceux qui fréquenteront cet espace quelle que soit leur foi dans la recherche de sens à une vie qui ne peut être enfermée dans la matérialité de l’existence.
La parole de Dieu de ce jour nous donne de percevoir la présence de Jésus-Christ dans la vie quotidienne des disciples. La plupart sont des pêcheurs. Ils sont attachés à la mer où ils naviguent régulièrement. Nous sommes après le miracle de la multiplication des pains. Jésus s’est manifesté comme celui qui nourrit l’humanité en nourrissant la foule nombreuse.
Jésus a accompli ce signe en préfiguration du don de sa vie comme le pain donné et le sang versé. La foule veut en faire un roi… l’évangile nous dit que Jésus se retire dans la montagne seul. Il désire ce temps de silence dans une écoute de son Père.
Notre récit commence là où Jésus s’est retiré. Les disciples vont retrouver leur village, Capharnaüm en traversant le lac. Jésus n’est pas avec eux. La mer est agitée par un vent fort.
Jésus se manifeste en marchant sur les eaux. Il est le maître de la mer, lieu des ténèbres et de la peur de périr. Il se révèle alors par ces quelques paroles : « C’est moi. N’ayez pas peur ». Cette parole de Jésus pourrait habiter cette chapelle. Que tous ceux et celles qui viendront pour un temps entendent cette parole : « C’est moi. N’ayez pas peur. »
Les actes des apôtres nous présentent l’Eglise naissant en grande adaptation. Il existe une tension entre les fidèles de langue hébraïque et les fidèles de langue grecque. Ces derniers se perçoivent désavantagés vis à des autres fidèles dans le service quotidien. Il faut trouver une solution pour éviter qu’un conflit s’envenime !
Nous y voyons l’instauration des diacres qui serviront aux tables. L’Eglise naissante ne néglige pas la charité. Bien au contraire, elle l’institue comme service de l’Eglise. Si le service de la Parole de Dieu est essentiel, le service des tables, c’est-à-dire le partage équitable l’est tout autant.
Dès son développement, l’Eglise s’adapte à la nouveauté de sa croissance.
Aujourd’hui, enracinée dans l’histoire, cette chapelle retrouve ce pour quoi elle est faite, lieu de recueillement et de prière.
+ Jean-Luc BOUILLERET
Archevêque de Besançon
Histoire de la chapelle de l’abbaye de Luxeuil
En 1812, quand le petit séminaire prend possession des locaux de l'abbaye, il doit y aménager une chapelle dans l'ancienne bibliothèque, puisque l'ancienne chapelle abbatiale est devenue l'église paroissiale de Luxeuil.
En 1853, l'abbé Garessus, 3° supérieur du séminaire, décide de construire une chapelle plus vaste dans les anciens greniers de l'abbaye.
À la fin de 1854, tout y est en place (chaire, autel, orgue, chemin de croix...)
Malheureusement, sous la chapelle, se trouvait le bûcher avec 138 stères de bois. Dans la nuit du 22 avril 1880, le bûcher s'embrase, la chapelle est détruite avec tout son mobilier.
En 1881 et 1882, la chapelle est reconstruite dans un style Renaissance. En réunissant les fenêtres des anciens 2° et 3° étage on ouvre quatorze baies de 4m 30 (7 de chaque côté), chacune étant surmontée d'une rose. La chapelle comprend alors 8 travées séparées par des pilastres moulurés en saillie sur les murs. Sa longueur est de 23 mètres, sa largeur de 8 mètres et sa hauteur de 14 mètres.
Sortis des ateliers Kunst de Munich, 14 vitraux sont posés en novembre 1883 et forment une vraie galerie de saints de Luxeuil réunis deux à deux. La table du maitre-autel en chêne sculpté est soutenue par des griffons ailés et surmonté d'un tableau de 5 mètres de haut et 3 mètres de large. Un arrière-plan de divers divers bâtisseurs et soignants, met 4 personnages en valeur : Colomban déroulant sa règle monastique, Eustaise 2° abbé de Luxeuil, Attale 2° abbé de Bobbio et Valbert abandonnant son armure.
Les peintures sont réalisées par Pierre-Dié Mallet, artiste lorrain réfugié à Luxeuil pendant la guerre.
En 1965, avec la réforme liturgique de Vatican II, un autel de concélébration face à l'assemblée, est installé au milieu du chœur, entouré du maitre-autel, des stalles d'anciens professeurs et des autels latéraux.
En 2024-2025, Le plancher est consolidé, un escalier de secours s'adjoint à la sacristie, chauffage et éclairage sont rénovés. Inaugurée par Mgr Jean-Luc Bouilleret le 18 avril 2026, la chapelle revit.
Abbé Bernard GARRET





